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Participation : un apprentissage collectif

PARTICIPATION : UN APPRENTISSAGE COLLECTIF

NATHALIE LOISEAU Directrice de l'ENA

Publié le 05 Avr 2014

L’Ena est un lieu de formation des hauts fonctionnaires français. C’est aussi, je l’espère et j’y veille, chaque jour davantage un lieu de débats et de recherche, tourné vers tous les acteurs de l’action publique. Car l’intérêt général n’est pas le monopole de l’État, nous l’avons tous en partage : c’est, littéralement, l’intérêt de tous. On doit y travailler et y réfléchir de la façon la plus large et la plus ouverte. « Ne demandez pas à votre pays ce qu’il peut faire pour vous, demandez plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays ». La phrase du discours d’investiture de John Kennedy m’accompagne depuis longtemps : avant même d’être directrice de l’Ena et pour avoir accueilli beaucoup d’élèves qui venaient­ travailler dans l’administration, je leur disais : « Ne me demandez pas si cette administration est faite pour vous, convainquez-moi que vous êtes fait pour elle, et dites-moi ce que vous voulez lui apporter… ». Citoyens ou hauts fonctionnaires, nous sommes dans un monde où il y a de plus en plus de bruit mais souvent de moins en moins de vrai dialogue, un monde où, surtout, on ne sait plus s’écouter les uns et les autres… C’est pourquoi nous recherchons, chez nos enseignants et intervenants, une diversité de talents, de parcours, d’expériences, de profils, afin de faire en sorte que les décideurs publics de demain puissent se faire eux-mêmes leur propre réflexion et entretenir en permanence leur capacité d’innovation et leur esprit critique.

“Parer au risque que l’administration existe en soi et pour soi.”

Le risque que l’administration existe pour soi

De ce point de vue, la démocratie participative n’est pas une mode : réfléchir à la participation, c’est répondre à l’exigence croissante de transparence de l’action publique, c’est permettre de lutter contre l’idée que, si les gouvernements changent, les administrations sont immuables, quoi qu’on fasse et pour qui que l’on vote… C’est donc un sujet utile pour la fonction publique, ne serait-ce que pour lui éviter de tourner sur elle-même, pour parer au risque que l’administration existe en soi et pour soi, qu’elle ne se demande pas forcément qui sont les citoyens qu’elle sert et qui font sa légitimité.

“L’Ena est là aussi pour faire en sorte que les décideurs de demain aient de meilleures pratiques que ceux d’hier.”

Mais, quand on parle de démocratie participative dans notre pays, on parle nécessairement d’apprentissage : je ne suis pas sûre que la France ait historiquement une expérience très profonde et très aboutie de démocratie participative. Et quand on dit apprentissage, l’Ena se sent concernée car cette grande école est là aussi pour faire en sorte que les décideurs de demain aient de meilleures pratiques que ceux d’hier. Apprentissage, par exemple, pour que l’on procède sérieusement aux études d’impact sur les nouvelles législations. En théorie, c’est ce que nous faisons tous aujourd’hui ; en pratique, à regarder comment sont rédigées les études d’impact des projets de loi, on peut s’interroger sur l’expérience et l’expertise de ceux qui y procèdent…

Apprendre à écouter

Apprendre à capter les signaux en provenance de la société­ civile, en particulier les signaux faibles, c’est une des préoccupations de l’Ena. Il ne faut pas attendre, il ne faut pas être en retard : un décideur public doit proposer ou agir pour les décennies à venir ; il doit donc néces­sai­rement disposer de capteurs au niveau des responsabilités qu’il exerce.

“On peut lire entre les lignes que le courage politique consisterait d’abord… à ne pas écouter les citoyens. Comme si les administrations, les experts, les élus, disposaient d’une intelligence des choses supérieure à celle des « simples » citoyens…”

Apprendre à écouter ceux qu’on appelait, il n’y a pas si longtemps, les administrés puis les usagers et qu’il serait plus juste et plus beau d’appeler les citoyens. Les écouter, les consulter, les associer, dès la conception des politiques et jusqu’à leur évaluation. Je suis frappée du nombre de réformes qui viennent remplacer des politiques publiques qui n’ont même pas eu le temps d’être évaluées. Et quand l’évaluation a lieu, il y a quelque chose de délicieux, notamment­ dans l’enseignement supérieur : on nous demande­ essentiellement une autoévaluation ! Il faut être d’une honnêteté intellectuelle supérieure pour s’évaluer soi-même avec esprit critique. Et, en général, l’auto-évaluation demandée ne prend pas en compte le public que l’on sert. C’est assez paradoxal.

Des exercices de retours d’expérience

Apprendre aussi des expériences réussies… et de celles qui le sont moins. Ma carrière internationale antérieure m’a amenée à découvrir que beaucoup de pays sont capables de faire du retour d’expérience, y compris quand l’expérience est récente et encore brûlante. J’ai été très frappée, vivant aux USA pendant cinq ans, de voir un pays partir en guerre en Irak pour de mauvaises raisons mais être capable de se retourner sur ce qu’il avait fait et d’y réfléchir très peu de temps après en faisant de vrais exercices de retours d’expérience. Ainsi, quand on parle démocratie participative, ne devrait-on pas se demander pourquoi en France « démocratie participative » rime souvent avec « Grenelle » ? Comme si ces « grand-messes » dans les hôtels ministériels, cette « démocratie à 5 » solennelle et médiatisée, étaient la forme exemplaire de la participation. A-t-on évalué le sérieux, la sincérité, la réussite de ces expériences ? S’est-on suffisamment retourné sur le fonctionnement des processus ? À l’Ena, en tout cas, nous nous efforçons de favoriser l’appren­tis­sage de ces pratiques de retour d’expérience pour donner à nos élèves le goût et l’envie d’un regard critique. Je me dois donc de terminer par ce regard critique que nous prétendons enseigner. En l’appliquant à une question très sensible et très présente dans les réflexions des élèves et des enseignants : celle du rapport entre démocratie participative et démocratie représentative. Qui est plus légitime – et en quoi – pour s’exprimer sur les politiques publiques ? Qui peut porter la parole de la société civile auprès des décideurs publics ? Y a-t-il un risque – et dans quelle mesure – que ce soient les sondages qui gouvernent ou la rue qui décide ? Très souvent on entend parler de la nécessité du courage politique. Mais quand on va un peu plus loin, on peut lire entre les lignes que le courage politique consisterait d’abord… à ne pas écouter les citoyens. Comme si les administrations, les experts, les élus, disposaient d’une intelligence des choses supérieure à celle des « simples » citoyens… Comment concilier ces idées un peu contradictoires ? Ces sujets passionnent l’Ena : dans une période de réforme de l’école, nous nous attachons à faire participer les citoyens, les élèves, les enseignants, les administrations, plus largement le public. Nous essayons de communiquer davantage pour que finalement la formation des décideurs publics soit vraiment l’affaire de tous.     Cet article est issu d’une intervention dans le débat sur les pratiques de la démocratie participative, organisé à l’ENA en octobre 2013, à l’initiative de La Revue Civique et de Communication publique, avec le concours de Décider ensemble­, Parlement & Citoyens, Rassemblement citoyen, Questionnez vos élus.

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