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Parole publique et confiance : l'usure ?

PAROLE PUBLIQUE ET CONFIANCE : L’USURE ?

JEAN-CLAUDE CASANOVA de l’Institut, directeur de "Commentaire"

Publié le 11 Mar 2013
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Avoir confiance, c’est croire son interlocuteur. A la confiance s’opposent la défiance et la méfiance. En politique, la confiance est un problème classique. Il a été posé dès qu’on a réfléchi à la démocratie. De façon limpide, au moins à  deux étapes décisives de la réflexion philosophique : par les philosophes grecs puis par Kant.

Pour les philosophes Grecs, cinq siècles avant Jésus-Christ, la démocratie est un  régime politique possible. Le peuple y gouverne. Il désigne ses dirigeants qui sont des citoyens. La compétition permet de les élire. La compétition électorale ne garantit pas que les candidats respectent  la vérité pour être élus. La démocratie peut engendrer la démagogie, c’est à dire l’usage du mensonge pour flatter, convaincre et gagner des suffrages. Autrement dit le mensonge pervertit la démocratie en démagogie. Les Grecs ont complété l’analyse : une fois élus, les représentants risquent d’utiliser leur pouvoir à  leur profit et non au bénéfice de la collectivité. La démocratie dans laquelle les dirigeants s’enrichissent ou servent les riches devient une ploutocratie. Forme également corrompue de la démocratie. L’observation a confirmé la crainte des philosophes : les deux pathologies principales de la démocratie sont devenues les deux éléments constitutifs de la méfiance. Les citoyens savent que ceux qui veulent les diriger pourront mentir pour l’emporter. Et ils savent aussi que ceux qui dirigent pourront profiter du pouvoir qu’ils exercent pour s’enrichir.

Pathologies de la démocratie

La deuxième étape de la réflexion vient avec Kant. Il est protestant, luthérien et piétiste. Pour les protestants, la relation à la vérité est plus importante que pour les catholiques. L’individu seul, face à son créateur, reste l’unique responsable de ses actes. La force morale qui l’anime le maintient en état de crainte et de tremblement. Il doit bannir, punir le mensonge : observez combien le mensonge est sévèrement sanctionné devant les tribunaux des pays protestants. Les hommes politiques y prennent d’immenses risques à mentir. Pour Kant, il ne saurait y avoir de traités secrets entre deux États, pratique qui aboutit à dissimuler la vérité aux autres pays. Entre les individus, le mensonge est tout autant et formellement prohibé. Kant ira même jusqu’à soutenir, contre Benjamin Constant, qu’un honnête homme ne doit pas mentir au criminel qui lui demande l’adresse de sa prochaine victime… Du point de vue de Kant, du point de vue de cet impératif absolu de vérité dans lequel s’incarne la République, il est difficile de dire que les sociétés modernes  sont idéales et profondément républicaines. La démocratie présuppose la transparence et le respect de la vérité. Elle pratique la dissimulation et le mensonge délibéré.

« La démocratie peut engendrer la démagogie, c’est à dire l’usage du mensonge pour flatter, convaincre et gagner. »

De cette tension, de cette contradiction entre l’idéal et la réalité, on voit naître le problème qui nous préoccupe. Pas seulement en France, où nous jetons depuis longtemps un regard désabusé sur la politique, mais aussi dans toutes les démocraties occidentales. Il existe en effet partout, depuis plus d’un demi-siècle, des études très préoccupantes, des sondages et des statistiques irréfutables qui font apparaître un trait commun à des Etats aussi différents que les Etats-Unis, l’Angleterre, les pays de Scandinavie, les Pays-Bas, la France, l’Allemagne, l’Italie et j’en passe. Toutes ces études montrent une baisse du degré de confiance des citoyens à l’égard des institutions de leurs pays et des hommes politiques qui les gouvernent. Les points de départ des courbes de la confiance peuvent varier, ils sont plus élevés dans le Nord, plus bas dans le Sud : les Suédois partent de plus haut, mais leur degré de confiance décroît ; les Italiens partent de plus bas mais la mesure de leur confiance décroît tout autant. Au final, la dérive est la même, les pentes sont semblables.

« Les citoyens savent que ceux qui dirigent pourront profiter du pouvoir qu’ils exercent pour s’enrichir. »

Autrement dit, comparées aux sociétés plus anciennes, les démocraties contemporaines  se caractérisent par un progrès de la défiance envers les institutions et envers les hommes qui les animent: élus, exécutifs, magistrats, professeurs, églises, presse.  C’est un mal avec lequel il faut tenter de vivre, et qu’il faut donc expliquer sans détourner le regard. Pour s’en prémunir, peut-être.

Le point de vue de la société

Considérons donc la question sous l’angle de la société, sous l’angle des élites et sous l’angle des remèdes. Sous l’angle de la société, on doit se demander quelles sont les grandes tendances spécifiques des démocraties occidentales susceptibles de dégrader la confiance ou de favoriser cette dégradation.

« Le degré de dépendance des individus par rapport aux autres, est devenu extrême. Les hommes modernes, les premiers dans l’histoire, avait remarqué Malraux, ne se définissent pas par rapport à un modèle idéal (comme le citoyen antique ou le chrétien médiéval). Ils sont dépendants et sans finalités. »

La première qui vient à l’esprit est le vieillissement des populations. Vivant plus longtemps les hommes et les femmes accumulent plus d’expérience, ils ont acquis un niveau d’éducation plus élevé, une plus grande capacité d’analyse et de compréhension, donc de critique. Ils vivent davantage dans des villes, ils échangent et communiquent plus facilement entre eux. La division du travail règne, l’auto-suffisance a pratiquement disparu. Enfin, nos contemporains bénéficient de protectorats sociaux, c’est-à-dire qu’ils sont plus dépendants les uns des autres qu’ils ne l’ont jamais été. La moitié des revenus distribués sont des revenus politiques, en ce sens qu’ils sont décidés par les pouvoirs publics. Ils vivent dans une société de créances : un retraité est un créancier. Bref, le degré de dépendance des individus par rapport aux autres, est devenu extrême. Les hommes modernes, les premiers dans l’histoire, avait remarqué Malraux, ne se définissent pas par rapport à un modèle idéal (comme le citoyen antique ou le chrétien médiéval). Ils sont dépendants et sans finalités.

« Vivant plus longtemps les hommes et les femmes accumulent plus d’expérience, ils ont acquis un niveau d’éducation plus élevé, une plus grande capacité d’analyse et de compréhension, donc de critique. »

Rousseau l’avait parfaitement prévu : la société moderne c’est l’accroissement indéfini de la division du travail. Elle devrait offrir davantage de possibilités de confiance – comment dépendre paisiblement sans faire confiance ?– Or, elle n’offre pas cette confiance alors qu’elle la rend plus nécessaire. Elle offre comme objectif, comme but suprême, l’amélioration du bien-être, les satisfactions de la consommation et des loisirs. Cette tension fait apparaître le manque, elle le rend plus sensible. La condition de l’homme moderne n’est que l’insatisfaction. Comme l’a écrit mon maître Raymond Aron,  la société moderne sera en constant « état d’insatisfaction querelleuse ». On peut tenter, dans cet ordre d’idées, deux sortes d’explications. D’abord, on pourrait parler d’usure. Une société se caractérise par sa forme politique. On peut penser que les démocraties se sont accomplies par l’extension du suffrage universel ; et que -l’objectif ayant été atteint- il se produit une usure de la confiance. Les hommes voient les hommes tels qu’ils sont ; ils perçoivent ce que les Grecs ont perçu dès l’origine, que ceux qui gouvernent ont tendance à mentir. Résultat, une méfiance croissante accompagne le progrès, l’enracinement même de la démocratie. La méfiance, la défiance se juxtaposent, s’approfondissent en rapport et par contraste avec l’élan de la conquête démocratique, avec l’espérance fondatrice qui présupposait une confiance absolue. En effet si on parcoure l’histoire des démocraties, on constate que les fondateurs, les conquérants de la démocratie sont des idéalistes. Ils pensent et proclament que, demain, le degré de perfection de la société sera plus élevé.

« Les idéalistes ayant réussi, le suffrage universel étant acquis, la démocratie étant institutionnalisée, il reste moins de conquêtes à accomplir, moins de place et moins d’enthousiasme  pour les conquérants. Les faits sont là, dans leur réalité, leur banale sinon triviale vérité : l’espérance se fige dans des institutions, elle s’incarne dans des êtres (trop) humains, elle s’use… »

De la Révolution de Juillet à la Commune, puis à la République, c’est une succession d’idéalismes et d’idéalistes. Ils ont fini par réussir. La démocratie est installée, le suffrage est universel, les femmes votent, les conditions s’égalisent. Et bien évidemment, les idéalistes ayant réussi, le suffrage universel étant acquis, la démocratie étant institutionnalisée, il reste moins de conquêtes à accomplir, moins de place et moins d’enthousiasme  pour les conquérants. Les faits sont là, dans leur réalité, leur banale sinon triviale vérité : l’espérance se fige dans des institutions, elle s’incarne dans des êtres (trop) humains, elle s’use…

« Cette diminution de la confiance revêt un côté positif : aujourd’hui, l’idéalisme a décru, mais la violence, la volonté de lutte et de subversion aussi. »

La deuxième explication est plus rassurante. On peut soutenir à bon droit, je crois, que cette diminution de la confiance revêt un côté positif, car elle s’accompagne en même temps d’une diminution, d’une disparition des luttes civiles, des conflits et des violences au sein de la société. On pourrait dire que ce qui caractérisait le XIXe et le début du XXe siècle, c’était la combinaison de l’idéalisme pour décrire l’avenir, et de l’espérance révolutionnaire, de la volonté farouche et combative pour y parvenir. Aujourd’hui, l’idéalisme a décru, mais la violence, la volonté de lutte et de subversion  aussi. Donc, la méfiance ambiante, la confiance sans cesse remise en question, ce sont les contreparties de la disparition de la guerre civile, de l’atténuation de la violence politique, du déclin des idéologies et de la disparition des idéocraties radicales ou révolutionnaires. Les grèves ne sont pas aussi violentes qu’autrefois, quand Clémenceau, ministre de l’intérieur, faisait tirer la troupe. Au XIXe siècle, on faisait entrer l’armée au lycée Henri IV pour y rétablir l’ordre. Et, pas si loin de nous, en 1968, le Général de Gaulle trouvait son Premier ministre Georges Pompidou bien faible devant les étudiants : « Pourquoi ne faites-vous pas intervenir la troupe ? Pourquoi avoir laissé subsister les barricades ? »

Le point de vue des élites

Venons en au point de vue des élites, c’est-à-dire de ceux pour qui le problème de la confiance est toujours lié à la relation de subordination : dans le roman bourgeois, on se demande si la maîtresse de maison est bien avisée de laisser les clés à la domestique, de confier sa fille au précepteur. En politique est-ce que le chef d’Etat, les ministres disent bien la vérité aux Français ? Est-ce que notre confiance est bien placée ? C’est la même chose : celui qui est « en haut » se pose le problème de savoir le degré de confiance qu’il peut accorder à celui qui est « en bas ». Et celui qui est en bas perçoit l’élite, ceux qui sont « au-dessus », avec suspicion. La démocratie ne peut pas résoudre le problème de la subordination méfiante et de la supériorité inquiète. Du fait que la démocratie, malgré la religion de l’égalité, qui sera perçue comme un alibi ou une manipulation, ne gomme pas le fait que –quoi qu’on  en dise –il y a bien toujours des gouvernants et des gouvernés, des gens « en haut » et des gens « en bas ». Alors elle trouve des artifices ou des subterfuges. Rousseau, ici encore, l’avait prévu : « S’il y a représentation, il y a quelqu’un qui commande et quelqu’un qui obéit, et celui qui obéit est dépossédé ». Cela a des conséquences.

« Les racines de la méfiance sont profondes et tiennent à la nature de nos sociétés. »

Si on considère les politiques du XIXe et du début du XXe siècle,  pour eux la représentation trouve sa légitimité dans l’élection. Mais cette légitimité n’est pas seulement électorale, elle est largement capacitaire. Edouard Herriot était maire de Lyon, élu des Lyonnais, c’était aussi un lettré français qui s’adressait aux Lyonnais, auteur d’une thèse sur Madame Récamier (« Un pavé sur une rose », a-t-on dit). Il faisait des citations en latin et sa légitimité, au-delà ou à côté  de l’élection, venait aussi de ce qu’il avait les capacités d’exercer son gouvernement et son rôle. De même pour Jaurès, dont on citait la thèse latine, ou pour Blum, esthète à la Revue blanche, ou encore pour le bibliophile Barthou ou les mirobolants comme Caillaux et Tardieu.

« L’exigence de transparence crée un accroissement de la méfiance. »

Très longtemps, le système représentatif a vécu sur cette idée que le choix politique des représentants était le choix des « meilleurs » : cela même justifiait le système représentatif, il était constitutif d’une aristocratie, au sens étymologique et grec du terme. C’est à dire que l’élection choisissait pour gouverner ceux qui étaient les meilleurs. Le suffrage devenait un moyen de détection des meilleurs, il se substituait à la naissance. C’est très vite devenu un mythe, un mythe instable, mais sur lequel la confiance pouvait s’appuyer : si on a choisi les « meilleurs », on peut avoir confiance en eux parce qu’ils sont les meilleurs. Mais si le mythe s’effondre, si les élus ne prouvent pas qu’ils sont les meilleurs, qu’ils sont comme tout le monde, qu’ils se trompent comme tout le monde, alors la confiance s’effrite et s’estompe.

La fin du mythe capacitaire

On pressent immédiatement pourquoi : les « meilleurs » n’apportent pas la preuve effective… qu’ils sont les meilleurs. Avec les échecs politiques, va disparaître  la révérence capacitaire. De fait, en France, aujourd’hui, l’homme moyen gouverne l’homme moyen. D’une certaine façon,  la fin du mythe capacitaire est une bonne chose. Mais, dès lors que s’affaiblit ce qui donnait confiance –c’est-à-dire la croyance que celui qui est au pouvoir a les capacités requises- l’homme moyen juge l’homme moyen comme il se juge lui-même. Et précisément, quand on interroge les gens sur la façon dont ils se jugent, ils n’ont pas une excellente opinion d’eux-mêmes… et ils n’ont pas une excellente opinion des autres.

« Les sociétés d’individualistes dépendants sont des sociétés ou l’on se méfie totalement les uns des autres. La contrepartie de l’individualisme absolu c’est la méfiance absolue. »

La révérence à l’égard du politique s’est affaiblie, et je crois que le passage de la confiance à la méfiance fait partie d’une évolution pratiquement nécessaire.  La méfiance, la défiance parfois, deviennent la contrepartie de la société égalitaire : les hommes sont de plus en plus égaux, leurs représentants sont leurs égaux, et ils réintroduisent le jugement critique et réciproque gràce à  la méfiance : « Vous êtes au pouvoir ; mais vous êtes comme nous ; donc nous nous méfions. » C’est l’exacte contrepartie du système précédent qui reposait sur la confiance comme élément constitutif du mandat représentatif. Que peut-on faire ? Quels remèdes apporter ? Il faut certainement donner confiance, rendre les élus et les institutions plus crédibles, plus dignes de confiance. La transparence,  la communication, les paroles, les actes, la suppression des causes de suspicion (comme les conflits d’intérêts, les cumuls) peuvent y aider. Mais que ces suggestions de remèdes ne fassent pas naitre trop d’illusions. L’analyse des causes de la méfiance montre que ses racines sont profondes et tiennent à la nature de nos sociétés. Je me bornerai pour conclure à rappeler trois points.

  • L’accroissement de la proximité représentative entraîne un accroissement de la méfiance. Plus les gens qui vous représentent sont proches de vous, plus ils sont vos semblables, plus vous en serez méfiants. 
  • L’exigence de transparence crée un accroissement de la méfiance. Lisons et relisons Tartuffe. Souvenons-nous de la formule de Péguy : « Le Tartuffe humanitaire, le Tartuffe moderne sera pire que l’autre ». Le discours vertueux, moralisateur entretient inévitablement la méfiance. 
  • Les sociétés modernes sont des sociétés composés d’individus totalement dépendants et se voulant farouchement indépendants les uns des autres. Les sociétés d’individualistes dépendants sont des sociétés ou l’on se méfie totalement les uns des autres. La relation familiale est une relation de confiance parce qu’il y a une réciprocité communautaire à l’intérieur de la famille à un degré élevé. Or, ce qui caractérise les sociétés modernes, c’est la dissolution des relations familiales, des relations de proximité, des relations communautaires. Bien sûr, il y aura des survivances claniques : les gangsters continueront à se faire confiance entre eux –et encore– mais pas les honnêtes gens ! Les sociétés modernes veulent l’individualisme absolu. La contrepartie de l’individualisme absolu c’est la méfiance absolue. Ce qui, à l’évidence, nous rapproche de la pensée de Tocqueville…

C’est un défi pour les professionnels de la communication publique : leur métier sera difficile, et les maux qu’ils veulent guérir inguérissables. Mais c’est aussi une consolation : les maladies persistantes garantissent la mission et la rémunération du médecin.

 PS. Le lecteur voudra bien excuser le caractère rapide, parfois désinvolte de ces propos. Tirés d’un exposé impromptu, destiné à stimuler la discussion, ils mériteraient bien sur des réflexions plus approfondies. JCC

« Les « meilleurs » n’apportent pas la preuve effective…qu’ils sont les meilleurs. Avec les échecs politiques, va disparaitre la révérence capacitaire. »

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