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Pour transformer la ville, la démocratie n’est pas un détour coûteux

Frédéric Gilli professeur affilié à l'école urbaine de Sciences Po et Laurent Sablic, journaliste - Associés de l'agence Grand Public

Publié le 06 Déc 2018

Élus, architectes, promoteurs, aménageurs, les professionnels de la ville s’en rendent compte : on ne pourra plus faire de projets pour les habitants, sans les habitants. Pour donner un contenu à cette affirmation, il faut transformer radicalement les outils de la communication publique. Faute de quoi, concertation et communication seront ressenties comme des démarches publicitaires, inutiles et coûteuses.

Les attentes des habitants ne viennent pas de nulle part : sentiment de dépossession, constat d’espaces inadaptés à leur vie… Elles prennent racine dans l’histoire urbaine récente : des projets faits au nom de l’intérêt général – « pour le bien » des habitants mais « sans » et donc « contre » eux – s’avèrent des échecs. Elles s’alimentent quotidiennement de la crise de souveraineté dans nos démocraties, qui sape les fondements de la confiance entre les élites politiques, économiques, expertes et les citoyens.

Dans un monde segmenté entre professionnels, les habitants sont les garants de la transversalité.

S’il n’est plus possible de faire sans les habitants, ce n’est pas une punition. C’est peut-même la chance de meilleurs projets : les espaces de vie que l‘architecture et l‘urbanisme ont produit sans la participation des habitants ces quarante dernières années sont loin d’être toujours des réussites. Co-construire les villes doit permettre de concevoir des projets plus agréables à vivre, moins traumatisants pour l’âme des villes, inscrits dans une histoire longue des lieux et des gens, pas dans un court terme d’épate. Mais aussi des projets plus robustes économiquement et pas uniquement plus « acceptables » parce qu’améliorés de manière cosmétique.

Il faut rompre avec les dispositifs actuels de concertation, hérités des lois de protection de la propriété privée ou de l’environnement, et conçus comme des espaces de négociation – voire de conflit – entre des sachants porteurs de l’intérêt général et des intérêts particuliers qu’il s’agit d’intégrer, d’amadouer ou de faire plier. Il n’est ni naturel ni évident de construire des démarches ouvertes, permettant la clarification et la refondation de l’intérêt général par l’identification collective des valeurs et repères qui doivent guider les projets.

Co-construire des projets inscrits dans une histoire longue des lieux et des gens.

Cela suppose une autre rupture : on ne peut pas « concerter » en considérant comme acquis le principe même du projet. Rendre la ville ou le quartier plus attractif, c’est aussi le bouleverser. Or les habitants aiment les endroits où ils vivent. Il faut établir de solides raisons de transformer, montrer que les évolutions profiteront aux habitants, qu’elles n’amplifieront pas, dans les villes et singulièrement dans les métropoles, les forces à l’œuvre : éloignement des centres, discriminations, gentrification. On est loin des questions techniques qui passionnent les responsables des différents silos opérationnels et fondent la légitimité des experts : logement, mobilité, espace public, commerce, etc. On touche là aux dimensions politiques et stratégiques qui sous-tendent les dynamiques urbaines. La très grande majorité des habitants ne se vivent pas comme des élus ou des architectes amateurs et ont conscience qu’il y a des expertises qu’ils ne maîtrisent pas. En revanche, ils souhaitent opérer un contrôle plus fort sur les orientations.

Rompre avec les concertations conçues comme des négociations avec des intérêts particuliers à intégrer, amadouer ou faire plier.

Cela implique une façon différente de concerter et amène des points d’attention particuliers pour conduire la concertation. D’abord, de tels débats ne peuvent être crédibles et productifs que s’ils se situent en amont des projets… avec la nécessité ensuite de maintenir vivants tout au long du travail les enjeux évoqués en amont en les reliant concrètement aux différentes étapes de la construction du projet. Ensuite, il faut travailler sur les intentions, le sens, plus que sur les objets. Or, en concentrant la discussion sur les micro-objets, les outils de type Lego avec maquettes, films en 3D, gommettes, post-it et jeux de rôle évacuent méthodiquement du champ de discussion les controverses politiques et stratégiques ; ils contribuent, volontairement ou non, à éloigner les participants du cœur des enjeux à débattre.

Ne pas tenir pour acquis le principe du projet : rendre un quartier plus attractif, c’est aussi le bouleverser, il faut établir de solides raisons de transformer.

Cet évitement désespère les habitants « normaux » qui identifient très nettement cette mise à distance des « vrais » sujets. Et il empêche les discussions de sujets sur lesquels la plus-value des habitants est particulièrement utile : dans un monde segmenté entre professionnels, ils sont les garants de la transversalité ; or on les renvoie systématiquement à des questions fermées ou d’hyper proximité. En évinçant ainsi méthodiquement tous les publics non captifs des démarches de participation, on crée les conditions pour que la concertation soit un échec. Pire, on érige en règle l’impossibilité d’associer des publics variés, nombreux et représentatifs de la population locale : « Les citoyens ne s’intéressent plus à leur ville ». Se satisfaire de ce constat partiel est inadmissible. Si l’on souhaite réellement saisir la chance de construire les villes avec les habitants, il est fondamental de réfléchir aux conditions qui permettent de dépasser les cercles habituels des participants, riverains âgés sur-mobilisés ou associations instrumentalisées.

Situer les débats en amont des projets. Travailler sur les intentions et le sens plus que sur les objets.

Reste que, comme pour les fondations d’un immeuble, s’ancrer dans le « grand public » demande du travail et des moyens. Tenir ce pari suppose de revoir largement nos façons de travailler et de communiquer avec les habitants. Pour être utile et efficace, la communication doit commencer par mettre tout le monde sur un pied d’égalité : adapter son vocabulaire, donner les termes des controverses et ne pas les supposer résolues. Les experts doivent traduire les enjeux opérationnels dans les termes des habitants. Il y a un travail explicite à mener pour sortir des jargons techniques, pour permettre aux spécialistes de rendre leurs controverses publiques et compréhensibles. C’est un travail de communication entre grand public et experts, pas seulement un travail d’information, de mise en forme pédagogique des expertises.

Les débats menés par les équipes d’aménagement avec les élus, il faut les avoir aussi avec les habitants. Cela implique une communication plus relationnelle, des rencontres physiques entre parties prenantes. Cela suppose une analyse et un partage des contenus produits pendant les rencontres, d’où la nécessité d’outils dynamiques de type vidéos, gazettes… La communication doit être pensée au service de la démarche et du grand public qui y participe, plutôt qu’au service des messages de l’émetteur qui la contrôle. C’est en étant au service du public que la communication sera la plus utile à la concertation et donc au porteur du projet !

Évacuer les controverses politiques et stratégiques, c’est éloigner les participants du cœur des enjeux à débattre.

Elle doit être vivante, réactive… et évaluée ! « Maisons du projet » vides et coûteuses, documents sur papier glacé joliment composés mais qui ne sont pas lus, tous les outils demandent à être interrogés. La communication doit être en mesure de prouver, comme le projet lui-même, que les habitants sont des acteurs et non des usagers-consommateurs. Elle doit donner les moyens de peser sur le projet final, de l’enrichir et convaincre qu’elle est au service des habitants. Il faut donc une communication co-produite par les citoyens auxquels il faut faire une place, au même titre qu’aux élus, aménageurs et architectes dans leurs domaines respectifs.

Dépasser les cercles habituels de participants, riverains âgés sur-mobilisés ou associations instrumentalisées.

Ces principes ont des conséquences opérationnelles directes. Intervenir très en amont des projets suppose une communication « en l‘absence de contenu objectif » puisqu‘il faut aller voir les gens sans projets à leur proposer, juste une invitation à réfléchir. Une communication partant des habitants eux-mêmes, axée sur le process, la méthode plus que sur le projet lui-même et ses déclinaisons techniques. Et donc une communication plus impliquante : si les personnes ne viennent pas, le processus tombe à l‘eau et perd en crédibilité et en efficacité. Aux dispositifs passifs, cela invite à préférer les outils aidant le face à face, le relationnel, l‘humain.

Sortir des jargons, traduire les enjeux opérationnels dans les termes des habitants.

Ces nouveaux principes d’intervention induisent une nouvelle façon de travailler entre les équipes opérationnelles et les habitants, un travail tout au long du projet, de sa conception à sa mise en œuvre. Ceci impacte la communication, chantier inclus. Le triptyque newsletter-palissade-maison du projet est à enterrer dans sa forme figée actuelle : les newsletters ne sont pas lues, les palissades n‘ont qu‘un impact micro-local… Les maisons du projet – avec leurs publics épars autour de maquettes surannées – doivent être réinventées autour d’une communication plus décentralisée, plus incarnée, portée par les gens eux-mêmes. Et surtout pas dans une maison ! Il faut inviter les discussions directement chez les habitants ou au plus près de chez eux. Et il faut des informations qui concernent la vie des gens autour du projet au moins autant que la vie du projet.

Préférer le face à face, l‘humain. Axer l’information sur la vie des gens autour du projet autant que sur la vie du projet.

Tout cela appelle un investissement plus sérieux des aménageurs dans les concertations. Mais ces budgets se retrouveront largement dans les économies réalisées par l‘abandon de dispositifs coûteux et inefficaces. Et l’amélioration de la qualité même des projets permettra un gain évident sur l’exploitation globale du projet à tous les stades de sa vie. La démocratie ne peut plus être considérée comme un détour coûteux : mettre les habitants au cœur est une garantie d’efficacité, un gain de temps, un investissement utile.

Cela suppose une transformation radicale des us et coutumes de tous les professionnels du secteur, des architectes aux communicants : apprendre à travailler à partir des habitants, à leurs conditions et avec eux, plutôt que concevoir des projets et des campagnes brillants mais surplombants.

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