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Porter la voix des grandes aires urbaines et de leurs habitants

PORTER LA VOIX DES GRANDES AIRES URBAINES ET DE LEURS HABITANTS

Entretien avec JEAN-LUC MOUDENC Maire de Toulouse, Président de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF)

Publié le 13 Mar 2015
Parole publique N°8

_L’AMGVF c’est le club des grands, le lobby des « dynamiques urbaines » ? Et les villes qui ne sont pas « grandes », les territoires qui ne sont pas « urbains », chacun pour soi ?

Jean-Luc Moudenc – C’est vrai que l’association des maires de grandes villes de France a été créée en 1974 afin de porter la voix des grandes aires urbaines et de leurs habitants. Elle regroupe 92 grandes villes et grandes agglomérations, toutes tendances politiques confondues, dont les métropoles nouvellement créées par la loi de 2014. Elle nourrit un dialogue constructif et porteur avec les pouvoirs publics afin que les grands ensembles urbains soient entendus.

“Tous les territoires, quelle que soit leur typologie, sont aujourd’hui connectés les uns aux autres dans un système d’interdépendances.”

Mais tous les territoires, quelle que soit leur typologie, sont aujourd’hui connectés les uns aux autres dans un système d’interdépendances. Les oppositions entre l’urbain et le rural sont des représentations anciennes et souvent caduques. Une récente étude de l’AMGVF montre clairement que la production de richesses profite à tous bien au-delà des limites du territoire où elles sont créées. De fait, les centres urbains qui concentrent les activités ont une responsabilité accrue dans le développement de la croissance et les dynamiques de solidarité.

“Cette prise en compte de l’intérêt général et du long terme n’est pas contre-productive en termes de communication. Au contraire, les citoyens attendent de leurs élus cette vision globale et cette action dans le temps.”

C’est pourquoi l’AMGVF entretient un dialogue régulier avec les autres niveaux de collectivités. Sur plusieurs sujets, dont la question des finances locales, elle a pris l’habitude de s’exprimer dans un cadre collectif. Notre association y est portée naturellement car, en son sein, elle pratique déjà la synthèse et la recherche de consensus : l’AMGVF regroupe des réalités urbaines diverses. Ce sont des villes-centre, des communautés d’agglomération, des communautés urbaines et, aujourd’hui, des métropoles, rassemblées pour faire avancer la dimension urbaine dans le respect des spécificités locales.

“L’enjeu du numérique est triple : environnemental (optimiser les consommations énergétiques), économique (optimiser la dépense publique) et civique (optimiser les services publics).”

_Vous avez été journaliste dans la PQR. Comment l’élu local que vous êtes devenu vit-il avec la presse locale ?

JLM – Ayant été « de l’autre côté de la barrière », je connais pour les avoir éprouvées les difficultés de la profession. Mais surtout, je suis pleinement conscient du rôle et du besoin d’une presse libre, indépendante, pluraliste et informée dans le bon fonctionnement d’une démocratie. Cette exigence vaut aussi au niveau local. De fait, je fais en sorte d’accepter toutes les demandes d’interviews et d’organiser des conférences de presse régulières, sur tous les sujets relevant des compétences de nos collectivités, en jouant à chaque fois la carte de la transparence. Cette disponibilité et ce sens de l’écoute sont appréciés des journalistes car cela facilite leur tâche.

_Les outils de communication numérique, qui font des institutions publiques leur propre média, ne libèrent-ils pas les élus locaux de la médiation de la presse ? L’outil parfait de la démocratie directe et permanente ? Cette « immédiateté » n’a-t-elle que des avantages ?

JLM – Les citoyens sont pris dans le quotidien de leurs obligations, leur vie professionnelle, familiale, amicale, leurs engagements associatifs, leurs centres d’intérêts respectifs. Pour qu’ils soient au fait de l’action politique locale, il est nécessaire de multiplier les vecteurs d’information. De ce point de vue, le rôle des réseaux sociaux et des outils numériques n’est plus à démontrer. Mais je ne crois pas que ceux-ci dispensent les élus de communiquer envers la presse. Au contraire ! Je crois que la presse classique et le numérique sont parfaitement complémentaires. Concernant l’écueil de l’immédiateté, j’inscris l’action de mon mandat dans le temps long. Pour ne prendre qu’un exemple, nous programmons une troisième ligne de métro qui ne sera en service que dans dix ans, bien après les prochaines élections municipales. Parce que c’est une attente des Toulousains et un besoin pour Toulouse. Parce que c’est un enjeu d’intérêt général. À mon sens, cette prise en compte de l’intérêt général et du long terme n’est pas contre-productive en termes de communication. Au contraire, les citoyens attendent de leurs élus cette vision globale et cette action dans le temps. En revanche, les décideurs publics se doivent d’être réactifs sur les sujets plus quotidiens : tranquillité, propreté, proximité. Les électeurs et les administrés savent faire la part des choses. Nous la faisons aussi.

_Le numérique est-il l’outil miracle de l’avenir, à la fois facteur de développement économique et de démocratie de proximité ? À quelles conditions ? Et à quel prix ?

JLM – Il n’y a pas d’outils miracles mais le progrès technique est une réalité. Les applications liées à la ville intelligente en font partie. Le pragmatisme doit donc nous conduire à privilégier les solutions les plus efficientes et à nous appuyer sur les expériences réussies ici ou ailleurs. Cette démarche d’ouverture à l’innovation et de capitalisation des bonnes pratiques est d’autant plus nécessaire que les collectivités locales sont dans une période délicate d’un point de vue financier. L’enjeu est donc triple : environnemental (optimiser les consommations énergétiques), économique (optimiser la dépense publique) et civique (optimiser les services publics).

“Quant à la démocratie participative, aucune application numérique ne peut se substituer à une présence sur le terrain.”

“Un service communication est là pour permettre à une collectivité de faire prévaloir ses propres événements et thématiques selon ses propres priorités et son propre tempo.”

Quant à la démocratie participative, aucune application numérique ne peut se substituer à une présence sur le terrain, à l’organisation de réunions publiques, à l’écoute des habitants, des commerçants, des associatifs, des professionnels… Encore une fois, il y a une vraie complémentarité entre anciennes et nouvelles médiations. C’est ce croisement qui est intéressant.

_Vous avez été directeur de communication de collectivité territoriale. Êtes-vous votre propre « dircom » ?

JLM – Une collectivité locale doit communiquer, non pas pour multiplier les affichages ou faire du « présentéisme », mais pour rendre lisible l’action publique locale aux yeux des administrés et pour faire connaître au plus grand nombre les services et équipements mis à disposition : culture, sport, éducation, social, démarches administratives… Compte tenu de ma charge de travail et de mon degré d’implication en tant qu’élu, je ne saurais être mon propre « dircom ». Mais je m’appuie en l’occurrence sur une équipe de confiance, qui m’apporte ainsi différents regards sur la manière dont il faut valoriser notre action municipale. Vous parliez tout à l’heure des dangers de l’immédiateté. Précisément, un service communication est là pour permettre à une collectivité de faire prévaloir ses propres événements et thématiques selon ses propres priorités et son propre tempo, plutôt que de subir le calendrier des autres et un flux d’actualité sans répit. C’est en tout cas ce que je demande au mien !

_Politiques publiques nationales, réforme territoriale, émotions populaires : les élus locaux doivent-ils et peuvent-ils être des pédagogues ?

JLM – Un maire d’une grande ville comme Toulouse doit être le garant des attentes démocratiques et des choix politiques qui l’ont conduit aux responsabilités. Il doit aussi incarner sa ville dans son identité et sa pluralité dans les instances nationales voire internationales, mais aussi devant les médias. Je ne pense pas que ces exigences soient une nouveauté. En revanche, il est vrai que la complexité de certains sujets et enjeux actuels, notamment institutionnels et financiers, nécessite un effort sincère de pédagogie. Mais en bon démocrate, je crois au bon sens populaire. In fine, l’électeur se décide pour beaucoup en fonction de la capacité d’action dont aura su faire preuve – ou pas – l’équipe sortante. C’est pourquoi les décideurs publics doivent être plus volontaristes que jamais !

“Les questions identitaires s’ancrent dans une histoire ancienne. Surtout, chaque citoyen peut revendiquer une pluralité d’appartenances.”

_Les quartiers, Toulouse, Toulouse Métropole, le département, la région : où et comment les citoyens peuvent-ils vivre et construire leur identité ? Que peut le maire ?

JLM – Votre question implique un devoir d’humilité ; je le fais mien. Car les questions identitaires s’ancrent dans une histoire ancienne. Surtout, chaque citoyen peut revendiquer une pluralité d’appartenances. À cet égard, le cas de Toulouse est éloquent : on peut se vivre tout à la fois comme Toulousain, comme habitant du quartier Saint-Cyprien, comme acteur de la métropole de l’aéronautique et de l’espace, comme méridional… comme occitan. Et, bien entendu, en tant que Français, comme les marches de janvier l’ont démontré avec éclat.

“Les départements ont été dessinés en d’autres temps pour asseoir l’unité nationale, souvent en dépit des entités locales effectives.”

Le cas des départements est plus particulier. On sait que les départements ont été dessinés en d’autres temps pour asseoir l’unité nationale et, pour ce faire, souvent en dépit des entités locales effectives. Aujourd’hui que l’unité nationale n’est plus remise en cause, c’est le critère de la proximité qui a pris, à juste titre, le dessus. Mais les questions d’identité ne s’y résument pas. Le même constat se pose pour les régions : toutes les régions administratives, a fortiori les nouvelles grandes régions, ne bénéficient pas de la même intégration historique. Par chance, il se trouve que la grande région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon « réinvente » pour partie l’ancien comté de Toulouse ! Du point de vue du rayonnement patrimonial, c’est intéressant. Mais encore une fois, nous sommes sur le temps long… Et l’enjeu contemporain n’est pas d’imposer sa force face à ses voisins mais de trouver le bon échelon pour exister dans la mondialisation.

“Aujourd’hui que l’unité nationale n’est plus remise en cause, le critère de la proximité a pris le dessus. Mais les questions d’identité ne s’y résument pas.”

_Comment votre ville peut-elle affirmer sa singularité et son attractivité régionale, nationale et internationale ? Quel rôle pour la communication ?

JLM – En tant que maire, je veille à préserver l’identité de ma ville. Je pense naturellement à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine architectural et naturel. Sur le fond, je pense surtout à la préservation d’un équilibre ancestral entre développement économique et qualité de vie, qui est une marque de fabrique toulousaine. Je pense enfin à la transmission de l’esprit de convivencia, un héritage occitan qui, dans une époque marquée par la peur, l’intolérance, la solitude, l’uniformisation, sont des armes précieuses au service de Toulouse et des habitants de notre métropole. Quoi qu’il en soit, sur tous ces sujets, la meilleure communication, c’est l’action !

Propos recueillis par Pierre-Alain Douay

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