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La communication numérique réinvente la communication publique

LE NUMÉRIQUE RÉINVENTE LA COMMUNICATION PUBLIQUE

Xavier Crouan Directeur général adjoint du Conseil régional d’Ile-de-France en charge de la communication, vice-président de Communication publique

Publié le 03 Avr 2015
Parole publique N°8

Bernard Stiegler compare les conséquences de la révolution numérique à celles de l’imprimerie qui a permis la démultiplication d’un savoir unique, celui des clercs, et l’émergence de nombreux autres savoirs contribuant à l’apparition d’une nouvelle société.

Mais, si les conséquences civilisationnelles de la révolution de l’imprimerie se sont étalées sur plusieurs siècles, la révolution numérique n’a pris qu’une vingtaine d’années : une telle accélération du temps dans la transformation de la société est sans exemple dans l’histoire des civilisations.

“Plus la société devient numérique, plus la nécessité de la rencontre physique s’impose.”

Comment ne pas s’interroger sur la transformation radicale du lien qui unit les habitants, les citoyens, les usagers avec les institutions publiques et leurs représentants, les élus ? Comment ne pas chercher à en appréhender les conséquences sur nos organisations ? Prenons un temps de recul sur cette accélération pour tenter, en notations inévitablement cursives, une mise en perspective de ces évolutions.

Perspectives et évolutions

  • La population mondiale par pays géographiques ou virtuels s’établit désormais comme suit : 1. @Facebook 2. Chine 3. Inde 4. Tencent 5. @WhatsApp 6. États-Unis 7. @Google+ 8. @LinkedIn 9. @Twitter 10. Indonésie
  • Plus la société devient numérique, plus la nécessité de la rencontre physique s’impose : on pense forcément au grand rassemblement du 11 janvier fondé sur une émotion collective universelle. Mais aussi aux grandes manifestations culturelles ou sportives (Fête des lumières de Lyon ; Lille, capitale européenne de la culture ; Nantes et ses géants ; Nuits Blanches ; JMJ ; Vieilles Charrues) ou aux apéros Facebook.
  • De ces réseaux sociaux est né le temps des tribus, le renforcement des communautés. Et, sans doute aussi, une forme de renforcement des identités. Ce qui a fait apparaître la nécessité d’un plus grand dialogue entre les usagers et avec ceux dont la fonction sociétale est de décider de la chose publique. La prise en compte des attentes citoyennes devient première dans l’élaboration collective de l’action publique.
  • Avec le numérique, est apparu un véritable bestiaire de la contestation : Pigeons, Dindons, Dodos, Moutons et autres Furibards ou Bonnets rouges, collectifs spontanés rassemblant largement et rapidement des opinions pour faire pression.

“Cette société du CO – coworking, cohabitation, covoiturage, co-élaboration, co-construction – définit de nouvelles échelles de valeur.”

  • La société s’est individualisée au point de devenir parfois narcissique. La mode des selfies, des contenus d’assiette ou des pirouettes de chatons l’illustre tous les jours.

“60 % des métiers de 2030 n’existent pas encore :
demain, on sera Ageekulteur, Jeurontologue ou Dronaliste !”

  • La société numérique est une société horizontale. Le vertical, c’était le père, l’instituteur, le patron, le maire, le curé… L’horizontal, ce sera des comités de citoyens, des collectifs divers, organisés en relation avec des élus qui auront mission de prendre des décisions répondant à l’intérêt collectif.
  • Les initiatives qui réinventent cette société sont principalement individuelles et citoyennes. Elles créent les conditions expérimentales du nouveau vivre ensemble, de cette « société du CO » – coworking, cohabitation, covoiturage, co-élaboration, co-construction – qui définit un nouveau modèle de société, de nouvelles échelles de valeur.
  • Le numérique transforme nos organisations et notre façon de travailler : utilisation de terminaux personnels à des fins professionnelles, intelligence collective, télétravail. 60 % des métiers de 2030 n’existent pas encore : demain, on sera Ageekulteur, Jeurontologue ou Dronaliste !
  • L’opendata et le Bigdata deviennent le nouvel eldorado du marketing et de l’information. Et demain, avec l’internet des objets, la donnée constituera le cœur de tout système commercial et marketing allant jusqu’à des démarches prédictives.

“Dans les usages numériques, le citoyen va beaucoup plus loin et plus vite que nos institutions et leurs représentants.”

  • Comme l’eau et l’électricité, demain Internet sera un droit. Un droit à conquérir et à défendre : car l’accélération de la numérisation est aussi porteuse de fractures au sein de la société entre les connectés et les non-connectés, fractures qui ne recouvrent pas toujours les fragilités traditionnelles de la société ; car cette société de la donnée et de la traçabilité pose de sérieuses questions sur le respect de la liberté individuelle, comme le montre le rapport 2014 du Conseil d’État.

Usagers, citoyens, institutions publiques et élus

Cette liste pourrait être plus étoffée, plus argumentée. Reste que tout bouge très vite, parfois pour le meilleur, parfois vers des solutions qui détruisent de la valeur. D’autant que, dans les usages numériques, le citoyen va beaucoup plus loin et plus vite que nos institutions et leurs représentants. De toute évidence, les attentes des uns et des autres ne sont plus en phase, sur le fond, sur la forme, sur les temporalités. La perte de confiance régulière et drastique à l’égard des politiques ne fait que renforcer la nécessité de refonder cette relation.

Il ne s’agit pas ici de dresser la liste des innovations technologiques ou numériques qui vont encore bouleverser nos institutions et nos organisations, mais d’essayer d’analyser les conséquences sociétales, les profondes mutations issues de ce nouveau monde numérique, de comprendre cette nouvelle civilisation qui se crée tous les jours sous nos yeux, de repenser la communication publique à l’aune de cette nouvelle relation entre les citoyens et les institutions.

L’enjeu fondamental de la communication publique de demain est d’ouvrir toujours plus la porte des institutions à la parole citoyenne, à la participation citoyenne, à l’élaboration collective du projet de l’institution : comment intégrer le citoyen, l’usager dans un dialogue permanent avec l’institution pour peser sur les visions et plans d’action ?

“L’enjeu fondamental de la communication publique est d’ouvrir toujours plus la porte des institutions à la parole et à la participation citoyennes.”

À cet effet, les directions de communication des organisations publiques doivent devenir l’un des décideurs publics et doivent affirmer leur rôle de direction métier et opérationnelle – et non une direction support et fonctionnelle – dont l’expertise dans la relation avec les usagers et les citoyens doit accompagner les institutions vers ce nouveau monde pour expliquer les mutations en cours et donner du sens.

“Les directions de communication des organisations publiques doivent affirmer leur rôle de direction métier et opérationnelle.”

Oui, les communicants et acteurs publics doivent s’interroger sur la nature même de la communication publique. N’est-il pas temps de revenir au fondement de la communication, c’est-à-dire la mise en relation ? N’est-il pas urgent de laisser de côté la « com’ » dont les médias véhiculent à longueur de journée les dimensions négatives et de saisir l’opportunité de refonder la relations aux citoyens, de renommer et de remanier nos directions afin d’embrasser ces nouvelles compétences liées à l’interaction avec les citoyens ? Transformer les directions de la communication en « Direction de la relation aux citoyens », ce sera réinventer tout à la fois nos missions, nos fonctions, nos métiers, nos organisations et notre place dans l’organisation de nos institutions. Ce serait remettre au premier plan les valeurs de proximité. Il en va, au-delà de la communication publique, de l’avenir même de l’action publique. C’est l’un des axes de réflexion et d’action que se sont donnés les membres de Communication publique.

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