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Politique et communication : des amies de 30 ans ?

Guy Lorant Ancien directeur de la communication de Nantes

Publié le 03 Déc 2018

Depuis la chute du Mur de Berlin et le triomphe du libéralisme qui en a résulté, dans un monde de financiarisation, le rapport de forces est devenu si favorable aux maîtres de l’économie libérale qu’on peut se poser la question de savoir de quel(s) espace(s) dispose encore le politique.

Tout se passe comme si ceux qui sont chargés de nous gouverner ne savaient plus comment répondre à trois questions essentielles : d’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ? Les Lumières s’éteignant, que reste-t-il aux élus en dehors des (en)jeux de pouvoir, alimentés par des partis dont le rôle se limite à organiser des élections ? Avec, circonstance aggravante, l’atténuation, sinon la disparition, du différentiel gauche/droite. Si ces enjeux sont particulièrement perceptibles au plan national, l’action des élus locaux relève d’un mode de gestion de plus en plus identique, à l’exception des communes gérées par le Rassemblement national. S’inspirant d’une analyse de l’autorité d’Alexandre Kojève, Paul Soriano peut ainsi affirmer que « les maîtres entendent substituer la gouvernance au gouvernement. »*

La communication reflète les tendances d’un monde politique dont elle est dépendante. Elle participe du politique, quand elle ne s’y substitue pas à l’instigation des élus.

Devant cette quasi faillite, de quelle marge disposent nos représentants pour légitimer leur fonction ? Puisqu’on ne sait plus qui on est ni où on va, demandons aux « gens » de nous indiquer la route… On réduit ainsi ce que les politologues nomment l’offre politique. Alors qu’une des fonctions des partis était de proposer des solutions aux problèmes qu’ils avaient identifiés, dans le cadre d’un projet plus global de société, l’heure est à la réponse aux attentes, justifiées ou non, de ceux qu’on qualifie un peu facilement de citoyens. Ainsi contribue-t-on à ce consumérisme politique, à l’origine des diverses formes de populisme.

Chez beaucoup de communicants, la technique l’emporte sur la stratégie. N’est-ce pas d’ailleurs le vœu de la majorité des élus ?

Il ne s’agit pas de dénier aux élus le droit de consulter les populations qu’ils sont chargés de représenter, mais de s’élever contre ce qui est passé du stade de la pratique au statut d’idéologie. Cette idéologie sous-tend que le citoyen a toujours raison et que tout le monde est citoyen. Ce qui est incontestable administrativement mais politiquement discutable : on ne naît pas citoyen, on le devient. Cela pose le problème de la formation des futurs citoyens et de la médiation qui permet de traduire des attentes souvent individuelles en projets collectifs.

Comme le journalisme, la communication est, à des degrés divers, le reflet de la société. Rien d’étonnant donc qu’elle reflète les tendances d’un monde politique dont elle est pour une bonne part dépendante. La perte ou l’atténuation des repères qui ont structuré nos sociétés conduit ainsi nombre de communicants et d’élus à sacraliser la consultation des citoyens. La démocratie participative est devenue le nec plus ultra de la politique, jusqu’à occulter le mot communication : une grande ville de l’Ouest a désormais remplacé sa direction de la communication par une direction de l’information et de la relation au citoyen. Comme si on déniait au terme communication le droit de désigner tout ce qui relève de la relation au citoyen !

Le phénomène s’accroît avec les outils numériques, devenus quasi synonymes de démocratie. On passe sous silence la fracture qui caractérise leur usage, de même que le jeu pervers des algorithmes qui poussent à la constitution de groupes répertoriés d’abord en fonction de leur valeur marchande. Cette sacralisation du numérique conduit fréquemment à occulter voire à dévitaliser les autres composantes de toute démarche démocratique : certains « magazines » municipaux se transforment en produits d’appel pour le site de leur collectivité. On retrouve chez les communicants les pratiques des élus dont les tweets et les blogs, souvent gérés par des collaborateurs, participent à l’appauvrissement du débat public. La politique souvent bannie des écrans, l’image des élus écornée, il n’est pas surprenant que chez beaucoup de communicants la technique l’emporte sur la stratégie… à l’exception des stratégies électorales. N’est-ce pas là d’ailleurs le vœu de la majorité des élus, si on en croit une étude de Cap’Com ? Ce choix aboutit à une dépolitisation du débat, cantonné souvent à la trivialité du quotidien, au risque d’enfermer les habitants dans les problèmes de bordures de trottoir ou de gestion des déchets. Au risque aussi, dans la marchandisation généralisée de la société et le déclin du collectif, d’inciter les communicants à vendre des élus ou des projets comme on vent des produits de grande consommation.

Effacement des idéologies, délégitimation et dépeuplement des partis : que reste-t-il sinon les outils de communication pour repérer les attentes des « gens » dans une approche marketing des problèmes de société ?

En période de crise ou de doute, il est bon de rappeler que communiquer signifie « rendre commun » : quels que soient les outils ou les supports, l’important c’est la création et l’appropriation de codes auxquels adhèrent aussi bien le récepteur que l’émetteur.

Mais, premier problème, l’abondance des supports offerts aux communicants, chacun d’eux utilisant un langage spécifique, impose un travail important sur l’analyse et l’acquisition de ces langages. De même, la sophistication croissante des outils entrave l’acquisition de codes communs. Au-delà des travaux des chercheurs, les communicants doivent apporter leur expérience concrète.

Comment faire travailler élus et communicants à une réhabilitation du politique, conçu comme perspective de transformation de la société ?

Deuxième problème, le rapport au politique. La solution ne dépend pas seulement ni même prioritairement des communicants. S’il est vrai que la politique souffre d’une grave crise de repères, comment trouver un code commun entre les élus et les citoyens ? Et, sans code commun, comment « entrer en contact avec », autre définition de la communication ? Il est évident que la politique porte en elle de la communication et que la communication participe du politique – quand elle ne s’y substitue pas, à l’instigation des élus. Comment faire travailler élus et communicants à une réhabilitation du politique, loin des fausses solutions qui visent non à résoudre une crise mais à la contourner pour préserver des situations acquises ?

En plus de refuser les manoeuvres fondées sur une instrumentalisation de la communication, les communicants publics devraient porter une attention plus forte au sens des actions et des supports qu’ils engagent. Contrairement à une tendance lourde, l’heure n’est pas d’abord à la technique mais à la politique, conçue comme perspective de transformation de la société pour rendre notre monde plus acceptable.  C’est à ce prix seulement que les outils et supports de communication serviront à développer une démocratie qu’on ne saurait ramener à la multiplication des cafés du commerce, fussent-ils numériques.

Reste le problème des liens entre communicants et élus. Essentiellement des liens de subordination : pour l’heure, seuls les élus ont le pouvoir de définir la fonction des communicants ; de quelque manière qu’on pose le problème, politique et communication publique sont intimement liées. Si la consultation des habitants et l’usage des outils numériques ont pris une telle importance, c’est bien moins en raison des innovations techniques que des évolutions politiques. Hégémonie de la gestion comptable, quasi-disparition des idéologies qui ont structuré nos sociétés, délégitimation et dépeuplement des partis : que reste-t-il aux politiques – et donc aux communicants – sinon les outils de communication pour repérer les attentes des « gens » et donc s’en tenir à une politique de la demande dans le cadre d’une approche marketing des problèmes de société ?

Il n’y a rien d’étonnant à ce que la crise du sens frappe aussi bien la communication que la politique : à la prédominance, dans les collectivités, d’une gestion technique sur une gestion politique correspond, en communication, la prédominance des pratiques techniques sur les approches politiques. Et la quête de substituts aux anciens points de repère explique la sacralisation de la démocratie dite participative au détriment de la réhabilitation de la démocratie représentative. L’heure est plus que jamais à l’élaboration de projets mobilisateurs, porteurs de sens. Les communicants peuvent et doivent y contribuer.

 

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* Paul Soriano, « L’apprenti sorcier », Médium, n°52-53 juillet-décembre 2017.

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