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Quel dosage de mémoire, d’identité et de ruptures ?

Marie-Lise Sabrié - Anne-Claire Jucobin - Institut de recherche pour le développement (IRD) Directrice mission culture scientifique et technique - Directrice communication et partage de l'information

Publié le 26 Août 2019

Article publié dans le dossier « Anniversaires : mémoires d’avenir ? » coordonné par Philippe Deracourt et Bernard Wallon.

Pour une organisation publique, saisir l’opportunité d’une date symbolique d’anniversaire est une tentation bien naturelle. L’anniversaire offre en effet une occasion d’attirer des regards bienveillants sur son histoire comme sur son actualité, mais aussi de rendre hommage à ses collaborateurs et à ses partenaires.

C’est le choix qui a été fait par l’Institut de recherche pour le développement1 qui fête ses 75 ans autour d’une série d’événements en France et dans ses pays partenaires du Sud tout au long de l’année 2019. Pourtant l’exercice n’est pas anodin. Comment saisir l’opportunité de l’anniversaire, surtout pour des institutions assez jeunes et peu connues ? Avec quel savant dosage de mémoire, d’identité et de futurs souhaitables ?

Il est plus difficile de fêter une organisation dont le passé n’est pas si lointain, dont le modèle et la pertinence ont été questionnés et qui a subi de nombreuses transformations.

Les anniversaires d’institutions bi ou tricentenaires sont facilités par le fait qu’elles jouissent d’un a priori positif lié à la durée de leur existence. La dimension patrimoniale est déterminante et « confortante ». C’est l’héritage commun, fruit de cette longévité, qui importe, ce qu’elle dit de l’identité d’une nation, de la force de son rayonnement. L’Académie des sciences, qui a fêté son 350ème anniversaire en 2016, affirme ainsi, sous la plume de son président, Bernard Meunier2, la place majeure en France de la science auprès du pouvoir, dans l’évocation de ces séances, depuis sa création par Louis XIV, « veillant aux intérêts de la science et du pays ».

Fêter une organisation dont le passé n’est pas si lointain et dont les premiers protagonistes sont encore des témoins vivants peut être plus difficile, et ne relève pas du même exercice de communication. Dans ce cas, en effet, préserver l’identité d’une organisation est absolument essentiel. Celle-ci peut être ébranlée par l’exercice d’anniversaire, surtout lorsque son modèle et sa pertinence ont pu être questionnés ou qu’elle a subi au long de son existence de nombreuses transformations.

Avec des organisations comme l’IRD, que le grand public connaît peu, l’exercice d’anniversaire contraint ainsi à connecter le passé avec le présent, de façon qu’une continuité apparaisse, tout « en faisant avec » un héritage historique qui peut être encombrant.

Comment ? En convoquant des valeurs qui ont perduré au-delà des vicissitudes de l’Histoire, en démontrant que les succès passés, même de nature différente, ont préparé les succès présents. Mais aussi en prouvant que l’organisation a su se réinventer ou se renouveler.

Convoquer des valeurs qui ont perduré au-delà des vicissitudes assumées de l’Histoire, démontrer que les succès passés, même de nature différente, ont préparé les succès présents, prouver que l’organisation a su se réinventer.

Cette démarche a des vertus. Au sein de l’institution, elle permet à ses membres de revendiquer avec fierté leur appartenance à l’organisation. À l’extérieur, elle contribue à afficher un solide socle fondateur sur lequel l’organisation bâtit sa trajectoire présente et future. Pour l’IRD, fêter ses 75 ans est ainsi une occasion de montrer que ses enjeux et missions sont en adéquation avec son temps (place de la science dans la mondialisation, enjeux de développement durable) et de convoquer un nouveau vocabulaire (science de la durabilité, objectifs de développement durable, partenariat équitable, partage des savoirs). Cet anniversaire offre aussi l’opportunité de rappeler que la science est le moteur du progrès universel de la connaissance et de la constitution de ce bien commun que sont les savoirs.

Mais ce discours pourrait être affaibli par des évocations d’un passé reflet de politiques et de postures datées, marquées par leur époque. En premier lieu, la période coloniale qui donne naissance à l’IRD : la recherche scientifique y occupe une place de choix, d’une part, comme moyen de mise en valeur des territoires d’Outre-mer, d’autre part, pour assurer une mission « civilisatrice » auprès de populations supposées restées dans l’ignorance ou à l’écart du progrès. En second lieu, la période postcoloniale durant laquelle les recherches de l’Institut3 sont pensées comme outil d’assistance au développement socio-économique, dans une logique de rattrapage des pays riches.

On comprend aisément ce qu’une évocation passéiste ou exagérément mémorielle à l’occasion de cette célébration pourrait avoir de délétère pour l’Institut. Ce serait pourtant une erreur d’évacuer toute référence au passé. Le propos est au contraire raffermi par la démonstration d’une capacité d’innovation constante et bénéfique. Dans la préface de l’ouvrage publié à l’occasion du 75ème anniversaire4, l’actuel PDG de l’IRD, le professeur Jean-Paul Moatti, ne renie pas l’histoire de l’organisation et parle même de « continuité historique », celle de recherches qui, de tout temps, ont contribué à la science universelle (ainsi affranchies des intérêts particuliers que pouvait servir la science coloniale) et à l’amélioration de la vie des populations, faisant écho au concept plus récent de « bien commun ».

Affirmer une continuité n’empêche pas de revendiquer une double rupture, avec la science « civilisatrice » de la genèse coloniale, avec le paternalisme scientifique de la période postcoloniale.

Affirmer cette continuité n’empêche cependant pas de revendiquer une double rupture avec les périodes antérieures, rupture avec la science « civilisatrice » de la genèse coloniale, rupture avec le paternalisme scientifique de la période postcoloniale. C’est justement l’affirmation de ces ruptures radicales qui, en permettant de ne pas avoir à rougir du passé (« nous assumons parce que nous avons su nous réformer »), conduit à jeter les fondements de l’identité actuelle : en appelant à la permanence de valeurs fondatrices affirmées comme constitutives de l’identité, elles permettent de dépasser les aléas de l’Histoire, voire de les assumer.

Par ailleurs, ce discours est renforcé par les témoignages des partenaires, que l’on retrouve sous forme de verbatim dans le livre dédié aux 75 ans ou en introduction des sessions du symposium scientifique qui a marqué le lancement de cet anniversaire. Bénéficiaires et surtout acteurs des missions de l’organisation, ces témoins, éminentes autorités scientifiques issues de pays en développement, racontent l’institution au travers de leurs heureuses expériences, partagées avec l’IRD, de co-production du savoir et de contribution au développement.

C’est cette parole externe, celle des partenaires, qui démontre de manière évidente et objective la continuité des valeurs portées par l’Institut et tout le bénéfice tiré de ses activités. Elle est d’autant plus forte que le modèle aujourd’hui revendiqué par notre institution est celui du partenariat scientifique équitable.

Le théoricien des organisations David Whetten5 insiste sur le distinguo entre l’identité d’organisation, forgée par ses membres, et l’image d’organisation, qui repose sur la perception extérieure. L’exercice d’anniversaire partagé et collectif permet sans doute de concilier ces deux dimensions, en appelant ceux qui partagent les valeurs fondatrices à suivre le modèle proposé par l’organisation.

L’anniversaire partagé et collectif peut concilier deux dimensions, l’identité d’organisation, forgée par ses membres, et l’image, qui repose sur la perception extérieure.

À ceux qui partagent avec lui l’idée que les savoirs scientifiques, qui sont universels, doivent être pensés comme bien commun, l’IRD, en réaffirmant sa spécificité, en avant-garde, propose l’exemple d’une organisation centrée sur la science de la durabilité, dont « les objets et problématiques de recherche trouvent d’abord leur source dans la confrontation aux problèmes du monde réel, des écosystèmes et des sociétés, plutôt qu’à la dynamique propre des disciplines scientifiques qu’elle mobilise »6.

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1- L’Institut de recherche pour le développement est un organisme pluridisciplinaire public français travaillant principalement en partenariat avec les pays méditerranéens et intertropicaux.

2 – www.academie-sciences.fr/pdf/lettre/lettre37_38_fr.pdf

3 – Alors Orstom, Office de la recherche scientifique et technique Outre-mer.

4 – Science et développement durable, 75 ans de recherche au Sud, IRD Editions, 2019.

5 – Whetten, D. A. (2006). “Albert and Whetten Revisited: Strengthening the Concept of Organizational Identity”. Journal of Management Inquiry, 15, n°3, 219-234

6 – https://www.ird.fr/toute-l-actualite/communiques-et-dossiers-de-pressecp-2019/l-ird-celebre-ses-75-ans

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