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Maires et administrés : nouveau contexte, nouvelle relation ?

MAIRES ET ADMINISTRÉS : NOUVEAU CONTEXTE, NOUVELLE RELATION ?

Entretien avec JACQUES PÉLISSARD Président de l’Association des maires de France (AMF), maire de Lons-le-Saunier

Publié le 08 Déc 2013

_On peut dire que le métier de maire a beaucoup changé dans les dernières années ?

Jacques Pélissard : On pourrait le dire… si c’était un métier. Mais justement, ce n’est pas un métier, c’est un mandat confié par les citoyens d’une localité à l’un ou l’une des leurs. Par les temps qui courent, c’est souvent un défi : avec des responsabilités accrues par la décentralisation mais des pouvoirs rognés par des charges croissantes et des ressources contraintes, les maires sont quotidiennement comptables de leur gestion devant des habitants qui sont tout à la fois usagers, contribuables, consommateurs, électeurs, citoyens et concitoyens. Car la relation des maires avec leurs concitoyens est unique : permanente, directe, immédiate, transparente, et encore suffisamment confiante pour maintenir un lien social de plus en plus malmené par les évolutions économiques, sociales et technologiques.

« L’exercice solitaire du pouvoir est une chimère, une tentation peut-être, une solution jamais. »

La fonction exige donc de plus en plus de temps et d’engagement, de vigilance, de technicité et de polyvalence. Maire, c’est être administrateur, arbitre, planificateur, aménageur, ambassadeur et, de plus en plus, intercesseur et pédagogue, en communication -c’est-à-dire en dialogue constant- avec la population. Mais d’abord animateur d’une équipe d’adjoints et de conseillers municipaux sans lesquels l’autorité juridiquement et théoriquement prévalente du maire ne serait qu’un mot ou un abus. Je crois que les maires doivent s’appuyer encore davantage sur le potentiel de contact, d’écoute, de relais -bref, d’efficacité- des conseillers municipaux. L’exercice solitaire du pouvoir est une chimère, une tentation peut-être, une solution jamais.

_Et l’exercice simultané de deux mandats, est-ce un gage d’efficacité dans les deux fonctions ?

JP : Efficacité et proximité ne sont pas contradictoires. Au contraire, la proximité est la condition de l’efficacité. Le fait d’être parlementaire permet aux maires de villes petites et moyennes d’avoir à Paris, et même dans leur région, un poids qu’ils n’auraient pas autrement. Mais surtout, un député sans ancrage local, c’est un député en apesanteur qui n’est pas confronté aux réalités. La qualité des lois s’en ressentirait. Des exemples ? En matière de déchets, j’avais mis en place le premier dispositif départemental mutualisé entre communes rurales et communes urbaines avec prix du traitement incorporant le prix du transport. Ce dispositif s’est avéré performant. J’ai pu le décliner dans la loi, en faisant passer un amendement. Le dispositif Eco-emballages a été construit avec et par les maires de France. Le dispositif sur le recyclage des vieux papiers s’est fait par un amendement que j’ai déposé et fait voter contre l’avis des gouvernements Jospin et Raffarin ! Ce sont les maires qui ont permis un système débouchant sur la responsabilité élargie des producteurs de papier, des journaux gratuits en particulier. Même chose pour le textile. Un député hors sol n’aurait pas eu cette expérience. S’il n’y avait que des maires au sein de l’AMF, on serait moins entendu du Parlement et du gouvernement. 

_Qu’est-ce qui a le plus changé dans l’exercice du mandat et dans la relation avec les administrés ?

JP : D’abord, ce ne sont plus des « administrés ». En quelques décennies, la demande sociale s’est transformée. Les administrés sont devenus des citoyens actifs qui veulent participer, des usagers très attachés à leurs droits, demandeurs et exigeants sur la qualité des prestations. Mais le rapport à la politique a évolué : ils la consomment parfois comme un produit ! 

_Quand vous entendez le mot démocratie participative…

JP : Je constate que nos concitoyens sont demandeurs. Qu’il s’agisse d’un chantier ponctuel ou d’un quartier, c’est une nécessité d’associer les gens pour leur permettre de s’approprier un projet, de l’améliorer parfois profondément. Surtout, ça permet d’éviter les blocages. Un projet expliqué, c’est un projet qui passe mieux. Mais il faut être clair : il y a le temps de l’information, puis de la concertation, puis de l’éventuelle modulation des projets pour tenir compte des enrichissements apportés par les habitants. Mais le temps de la décision est politique. Il est assumé par des gens élus pour ça, qui rendent des comptes et qui peuvent être sanctionnés tous les six ans. C’est aussi un principe démocratique essentiel. Informer, concerter, oui. Mais décider, c’est aux élus que cela revient.

« L’engagement associatif exprime depuis longtemps la capacité et la volonté de nos concitoyens de contribuer directement à la vie sociale des villes et des villages. »

J’ajouterai que l’engagement social et civique n’a pas attendu les procédures de la démocratie participative institutionnalisée : l’engagement associatif exprime depuis longtemps la capacité et la volonté -le bénévolat- de nos concitoyens de contribuer directement et quotidiennement à la vie sociale des villes et des villages. Avant d’être virtuels, ces réseaux sociaux-là sont réels et composés de personnes qui se prennent la main pour des actions de solidarité, d’éducation, de promotion, de création ou de récréation. En septembre dernier, dans ma ville de 17 000 habitants, le Forum des associations a accueilli 153 associations ! Elles sont une vraie richesse pour une ville, un facteur de lien social, à la fois intergénérationnel, interculturel et interprofessionnel. 

_Internet ?

JP : Pour un maire, c’est bien entendu un moyen de relation -peut-on dire de proximité ?- avec ses concitoyens. Comme la plupart des élus, j’ai un site personnel et je suis sur Facebook même si, comme beaucoup d’élus, je n’en suis pas le principal contributeur ! Mais je constate que c’est spectaculaire : j’ai 5 000 « amis » qui suivent mes activités sur Facebook bien plus que dans la presse régionale. Mais l’essentiel n’est pas là : internet est d’abord un formidable moyen de travail et de service pour la mairie. Nous avons un site municipal avec de nombreuses fonctionnalités pratiques pour connaître les attentes et répondre plus efficacement et plus rapidement aux demandes des habitants. Cela accélère la réactivité des usagers… et des agents, qu’il s’agisse des réparations urgentes de voiries ou de la gestion de la restauration scolaire. Le champ des possibles est immense et l’innovation permanente. C’est pourquoi l’AMF, qui a toujours veillé à faire connaître les bonnes pratiques, publie chaque année avec Orange, sur papier et par internet, un panorama des expériences et des innovations numériques dans tous types de communes, en s’attachant à repérer et à valoriser les démarches exemplaires, c’est à dire reproductibles.

« Internet est un formidable moyen de travail et de service qui accélère la réactivité des usagers… et des agents. »

_En quoi le travail du maire et des services municipaux a-t-il changé ?

JP : La demande s’est extraordinairement diversifiée. Aujourd’hui, tout le monde demande tout au Maire et à la mairie. Chaque cas particulier illustre une dimension générale des politiques municipales et la multiplicité croissante des problèmes qu’elles sont appelées à résoudre, la plupart du temps dans une responsabilité partagée avec d’autres institutions publiques. Autre changement, la situation financière s’est terriblement complexifiée. Les recettes et ressources des communes sont difficiles, en termes de fonctionnement comme d’investissement : crise de liquidités, difficultés d’emprunter sur le marché bancaire sauf à taux déraisonnables, gel depuis 2011 et, à partir de 2014, amputation des dotations de l’Etat. Les maires ont cherché des solutions pour fluidifier l’accès aux liquidités, diversifier les sources de financement et optimiser les taux. D’où le projet d’agence de financement des investissements des collectivités territoriales, l’Agence France locale, que j’ai lancé avec Michel Destot et Gérard Collomb.

« Informer, concerter, oui. Mais décider, c’est aux élus que cela revient. Le temps de la décicion est politique. »

_Le maire, un expert universel ?

 JP : Certainement pas. Mais un fédérateur et un chasseur de compétences. La complexité croissante des enjeux nous oblige à nous appuyer sur des agents de plus en plus efficaces. Pour les cadres, cela induit une exigence très forte en termes de compétence, de réactivité, d’adaptation. Et de sens de la relation. Car ils sont eux aussi au contact, parfois sous la pression, des habitants et des usagers.  Nos cadres administratifs et techniques, comme nos agents de guichet et de terrain, doivent de plus en plus avoir aussi une capacité à échanger, à expliquer, à entendre et comprendre les attentes. C’est un formidable enjeu de formation.

_La mairie, une entreprise ? Le maire, un manager ?

JP : Non, la mairie n’est pas une entreprise. Certes, le maire doit avoir une vision du territoire longue, globale et transversale, dans l’espace et dans le temps. Il peut avoir une approche managériale de ses équipes, des coûts, de la performance administrative, de la qualité de service. Mais il n’est pas soumis à une approche de marché. Il doit servir l’intérêt général.  Ce n’est pas du management au sens entrepreneurial du terme.

« Nos cadres comme nos agents doivent acquérir une capacité à échanger, à expliquer, à entendre et comprendre les attentes. »

_L’intercommunalité, chance ou menace pour les maires ?

JP : En tous cas, elle est inévitable et nécessaire. À nous d’en exploiter les opportunités. D’ailleurs, comme président d’une communauté, je constate un changement culturel des élus. Longtemps, ils sont restés des défenseurs chauvins de leur clocher. Mais, de plus en plus, les maires membres des bureaux des EPCI se font les avocats de l’intercommunalité et du territoire communautaire. Il y a une alchimie intéressante entre communes et intercommunalités. C’est bien moins vrai avec les départements et les régions. En matière sociale par exemple, nous assumons des fonctions qui sont pour partie celles du département. Pensez aussi que, sur le territoire d’une commune, écoles, collèges, lycées, universités dépendent de 4 collectivités publiques différentes… On gagnerait, au niveau d’un territoire, à une meilleure lisibilité des responsabilités et une meilleure identification des responsables des structures. L’élection au suffrage universel des conseillers communautaires va permettre une meilleure lisibilité. Par hypothèse, le débat électoral portera aussi sur les questions intercommunales. C’est important mais pas suffisant. Si on veut renforcer l’appartenance et l’identité communautaires, il faut des compétences identifiées qui ne soient pas scindées entre commune et communauté. Ainsi, la compétence sportive est un bon vecteur d’identification communautaire. Elle permet une meilleure affectation des équipements et des activités, un meilleur entretien avec des services techniques plus performants. C’est vrai aussi pour la culture, le tourisme, l’expansion économique et la promotion du territoire. Mon expérience locale est sur ce point tout à fait concluante.

« Pour renforcer l’appartenance et l’identité, il faut des compétences identifiées et pas scindées entre commune et communauté. Le sport est un bon vecteur d’identification communautaire. »

_36 769 communes, 36 760 maires…

JP : Écoutez : depuis les débuts de la République, dont ils ont fondé la dimension territoriale et sociale, dans les formidables reconstructions consécutives aux deux guerres mondiales, dans la longue et chaotique mutation dont depuis quarante ans ils s’efforcent de saisir les opportunités et de compenser les dégâts, les maires de France sont toujours au cœur de l’action. Maire depuis bientôt vingt-cinq ans, depuis près de dix ans président des maires de France, urbains comme ruraux, de gauche comme de droite, à la tête d’un bureau paritaire droite-gauche, j’ai vécu ces évolutions et les remises en cause constantes qu’elles imposent à tous mes collègues. J’ai par ailleurs proposé d’améliorer le statut des communes nouvelles issues d’une démarche volontaire de regroupement de communes car beaucoup de maires veulent avoir les moyens d’agir dans un contexte durable de réductions budgétaires. La commune reste plus que jamais une institution moderne. Les maires de France sont une chance pour la Nation et pour la démocratie.

Propos recueillis par Pierre-Alain Douay
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