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Livre papier et e-book : une drôle de guerre ?

Véronique Lefebvre Éditrice

Publié le 04 Déc 2017

Le livre papier, ce vieux compagnon écorné, est-il menacé de disparition par les dynamiques e-book surgis des tablettes, emportant avec eux l’ancien monde du livre ?

Le discours rassurant, étayé par des chiffres de vente décevants, minimise la progression de l’e-book : jamais le livre papier ne sera détrôné par le numérique ; une exception française ferait des Gaulois d’irréductibles résistants du papier ; il serait intrinsèquement impossible de lire sur écran avec la même efficacité. A contrario, les plus catastrophistes apeurés par le destin de la presse prévoient la décadence de toute la filière du livre sacrifiée sur l’autel de la technologie. Ces affirmations péremptoires obligent à poser sur l’avenir du livre un regard à la fois distancié et prospectif.

Faut-il laisser des plateformes type Amazon ou Apple prendre un tel ascendant sur ce marché émergent ?

De quoi parle-t-on ? Les e-books sont des versions numériques des livres papier achetés et téléchargés sur des plateformes commerciales de type Fnac.com, Apple ou Amazon et consultables sur nos tablettes et téléphone ou liseuses. Passés les préjugés et les réticences, les convertis au numérique, généralement des gros lecteurs (plus de 20 livres par an), sont séduits par le prix, la facilité de stockage et de transport. Au ¬l des usages, la lecture numérique permet des recherches par occurrences, c’est-à-dire d’aller droit à l’information recherchée, une consultation de nombreuses références, une lecture en diagonale et le téléchargement gratuit des œuvres passées dans le domaine public. Avec un confort de lecture insoupçonné en grossissant à volonté les caractères. Et la tablette éclairée permet de lire à côté de son conjoint endormi, mettant fin au diktat de l’extinction des feux du soir…

En France, les ventes de livres numériques ont doublé depuis 2012 mais ne représente que 4 % des ventes.

Bien sûr, il est plus difficile de s’y repérer mais, passée une phase de désorientation, on apprend à lire autrement, plus vite mais peut-être moins bien – les études en neuroscience sont convergentes – en termes de mémorisation des informations.
Si les lecteurs numériques restent des défenseurs du livre papier, il est clair qu’avec le numérique la lecture est définitivement un plaisir solitaire : comme le téléphone, la liseuse devient une zone personnelle protégée où chacun conserve jalousement ses errements livresques. On s’interroge aussi sur ces sites de ventes vertigineux qui donnent accès à des milliers de références dans tous les domaines et qui paradoxalement cadre l’utilisateur en présélectionnant des offres de lecture en fonction de ses achats antérieurs, un lecteur « profilé » dont le champ des possibles se restreint, résumé à ce vous voulez lire et finalement croire. Autre question : faut-il laisser des plateformes de type Amazon ou Apple prendre un tel ascendant sur ce marché émergent ?

La plupart des lecteurs numériques restent gros acheteurs de livres classiques.

Reste qu’en France, si le livre numérique a vu ses ventes doubler depuis 2012 et augmenter de 13 % en 2016, il ne représente que 3 à 4 % des ventes. La lecture numérique demeure marginale sauf dans les pays anglo-saxons, où les ventes semblent néanmoins se tasser. Recul conjoncturel ou réticence plus profonde qui s’installerait à l’égard des technologies avec une volonté de se sevrer des écrans ?

La lecture numérique, de plus en plus concurrencée par les activités digitales, s’accompagne d’une diversification des circonstances et des supports de lecture.

Une chose est sûre : on peut raisonnablement tabler sur une progression continue du livre  numérique. Car il s’opère un changement profond dans les pratiques de lecture des Français : une étude du Centre national du livre sur un panel représentatif de lecteurs suivis entre 2012 et 2017, qui confirme une nette progression de la lecture numérique, révèle aussi qu’elle est de plus en plus concurrencée par les activités digitales et s’accompagne d’une diversification des circonstances et des supports de lecture. En témoigne le succès inespéré des abonnements numériques de certains journaux qui ont su prendre le tournant : un cercle vertueux se met doucement en place qui pourra peut-être permettre à la presse de réinventer un nouveau tempo et des formats mêlant image et écrit. Qu’on le veuille ou non, une autre manière de lire émerge, engagée sur la voie de la dématérialisation comme dans de nombreux domaines. Plutôt que d’entrer en guerre de religion, ne serait-ce pas plus sage de militer en faveur d’une lecture complémentaire comme le font la plupart des lecteurs numériques qui semblent conjuguer harmonieusement les pratiques et qui restent souvent de gros acheteurs de livres classiques.

Les revenus des éditeurs ne sont pas affectés : ils proposent aussi leur catalogue en numérique. Mais les librairies sont menacées.

De son côté, la profession doit profiter de cette progression encore timide pour mettre en place une transition technologique mieux négociée permettant aux métiers du livre de s’adapter. Car les impacts pour les différents secteurs du livre ne sont identiques. Pour les éditeurs, la transition peut être intellectuellement difficile mais leurs revenus n’en sont pas directement affectés : numérique ou pas, l’essentiel est que les achats de livres soient au rendez- vous. Ils fixent leur prix et proposent désormais l’ensemble de leur catalogue en numérique. Pour l’heure, les géants du net se contentent de distribuer les livres, numériques ou papiers, même si la menace se profile : ils ne tarderont pas, ils essayent déjà, de publier en leur nom. Mais les librairies, entièrement dépendantes de la vente des livres papier, ont conscience d’être directement menacées. Elles sont donc nombreuses à diversifier leurs activités et se métamorphosent en véritables lieux de vie et de convivialité culturelle. Dans le même temps, les libraires imaginent aussi des solutions pour créer des plateformes d’e-commerce dans les librairies. Un dé¬ majeur dans un paysage extrêmement concurrentiel où les grands sites web marchands font la loi.

Les géants du net distribuent les livres, numériques ou papiers. Ils ne tarderont pas à publier en leur nom.

Toute la filière du livre, imprimeur, éditeur et libraire, est confrontée à un marché en pleine mutation. En 1981, la loi Lang du prix unique du livre avait limité la concurrence pour protéger la filière. Si on veut que le secteur de l’édition poursuive sa dynamique en faveur de la lecture sans distinction de support, il faudra imaginer des dispositifs et des solutions viables, dans le cadre de cette exception culturelle française qui malgré les critiques protège notre patrimoine culturel.

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