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S’appuyer sur les conspirateurs du changement

Entretien avec Eric Piolle Maire de Grenoble

Publié le 10 Juil 2017

_70 % des Français pensent que la démocratie fonctionne mal…

Éric Piolle – Je vois trois raisons majeures. D’abord, notre système politique n’arrive pas, depuis des décennies, à résoudre une double crise : celle du chômage de masse qui touche toutes les sociétés occidentales, et celle du réchauffement climatique. Sur ce dernier point, tout est sur la table depuis le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Mais il a fallu attendre 20 ans pour que le protocole de Kyoto entre en vigueur et 20 ans encore pour que l’accord international de Paris sur le climat soit signé ! Or, chacun sent bien que nous sommes engagés dans une course contre la montre, qu’il y aura une butée. Ce facteur temps est générateur d’angoisse.

Au lieu de se voir reconnaître une compétence et de se penser en recours, les citoyens se sentent méprisés, tenus à l’écart des grands enjeux.

Troisième raison : le fonctionnement même de notre démocratie, qui n’arrive pas à rendre la résolution de ces défis accessible à tous. Au lieu de se voir reconnaître une compétence et de se penser en recours, les citoyens se sentent méprisés, tenus à l’écart des grands enjeux.

_Cette défiance n’épargne plus les élus locaux…

EP – Parce que le contexte a changé ! Pendant des années, les collectivités locales ont connu une forte expansion de leurs compétences comme de leurs ressources. Le maire, à qui le citoyen peut s’identifier, avait aussi une capacité d’action et de structuration. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. D’un côté, il y a une attrition des ressources, de l’autre, des transferts de responsabilité exercée jusqu’ici par des entités soumises à un contrôle démocratique direct, communes et départements, vers de nouveaux échelons – les intercommunalités par exemple – au contrôle plus lointain et mal identifié. C’est un travers démocratique fort.

Aux dernières municipales de nouveaux maires ont été élus dans 40 % des communes.

Du coup, la rupture de la population avec la sphère politique – la dénonciation des « cumulards », des « carriéristes », voire des « tous pourris » – touche désormais les élus locaux, alors qu’aux dernières municipales de nouveaux maires ont été élus dans 40 % des communes.

Un nombre grandissant d’élus locaux prétendent agir de façon apolitique. Ils s’engagent sans s’engager !

Je vois un symptôme de ce rejet dans le fait qu’un nombre grandissant d’élus locaux prétendent agir de façon apolitique. Ils s’engagent sans s’engager !

_Comment casser cette spirale ?

EP – Il faut d’abord réapprendre à gouverner ! À Grenoble, nous avons réduit les indemnités de 25 %, supprimé les voitures de fonction. Il fallait casser les barrières pour que les citoyens puissent à nouveau retravailler avec leurs élus : je circule à vélo, je suis dans la ville au quotidien, j’écoute, j’échange. La proximité est essentielle. Ensuite, la gestion de la cité doit s’inscrire dans une démarche de sobriété et d’efficacité. Elle doit faire une chasse permanente à toutes les formes de gabegie.

Un élu n’est pas un produit dont on se contente d’attendre qu’il réponde aux mentions de son étiquette.

Enfin, il faut faire comprendre que la vie démocratique ne fonctionne pas comme la société de consommation. Qu’un élu n’est pas un produit, dont on se contente d’attendre qu’il réponde aux mentions de son étiquette.

L’usager-citoyen ne doit pas être un simple consommateur. Il doit, après l’élection, se sentir coresponsable du bien commun…

Cela oblige chacune des deux parties. L’élu ne doit pas tenter de récupérer des sujets qui ne relèvent pas de lui, mais de l’initiative personnelle, de l’esprit d’entreprise, de l’animation d’association. L’usager-citoyen ne doit pas se comporter comme un simple consommateur. Il doit, après l’élection, continuer à se sentir coresponsable du bien commun…

_Ne se heurte-t-on pas à la montée de l’individualisme ?

EP – Je crois que cette crainte appartient au passé. Aujourd’hui, les spécificités individuelles et le besoin de collectif s’organisent plutôt autour de quatre axes : l’individualité et la singularité bien sûr, mais aussi l’égalité et l’altérité. Il y a un retour de la sociabilité : permettre à chacun de maîtriser sa trajectoire au quotidien est le premier pas vers une société plus solidaire.

_Profiter du retour de la sociabilité pour retisser le lien entre l’élu et le citoyen ?

EP – En réimpliquant les citoyens ! Il y a de nouveaux leviers pour cela. À Grenoble, nous avons mis en place les « budgets participatifs ». Chaque année, au printemps, nous incitons les citoyens à déposer des projets. Nous en recevons 250 environ, qui sont retravaillés, fusionnés, instruits par les services administratifs de la ville, soumis au vote. Au final, une petite dizaine d’entre eux se partagent 800 000 euros de budget !

Les citoyens et les services doivent apprendre à travailler ensemble.

Nous avons aussi mis en place des conseils citoyens indépendants composés de représentants de la société civile et de gens tirés au sort, sans aucun élu municipal. Ces conseils s’autodéterminent, se saisissent des sujets. Leurs membres sont formés par des universitaires, sur le fonctionnement municipal ou les problèmes budgétaires, par exemple…

Enfin, nous organisons des votations citoyennes. Les électeurs, au moment des élections municipales, ont choisi une équipe, un projet, un cap. Mais nombre d’entre eux peuvent être en désaccord sur des dossiers structurants. Ils ont la possibilité d’en saisir le conseil municipal. Par exemple, faut-il construire des lignes de tramway ou armer la police municipale ?

_Décider, trancher, n’est-ce pas votre rôle d’élu ?

EP – Je suis un acteur du changement. Mais les décisions ne doivent pas venir d’en haut. Il faut s’appuyer sur l’enthousiasme, l’imagination, sur des intérêts potentiellement divergents. Surtout pas sur la peur !

Pour certains, la concertation n’a pas eu lieu tant que l’on n’a pas retenu leurs solutions.

Il faut s’appuyer sur ce que j’appelle les « conspirateurs du changement ». Ce sont eux qui permettent de faire bouger  les lignes, dans la population mais aussi dans l’administration, puisque les citoyens et les services doivent apprendre à travailler ensemble. C’est comme cela que l’on peut co-construire. Décider où et combien doit-on construire d’écoles, définir les critères d’attribution des subventions au monde sportif…

_Vous fixez la barre très haut…

EP – C’est un défi pour les services, pour les élus, pour les citoyens. Il faut que les services s’ouvrent, que les élus ne se sentent pas dépossédés de leur pouvoir et fassent participer la population aux décisions. Pour certains, la concertation n’a pas eu lieu tant que l’on n’a pas retenu leurs solutions. Mais la démocratie locale ne signifie pas la disparition des oppositions.

Propos recueillis par Pierre-Angel Gay

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