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Résistance : communiquer, c'est agir

RÉSISTANCE : COMMUNIQUER C’EST AGIR

Jean-Louis CREMIEUX-BRILHAC

En hommage à Jean-Louis Crémieux-Brilhac, nous publions l’intégralité de l’interview qu’il avait accordée pour la revue Parole publique en 2014.

Publié le 09 Avr 2015

« Communiquer c’est résister 1940-1945 » le concours national de la résistance et de la déportation 2012/2013 a suscité nombre d’initiatives culturelles et de réflexions. Jean-Louis Crémieux-Brilhac, un des acteurs de la France Libre en est aussi l’historien*. Il a donné, par la suite, à la Documentation Française une place singulière dans la communication publique. Il témoigne ici de la période de guerre.

_Quel est le rôle stratégique et politique joué par la communication dans la lutte contre l’occupant et Vichy ?

Jean-Louis Crémieux-Brilhac – En juin 1940, les Anglais chassés du continent, la communication était le seul pont avec les Français et les pays occupés. De Gaulle se trouvait en terre étrangère, avec des moyens extrêmement limités. Il avait à influencer l’opinion d’un pays qui ne le connaissait pas. Les Anglais partaient de l’idée que la France avait été largement vaincue par la « cinquième colonne » et la propagande de Goebbels et qu’il était nécessaire de maintenir des liens, de susciter une « cinquième colonne » de résistants qui pourrait jouer un rôle dans l’avenir. Les liaisons directes par agents, atterrissages, parachutages et transmissions clandestines ne sont intervenues de façon efficace qu’à partir de 1942.

“Avec Les Français parlent aux Français, la volonté était de faire un spectacle sonore, pas des conférences.”

Dès juillet 1940, les Anglais ont mis en œuvre des moyens de plus en plus colossaux pour intercepter et enregistrer les informations et messages venant du continent, mais aussi pour déployer l’information et la propagande vers les pays occupés. La BBC a multiplié les puissances, les longueurs d’ondes – l’émetteur ondes moyennes était le plus puissant d’Europe avec Radio Paris – et les temps d’émission jusqu’à consacrer 5 h 15 en langue française en 1944, avec une émission du soir de trois quarts d’heure, Les Français parlent aux Français, qui suivait immédiatement l’émission de Radio Paris sous contrôle allemand. Un effort énorme pour attirer le public français en donnant un style à la communication, en favorisant l’initiative de l’équipe du programme français de la BBC. La volonté était de faire un spectacle sonore, pas des conférences. Effort payant : comme le trafic postal et télégraphique a fonctionné jusqu’au 11 novembre 1942 entre la zone non occupée et l’Angleterre, ils ont reçu 80 à 100 lettres par mois, ce qui est stupéfiant. Certaines joignaient le plan de la ville, l’emplacement de l’aérodrome… Après l’occupation de la zone sud, les Anglais ont déployé une propagande aérienne colossale : en quatre ans, 750 millions de tracts et journaux clandestins ont été lancés sur la France. Le principal, un hebdomadaire de quatre pages, s’appelait « Le courrier de l’air ».

“Les Anglais considéraient qu’il y avait deux formes d’action subversives, la communication et l’action clandestine sur le terrain.”

De Gaulle s’est fait connaître par la radio. Son problème, celui de la France Libre, était non seulement de pousser les Français à la résistance mais de faire admettre sa logique : explication de la défaite, condamnation de l’armistice, responsabilité de Pétain. Puis d’essayer de s’imposer à l’opinion française, en prônant des actions collectives comme cette inven­tion du Général de prescrire pour le 1er janvier 1941 de faire pendant une heure le vide dans les rues. Ce fut un succès en Bretagne et dans le Nord avec des retombées dans diverses régions : en Corse, les taxis ont disparu pendant une heure. _C’est ce que vous appelez de la communication action ? JLCB – Elle n’a pas cessé de se développer jusqu’à devenir une communication-action d’ordre tactique et quasiment militaire. Les Anglais considéraient dès l’origine qu’il y avait deux formes d’action subversives, la communication et l’action clandestine sur le terrain, confiées d’abord au même orga­nisme, le service d’opérations spéciales (SOE).

“En quatre ans, 750 millions de tracts et journaux clandestins ont été lancés sur la France.”

En février 1941, la section belge de la BBC a donné consigne de tracer sur les murs le V, initiale de « victoire » en français et de « liberté » en flammand. Dans les quinzes jours est arrivée à la BBC une lettre disant que les Français aussi s’étaient mis à crayonner des V partout. Prise en charge par les journalistes de la section française, la campagne a pris une extension considérable. En réalité, c’était surtout une fronde de lycéens et d’étudiants mais les journalistes de la BBC y ont vu le prélude à une insurrection et proclamé qu’ils étaient caapables de la déclencher. Churchill a considéré que ce n’était pas aux journalistes de diriger la politique subversive. Il a créé une autorité de la guerre politique, le Political Warfare Executive (PWE), chargée d’orienter la propagande et l’action subversive par la communication, conformément aux instructions des militaires et du gouvernement. _La France Libre reprend le V en mettant la croix de Lorraine au milieu ? JLCB – Non, ce sont les résistants qui spontanément l’ont ajouté. C’est l’action qui fait la communication, parce qu’on engage les gens. _Ce n’est pas la communication qui fait l’action ? JLCB – Pour les Anglais, clairement, les deux aspects étaient étroitement liés. Pour De Gaulle, c’est à partir d’octobre 41, après la première fusillade massive d’otages à Châteaubriand, qu’il s’est auto-mandaté chef de la résistance en donnant un ordre aux Français (« Il y a une tactique de guerre, l’ordre que je donne est actuellement de ne pas tuer d’Allemand. ») doublé d’une consigne assez suivie de cinq minutes de garde-à-vous national en l’honneur des otages. La communication-action n’a pas été sans conflit entre Anglais et Français mais aussi entre De Gaulle et les Français. Churchill avait accordé à De Gaulle cinq minutes dans l’émission du soir dont toute l’équipe française dépendait, par contrat, de la BBC. De Gaulle et Georges Boris, l’officier de liaison auprès de la BBC, considéraient comme scandaleux que la France Libre dispose d’un temps aussi réduit et surtout soit empêchée d’attaquer directement le Maréchal Pétain qu’ils tenaient pour le responsable de la passivité des Français, le frein majeur à la résistance. Jusqu’à l’occupation totale de la France, le Foreign Office s’y est opposé, au motif que, compte tenu de l’attachement des Français au vainqueur de Verdun, ce genre d’attaque risquait de créer une méfiance à l’égard des Anglais.

“La communication par le bouche-à-oreille, les tracts et les journaux clandestins, a été une forme de résistance extraordinaire.”

Mais, à partir de l’ordonnance de septembre 1942 sur l’envoi des travailleurs en Allemagne et avec la mise en vigueur du service du travail obligatoire (STO) en février 1943, la communication est devenue totalement action, pour empêcher les départs pour l’Allemagne, pour soutenir la fuite devant la déportation et créer des maquis. Un soutien modulé, un pied sur l’accélérateur, un pied sur le frein, pour les inciter à l’action mais empêcher une insurrection prématurée qui aurait été noyée dans le sang par les occupants. _C’est un débat permanent ? JLCB – Oui. Georges Boris, dont j’ai été le collaborateur, fut en 1943-44 l’inspirateur de la propagande vers la France, à mesure que l’influence de la France Libre à la BBC s’est renforcée. Avec une double volonté : que les Français aient une part notable à leur libération, qu’ils en gardent l’image et le souvenir ; qu’ils ne s’exposent pas à des représailles sanglantes, étant donné l’inexpérience des maquis, le manque d’armes, la supériorité évidente des forces allemandes qui refusaient de considérer les maquisards comme des combattants réguliers. Historiens et dirigeants de la résistance ont évalué les FFI à environ 500 000 combattants. Je ne pense pas que plus de 250 000 aient été armés. Puis s’est développée une communication-action clandestine : d’une part, des messages personnels adressés par la BBC, préparés par les services action, qui annonçaient un parachutage ou prescrivaient une action (« Les sanglots longs des violons de l’automne » étaient destinés à un réseau britannique, le réseau « Ventriloque ») ; d’autre part, l’envoi en France d’opérateurs radio au service des cadres des réseaux, encadrement tenu en main de Londres dans toute la mesure du possible. Les transmissions clandestines étaient regroupées en centres d’antennes, des réseaux indépendants qui transmettaient les informations des réseaux de renseignements et, dans certains cas, des réseaux action. On avait séparé l’émission de la réception. Il y aurait eu de 27 à 50 centres d’antenne de la France Libre. De février à août 44, le BCRA a envoyé en moyenne 100 postes clandestins. Au moment de la Libération, les Anglais avaient 52 réseaux action de sabotage et guérilla en France. On peut penser qu’ils avaient un nombre équivalent de postes émetteurs. _Qu’en est-il de la communication pour la résistance intérieure ? JLCB – Pour celle-ci, la communication vers l’extérieur était indispensable pour s’accorder avec les directives de l’état major et la stratégie générale. Et puis elle cherchait à créer des réseaux, au moins intellectuels ou psychologiques, entre la population et les résistants. La communication, essentiellement par le bouche-à-oreille, les tracts et les journaux clandestins, a été une forme de résistance extraordinaire. Elle a pris en France une extension sans comparaison avec les autres pays.

“La presse clandestine était moins une source d’information qu’une source d’affirmation du refus, du non-consentement.”

Le développement de la presse clandestine avait un double effet. D’abord, c’était un contre-pouvoir vis-à-vis d’une information officielle de moins en moins crue. La baisse des ventes des journaux collaborationnistes a été verticale ! La presse clandestine était moins une source d’information qu’une source d’affirmation du refus, du non-consentement. Diffuser et accepter un journal clandestin étaient des actes subversifs. Avant même que les consignes d’action aient été données, les journaux clandestins ont répandu les slogans (« Ne va pas en Allemagne ») et poussé au développement des maquis. C’était une communication-action par le seul fait de la transmission.

“Tous les petits faits étaient importants parce qu’ils prouvaient que l’Angleterre et la France Libre savaient ce qui se passait en France.”

Le nombre de titres développés par les communistes est fabuleux : l’Humanité et la Voix Ouvrière clandestins qui n’ont jamais cessé de paraître depuis 39, des journaux par régions, des journaux spécialisés comme « Les Lettres françaises », des journaux par professions « Médecins libres »… On attribue à certains journaux non communistes des tirages jusqu’à 400 000 exemplaires. Mais tous les rapports venant de France sur les sabotages, le nombre d’Allemands tués, étaient évidemment gonflés. _Vous, vous étiez aussi le réceptacle de ces informations avec Georges Boris ? JLCB – On avait une vision globale : en 43-44, on recevait des quantités de journaux clandestins. Au service d’information, on en sélectionnait chaque mois une quinzaine. Je les faisais reproduire à 300 exemplaires et adresser aux journaux et aux hommes politiques anglais, aux ambassades et services d’informations français à l’étranger. C’était la meilleure illustration qu’on pouvait donner de la vitalité de la résistance.

“Jusqu’au développement des maquis, la communication a été la forme principale de la résistance.”

Une autre forme de communication s’est alors développée de France vers l’Angleterre à mesure que les atterrissages se sont multipliés : les avions étaient chargés de courriers envoyés par les réseaux de résistants. En 1944, la masse représentait plusieurs centaines de kilos par mois. André Philip, commissaire à l’intérieur chargé des relations avec la résistance, recevait la synthèse des rapports des préfets de Vichy et des renseignements généraux dans les deux mois ! Jacques Bingen, le délégué général clandestin par intérim jusqu’à la nomination de Parodi, était devenu une véritable agence d’information, il était membre du comité exécutif de propagande. Il envoyait des rapports politiques mais dès qu’il avait connaissance d’un événement symptomatique, il rendait compte par télégrammes codés. Tous les petits faits étaient importants parce qu’ils prouvaient que l’Angleterre et la France Libre savaient ce qui se passait en France : précision sur les transports, l’alimentation (le ticket numéro tant n’a pas été honoré dans telle ville…). Cette communication a été une forme de résistance d’une grande importance, d’autant qu’en dehors des réseaux, l’action proprement dite sur le terrain était forcément limitée. Jusqu’au développement des maquis, la communication a été la forme principale de la résistance. _Aviez-vous des éléments sur la communication dans les lieux d’enfermement ? JLCB – On n’a su qu’après. Dans les camps d’officiers, les prisonniers étaient informés par Trait d’union, un journal rédigé par les Allemands et par des correspondances censurées. De sorte que les officiers sont restés majoritairement pétainistes jusqu’à la fin. Un certain nombre de camps avaient réussi à fabriquer des postes de radio, il y avait un journal oral d’après les émissions de la BBC. Dans les camps de concentration, il était vital de constituer des réseaux de soutien. Comme l’administration était généralement prise en main par les politiques, la communication c’était de créer des solidarités, d’inspirer des formes locales d’action, de protéger ou d’affecter des sympathisants. C’était aussi l’opérette écrite par Germaine Tillion, « Ils en ont fait un beau voyage ». C’est extraordinaire qu’elle ait pu être jouée dans le camp. _Quelle leçon avez-vous tiré de cette période qui a influencé votre rôle dans la communication publique à la tête de la Documentation Française ? JLCB – J’ai été secrétaire du comité exécutif de propagande. J’étais responsable du service de diffusion clandestine qui, à la demande de Jean Moulin, envoyait tous les mois par courrier parachuté, pour la délégation générale puis pour les journaux clandestins, les études exemptes de tout esprit de propagande que Jean Moulin avait demandées sur des problèmes ou des institutions particulières. Au printemps 44, on envoyait à chaque lunaison un courrier purement documentaire de 250 pages en 27 exemplaires.

“La démocratie ne peut fonctionner que si parmi les droits fondamentaux elle a inscrit le droit de savoir.”

J’ai connu pendant la guerre une presse britannique exempte de censure politique, une censure limitée pour l’essentiel à la censure militaire. La doctrine du right to know, le droit de savoir, a dominé en Grande Bretagne, même pendant cette période, développée par un parlementaire travailliste, Francis Williams, que Churchill avait nommé directeur de la censure. La démocratie ne peut fonctionner que si parmi les droits fondamentaux elle a inscrit le droit de savoir. J’ai été imprégné de cette théorie. Propos recueillis par Bernard Wallon en février 2014

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