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Villes de gauche, villes de droite 1983-2020 : si différentes ?

Martial Foucault Professeur des universités à Sciences Po, directeur du Centre d'études de la vie politique française

Publié le 03 Déc 2018

Et si la démocratie locale française s’imposait comme une réponse aux nombreux désordres politiques observés au plan national ? Bénéficiant d’un niveau de confiance largement supérieur à celui des représentants nationaux, souvent présentés comme le dernier maillon de la démocratie représentative et incarnant la politique ordinaire du quotidien, les maires occupent une place à part dans l’organisation des pouvoirs en France.

Certes, les 35 356 maires en exercice en 2018 ne partagent ni les mêmes préoccupations ni les mêmes logiques politiques d’exercice du pouvoir. Plus les communes sont de taille élevée, plus le degré de politisation du pouvoir permet d’identifier des trajectoires propres à chaque ville. En étudiant les ressorts électoraux des villes de plus de 30 000 habitants entre 1983 et 2014, l’ouvrage Villes de gauche, villes de droite* offre un éclairage saisissant sur la dynamique politique des municipalités françaises.

Depuis 1983, près de la moitié des 236 villes de plus de 30 000 habitants est restée fidèle sans discontinuité à la même famille politique.

Premier point, les grandes villes françaises ne sont pas soumises à de grandes vagues partisanes impliquant des alternances régulières à la tête des exécutifs locaux : lors des six derniers cycles électoraux (1983-2014), près d’une ville sur deux, sur les 236 étudiées, est restée fidèle sans discontinuité à la même famille politique. Avec un équilibre quasi-parfait entre gauche et droite : parmi ces 109 villes stables, 56 ont toujours installé un maire de gauche, 53 un maire de droite ; seules 30 villes sur 236 ont connu une alternance politique permanente. Les raisons d’une telle régularité sont à rechercher dans le statut même de l’élection municipale qui a gagné au fil des années le statut d’élections référendaires de l’action de l’exécutif national.

Le parti au pouvoir a toujours subi une défaite aux municipales dans les villes de plus de 30 000 habitants.

Depuis quarante ans, le parti au pouvoir a systématiquement subi une défaite lors des élections municipales dans les villes de plus de 30 000 habitants, les plus politisées. Aux succès de la gauche en 1977 et 2008 font écho les victoires de la droite en 2001 et 2014. Les électeurs se saisissent donc de ces rendez-vous pour exprimer leur insatisfaction vis-à-vis de l’exécutif. Cette réalité empirique ne fait pas encore loi mais contredit la vulgate selon laquelle les facteurs nationaux ne peuvent perturber une logique politique du fait local, selon laquelle l’implantation d’un maire et sa personnalité seraient de solides paravents aux vagues nationales de désapprobation de l’action du président de la République et de son gouvernement. En 2014, des maires de gauche ont bien été battus dans des villes dites bastion : Limoges, Nevers, Douai, Saint-Ouen, Angers… La (trop grande) longévité des édiles combinée à une défiance croissante vis-à-vis de leur formation partisane ont contribué à leur défaite. La prime au sortant ne suffit plus à garantir la bonne fortune électorale au plan municipal.

En dessous de 40 % de popularité du président de la République en exercice, les chances de conquête municipale sont très faibles, car les électeurs sanctionnent l’exécutif national.

Aux municipales de 2020, l’absence de maires sortants pouvant revendiquer un bilan sous son étiquette pourra-t-elle préserver les chances du parti de l’actuel président de la République ? La réponse tient à la fois à l’identification par LREM de villes « gagnables » et à la stratégie de nationaliser ou pas l’élection municipale. Les chances de victoire concerneront avant tout la trentaine de villes instables politiquement, celles ayant connu autant de maires de gauche que de droite, terrain propice à un « dégagisme » politique. Mais l’ouvrage met en évidence un fait empirique : en dessous de 40 % de popularité pour le président en exercice, les chances de conquête municipale sont très faibles. Car les électeurs se saisissent du scrutin local pour sanctionner l’exécutif national. Dès lors, la stratégie déployée consistera soit à nationaliser la campagne si l’exécutif jouit d’une forte popularité, soit, dans le cas inverse, à insister sur des enjeux strictement locaux.

Les politiques publiques locales peuvent façonner sociologiquement les électorats.

Le mouvement présidentiel souhaitera-t-il nationaliser la campagne municipale, pariant sur l’effet positif attendu des réformes engagées au plan national pour convaincre de la possibilité de faire des villes des laboratoires de l’action publique nationale ? Ce choix incarnerait une logique très verticale du centre vers le local… qui est précisément la raison de la colère de nombre de maires locaux contestant la recentralisation du pouvoir local. Si, au contraire, LREM insiste sur le caractère local de  ce scrutin, elle prend le risque d’affirmer que les préoccupations des Français – emploi, pouvoir d’achat, sécurité – n’appelleraient que des réponses locales. Or les villes ne disposent ni des instruments ni de l’exclusivité des compétences pour traiter de tels enjeux…

Les politiques publiques municipales sont-elles partisanes ? Il est vrai que les maires des grandes villes disposent de plusieurs instruments de politique publique locale pour « façonner » sociologiquement leurs électorats et ainsi augmenter leurs chances de victoire. Depuis plusieurs années on observe ainsi l’ambition des grandes villes, à droite comme à gauche, d’offrir à leurs administrés des services publics locaux de qualité (crèches, transport scolaire…) ou des cadres de vie agréables (piétonisation des centres, réduction des activités polluantes…). Mais un domaine échappe à ce processus et renforce le clivage gauche-droite : la politique du logement varie considérablement entre les villes. À gauche, la probabilité d‘être réélu est d‘autant plus forte que les efforts consentis au logement social sont supérieurs à la moyenne nationale : les maires de gauche réélus systématiquement depuis 1983 ont consacré en moyenne 35 % de logements sociaux dans leur ville. Pour les maires réélus à droite, c‘est deux fois moins (17 %). Même si cela ne joue qu›à la marge, cela confirme que les équipes municipales peuvent utiliser la politique du logement pour façonner leurs électorats. Par cette stratégie implicite, la composition sociologique des villes – le pourcentage de classes populaires, moyennes ou privilégiées – se trouve affectée et reste un marqueur déterminant de leur trajectoire politique.

À gauche, la probabilité d’être réélu est d’autant plus forte que les efforts en logement social sont supérieurs à la moyenne nationale.

Verrons-nous un macronisme municipal ? Si, à première vue, les changements institutionnels souhaités par le Président de la République, en particulier la réduction du nombre de parlementaires, ne semblent pas influencer les conditions électorales des prochaines municipales, on regardera attentivement le cas des députés LREM qui préfèreront se lancer dans l’aventure municipale pour anticiper la disparition de leur circonscription législative. Ils bénéficieraient alors d’un ancrage territorial, d’un capital politique et d’une légitimité locale.

Le dépassement du clivage gauche-droite à l’échelle municipale pourrait rencontrer quelques difficultés.

Mais, si les maires sortants des grandes et moyennes villes appartiennent encore à « l’ancien monde », le dépassement du clivage gauche-droite à l’échelle municipale pourrait rencontrer quelques difficultés. D’une part, une élection municipale accorde une place non négligeable aux enjeux locaux, limitant les possibilités de nationaliser la campagne. D’autre part, le climat actuel de grogne des maires face à la réduction des moyens budgétaires et la suppression de milliers de contrats aidés par le gouvernement fragilisera les candidats LREM. Enfin, n’oublions pas qu’en cas d’alliance politique entre LREM et d’autres formations politiques pour augmenter leurs chances de succès, les Français peu familiers d’une culture politique de coalition pourraient l’interpréter comme une politique des petits arrangements plutôt que comme une disruption de la politique municipale.

 

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* Villes de Gauche, Villes de droite – Trajectoires politiques des municipalités françaises de 1983 à 2014

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