can you buy ambien in costa rica ambien 10 mg hiccups after taking ambien

pictures of 5 milligram valium valium diazepam what is stronger halcion and valium

does xanax cause hypoglycemia buy xanax köpa xanax online

ambien a sedative buy ambien online sanofi aventis generic ambien

taking tramadol and paroxetine tramadol 50mg tramadol i grekland

xanax pospanost alprazolam xanax generic xanax identification

tramadol wirkung ldt buy tramadol tramadol 50mg and itching

can you take ambien with painkillers buy ambien 3 ambien in 24 hours

how do you take tramadol tramadol 50mg tramadol 50 ficha tecnica

tramadol withdrawal venlafaxine tramadol 50 mg how hard is it to get tramadol online

Entretien avec Jean Pisani-Ferry

Entretien avec JEAN PISANI-FERRY

Commissaire général de France Stratégie

« On ne peut plus se contenter d’éclairer les décideurs en rapports ou en notes »

Publié le 22 Juin 2015
Parole publique N°9

_ En 2014 le CGSP est devenu France Stratégie. Pourquoi une marque ?

Jean Pisani-Ferry – Parce que tenter d’exister sur la base d’un acronyme de quatre lettres, c’est se condamner au moins à un long purgatoire. Le nom France Stratégie exprime ce que nous sommes : un lieu vivant où s’élabore la réflexion sur les défis que devra affronter la société­ française dans les prochaines années, que ceux-ci relèvent de l’économie, du social, du développement durable ou des technologies ; un lieu où l’on se préoccupe du long terme ; un lieu où l’on débat de l’avenir du pays ; un lieu où l’on s’attache à jeter un regard neuf sur des questions majeures, avec indépendance d’esprit, afin d’éclairer les choix publics.

“Débattre avec qui ? Avec les experts, les forces sociales, les élus, les think tanks, les citoyens. Avec les Français et avec les étrangers.”

Ce nouveau nom, simple, résume bien nos missions. Administrativement, cette appellation ne se substitue pas au CGSP, elle en devient le patronyme public.

_ France Stratégie, c’est le Commissariat général au Plan de Jean Monnet + le débat public ?

JPF – Notre ADN est toujours là, mais le monde et la France ont changé. Le Plan, c’était déjà le débat, la concertation avec les partenaires sociaux. C’est pour ses grandes salles de réunion que Jean Monnet avait choisi la rue de Martignac. Les protagonistes ne sont plus exactement les mêmes, mais l’esprit demeure. L’exercice de la démocratie suppose plus que jamais un débat éclairé par une expertise rigoureuse et objective. On ne peut plus se contenter d’éclairer les décideurs en rapports ou en notes.

“Nous consultons en ce moment le plus grand nombre sur les nouveaux indicateurs de croissance.”

Ce qui a changé par rapport à l’époque du Plan, ce sont d’abord les modalités d’information des citoyens et d’exercice du débat public : à côté des grandes forces sociales organisées et des grands canaux de diffusion de la parole de jadis ont émergé des réseaux moins formels de circulation des idées et du savoir – de l’erreur et du mensonge, parfois, aussi – ; les formes d’expression de la société civile sont plus variées. Notre mission de concertation demeure, mais c’est aussi par ces canaux qu’il faut passer aujourd’hui pour que les idées novatrices infusent et diffusent, et pour que nous nous alimentions des propositions qui surgissent. Les rythmes de la vie économique ont également profondément changé : il faut désormais allier la capacité de voir à un horizon plus lointain, pour anticiper les mutations les plus profondes de la société, à une plus grande réactivité.

“Le débat – informé, exigeant, vif – c’est l’antidote à ce travers français : la certitude en haut qu’on sait ce qu’il faut faire, la certitude en bas qu’on ne peut pas se faire entendre.”

_ Vous annoncez 4 missions, « 4 métiers » : évaluer, anticiper, débattre, proposer. Débattre : pourquoi ? Avec qui ? Comment ?

JPF – Avec les experts, avec les forces sociales, avec les élus, avec les think tanks, avec les citoyens. Avec les Français et avec les étrangers. Pour vous donner quelques exemples nous avons organisé une large consultation nationale pour le rapport Quelle France dans 10 ans ? ainsi que pour le rapport relatif à L’action publique de demain. Nous impliquons les partenaires sociaux dans les comités thématiques (retraites, famille, santé, financement de la protection sociale, évaluation des aides aux entreprises). Enfin, nous consultons en ce moment le plus grand nombre sur les nouveaux indicateurs de croissance. De façon générale, nous développons, depuis deux ans, une nouvelle pratique du débat, en structurant nos relations avec les partenaires sociaux, les think tanks, la société civile, les grandes associations d’élus, qui sont autant d’instances qui font circuler le débat dans le corps social. La France aura de grands débats à conduire dans les années à venir, et nous aurons notre rôle à jouer dans la construction des termes mêmes dans lesquels se noueront ces débats.

“Dans le débat, nous nous tournons également vers de nouveaux relais : fédérations associatives, coordinations, collectifs informels.”

Le débat – informé, exigeant, vif – c’est l’antidote à ce travers bien français : la certitude en haut qu’on sait ce qu’il faut faire, la certitude en bas qu’on ne peut pas se faire entendre. La controverse, avec tout ce qu’elle implique, c’est l’antidote à l’anathème, dont nous sommes hélas si friands.

“Dans le débat sur l’économie, je suis frappé de l’atonie de la blogosphère française.”

_ « La société civile », c’est qui pour vous ?

JPF – Je n’en ai pas de définition limitative. Nos institutions ont souvent des difficultés à l’appréhender, mais nous devons être capables d’écouter tous ceux qui s’organisent pour prendre la parole dans le débat public et nous devons être à l’affût des propositions d’où qu’elles viennent. Souvent, cette parole repose sur des expériences vécues, des débats, des convictions. Elle peut aussi s’appuyer sur une expertise très pointue, ouverte à la critique scientifique, nourrie d’études, de statistiques rigoureuses, de comparaisons internationales. Cette parole est précieuse. Nous nous tournons donc naturellement vers les partenaires sociaux, qui prenaient part aux commissions du Plan, mais également vers de nouveaux relais : les fédérations associatives, les coordinations, les collectifs informels. En fonction de notre programme de travail, nous invitons donc les associations de défense de l’environnement, les mouvements de lutte contre les discriminations, les représentants des chômeurs, les associations caritatives, le mouvement consumériste, les acteurs du numérique, les associations familiales, les représentants de parents d’élèves, les think tanks, etc.

“Les débats professionnels se jouent désormais plus souvent aux yeux du grand public. Cela nous impose une exigence de clarté, de pédagogie.”

_ Diriez-vous qu’Internet a changé la donne en matière de débat sur l’économie ?

JPF – Internet n’a pas encore assez changé les choses. Je suis frappé de l’atonie de la blogosphère française, en comparaison de ce qui se passe aux États-Unis ou même en Europe. Outre-Atlantique, le débat est permanent, les arguments échangés sont sophistiqués, toute proposition, qu’elle émane de l’exécutif ou d’ailleurs, est désossée en moins de 24 heures. Qui lit les blogs peut très rapidement se faire une idée de la structure des débats. Ici, l’Internet sert trop souvent de réceptacle à l’expression de la révolte, de la fureur ou même de la haine. L’invective occulte le débat.

“France Stratégie est une institution biface, à la fois tournée vers le débat public et vers la décision.”

Bien sûr, nous avons fait quelques progrès. Les débats professionnels se jouent désormais plus souvent aux yeux du grand public. Cela nous impose une exigence de clarté, de pédagogie, qui est incontestablement bénéfique au débat démocratique. Mais il y a encore un long chemin à faire. Un point important est aussi l’ouverture des données, qui est un puissant vecteur de transparence et qui interdit de plus en plus toute forme de bluff ; il importe que chacun puisse vérifier les affirmations des experts, pourvu qu’on s’en donne la peine.

“Nous avons dialogué avec de grands responsables administratifs et des usagers des services publics, partout en France, pour imaginer l’État dans 10 ans.”

 

_ Proposer : à qui ? En quoi la prospective de France Stratégie est-elle un levier de changement pour réformer l’État ?

JPF – France Stratégie est une institution biface : elle est à la fois tournée vers le débat public, pour faire émerger des idées nouvelles, élucider les grands choix sociaux qui s’imposent à nous, poser les termes des débats et, le cas échéant, contribuer à la construction de consensus. Mais c’est aussi une institution tournée vers la décision, qui doit être à même de formuler des recommandations pertinentes dans nos différents champs d’expertise. Nous faisons partie de d’État, sans pour autant être une administration classique, direc­tement chargée de la mise en œuvre d’une politique publique­ sectorielle : cela nous met sans doute dans une position plus favorable pour proposer des évolutions en matière d’organisation de l’action publique. En préparant le rapport Quelle action publique pour demain ?, nous avons pu dialoguer à la fois avec de grands responsables administratifs et avec des usagers des services publics, un peu partout en France, pour imaginer ce que pourrait être l’État dans 10 ans.

_ La communication de France Stratégie a connu une mutation. Quels sont ses axes et moyens ?

JPF – Nous jouons sur une gamme étendue parce que nos activités sont diverses et que nos publics le sont aussi. Le site Internet reflète l’ensemble de notre activité, nous sommes actifs dans la presse, et très présents sur les réseaux sociaux (notamment Twitter qui permet d’engager la conversation et le débat, et Tumblr pour s’adresser aux plus jeunes). Nous avons créé une Web TV pour donner accès à nos travaux via leurs auteurs et susciter l’envie… La communication est au service de notre production et de nos travaux.

_ Vous êtes très investi dans l’échange avec les jeunes. Dans quel but ? Avec quelles méthodes ?

JPF – Il serait paradoxal de travailler sur le long terme et de ne pas s’intéresser aux jeunes… Je suis frappé de l’absence d’un débat intergénérationnel structuré, alors même que nous sommes l’un des pays où la fracture intergénérationnelle est la plus nette. Nous avons, plus que d’autres, fait payer la crise aux jeunes, les jeunes en veulent aux vieux, mais ce clivage ne structure rien dans le champ politique ou social.

“Il n’y a pas de débat intergénérationnel structuré, alors que nous sommes un des pays où la fracture intergénérationnelle est la plus nette. ”

Entretenir une relation privilégiée avec les jeunes, cela suppose d’aller les chercher là où ils sont, sur leurs plateformes, dans leurs réseaux. Il y a ceux qui s’intéressent déjà aux politiques publiques, bien sûr, et nous avons noué des liens précieux avec eux : France Stratégie a organisé une série de débats avec l’association Les Économiques pour travailler avec les jeunes sur les rapports thématiques de Quelle France dans 10 ans ? Cinq groupes de travail ont ainsi été constitués avec des élèves de lycée, de prépa et de BTS, qui ont pu rencontrer les auteurs des rapports et débattre des propositions avec eux. Mais il n’y a pas qu’eux, loin de là : nous avons ouvert en 2013 une grande consultation en ligne Ma France dans 10 ans, qui s’adressait à tous les jeunes, en partenariat avec Skyrock. Cela dit, reconnaissons-le, il reste beaucoup à faire. Propos recueillis par Pierre-Alain Douay

VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous
Cancel