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Au service du vivre-ensemble

PAROLE PUBLIQUE oct. 2023

Editorial de Armelle Tanvez, présidente de Communication publique, directrice de la communication de l'université de Strasbourg

Armelle Tanvez
Directrice de la communication de l'université de Strasbourg, présidente de Communication publique.

Cet article a été publié dans la revue PAROLE PUBLIQUE n°30 d'octobre 2023 à découvrir ici

Engagés au service des citoyens, les communicants publics savent la distance grandissante entre leurs publics et leurs institutions. Les « émeutes » de juillet 2023, consécutives à la mort du jeune Nahel, ont provoqué incompréhension, sidération et effroi. A fortiori quand au déchainement de violence s’ajoutent pillages et destructions des symboles de la République que sont les services de proximité, le écoles… laissant bien souvent dans la désolation des quartiers déjà en difficulté.

Depuis des années, le fossé se creuse. Les initiatives encourageantes sont malheureusement trop peu visibles pour redonner confiance. Pourtant, chaque jour, les communicants publics travaillent à combler ce fossé, à mieux écouter pour mieux appréhender les attentes et les perceptions du service public. Ils participent du travail d’information et d’explication des actions publiques et de leur accessibilité à tous.

Mais quand les mutations sont permanentes, les révolutions informationnelles incessantes, quand les formats, les canaux, les émetteurs se démultiplient à l’envi, quand les bruits s’entremêlent et que tout devient inaudibles, la mission des communicants publics devient « acrobatique ».

Parce que notre ADN est fait de professionnalisme, d’éthique et de convictions, nous avons un rôle majeur à jouer pour rendre ses lettres de noblesse à ce qui construit le ciment de notre démocratie : la relation entre citoyens, la relation entre les citoyens et leurs institutions. Plus que jamais nous devons être à l’écoute, débattre dans le respect de la diversité. Plus que jamais, nous devons récuser les invectives qui suscitent la méfiance et engendrent « l’incommunication ». Au contraire de cette posture dévastatrice, nous entendons participer avec patience et humilité, à la construction de nouvelles formes du vivre-ensemble. Là est notre raison d’être. Car aucune société démocratique n’a d’avenir sans dialogue.