taking molly and ambien buy ambien no prescription zolpidem online Anchorage

cost ambien vs generic ambien online no prescription ambien saved my marriage

hvor lenge virker valium buy vallium online valium instead of alcohol

ambien cr and ativan buy ambien ambien and false positive pregnancy

tramadol buy Knoxville buy tramadol rheumatoid arthritis tramadol

phentermine and lipo-b buy phentermine online phentermine jak dziala

how much does a valium sell for buy valium online can i take percocet and valium

how to quit ambien cold turkey buy ambien online is ambien toxic to dogs

can valium make you forgetful buy valium mixing valium with painkillers

forum sevrage tramadol order tramadol online cod how do i get off of tramadol

Public : histoire du mot

Bernard Combettes Professeur émérite de linguistique française, Université de Lorraine, membre du laboratoire analyse et traitement informatique de la langue française, CNRS

Publié le 29 Juin 2018

L’histoire du mot public, dans sa densité, avec ses bifurcations de sens et ses abandons, entre en résonance avec l’importante diversité de ses usages et significations actuels, et fait écho à la fluidité de la circulation du mot dans le monde contemporain.

Le point de départ de publicus est pubes, qui désigne le poil caractérisant la puberté, d’où le sens de « population mâle adulte ». On constate, dès le latin, une superposition qui fait rattacher la famille de publicus à populus (« peuple ») : alors que les origines des deux mots sont indépendantes, c’est finalement publicus qui sert d’adjectif au nom populus. L’adjectif publicus désigne ainsi ce qui concerne le peuple, d’où ce qui concerne l’État, et s’oppose à privatus, qui qualifie ce qui concerne le domaine privé.
Comme substantif, le masculin publicus s’applique à des personnes (et signifie « serviteur de l’État »), et le neutre publicum renvoie au « domaine public ». Le verbe publico signifie « rendre public », « mettre à la disposition du public », d’où « confisquer » ; ainsi le nom publicatio ne signifie-t-il pas « publication d’un ouvrage », mais « confiscation », les biens revenant à l’État.

Publicus sert d’adjectif à populus et désigne ce qui concerne le peuple, d’où ce qui concerne l’État, et s’oppose à privatus.

En français, à partir de la fin du Moyen Âge, les acceptions de l’adjectif vont se répartir dans deux grandes directions : au sens large, est dit « public » ce qui concerne tout le monde (une place publique), au sens plus restreint, qui renvoie au domaine politique, est dit « public » ce qui relève de l’État (l’École publique). Le nom, quant à lui, a d’abord une valeur politique et ne s’applique pas à des personnes : le « public » désigne alors le domaine de l’État. Il s’étend ensuite à des personnes, soit avec un sens large (« le peuple », « la population »), soit avec un sens s’appliquant à un sous-groupe donné, en particulier à un groupe d’individus « récepteurs » et « juges ». Cette dernière acception se restreindra, à la fin du XVIIe siècle, aux spectateurs d’une œuvre artistique.

À la fin du Moyen Âge, au sens large, est dit public ce qui concerne tout le monde, au sens restreint ce qui relève de l’État.

Aux XIVe et XVe siècles, l’emploi reste essentiellement adjectival, avec des acceptions qui correspondent aux deux aspects du rapprochement avec peuple. Est « public » ce qui concerne tout le monde, dans une opposition avec ce qui est privé, personnel : place publique, voie publique, témoignage public. Commence à apparaître une opposition : « public » s’applique à une partie de la société. Ainsi, un notaire public est au service du peuple en tant que classe, par opposition au notaire qui est au service d’un seigneur. Autre acception, est « public » ce qui a un caractère officiel : « Le duc d’Orléans estoit en expédition publique en Guienne » (Nicolas de Baye, 1417). C’est ainsi qu’un office public désigne une fonction officielle dans l’administration de l’État et qu’une personne publique est une personne investie d’une fonction officielle. C’est à cette période que l’emploi de public comme nom pour désigner l’ensemble de la population, « les gens », devient plus fréquent, mais uniquement dans la locution en public (« devant tout le monde »).

À partir du XVIIe, le public désigne un groupe social, en tant qu’il juge ou établit l’opinion, en fait la bonne société, la Cour.

Au XVIe siècle, on assiste à la création de nombreux dérivés, disparus depuis, qui exploitent le sens de « faire connaître », « rendre public » : publicateur, « celui qui fait connaître » (« les apôtres, hérauts et publicateurs de la loi ») ; publieur (« Jésus, publieur de notre loi et foi ») ; publiement, « ce qui fait connaître » (« Ce brave chevalier avoit besoin d’un tel escrit et publiement de sa vertu ») ; se publier, « s’exposer en public ».
Les XVIIe et XVIIIe siècles permettent une véritable évolution sémantique du nom. D’abord des emplois qui correspondent à une substantivation de l’adjectif : « le bien public, la chose publique », d’où « le public ». Le terme s’applique donc initialement à des abstraits ou à des « biens ». On passe cependant rapidement de la notion de « chose publique », d’« État » à celle de « population », le rapprochement avec « peuple » facilitant l’extension. Le terme entre ainsi dans un jeu d’oppositions, en particulier avec privé ou particulier, mais le sens renvoie toujours à « bien public ».
Sous l’influence de peuple, la désignation s’étend à la notion de « population » : le public désigne alors une sous-partie de la société, un groupe social particulier, en tant qu’il juge ou qu’il établit l’opinion, en fait la bonne société, plus particulièrement la Cour. « Le Comte De Guiche s’y etoit plus attaché que les autres, et il y paraissait encore attaché lorsque le roy la choisit pour une de celles dont il voulait éblouir le public » (Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1693).
Le public est en même temps la source des rumeurs : « Le public, qui cherche toujours à dire du mal, répandit un bruit de cette maladie-là, qui se trouvera entièrement faux dans la suite » (Dangeau, 1686). Il joue même un rôle plus actif, dans la mesure où il est ainsi le garant de la réputation : « Comme vous ne voulez dans le fond que le bien de l’état et la conservation de votre réputation dans le public, vous faites l’un sans nuire à l’autre » (Retz, 1679). « Le public est impitoyable sur la réputation » (Mme de Sévigné, 1675).
À la même époque, se développe une acception dans laquelle la notion de « bonne société » a tendance à s’effacer au profit de celle de « réception » d’une œuvre, écrite, scientifique ou littéraire, le public étant ainsi caractérisé par des intérêts ou des connaissances communs ; il s’agit alors d’un public de connaisseurs et non d’un public défini par son appartenance sociale. Le « public » de Descartes ne correspond pas au « public » de Mme de Sévigné ou de Mme de Lafayette : « Je ne veux point parler ici en particulier des progrès que j’ay espérance de faire à l’avenir dans les sciences ni m’engager envers le public d’aucune promesse que je ne sois pas assuré d’accomplir » (Descartes, 1637). Cette acception, qui renvoie au domaine de la diffusion des idées et des œuvres et au jugement porté par les récepteurs, se maintient, au milieu du XIXe siècle : « Avant les révolutions des hommes supérieurs meurent inconnus ; leur public n’est pas encore venu. Après les révolutions, des hommes supérieurs meurent délaissés ; leur public s’est retiré » (Chateaubriand, 1848).

Le terme désigne à la fin du XVIIe les lecteurs d’une œuvre, les spectateurs de représentations théâtrales ou de manifestations, le public étant caractérisé par des intérêts ou des connaissances communs.

Avec cette acception, le terme apparaît souvent dans des contextes où il est question de la diffusion des œuvres, de leur impression ; on se rapproche ainsi du sens que prendra le verbe publier, au sens d’éditer. C’est alors à un « public » de lecteurs que renvoie le terme. Dans la continuité du sens précédent, le terme désigne enfin, à la fin du XVIIe siècle, les spectateurs de représentations théâtrales. Il semble que ce soit d’abord l’acception de « public » en tant que juge d’une œuvre : « La mauvaise réception que le public a faite à cet ouvrage m’avertit qu’il est temps que je sonne la retraite » (Corneille, 1653). Mais, rapidement, le terme renvoie aux spectateurs et s’étend à d’autres manifestations artistiques comme les salons de peinture.

« Avant les révolutions des hommes supérieurs meurent inconnus ; leur public n’est pas encore venu. Après les révolutions, des hommes supérieurs meurent délaissés ; leur public s’est retiré »
Chateaubriand

On peut dire finalement que l’évolution sémantique de public, lorsque le terme désigne un ensemble de personnes, est caractérisée par des limitations successives : soit l’ensemble des gens, la population ; soit un sous-ensemble, ceux à qui on fait connaître, les destinataires ; soit un sous-ensemble, les spectateurs.

Bien évidemment, ces diverses acceptions ne s’éliminent pas, mais continuent à cohabiter jusqu’en français contemporain. En ce qui concerne le nom, on retrouve en effet aujourd’hui les trois grandes possibilités qui se sont peu à peu dégagées du noyau de départ.

Le sens le plus général (« ensemble des gens ») se maintient dans bon nombre d’expressions plus ou moins figées (interdit au public, le gros du public, en public). Il a tendance, d’autre part, à désigner une partie de la population (le public peu scolarisé, quelque chose qui intéresse tous les publics). Les deux autres sens, en revanche, sont bien représentés : les « destinataires » (on s’adresse à un public de connaisseurs) ; les spectateurs d’une manifestation artistique, culturelle ou sportive.

L’évolution sémantique de « public » se caractérise par des limitations successives, soit la population, soit les destinataires, soit les spectateurs. Les diverses acceptions continuent à cohabiter jusqu’en français contemporain.

Il en va de même pour l’adjectif, qui conserve aujourd’hui les grands traits qui le caractérisaient à l’origine : à partir de l’opposition individu/État se maintient l’acception « qui dépend de l’État » (établissement public, recette publique), alors que l’opposition individu/groupe entraîne les acceptions « qui concerne tout le monde » (travaux d’utilité publique, voie publique) et « qui est connu, notoire » (débat public, scandale public).

_______________________

NDLR Cet article est issu de la notice « Public (histoire du mot) » publiée par l’auteur dans le Publictionnaire. Dictionnaire encyclopédique et critique des publics. 05 avril 2018. http://publictionnaire.huma-num.fr/notice/public-histoire-du-mot/.

 

Bibliographie

  • Base textuelle Frantext. Accès : http://www.frantext.fr/.
  • Dictionnaire du moyen français (1330-1500). Accès : www.atilf.fr/dmf.
  • Dubois J., Lagane R., Lerond A., 1971, Dictionnaire du français classique. Le XVIIe siècle, Larousse, 1992.
  • Ernout A., Meillet A., 1931, Dictionnaire étymologique de la langue latine. Histoire des mots, Klincksieck, 1959.
  • Littré É., 1863, Dictionnaire de la langue française, Monte-Carlo, Éd. du Cap, 1959.
  • Rey A., dir., 1992, Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert.
  • Robert P., 1985, Le Grand Robert de la langue française, Le Robert. Trésor de la langue française, 1971-1994, Gallimard.
VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous
Cancel