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La date et la durée

Bernard Emsellem Ancient président de Communication publique - Ancien directeur de la communication de la SNCF

Publié le 06 Sep 2019

Article publié dans le dossier « Anniversaires : mémoires d’avenir ? » coordonné par Philippe Deracourt et Bernard Wallon.

On pourrait penser que les anniversaires ont à voir avec le passé… Si peu. Ils sont surtout des objets du présent, construits avec des enjeux du présent, quelquefois teintés par le futur. Cheminons…

Des anniversaires, il y en a de tous ordres. Un coup d’œil à hauteur des individus et le constat s’impose d’évidence : tous les anniversaires ne sont pas identiques. Ainsi, la phobie des décennies frappe inégalement, les jours de l’année ne se vivent pas tous de la même manière, les rites sont spécifiques à chaque famille ou chaque personne, le contexte immédiat influe considérablement sur le déroulement et le contenu, certaines dates sont sacrées et ne peuvent être omises sous peine de considérer cette omission comme lourde de sens, etc. On pourrait faire une longue litanie de critères différenciateurs…

La date n’est que le marqueur d’un événement fondateur. Marquer une date par un anniversaire, c’est donner un contenu à un fait initial.

Ce détour par le monde des humains suggère qu’un anniversaire est un objet étrange : il semble aller de soi mais il n’est pas simple à mettre en œuvre. Effectivement, sous le mot « anniversaire », les communicants des institutions publiques rencontrent une extraordinaire diversité d’opportunités. Mais foin d’anthropocentrisme : dans la vie d’un être humain, le centenaire est une dernière victoire, un ultime sursis… alors que pour une organisation, entreprise ou institution publique, le siècle est une force, un socle, un ressort, un gage d’avenir…

De quoi un anniversaire d’institution publique est-il porteur ? Au premier coup d’œil, il est au croisement de deux données du temps : une date, une durée.

On pense d’abord à la date, parfois montée en épingle, voire sacralisée. Et pourtant la date n’est rien en elle-même : elle n’existe qu’en tant que marqueur d’un événement fondateur. C’est ce fait initial qui est au cœur de l’anniversaire. Et d’emblée, parmi ceux que les institutions publiques célèbrent par un anniversaire, on se doit de distinguer deux types de faits, profondément différents.

Ou bien il s’agit d’un événement du passé qui marque un temps particulier dans l’histoire de l’institution, un événement qu’on a choisi de célébrer chaque année pour ne pas en perdre la trace, débordant l’intérêt des seuls historiens. Un événement du passé a sa propre consistance mais il n’existe et ne prend vie au présent que par le regard qu’on lui porte au présent. Sans cette actualisation, le fait relève de l’histoire voire de l’archéologie. L’anniversaire d’un tel événement est donc une commémoration enrichie  par un sens que l’on choisit de donner à cette occasion.

Pourquoi ne fête-t-on pas les anniversaires d’institutions chaque année ? Parce qu’on ne célèbre pas tant une date qu’une durée.

Ou alors, il s’agit de célébrer la création d’une institution publique porteuse d’une mission définie par une autorité publique dans le cadre d’une politique publique, ou autodéfinie par un collectif qui s’institue fondateur, comme pour Communication publique. Dans ce cas, le fait d’origine est rarement magnifié en lui-même, l’important est dans l’aboutissement, dans la situation au moment de l’anniversaire. Les limbes de l’origine sont flous, là n’est pas l’important.

La date initiale est bien seconde. D’ailleurs, elle ne va pas toujours de soi. Pour un événement historique, la question peut se poser : quelle date célébrer quand plusieurs faits singuliers s’appliquent ? Le temps se charge de faire le tri et de converger, non sans mal parfois. De même, pour célébrer la création d’un organisme ou d’une institution, quel est l’intérêt d’une référence administrative ? Une date peut ainsi se résumer à un mois voire une année.

Marquer une date par un anniversaire est un acte sensible : cela consiste à donner un contenu à un fait initial. Ce contenu n’est pas celui des historiens (qu’il est, au demeurant, pertinent de solliciter) car il doit résonner avec le présent, avec le regard du présent. D’autant que la question de l’utilité d’une manifestation s’impose : construire un sens qui ne se fige pas dans la répétition du passé mais qui porte le présent et parfois éclaire le futur, justifiant ainsi qu’on commémore une nouvelle fois l’événement. L’anniversaire est une construction.

Construction, car l’anniversaire est en fait une célébration de la durée. La date initiale n’est véritablement instituée que lorsqu’on commence à compter en années, comme l’étymologie du mot anniversaire le dit si clairement. Mais toutes les durées ne se valent pas : célèbre-t-on un 23ème ou un 56ème anniversaire ? Non, cela n’existe pas… Si une manifestation est organisée chaque année, la commémoration de l’événement se fait de manière plutôt rituelle, ce qui ne signifie pas nécessairement superficielle. Mais, pour une institution, le 198ème anniversaire compte si peu à côté du bicentenaire qui capte les regards… et les moyens. Pourquoi ne fête-t-on pas les anniversaires d’institutions… chaque année ? Précisément parce qu’on ne célèbre pas tant une date qu’une durée, et que la durée est victime de la culture du chiffre rond : la décennie est devenue l’unité principale de mesure de l’histoire proche (principale, car il y a aussi les demis et les quarts de siècle…)

On doit travailler sur le contenu historique de l’événement fondateur, le sens qu’on lui donne au présent, la fidélité aux intentions initiales, l’adaptation aux évolutions du contexte et de la problématique.

Quel est le sens de la durée ? Pour une entreprise privée, la durée renvoie un message simple : elle signifie la persistance de la réussite et suggère de bonnes raisons de croire qu’il en sera ainsi dans l’avenir. L’entreprise privée vend du futur, elle doit parler de ce futur. Pour une institution publique, la durée est « banale », elle marque à peine l’exploit de la pérennité. En revanche, elle rassemble en valorisant la pertinence du projet dans le temps.

Attention, aucune organisation humaine n’est éternelle. Une entreprise privée se sait mortelle et elle fait tout pour continuer à exister face au risque de disparaître un jour faute de résultats économiques. Une institution publique est mortelle : on peut la supprimer, une fois sa mission initiale accomplie. Certes, c’est difficile : elle peut tenter de perdurer selon l’effet Mülmann, cette loi selon laquelle une organisation qui n’atteint pas son but cherche malgré tout à continuer d’exister, ce qui devient son nouveau but. … Il faut donc se légitimer par la durée… Pour un événement, la durée permet de dire et d’actualiser la volonté de ne pas oublier. Pour une institution, elle illustre la pertinence du maintien.

La durée renvoie aux modalités d’expression de l’anniversaire. Quelle est l’utilité d’une manifestation forte voire d’une fête ? En fait, un anniversaire est une captation : célébrer un anniversaire, c’est s’approprier la durée, le fait d’origine, le moment qui le symbolise… et en faire des instruments du présent. Plus il y a d’enjeux au moment de la célébration, plus la fête sera forte. Ce qui ne veut pas dire grandiloquente mais marquante, porteuse de sens, largement ouverte, diverse dans ses manifestations… Faire émerger l’institution et le sens qui lui sera associé dans cette (ou ces) manifestation(s), voilà le défi lancé aux communicants.

Si la forme de la manifestation anniversaire est essentiellement célébrative, c’est la relation qu’on valorise, un moment de communion qui renforce la communauté ; pas nécessairement pour cultiver la vénération du passé mais dans la perspective incluse dans l’événement fondateur. Si la manifestation est interprétative, l’enjeu porte sur le sens et implique d’analyser la situation ou l’intention initiale : on doit travailler sur le contenu historique de l’événement fondateur, le sens qu’on lui donne dans le temps présent, la fidélité aux intentions initiales, l’adaptation légitime aux évolutions du contexte et de la problématique. La forme est conceptuelle. L’ampleur de la commémoration est un message : elle dit la place donnée à l’événement, redit son importance et ce qui mérite qu’on le distingue.

L’anniversaire est un objet – et un enjeu – pluridimensionnel : célébrer le passé au présent pour affronter l’avenir. Un parfait défi  de communication !

L’anniversaire d’une institution publique est donc un objet profondément politique – au plein sens du terme – par ce qu’il dit des acteurs et des spectateurs de l’événement qui le célèbre. Croisement d’un événement originel rappelé, d’une durée revendiquée, d’une actualité réaffirmée et d’un futur souhaité, l’anniversaire est un objet – et un enjeu – pluridimensionnel : célébrer le passé au présent pour affronter l’avenir. Un parfait défi de communication !

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