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La République française survivra-t-elle…

...à la globalisation ? Par Stéphane Rozès Président de Cap, enseignant à SciencesPo et HEc

Publié le 13 Oct 2016

Nous, Français, sommes incapables de voir et d’envisager notre propre singularité, tant nous sommes universalistes et voyons le monde à partir de ce que nous sommes. L’imaginaire français qui modèle nos représentations et conduites pour nous approprier le réel a construit la République dans l’écart même entre nos croyances communes et nos pratiques diverses.

 

Mais le fossé se creuse entre la référence permanente à une République dont chacun définit le contenu pour son compte et la transcription de ces valeurs dans les politiques gouvernementales et la réalité quotidienne. Or, de la nature de cet écart entre la mystique républicaine et sa réalité tangible dépend la façon dont notre modèle peut survivre à la forme actuelle de la mondialisation : globalisation financière et numérisation des échanges.

C’est que la République, en France, n’est pas simplement une démocratie, une procédure égalitaire de désignation de nos dirigeants et d’élaboration des lois. Parce que, dans une France diverse dès ses origines, celtes, latines, germaines…, elle est la modalité actuelle de notre imaginaire pour affronter et s’approprier le réel, pour nous assembler. La République – au travers de ses rites électoraux et des diverses institutions – est la façon dont les individus se projettent dans un dépassement commun, transcendant et universaliste, guidé par la raison du citoyen, animé par l’idée d’intérêt général.

La République n’est pas simplement une démocratie, elle est la modalité actuelle de l’imaginaire français pour affronter et s’approprier le réel, pour nous assembler.

La panne française

À l’époque contemporaine, cette projection s’opère par trois vecteurs : le temps, au travers du progrès ; l’espace, au travers de l’Europe vue comme la France en grand ; le politique, au travers notamment de son incarnation ou d’un projet au sommet de l’État. Quand se dérobent les projections de notre imaginaire dans l’espace et le temps reviennent en force la République et sa mystique ainsi que l’attente de politiques étatiques. Mais nos dirigeants ne sachant ni les incarner ni les porter, le pays entre en dépression.

La mystique républicaine fonctionne comme un abri symbolique, une résilience commune pour juxtaposer nos diversités face au règne sans partage des marchés.

Au milieu des années quatre-vingt-dix, le passage du capitalisme managérial au capitalisme financier rend le progrès contingent : un vaste et irrépressible développement de la globalisation opère un basculement des représentations qui rend le cours des choses imprévisible, imposant le marché comme une sorte de loi naturelle, échappant aux politiques.

Pour trouver une nouvelle modalité d’assemblement, les Français – devançant le personnel politique et la classe médiatico-intellectuelle – sont revenus aux idées en sommeil de citoyenneté, république, nation, tenues pour désuètes voire réactionnaires après 1968. La mystique républicaine fonctionne comme un abri symbolique, une résilience commune pour juxtaposer verticalement nos diversités quand le règne sans partage des marchés semble horizontaliser le monde et jeter les individus dans la contingence, empêchant toute projection collective.

Les rites présidentiels

Les campagnes présidentielles servent d’abord à réactiver notre imaginaire républicain au travers d’une dispute commune structurée par le clivage gauche/droite. Une dispute dont les présidentiables sont les acteurs mais dont le pays est l’auteur. Dans ses représentations collectives, le pays va ainsi convoquer des politiques et des présidentiables en mesure de construire un chemin entre la République et les contraintes du monde extérieur. En 1995, Jacques Chirac promet de combattre la « fracture sociale ». En 2007, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy proclament la prévalence du volontarisme politique sur la technostructure. En 2012, après un quinquennat dont la pratique semblait diviser la France pour la sauver, après la crise des subprimes de 2008 qui illustrait la prédominance de la finance sur les États, le pays, dans son inconscient collectif, fait émerger François Hollande, homme de gauche dont le réalisme et la sérénité semblent indiquer qu’il est possible de survivre sans renoncer à notre modèle social et républicain.

Depuis 1995, pour le Président, dans notre monarchie républicaine, la dimension spirituelle de l’incarnation prend de nouveau le pas sur la dimension temporelle de la compétence, de la technicité et des programmes. La présidentielle est le contrat qui lie la Nation et le sommet de l’État, un contrat qui réside dans sa mystique, dans la symbolique de ce qui, au travers du Président, tient ensemble les Français.

La présidentielle est le contrat qui lie la Nation et le sommet de l’État.

La mystique républicaine perdure, enfouie dans notre inconscient collectif qui s’exprimera dans ce que le Président Hollande appellera « l’esprit du 11 janvier » 2015, avec 4 millions de Français dans la rue. Ses composantes ? L’égalité des conditions, la centralité et le surplomb de l’État, la symbolique présidentielle qui relie directement les individus, la séparation des sphères privée et publique, au travers notamment de la laïcité et des droits de l’Homme, le besoin de se projeter dans l’espace et le temps, l’universalisme. La source de notre dépression est à chercher dans la contradiction entre l’attente de la Nation d’un retour à la mystique et aux politiques républicaines et l’attitude du sommet de l’État qui s’en éloigne en s’indexant sur la globalisation.

Dans notre monarchie républicaine, la dimension spirituelle de l’incarnation prend le pas sur la dimension temporelle de la compétence.

L’État se retire de la Nation

Certes, dans l’Imaginaire français, a toujours existé un écart entre le spirituel et le temporel, l’idéal et la réalité. Cet écart est la condition même pour tenir ensemble la diversité d’origine, religieuse et sociale, qui fait la France. Mais aujourd’hui le haut et le bas, le corps et l’esprit, divergent. Nous sommes les plus pessimistes au monde alors que notre situation économique et sociale objective demeure enviée. C’est que, pour la Droite comme la Gauche, la mystique républicaine est fondée sur une promesse de retour de l’État-Nation dans ses différentes dimensions, régaliennes, économiques, sociales et environnementales : depuis la directive Bolkestein qui actait la contradiction entre Europe idéelle et Europe réelle, depuis le référendum de 2005, l’Europe n’est plus la France en grand, la Nation souhaite une renationalisation du souhaitable. Mais pas un renfermement : le jour même du Non, deux Français sur trois souhaitaient une nouvelle constitution européenne. Ne pouvant se passer d’un espace de projection, les Français ont longtemps partagé la vision mitterrandienne : « La France est notre patrie, l’Europe est notre avenir ». Mais ils contestent les modalités actuelles d’une Europe élargie sans redéfinition d’un projet, devenue pour eux un relais de la globalisation et des marchés, poussant les États à se concurrencer pour la ressource financière plus qu’à arbitrer en interne les compromis entre catégories sociales.

La source de notre dépression est la contradiction entre la Nation qui attend un retour à la mystique et aux politiques républicaines et le sommet de l’État qui s’indexe sur la globalisation.

C’est que les politiques étatiques des présidents nouvellement élus ne résultent pas de débats entre le bon, le juste et l’efficace engagés au sein de la Nation durant les présidentielles. Les équilibres entre le souhaitable et le possible ont été externalisés : l’Élysée, Matignon et Bercy se sont fait les relais de la contrainte extérieure, avec plus ou moins de bonheur, de clarté ou de malignité, posant l’Europe en sauveur ou en bouc émissaire.

L’occultation du Récit républicain

Cette contradiction conduit nos derniers présidents à esquiver le récit de la mystique républicaine, d’une vision de la France, de l’Europe et du monde… Car un récit n’est ni une pédagogie ni un séquençage ni une opération de communication ni un storytelling. Il dit qui on est et où l’on va, il dit le réel et donne une perspective. Il engage celui qui l’énonce et structure celui qui l’entend. Cette énonciation elle-même rappelle que ce sont les Hommes qui font l’Histoire, qu’elle n’est pas fermée. Pour la France, la vision et son récit sont une nécessité existentielle car ils activent le présent et donnent sens au passé. « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », disait René Char.

Or, la Nation n’est plus comprise par le sommet de l’État : consacrant la gouvernance des choses, gouvernants et technostructure semblent dire au pays que, pour survivre dans la globalisation, il faut se soumettre à sa loi. À cette contrainte extérieure, observait finement la diplomate américaine Madeleine Albright, « seuls les Français peuvent dire : j’y crois en théorie mais pas en pratique ». Parce que l’imaginaire français – ce qui nous met en mouvement – est l’exact inverse : c’est la projection de ce que nous sommes vers l’extérieur…

Pour la Droite comme la Gauche, notre mystique républicaine est fondée sur une promesse de retour de l’État-Nation dans ses différentes dimensions.

La globalisation financière contre la République

Nos élites publiques ne pensent pas ensemble les questions culturelles, politiques et économiques. Elles croient que l’économie fait la société. L’impasse faite sur les dimensions culturelles, sur ce qui agit les peuples, leur rend difficile la compréhension de la grave crise nationale, européenne et mondiale. Au fond, par économicisme, les politiques pensaient que l’uniformisation des modes de production, d’échange et de consommation, que l’unicité des politiques monétaires et budgétaires, fusionneraient les peuples européens. C’est le contraire qui se passe : à mesure que prévalent des politiques de désinflation compétitives, partout progressent populisme, nationalisme, communautarisme, régression identitaire, ethnocentrisme, xénophobie, racisme, radicalisme religieux voire terrorisme.

Les équilibres entre le souhaitable et le possible ont été externalisés. Cela conduit nos présidents à esquiver le récit de la mystique républicaine, d’une vision de la France, de l’Europe et du monde.

À une vitesse accélérée et inédite, la globalisation financière et la digitalisation du monde compactent l’espace et le temps de la mondialisation, mosaïque de peuples qu’elles semblent entraîner dans un même mouvement. Les sociétés consentent de moins en moins à cette globalisation quand le prix à payer pour « avoir » touche à leur « être ». La renaissance européenne implique de reconnaître que ce sont les peuples qui font la mondialisation et que la gouvernance mondiale doit procéder des peuples.

La globalisation financière sort des gonds de la mondialisation, l’Europe en est la victime première. En France, l’imaginaire est redevenu républicain. Mais populisme et nationalisme montent partout en Europe et gouvernent à l’Est.

Le libéralisme s’insère dans l’imaginaire des peuples, le néo-libéralisme les déstabilise. C’est la différence entre la mondialisation-mosaïque et la globalisation-uniformisation.

Le génie européen

Pour en rendre raison, il faut revenir au génie séculaire de ce continent, qui a engendré la pensée occidentale et ce modèle économique capitaliste qui semble inspirer la globalisation partout dans le monde. L’Europe est le laboratoire de la mondialisation, pour le pire et le meilleur. Autour de la Mare Nostrum, d’abord, les échanges, frictions et conquêtes d’une multitude de peuples culturellement divers ont produit une dynamique qui s’est étendue à l’ensemble du continent : le génie européen est de faire du commun à partir du divers. Or les politiques bruxelloises sont l’exact inverse de l’imaginaire européen. Il est révélateur que ce soit le peuple anglais, le plus sûr de son identité, le peuple du « moi », qui ait quitté l’Union européenne. À l’inverse, la France, pays du « surmoi », plus dépendant d’une projection extérieure, est le pays le plus affecté par la contradiction entre le génie européen et les politiques bruxelloises.

 

La renaissance européenne passe par la compréhension des singularités de chaque peuple dans son rapport au monde et, au préalable, de ce qui l’assemble. « Chaque nation a une âme » disait le candidat Hollande au Bourget. Pour que l’Europe redevienne elle-même, retrouve une position de leader industriel et technologique, il faut passer d’une construction européenne transcendante, opérée par le haut au travers de modalités économiques uniques, à une construction européenne immanente, produit de l’excellence et de l’alliance de chacun des modèles nationaux. Il faut que, dans la polyphonie européenne, chacun joue sa partition, que la gouvernance bruxelloise corresponde au génie européen.

 

L’Europe est absente des grands débats du monde et de son organisation parce qu’elle peine à comprendre sa propre peine. La globalisation édicte des normes juridiques et économiques en dehors des communautés humaines, sans le moindre débat préalable pour arbitrer le bon, le juste et l’efficace. Là est la différence entre le libéralisme qui s’insère dans l’imaginaire des peuples et le néo-libéralisme qui les déstabilise, entre la globalisation-uniformisation et la mondialisation-mosaïque.

Renaissance ou barbarie ?

Cette déstabilisation des imaginaires entraîne la révolte des peuples contre des élites transnationalisées et des politiques vécues comme échappant à toute maîtrise humaine. C’est que la globalisation déstabilise les dynamiques intégratives verticales des imaginaires nationaux qui opèrent par la croyance et la loi et dont la République est la forme française. Elle y substitue une dynamique d’assemblement horizontal binaire, peuple/élites, pur/impur, ami/ennemi. Toutes les démocraties sont touchées.

S’il en est encore temps, la globalisation néo-libérale doit rentrer dans le lit de la mondialisation. Ce qui suppose que des régulations et des normes pour encadrer les échanges et la production – à l’image de ce qui a prévalu lors de la Cop 21 – devront découler de débats préalables sur le type de planète que souhaitent les peuples. Les porte-paroles et représentants des « êtres » pèseront-ils à temps sur ceux des « avoirs » pour que la propension à la jouissance immédiate et la domination cèdent la place à l’équilibre et à l’harmonie au sein des peuples et donc entre eux ?

Nos élites croient que l’économie fait la société. À long terme, c’est l’inverse.

Les communicants peuvent et doivent sans cesse rappeler aux décideurs et aux élites qu’un imaginaire humain précède et conditionne les conduites économiques, les innovations technologiques et l’adaptation au changement. Que ce sont, à moyen et long terme, les sociétés qui font l’économie, et non l’inverse. Et que l’oubli de cette réalité peut déchaîner les « passions négatives ».

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