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À part entière ou entièrement à part ?

À PART ENTIÈRE OU ENTIÈREMENT À PART ?

CLAUDE DILAIN Sénateur de Seine-Saint-Denis, ancien maire de Clichy sous Bois

Publié le 07 Mar 2015

En hommage à Claude Dilain, décédé le 3 mars 2015, nous publions l’article qu’il avait écrit pour le premier numéro de Parole publique.

Claude Dilain a été maire de Clichy-sous-Bois de 1995 à 2011, député et un fervent défenseur de sa ville et des banlieues.

 

Depuis des années, certains territoires de la République ont été abandonnés, en dépit des efforts déployés dans le cadre de la politique de la ville. Les financements dédiés aux territoires en difficulté se sont petit à petit substitués aux politiques publiques dites « de droit commun », laissant s’instaurer dans de nombreux territoires un fort sentiment d’abandon et de relégation. On assiste à une rupture du contrat social organisant notre vivre ensemble, avec la création de ghettos.

Comment accepter par exemple qu’une ville comme Clichy-sous-Bois, à 15 km de Paris, soit si enclavée qu’il faille près d’une heure et demi pour rejoindre le centre de la capitale? Comme accepter que cette ville ne dispose ni d’antenne CAF, ni de Pôle Emploi, alors que c’est la ville la plus jeune de Seine-Saint-Denis et que plus de 40 % des jeunes y sont au chômage?

Les politiques de peuplement menées dans le logement social depuis des années a concentré les populations les plus précaires dans certaines villes de banlieue. La crise aidant, cette concentration a abouti à une territorialisation de la misère, permettant ainsi d’ailleurs de territorialiser la richesse. L’Ile-de-France, championne d’Europe des inégalités territoriales, avec un revenu par habitant allant de un à dix entre les villes les plus riches et les plus pauvres, en est un parfait exemple.

Les habitants de ces territoires en ont tiré un fort sentiment d’injustice et d’inégalité, qui alimente l’idée que la République Française a laissé en son sein se créer des ghettos. On peut d’ailleurs légitimement se demander, comme Eric Maurin, si le ghetto n’arrange pas tout le monde : c’est tellement plus facile de savoir que les problèmes sont concentrés dans un ailleurs, souvent inconnu.

Quels moyens pour changer cette situation ?

Pour montrer que les habitants des banlieues sont des «citoyens à part entière», il faut avant tout faire preuve de volonté politique. La République doit pouvoir offrir sa chance à tous ses habitants, sans exclure personne. Installer cette équité républicaine implique que les services publics réinvestissent tous les quartiers, qu’un effort massif soit fait en termes d’éducation et de formation par  exemple. Un rapport récent de la Cour des comptes montre qu’en dépit de toutes les annonces, un élève scolarisé en centre- ville coûte plus cher à l’Etat qu’un élève scolarisé en périphérie, favorisant ainsi les inégalités! Gilles Kepel, dans son enquête «Banlieue de la République» menée à Clichy Montfermeil en 2010, montre que pour les jeunes le principal « ennemi» des jeunes n’est pas le « policier», traditionnellement montré du doigt à cause des rapports souvent conflictuels avec les jeunes de banlieue, mais le conseiller d’orientation … Redonner sa chance à tous implique une volonté politique au plus haut niveau, afin que l’ensemble des ministères soient mobilisés dans la lutte contre les inégalités territoriales, et que des résultats concrets leurs soient exigés.

Pour remédier à cette situation, il faut aussi que les banlieues, dans toute leur diversité, soient représentées dans la classe politique, dans les postes à responsabilité du public, du privé … les élites françaises doivent profondément se renouveler, et à nouveau, c’est de volonté politique dont il fera faire preuve pour donner toutes leurs places à des personnes issues des banlieues.

Parole politique, communication publique : dépasser les clichés

Dans ce contexte, la parole politique des dernières années a eu des conséquences importantes. Avec les termes de « racailles», ou de « karcher», l’ancien président Nicolas Sarkozy n’a cessé de stigmatiser les banlieues et d’opposer les Français les uns aux autres.

Par leur jeunesse, leur dynamisme, les banlieues gagneraient à être considérées comme des territoires d’avenir pour le développement de la France.

Pour rétablir l’égalité républicaine dans nos périphéries, il est essentiel que la parole politique et la communication publique participent du nécessaire dépassement des clichés en vogue sur les banlieues, et de la prise de conscience par la société française toute entière des problèmes qui existent en périphérie, au même titre que dans de nombreux territoires ruraux délaissés, mais aussi des nombreuses perspectives d’avenir qui s’y trouvent. De par leur jeunesse, leur dynamisme, les banlieues gagneraient à être considérées comme des territoires d’avenir pour le développement de la France.

Il serait donc intéressant de mener une réflexion au niveau des médias sur la manière de parler des banlieues. Les médias ne doivent pas s’intéresser aux banlieues pour les faits divers uniquement, mais faire connaître les dynamiques de fond de certains territoires. Ceci n’implique pas, naïvement, de montrer le « positif» des banlieues uniquement, mais de faire un travail journalistique en banlieue au même titre que dans les autres territoires.

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Ville et Banlieue : www.ville-et-banlieue.org

Gilles Kepel, L Arslan, S Zouheir, Banlieue de la République

Eric Maurin Le ghetto Français, enquête sur le séparatisme social; La peur du déclassement

Rapports de l’ONZUS et du CES de l’ANRU

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