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Que font les médias de nos informations ?

QUE FONT LES MÉDIAS DE NOS INFORMATIONS ?

DIANE DE SAINTE FOY Directrice de la communication de l'IFCE (institut français du cheval et de l'équitation)

Publié le 25 Sep 2014

Journaliste pendant 18 ans, je suis directrice de la communication d’un établissement public depuis 10 ans, soit un long cheminement avec mes ex-confrères de la presse régionale, spécialisée ou nationale. En préambule, je dois d’abord affirmer l’admiration et la reconnaissance que j’éprouve vis-à-vis de ceux et celles qui exercent cette profession avec conscience, parfois au péril de leur vie : par les faits qu’ils rapportent, qu’ils nous éclairent, nous surprennent ou nous révoltent, les journalistes contribuent de manière indispensable à nous forger un esprit libre. Mais le journalisme n’est pas tous les jours héroïque. Dans l’exercice de ma fonction, j’ai appris à considérer les journalistes sous une autre facette. Je connais par cœur les ressorts de leurs actions, leurs approches charmeuses, un brin condescendantes, sincères ou rouées, leurs exigences et aussi les petits arrangements et grandes facilités auxquels ils soumettent nos réalités. Pourtant, parce que j’ai foi en cette profession, je suis toujours prête à croire qu’un jour, un journaliste saura nous montrer tels que nous sommes véritablement. Travaillant dans un établissement en perpétuelle restructuration, rarement un journaliste, après immersion dans notre monde, n’en a restitué les véritables enjeux­. Pour citer quelques exemples dans des médias nationaux, nous avons été successivement un établissement mal géré (Capital 2006), une entreprise inapte au changement (les Échos 2009), une institution désuète à ranger au cabinet de curiosités de l’État (Libération 2012), un opérateur public désœuvré à la charge du contribuable (Capital M6 2014).

“De part et d’autre d’un même matériau de travail, l’information, le journaliste et le communicant semblent s’affronter dans un combat inutile.”

Pourtant, les journalistes ont fait leur métier : interviews exploratoires, visites sur le terrain, lectures de rapports d’activité, entretien avec les dirigeants, rencontres avec le personnel. Et les communicants ont fait le leur : mise à disposition des documents, explication de texte, recherche des bons interlocuteurs, accompagnement sur le terrain, disponibilité immédiate. Qu’ont fait les médias de nos informations ? Souvent, une lecture subjective, une restitution tronquée, trompeuse, qui laisse finalement un goût amer à une rencontre dans laquelle chacun dans l’entreprise s’était projeté avec sincérité pour ne pas se reconnaître dans l’article publié.

Les problématiques

Ce long compagnonnage avec les deux métiers­ m’amène à penser que, pendant que la communication gagnait en profondeur et en responsabilité, les professionnels de l’information s’éloignaient peu à peu de leurs repères déontologiques : sous la pression d’un environnement plus concurrentiel (le Web où chacun s’érige en continu à la fois émetteur et récepteur de l’information), le journaliste doit travailler vite, conformément à la ligne éditoriale de son média, en cherchant l’angle qui fera mouche auprès du rédacteur en chef et du lectorat. Autant de tentations qui éloignent d’une posture d’enquêteur impartial, de compréhension et d’analyse des problématiques pour mieux les faire partager au public. Accusée de vouloir feindre pour mieux tromper, la communication est considérée par certains comme une fonction torve, à la solde de la seule vision de l’entreprise. Marqué du soupçon de vouloir influencer, dissimuler ou survendre, le communicant reste un inter­lo­cu­teur peu prisé du journaliste, qui considère que son indépendance présumée l’autorise à passer outre pour ne pas corrompre son regard. Sachant cela, le communicant peut être tenté de redoubler d’ingéniosité et de discours ficelés pour « emballer » son interlocuteur. C’est une escalade dangereuse et nuisible.

“En s’appropriant l’usage de l’information, le communicant s’est renforcé dans son métier.”

Pourtant, la communication s’est appliquée à plus de transparence en fournissant plus d’informations, d’accès à ses sites, à ses documents, à ses personnels, s’orientant vers un travail d’explications et de pédagogie, qui commence en interne et se poursuit en externe sur les sites internet, les réseaux sociaux et vers les journalistes. De part et d’autre d’un même matériau de travail, l’information, le journaliste et le communicant semblent s’affronter dans un combat inutile à l’issue duquel les grands perdants sont les publics, notamment­ les acteurs de l’entreprise qui a été « épinglée ».

“En se laissant guider par d’autres considérations que la seule recherche de l’information utile à la compréhension du sujet, le journaliste prend le risque de se décrédibiliser.”

En s’appropriant l’usage de l’information, le communicant s’est renforcé dans son métier : en interne, l’information vers les agents permet une meilleure compréhension des évolutions de l’entreprise, de ses difficultés, de ses choix parfois drastiques ; à l’externe, les informations communiquées aux journalistes sur la vie de l’entreprise permettent de mieux comprendre ses choix stratégiques, ses orientations, ses décisions. En se laissant guider par d’autres considérations que la seule recherche de l’information utile à la compréhension du sujet, le journaliste prend le risque de se décrédibiliser, de la même manière que le communicant a compromis sa réputation à force de discours tape-à-l’œil. Si les périmètres diffèrent, la responsabilité des deux professions est tout aussi grande : le communicant au nom et à l’égard de l’entreprise pour laquelle il s’exprime ; le journaliste au nom et à l’égard des publics auxquels il s’adresse.

Les enjeux

Dans ces temps où les mots, les sons, les images bruissent sans arrêt autour de nous, où l’information est comme un objet non identifié au milieu d’un océan de données, il est important de savoir où l’on se situe : le journaliste dans son média, avec sa charte et son code de déontologie ; le communicant dans son entreprise, avec ses valeurs et ses engagements. Le journaliste, par l’investigation, la connaissance et l’analyse, doit pouvoir entrer dans les réalités de l’entreprise et en restituer les problématiques. Le communicant, par loyauté envers l’entreprise comme par souci d’efficacité, doit en présenter les facettes propres à faciliter l’appréhension par le journaliste. Cet échange de « bons procédés » est indispensable à la juste information des publics : le journaliste a besoin du communicant pour entrer dans la réalité de l’entreprise et avoir accès­ aux sources mêmes de l’information. Le communicant a besoin du journaliste pour élargir la visibilité de l’entreprise. À l’issue de l’exercice, il n’est pas indispensable que les visions s’accordent, mais elles doivent au moins être bâties sur des bases honnêtes des deux côtés : fiabilité des infor­ma­tions du côté du communicant, impar­tia­lité et rigueur d’analyse du côté du journaliste. Les résultats sont contestables quand l’un ou l’autre ne respecte pas son contrat. Je n’ai jamais cherché à tromper un journaliste qui manifestait de l’intérêt pour mon établissement. Mais il m’est arrivé d’être trompée par un journaliste qui, ayant eu accès à tout, a restitué une réalité à charge, à l’encontre de tout principe professionnel.

“Il n’est pas indispensable que les visions s’accordent, mais elles doivent au moins être bâties sur des bases honnêtes des deux côtés.”

Des solutions ?

Pourtant, il m’importe que les journalistes puissent continuer à exercer leur métier, d’autant plus dans un environnement saturé­ de données interactives. Parce que nous sommes à chaque instant menacés de submersion, la voix du journaliste doit compter davantage, par le professionnalisme qui la sous-tend, par la déontologie qui l’anime, pour rebâtir une légitimité souvent­ mise à mal par le public. Être un commu­ni­cant crédible nécessite une vigilance de tous les instants : vérifier les informations, valider les messages, être pédagogue en interne, réactif à tout moment, essuyer la critique sans frémir… et recommencer.

“Parce que nous sommes à chaque instant menacés de submersion, la voix du journaliste doit compter davantage, par le professionnalisme qui la sous-tend, par la déontologie qui l’anime.”

Il ne sera pas pardonné au communicant dont l’entreprise se retrouve affaiblie par un travail journalistique peu scrupuleux. Il sera pardonné au journaliste qui aura asséné sa vérité d’un jour, sur la seule foi de son opinion. Dans ce rapport de forces aux résultats aussi incertains qu’injustes, nos deux professions manient l’information pour le meilleur et pour le pire. Elles doivent pour l’avenir de leurs métiers, en user avec professionnalisme et responsabilité.

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