phentermine 60 mg reviews buy cheap phentermine phentermine in colorado springs

why is soma now a controlled substance soma 350 mg hotel kempinski soma bay oferty

what enhances the effect of xanax buy xanax xanax therapeutic dose

buy zolpidem online Tucson buy ambien online without prescription ambien gives me a headache

get valium Stockton buy valium is it safe to take adderall and valium

is it ok to take 40mg of ambien buy zolpidem online drug food interactions ambien

exponencial com soma soma online jogo circulo soma zero

common xanax prescription alprazolam xanax xanax during pms

verschil tussen xanax en oxazepam alprazolam price is smoking xanax dangerous

lunesta vs ambien vs sonata ambien medication serious side effects ambien cr

Jean-Marc Sauvé

REVIVIFIER LE MODÈLE RÉPUBLICAIN…*

Jean-Marc Sauvé Vice-président du Conseil d’État

Publié le 23 Juin 2016
Couverture Parole publique n°12

*Titre complet de l’article paru dans la Parole publique :

« Revivifier le modèle républicain : le rôle majeur des agents publics »

 

La liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, la dignité et le respect de la personne humaine, la solidarité, la tolérance, la souveraineté natio­nale ne sont pas des mots creux, ils sont un projet, et les fonctionnaires sont comptables de leur traduction concrète devant­ le peuple français.

Face à la terreur, les dirigeants et les institutions ont comme jamais pour mission d’incarner, défendre et promouvoir les principes de la République. Les temps ordinaires s’écoulent dans l’évidence d’un acquis ; ils peuvent émousser notre sens historique et ils sont peu propices à des interrogations fondamentales sur ce qui constitue notre identité. L’heure est aujourd’hui au sursaut et à la ressaisie de ce que nous sommes. Car nous ne voulons pas que nos principes soient seulement une idée, aussi belle soit-elle, ou un objet de spéculation. Nous voulons qu’ils soient une éthique vivante et une règle d’action.

Là où nous sommes, que faisons-nous concrètement de cette part de république qui nous est confiée ?

Se réapproprier nos règles et nos principes fondateurs

Les valeurs universelles, fondatrices de l’État de droit moderne­, sont depuis 1789 au cœur du contrat social conclu entre le peuple français et ses gouvernants et elles sont reçues­ en partage par toutes les nations démocratiques. Ces valeurs trouvent par excellence leur traduction dans les principes du service public, de son organisation comme de son fonctionnement quotidien : la continuité, l’égalité et la mutabilité composent un triptyque systématisé au début du XXe siècle, auquel s’ajoutent les principes de neutralité et de laïcité. Ces règles de conduite animent l’ensemble des agents de la sphère publique, sans pour autant exclure ou contredire d’autres valeurs professionnelles tout aussi fondamentales, comme la reconnaissance du mérite, l’efficacité, la performance et l’évaluation. La fonction publique s’est trop longtemps et à son détriment défiée des nouveaux outils de gestion, alors que c’est en faisant preuve de résilience, d’imagination et de capacité d’adaptation qu’elle est en fait fidèle à ses valeurs.

Les valeurs universelles, fondatrices de l’État de droit, trouvent leur traduction dans les principes du service public : continuité, égalité, mutabilité, neutralité, laïcité.

Les principes de la République sont un patrimoine qui nous vient de loin et qui mérite mieux que des incantations ou la nostalgie d’un prétendu âge d’or. Ces principes doivent se traduire en actes. Il faut les faire vivre, par des mesures concrètes et utiles, en faisant preuve d’imagination créatrice, dans la fidélité à ce qui est essentiel : quelle est aujourd’hui la place des libertés d’opinion, d’expression et de réunion, face aux menaces qui pèsent sur nous ? Que signifie l’égalité d’accès à la fonction publique, quand tant de nos compatriotes en sont de facto exclus ? La fraternité a-t-elle encore un sens dans une société éclatée et défiante ? Il n’y aura de réponses solides à ces questions qu’en nous réap­pro­priant nos règles et nos principes fondateurs. On doit à cet égard se réjouir de l’expression solennelle, dans le projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires, des règles qui s’imposent aux agents publics : dignité, impartialité, intégrité, probité, neutralité, laïcité, prévention et résolution des conflits d’intérêts…

Les fonctionnaires doivent incarner ces principes et les valeurs qui les fondent, en les rendant visibles, tangibles même, dans les institutions qui les représentent.

Mais plus fondamentalement, il faut aussi que les agents contribuent à réduire la distance, parfois la fracture, entre les principes de la République et la réalité vécue par nos concitoyens. Le temps des incantations doit faire place à celui des réalisations. Il nous faut revivifier le modèle républicain.

Revenir aux sources

Les agents publics sont investis d’une responsabilité éminente. En France plus qu’ailleurs, l’État est le socle sur lequel la nation s’est construite : il reste l’un des maillons essentiels qui assurent la cohésion entre nos concitoyens et l’unité du corps social.

Pour préserver ce lien essentiel, les fonctionnaires doivent d’abord incarner ces principes et les valeurs qui les fondent, en les rendant visibles, tangibles même, dans les institutions qui les représentent.

Que signifie l’égalité d’accès à la fonction publique, quand tant de nos compatriotes en sont de facto exclus ?

Il leur faut aussi combattre toutes les formes d’intolérance et de violence, avec les armes de la loi et du droit. Mais aussi combattre et prévenir toutes les discriminations et les exclusions qui sont des dénis de fraternité et qui minent le pacte républicain. Nous avons sur ce point de grands progrès à faire.

Pour promouvoir les principes de la République, il faut aussi­ que les personnes publiques s’appliquent à elles-mêmes les règles les plus exigeantes : diversité dans les recrutements et les promotions, meilleure circulation entre les différents corps et les trois versants de la fonction publique, développement continu des compétences et du potentiel des agents. Il faut aussi que les procédures d’accès aux emplois, y compris supérieurs, soient plus transparentes et plus ouvertes, grâce à une évaluation aussi objective et impartiale que possible des mérites des candidats.

Les agents doivent contribuer à réduire la distance, parfois la fracture, entre les principes de la République et la réalité vécue par nos concitoyens.

Et cela passe par de multiples actions, modestes ou stratégiques, qui nous relient chaque fois au projet républicain : garantir à nos compatriotes un haut niveau de sécurité face aux nouvelles menaces ; relever la compétitivité de notre économie et l’attractivité de notre territoire ; équilibrer nos comptes publics ; sauvegarder notre environnement et tourner vers l’action et l’innovation le principe de précaution ; améliorer les performances de notre système d’éducation et de recherche, à l’heure de la digitalisation de notre société ; résorber ce véritable cancer qu’est le chômage de masse et, en particulier, le chômage des jeunes, qui gaspille les talents et nuit tant à la cohésion sociale ; promouvoir d’une manière plus active la diversité des parcours et des expériences et lever tous les obstacles à la pleine expression des capacités et à la reconnaissance des mérites.

Nous avons de grands progrès à faire pour combattre et prévenir les discriminations et les exclusions, ces dénis de fraternité qui minent le pacte républicain.

Nous parviendrons à relever ces défis prioritaires en faisant preuve d’écoute et de pédagogie, en approfondissant le dialogue avec les autres acteurs publics et la société civile. Les responsables publics savent que les réformes ne s’imposent pas verticalement, mais qu’elles mûrissent dans la concertation, voire la participation, et s’accomplissent dans la pédagogie et grâce à des mesures d’accompagnement. Les fonctionnaires, et surtout les cadres de l’administration, doivent à cet égard porter la plus grande attention à leur interaction avec le corps social et rendre compte régulièrement à leurs concitoyens de ce qu’ils font et des résultats de leur action.

Vivre l’éthique de manière exigeante

Pour vaincre le soupçon et le doute qui pèsent désormais sur tous les acteurs publics, on demande aujourd’hui aux serviteurs de la chose publique plus que la conformité à la constitution et à la loi, plus que le sens commun et la probité. On attend d’eux des preuves de désintéressement et de dévouement à l’intérêt général, la conscience vive et claire de se savoir chargés d’un projet qui les dépasse. Ils ne jouent pas une aventure personnelle, ni même collective, ils servent le bien public et contribuent, par leur engagement, à l’exercice plein et digne de notre souveraineté. Nous devons­, par conséquent, être plus que jamais responsables ensemble­ mais aussi individuellement, face à nos hiérarchies ou au corps social, du bon accomplissement de nos missions. Les exercer avec modestie, sans arrogance, ni morgue, ni pompe. Et pratiquer une déontologie exemplaire.

Pour vaincre le soupçon et le doute qui pèsent sur tous les acteurs publics, on attend des serviteurs de la chose publique des preuves de désintéressement et de dévouement à l’intérêt général.

L’exemplarité, c’est aussi ne pas céder à la précipitation et à la pression des circonstances. C’est rester capable d’une vision de long terme. C’est savoir faire son autocritique, pour se perfectionner et avancer. Comme toute organisation humaine, comme tout corps humain, la fonction publique est exposée à des dysfonctionnements et à des pathologies. On peut citer le « fonctionnarisme », c’est-à-dire le manque d’imagination et d’audace et la propension aux habitudes stériles ; la « schizophrénie existentielle », conduisant à proclamer de grands principes, sans chercher à les réaliser concrètement, ni à les appliquer à soi-même ; la maladie de la rivalité et de la vanité, où la course aux distinctions, le carriérisme et la recherche des avantages personnels l’emportent sur le service du bien commun ; enfin, la « maladie du visage funèbre » qui pousse à traiter ceux qu’on est censé servir avec hauteur et arrogance et à perdre tout sens de la proximité.

À des degrés divers, nous sommes aussi atteints de ces maux que le pape François dénonçait face à la curie romaine­. Je pourrais d’ailleurs en ajouter d’autres, comme l’esprit de corps obsessionnel ou le goût immodéré pour le patriotisme de service ou de ministère alors que nous sommes capables par ailleurs d’une solidarité magnifique et exemplaire. Pour venir à bout de ces pathologies, une véritable réforme intellectuelle et morale s’impose.

Plus que jamais, jour après jour, nous devons donc nous poser la question : « Là où nous sommes, que faisons-nous, qu’avons-nous fait concrètement de cette part de république qui nous est confiée ? » Loin donc du relatif confort et conformisme intellectuel et professionnel, des balancements circonspects et insipides que nous affectionnons, a fortiori de la langue de bois que nous ne dédaignons pas de parler. Nous devons en effet nous reconstruire comme administration, en sachant prendre à bras-le-corps toutes les questions qui fâchent ou qui dérangent et faire l’inventaire lucide de nos forces, de nos faiblesses et de l’écart à nos ambitions. Il nous faut mesurer, pour la résorber, la distance entre ce que nous sommes et ce que nous devons et voulons être. Telle est aujourd’hui notre responsabilité, collective mais aussi personnelle. Elle exige du courage, mais nous savons que l’enjeu le mérite.

VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous
Cancel