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Frédéric Mion

SCIENCES PO : IMAGE ET RÉALITÉ

Entretien avec Frédéric Mion directeur de Sciences Po

Publié le 25 Mar 2016
Couverture de la revue Parole publique n°11 - avril 2016.

Qu’est-ce qui a changé à Sciences Po ?

Frédéric Mion Il fallait que tout change pour que nous puissions rester fidèles à l’ambition de nos fondateurs. La mission reste la même. C’est sa mise en oeuvre qui a profondément évolué. La mission est d’aider des jeunes de tous les horizons à comprendre le monde, notamment au travers des outils des sciences sociales ; le comprendre avec une finalité qui se situe dans l’action ; le comprendre pour essayer de le transformer, le rendre meilleur. Émile Boutmy pourrait y reconnaître la voie tracée en 1871-72. 

L’intuition de Richard Descoings a été géniale, parce qu’elle est venue tôt et s’est vérifiée par la suite : aujourd’hui le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche est totalement globalisé. Le parcours de formation des étudiants ne se décide plus entre Sciences Po et un autre établissement français, mais entre Sciences Po et une multitude d’institutions françaises et étrangères. Cela élargit considérablement notre univers de concurrence et l’obligation d’y répondre avec nos avantages comparatifs.

La mission est d’aider des jeunes de tous les horizons à comprendre le monde, avec une finalité dans l’action.

Ce qui a changé, c’est la taille de l’institution : 3 à 4 000 élèves au milieu des années 90, 13 000 aujourd’hui. C’est aussi leur provenance sociale et géographique, qui fait de nous l’une des institutions d’enseignement et de recherche les plus diverses en Europe : plus de la moitié des élèves français viennent de province ; nous avons un premier cycle en réseau avec sept campus dont six en région: Nancy, Poitiers, Dijon, Menton, Le Havre, Reims.

La visibilité médiatique du dirigeant n’est qu’un aspect de la politique de communication.

Près de la moitié des étudiants sont étrangers. Grâce notamment à la création en 2001 des conventions éducation prioritaire avec des lycées en ZEP, cette école sélective compte 30 % d’élèves boursiers selon critères sociaux, 5 à 10 points au-dessus des universités parisiennes. Chaque année, environ 150 élèves rejoignent Sciences Po selon cette procédure distincte, soit 10 % de la promotion de première année. Ils sont encadrés, tutorés. Le résultat est probant : leurs parcours universitaires ou professionnels sont tout à fait comparables à ceux des autres étudiants. 

Un Sciences Po plus « social », donc. Plus mondial aussi ?

FM Le déroulement de la formation a aussi changé radicalement : pour prétendre à une place dans le concert international des établissements d’enseignement supérieur, il fallait s’aligner sur la temporalité de leurs programmes. D’où un premier cycle en trois ans, suivi de deux ans de master. Nouveauté radicale : tous nos élèves de troisième année passent une année à l’étranger, dans le cadre d’un échange avec une université partenaire ou d’un stage.

Il ne suffit pas de changer en vrai pour que l’image évolue. Nous menons une politique très patiente de promotion et de défense de la marque.

Dernier point essentiel, lié à l’ouverture internationale : Sciences Po se positionne aussi comme une institution de recherche. Nous avons aujourd’hui environ 200 enseignants-chercheurs. La FNSP a toujours fait de la recherche mais avec des moyens réduits : ces moyens sont en forte croissance depuis quinze ans et 30 à 40 % des recrutements viennent de l’étranger.

Quelle politique de communication pour ce « nouveau » Sciences Po ?

FM Pour se positionner à un bon rang dans notre univers il faut tenir un discours qui illustre nos ambitions nouvelles et soit entendu en dehors de nos frontières. Richard Descoings avait à la fois une vision et la capacité de la faire partager. Son talent de communication a été un atout pour l’attractivité de l’École. Les choses ne peuvent se développer que dans le temps. Il a été directeur pendant seize années durant lesquelles il a incarné Sciences Po. Ma personnalité est différente de la sienne et notre approche de cette question est forcément distincte. Toutefois, notre ambition de faire rayonner Sciences Po est la même. 

En France, le premier travail est de dissiper les malentendus, les préjugés, les clichés. 

La visibilité médiatique du dirigeant n’est qu’un aspect de la politique de communication. Faire connaître ce que nous faisons passe par beaucoup de réseaux. Nous menons une politique très patiente de promotion et de défense de la marque. En France, la marque est connue et reconnue. Le premier travail est de dissiper les malentendus, les préjugés, les clichés : une école où on apprend à faire de la politique, une école de fils à papa, une école parisienne qui prépare essentiellement à l’ENA…

Il fallait construire un réseau mondial de partenaires universitaires: les doubles diplômes, c’est une communication par la preuve.

À l’international, le problème de la notoriété doit être envisagé différemment. Cela ne passe pas par le 20 h ou par nos quotidiens nationaux ! Il fallait construire patiemment un réseau mondial de relations et de partenaires universitaires. Nous en voyons aujourd’hui les fruits : conclure un accord de double diplôme avec des établissements d’excellence, comme l’Université de Columbia, c’est se positionner de facto en pair de ces établissements mondialement connus. Avec ce genre de relais, une politique de marque à l’international est beaucoup plus efficace.Les doubles diplômes, c’est une politique de communication par la preuve, une vraie communication, celle qui reste.

Les anciens sont un capital considérable en termes de notoriété, nos meilleurs ambassadeurs. 

Cette politique suppose aussi d’aller dans les lycées du monde pour convaincre les jeunes Chinois ou Italiens qu’il n’y a pas que les universités britanniques ou américaines. Je prends ma part dans cette politique de marque, mais je ne suis pas seul. Nos équipes sillonnent les continents et se rendent dans les lycées français et dans de nombreux autres établissements secondaires. Nous avons trois antennes – New York, Pékin, New Delhi-Mumbai – pour quadriller le terrain plus systématiquement.

Une stratégie de promotion « maison » ? Appuyée sur des agences, des conseils ?

FM La communication, c’est un combat de tous les jours et de longue haleine. Il ne suffit pas de changer en vrai pour que l’image évolue. Notre politique de communication repose largement sur nos propres équipes pour la conception et la mise en œuvre. Exception : cette année, nous avons fait appel à un prestataire externe pour une campagne vers les établissements secondaires au Royaume-Uni. C’est un test, nous verrons s’il en découle des résultats sensiblement différents.

80 % de nos anciens diplômés travaillent dans le privé.

Nos équipes sont aidées par les conseillers de coopération universitaire de la France partout dans le monde, par les directeurs de lycées français. Des relais nombreux, mais activés par nous. Les anciens sont un capital considérable en termes de notoriété. Nos diplômés de tous âges sont nos meilleurs ambassadeurs. À Paris, dans les régions, à Londres, Washington et partout dans le monde, je rencontre des groupes actifs d’anciens. La difficulté c’est que les plus anciens parlent d’un Sciences Po qui n’est plus ! Il faut leur faire connaître comment l’École marche aujourd’hui.

Sciences Po n’est plus l’école du pouvoir ?

FM 80 % de nos anciens diplômés travaillent dans le privé. Seul un nouveau diplômé sur cinq se dirige vers le public. Et ceux qui démarrent dans le public n’ont pas tous vocation à y passer leur vie. Nous avons structuré notre offre de masters en écoles qui correspondent à des grands champs professionnels : école de journalisme, école de la communication, école de droit qui permet de passer le concours du Barreau, école d’affaires internationales, école d’affaires publiques, école urbaine. Nous créerons à la rentrée 2016 une école de l’entreprise. Dans ces domaines, des formations existaient à Sciences Po depuis longtemps mais elles sont repensées dans un contexte professionnel qui a beaucoup évolué afin de coller le mieux possible aux réalités du terrain. Je suis fier et heureux de diriger le lieu par où passent des jeunes gens qui se destinent aux métiers de la fonction publique et de l’administration. Mais ils ne sont qu’une minorité parmi nos diplômés, c’est une réalité qu’il faut prendre en considération.

Réussir un concours ne suffit pas à faire un bon administrateur.

L’école d’affaires publiques forme ensemble futurs énarques et futurs lobbyistes ?

FM Pendant des décennies, nous nous sommes comportés comme si former des gens aux responsabilités dans la sphère publique, c’était les former à passer des concours administratifs. L’essentiel de la formation était conçu en adéquation avec les concours. C’était un contresens. Réussir un concours ne suffit pas à faire un bon administrateur. Nos responsables administratifs et politiques, nous dit-on, comprendraient mal les mécanismes de la mondialisation, de l’économie, de l’entreprise, les processus de transformation. Ces carences sont sans doute exagérées par l’opinion mais elles doivent nous interroger. L’ENA arrive tardivement dans le parcours de formation des dirigeants publics.

Rompre avec la fiction selon laquelle l’objet de la formation était de faire entrer 500 élèves dans un entonnoir de 35 places.

Comme presque tous ceux qui font l’ENA sont un jour passés par Sciences Po, il est de notre responsabilité de repenser notre propre formation pour essayer de répondre à ces critiques faites à nos « élites ». L’école d’affaires publiques est très différente de ce qu’était la section service public. Elle rompt avec la fiction selon laquelle l’objet de la formation c’était de faire entrer 500 élèves dans un entonnoir de 35 places… 

Permettre aux futurs décideurs de maîtriser tous les outils nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités. La communication en fait partie.

Et l’enseignement de la communication à Sciences Po ?

FM Notre école de la communication prépare aux métiers de la communication et du marketing dans des structures privées ou publiques. Mais toutes les formations de Sciences Po visent à permettre aux futurs décideurs de maîtriser tous les outils qui seront nécessaires à l’exercice de leurs responsabilités. La communication en fait partie au même titre que le management ou d’autres matières. Il ne s’agit pas seulement de leur apprendre à s’exprimer et à débattre, mais de leur donner les clefs pour mettre en place – et décrypter – une stratégie de communication. 

Propos recueillis par Bernard Wallon et Pierre-Alain Douay

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