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Préfets : l’autorité, l’action, la parole

Nicole Klein Préfète de la région Pays-de-la-Loire, préfète de la Loire-Atlantique

Publié le 13 Mar 2018

« Dans les collectivités territoriales de la République, le représentant de l’État, représentant de chacun des membres du Gouvernement, a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois. »

Constitution du 4 octobre 1958, art.72

Seul haut fonctionnaire dont les missions sont définies dans la Constitution, le préfet incarne traditionnellement la parole de l‘État sur le territoire. Il est d’ailleurs le responsable de la mise en œuvre des politiques gouvernementales, il dispose de compétences et d‘attributs symboliques (l‘uniforme, par exemple) qui rappellent sa place centrale dans l‘édifice régalien. Par essence, le préfet est un homme ou une femme de dialogue, de rencontres et de terrain.

Il est le partenaire privilégié, en premier lieu, des collectivités territoriales et de leurs exécutifs, devenus, à la faveur des transferts substantiels de compétences actés par les lois de décentralisation, des acteurs publics territoriaux de premier plan. Loin de marginaliser le préfet, cette évolution a conforté sa position, à mesure que l‘État, par la déconcentration, a réaffirmé son assise territoriale.

Ainsi, la parole du préfet a-t-elle vocation à être celle d‘un partenaire exigeant, garant des intérêts nationaux et du respect des lois. Elle est également celle d‘un « assemblier », cheville ouvrière d‘un dialogue multipartite indispensable pour impulser et accompagner la mise en œuvre des politiques publiques et le développement territorial. Au quotidien, nombreux sont les sujets que les préfets traitent avec les élus locaux, les entreprises, les acteurs sociaux et culturels : la recherche du consensus et de l‘intérêt commun est notre aiguillon, mais n‘empêche ni la détermination ni la décision lorsqu‘il revient à l‘État de trancher.

La décentralisation a conforté la position du préfet à mesure que l‘État, par la déconcentration, a réaffirmé son assise territoriale.

Il reste que, face à des collectivités territoriales devenues très actives en matière de communication pour promouvoir leur action auprès des citoyens, le corps préfectoral a dû sortir d‘une certaine réserve traditionnelle vis-à-vis des médias. La fonction de représentation dévolue au préfet s‘est certes toujours accompagnée du déploiement d‘une communication institutionnelle, destinée à valoriser l‘action de l‘État, à la rendre visible. Mais les médias ne sont pas, et encore moins à l‘heure actuelle, des relais spontanés de cette communication. Aujourd‘hui, les préfectures ne peuvent plus se reposer uniquement sur des communiqués ou des dossiers de presse pour mettre en lumière l‘action de l‘État. Le préfet doit privilégier, dans une logique de proximité, une communication plus vivante, davantage fondée sur des contacts directs et des échanges spontanés avec les médias locaux.

La parole du représentant de l‘État tend donc à devenir de moins en moins rare. Cela s‘est traduit, d‘un point de vue administratif, par un renforcement de la fonction stratégique de communication au sein des préfectures. Désormais, toutes les préfectures de département disposent d‘un service de communication interministérielle, rattaché au cabinet du préfet, généralement sous son autorité directe. Ce service prend en charge un vaste champ de missions : relations avec la presse, organisation et médiatisation des déplacements officiels, relais des campagnes de communication du Gouvernement, mais aussi élaboration d‘événements et d‘actions de communication au niveau local.

Garant des intérêts nationaux et du respect des lois, le préfet est aussi la cheville ouvrière d‘un dialogue indispensable pour impulser et accompagner politiques publiques et développement territorial.

Mais l‘État territorial est confronté à des évolutions plus déstabilisantes encore, qui nous obligent à renouveler nos méthodes. Il y a vingt ans, la communication institutionnelle du préfet se limitait aux deux ou trois journaux de la presse quotidienne régionale, à une chaîne de télévision et de radio locale. La révolution digitale ouvre un monde nouveau qui offre à l‘État des opportunités, enthousiasmantes, de confronter sa parole de manière directe et horizontale avec les citoyens. Les préfectures ont ainsi pris le tournant du digital et investi cet espace par la création de sites internet et la présence sur les réseaux sociaux. Des pratiques qui dépoussièrent la parole de l‘État, autorisent plus de proximité et l‘usage parfois d‘un ton décalé : la préfecture de la Loire-Atlantique a ainsi développé sur les réseaux sociaux un anti-héros, la Faucheuse, qui délivre avec succès un message de sécurité routière, en utilisant l‘humour noir pour mieux retenir l‘attention des usagers de la route.

Face à des collectivités territoriales très actives en matière de communication, le corps préfectoral a dû sortir de sa réserve vis-à-vis des médias.

Seconde mutation à laquelle l‘État territorial doit s‘adapter : l‘entrée dans une société de l‘immédiateté et de l‘urgence. La pression des chaînes d‘information en continu exige du préfet une extrême réactivité, pour répondre à leurs sollicitations de plus en plus nombreuses mais aussi pour assurer, en temps réel, la bonne information du Gouvernement. L‘importance prise par la communication de crise illustre parfaitement cette évolution. Lorsqu‘un événement exceptionnel survient, la communication de l‘État est un élément à part entière de la gestion de la crise. Elle nécessite réactivité, transparence, accessibilité, humanité, disponibilité, précision et sang-froid, en particulier lorsque des vies humaines sont en jeu et que les autorités sont en cause. Je l‘ai connu lors de l‘attentat de St Etienne du Rouvray en juillet 2016, comme dans la gestion de l‘après Notre-Dame-des-Landes depuis janvier dernier.

La parole de l‘État reste attendue, elle organise le vivre ensemble, au-delà de la dictature de l‘instant, elle permet une projection dans un avenir commun.

Enfin, l‘État – central comme territorial – se doit de répondre à la défiance croissante de nos concitoyens envers l‘action publique. Aujourd‘hui plus qu‘hier, l‘administration est critiquée et décriée, symptôme d‘un questionnement plus profond sur le rôle et la place de l‘État. De manière générale, la question de la confiance dans la parole publique révèle des attentes croissantes en termes de transparence. En parallèle, la légitimité de la décision publique est plus fréquemment remise en cause. Les citoyens souhaitent y être davantage associés et les procédures de consultation traditionnelles du public ne suffisent plus à asseoir le bien-fondé des arbitrages de l‘État. Les phénomènes de contestation radicale des décisions publiques, qui visent en particulier les grands projets d‘aménagement et d‘infrastructures, en sont des témoignages criants. L‘État et, a fortiori, le préfet qui exerce ses missions au plus près du territoire, ne peuvent ignorer cette évolution fondamentale qui interroge notre manière d‘administrer. L‘absence de réponse peut être mortifère : elle nourrit le climat de défiance et la surmédiatisation des désaccords et des conflits, au risque d‘une confiscation du débat démocratique.

Si aujourd‘hui le préfet se doit d‘être le garant d‘une communication publique sincère et transparente afin de répondre au sentiment d‘opacité des citoyens, il doit cependant se garder de vouloir tout dire tout le temps, au risque de diluer la parole de l‘État. Nos concitoyens sont responsables : ils comprennent qu‘il n‘est pas dans l‘intérêt général de tout dévoiler, que la transparence totale n‘est pas souhaitable en démocratie. De plus, le temps médiatique ne correspond pas nécessairement au temps long de l‘État et de la mise en œuvre des politiques publiques. Dans ce contexte, la parole publique doit devenir une pédagogie des enjeux, qui ne renonce pas à expliquer la complexité des situations.

La force du préfet, c’est d’articuler verticalité et horizontalité, de rechercher le consensus mais d’être un pôle d‘autorité et de sécurité.

La parole de l‘État reste très attendue : elle régule et organise le vivre-ensemble ; au-delà de la dictature de l‘instant, elle permet une projection dans un avenir commun. Ainsi, si les citoyens attendent des pouvoirs publics davantage d‘horizontalité, le besoin de verticalité perdure. Articuler verticalité et horizontalité, c‘est précisément ce qui fait la force du préfet : rechercher le consensus et l‘équilibre avec l‘ensemble des parties prenantes à la décision publique mais aussi demeurer un pôle de stabilité, d‘autorité et de sécurité pour nos concitoyens, dans un monde de plus en plus incertain.

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