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Débat citoyen et pédagogie des enjeux

LA PAROLE PUBLIQUE DOIT PARTIR DES FAITS ET RETROUVER LE SENS

Entretien avec JEAN-PAUL DELEVOYE Président du Conseil économique, social et environnemental

Publié le 30 Juin 2015
Parole publique N°9

_ Notre baromètre montre que, pour les Français, le secteur privé incarne mieux que le public la plupart des valeurs traditionnelles du service public. Comment réagit le président de l’assemblée de la société civile ?

Jean-Paul Delevoye – La faible crédibilité de la parole publique­ renvoie à la perte de légitimité des émetteurs, décideurs élus ou administratifs. C’est alarmant parce qu’il en va de la cohésion de notre société : Pierre Nora ne dit-il pas que la France est d’abord un récit, une histoire ? Mais il en va aussi du statut même de la vérité : quand internet bouleverse le rapport de l’individu au collectif, la croyance tient lieu trop souvent de connaissance. Et l’émotion gouverne autant que la raison. À quoi s’ajoute l’urgence : l’événementiel l’emporte sur l’essentiel. Et, dans cette société qui doute, les experts apportent et apporteront autant d’incertitudes que de certitudes…

“Il n’est pas écrit que l’État est seul apte à penser et à défendre l’intérêt général.”

Le problème c’est donc d’armer les consciences et l’esprit critique des citoyens. C’est de retrouver des référents, des phares pour éclairer les choix, des boussoles pour guider dans l’océan des émetteurs et des données. C’est tout l’enjeu­ des systèmes d’éducation de demain : moins une affaire d’acquisition que de maîtrise critique des connaissances. En attendant, les décideurs politiques instrumentalisent souvent la parole publique au bénéfice du système. Ils préfèrent les concepts aux réalités et prêchent dans le désert faute de se préoccuper du destinataire : la parole publique est perçue comme une parole “d’en haut”, une parole de l’offre, sourde à la demande sociale. La parole publique doit partir des faits et retrouver le sens.

_ Le secteur privé y parvient donc mieux ?

JPD La parole des dirigeants du privé paraît davantage l’expression d’une stratégie portée par une vision, porteuse d’un projet et visant à une mobilisation. C’est qu’il leur est impossible d’échapper à la réalité. Et une parole inopportune peut coûter cher à l’entreprise. Ce qui peut donc expliquer, sinon justifier, le paradoxe que soulève votre question, c’est que les entreprises ont besoin de l’autre pour se développer, pour survivre. Elles doivent expliquer les enjeux pour garantir la cohésion de la communauté d’intérêts qu’elles constituent. Elles doivent connaître, reconnaître, intéresser, fidéliser leurs clients. Elles déploient des trésors d’énergie, d’attention et de compétences pour comprendre les problèmes, les attentes, les besoins, les réactions des consommateurs.

“Pour que l’usager soit aussi un citoyen, les autorités publiques doivent rappeler avec constance les valeurs qui fondent l’action publique.”

 

“Offrir aux gens le maximum d’opportunités d’être des citoyens, de se sentir partie prenante de l’État, n’est-ce pas cela une république ?”

Conséquence : dans une société d’individualisme, l’administration et les services publics sont tenus à un niveau d’écoute, de souplesse et de personnalisation dont la norme est fixée, qu’on le veuille ou non, par l’univers marchand. L’usager tend à devenir un consommateur comme les autres. Pour qu’il soit aussi un citoyen, les autorités publiques doivent rappeler avec constance les valeurs qui fondent l’action publique. Mais le terreau citoyen n’a pas été préparé : on perd le sens de la solidarité et de l’impôt. Et personne ne fait plus à personne le crédit de représenter l’intérêt général.

_ Comment voyez-vous les rôles respectifs de l’État et de la société civile dans cette reconquête de la crédibilité publique et de l’intérêt général ?

JPD En démocratie et en république, l’État – à travers la loi, l’administration et ses agents – est le gardien et le garant de l’intérêt général. Il est, sur ce plan, tenu à l’exemplarité. Mais il n’est pas écrit qu’il est seul apte à le penser et à le défendre : l’intérêt général est une construction collective. Je sais d’expérience – comme maire, comme président du CESE – que le frottement, le débat, la contradiction, la patiente élaboration entre des représentants d’intérêts différents et parfois divergents, peuvent produire des propositions d’intérêt général. Cette alchimie n’a rien de mystérieux, c’est une question de méthode, de temps… et de respect réciproque. Ce sont les objectifs que j’ai proposés à cette “Maison de la citoyenneté” qu’est le CESE : la préoccupation du futur, le dialogue respectueux. Car la démocratie c’est à la fois le droit de défendre ses intérêts et le devoir de construire un bien commun.

Rechercher l’appui et le relais de ces réseaux citoyens, associer toujours davantage la société civile à la définition et à la mise en œuvre de l’intérêt général, c’est pour la puissance publique la condition et le moyen d’une véritable pédagogie des enjeux, préalable à toute politique de changement comprise, sinon admise, par le plus grand nombre. De nos jours, les gens ne veulent plus obéir. Ils veulent adhérer. Pour recréer la confiance publique, je plaide pour un “choc de citoyenneté” : offrir aux gens le maximum d’opportunités d’être des citoyens, de se sentir partie prenante de l’État, n’est-ce pas cela une république ?

_ Quel avenir pour le service public ?

JPDC’est le grand défi des prochaines années : le sens du service public, la connaissance et le respect de ses valeurs. La qualité et le coût du service doivent être appréciés aussi au regard des objectifs de solidarité entre les personnes, les générations et les territoires. C’est une condition de cohésion nationale. La nécessaire rigueur de gestion n’implique nullement d’y renoncer.

Sécurité sociale, santé, gratuité et laïcité de l’ensei­gnement : ce sont à la fois des services et des valeurs constitutifs de notre modèle de société. Pas une société du chacun pour soi mais une société du tous pour tous. Celle qu’a dessinée le Conseil national de la Résistance, dans la diversité de ses composantes. Je voudrais que le Conseil économique, social et environnemental soit, à son échelle, un lieu de réflexion et de débat, un creuset de chantiers républicains sur les choix de société qui s’offrent à notre pays.

La parole publique ne pourrait être que vivifiée par cette projection dans l’avenir. S’obliger à la solidarité et au temps long, c’est échapper au culte du présent et à la dictature de l’urgence, c’est desserrer l’étau de l’égoïsme à court terme. C’est remettre l’intérêt général au cœur de l’action publique.

Propos recueillis par Pierre-Alain Douay

“S’obliger à la solidarité et au temps long, c’est desserrer l’étau de l’égoïsme à court terme, c’est remettre l’intérêt général au cœur de l’action publique.”

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