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Les économistes […] les médias

Jean Tirole - Agnès Bénassy-Quéré - Olivier J.Blanchard Ecole d'économie de Toulouse - Ecole d'économie de Paris - Massachussets institute of technology

Publié le 20 Mar 2018

Titre complet de l’article paru dans Parole publique :

LES ECONOMISTES, L’OPINION, LES DECIDEURS PUBLICS, LES MEDIAS

 

Les enquêtes d’opinion relèvent un intérêt marqué du grand public pour les questions économiques. Mais les économistes sont parfois regardés avec une certaine méfiance, nourrie de leurs défaillances : incapacité à prévoir la crise financière de 2008, conflits d’intérêts pas toujours révélés, difficulté à se mettre d’accord ou, à l’inverse, tendance à penser tous de la même manière, manque de sens pédagogique.

Le dialogue entre les économistes et l’opinion publique ou le monde de la décision publique est rendu plus difficile encore par les spécificités de la discipline, notamment l’incertitude sur ses résultats et la participation des économistes à la société qu’ils prétendent décrypter de manière indépendante.

L’influence des économistes sur la décision publique est essentiellement indirecte.

Davantage que pour les spécialistes d’autres sciences sociales, leur discipline a, dès les années 1930, ouvert aux économistes des places de choix auprès des décideurs : comptabilité nationale, planification, prévision, simulation, tarification de l’électricité, rationalisation des choix budgétaires, gestion des réserves de change, etc. Leur véritable influence sur la décision publique est toutefois inégale : plus forte dans les domaines très techniques – politique monétaire, régulation financière – et en période de forte incertitude, elle est essentiellement indirecte, modifiant progressivement les modes de pensée des décideurs et de l’opinion publique via des rapports d’expertise et la participation à des groupes de travail préparant la décision publique. La relative étanchéité entre le monde académique et celui des grands corps de l’administration rend plus rare la participation directe des économistes à la décision, fréquente chez les anglo-saxons ; et la France dispose d’un corps de hauts fonctionnaires spécialisés dans les domaines de l’économie et de la statistique, qui irriguent la décision publique notamment à travers l’INSEE et la direction générale du trésor. Mais experts ou praticiens sont très présents dans le débat public, car les sujets économiques occupent une place importante dans la vie quotidienne, qu’il s’agisse de chercher un emploi, contracter un emprunt, payer des impôts ou gérer un budget.

L’étanchéité entre le monde académique et les grands corps de l’administration limite la participation directe des économistes à la décision.

La question de la place des économistes et de la confiance qu’on peut leur accorder se pose dans tous les pays. Mais les économistes français semblent fortement divisés entre eux et par rapport à leurs collègues d’autres pays. Comment améliorer les interactions entre les économistes universitaires français et leurs différents publics – monde de la décision, presse, grand public ? Quelles voies pour progresser ? Nous esquissons ici quelques pistes en nous intéressant tour à tour à la responsabilité de chacun de ces trois groupes d’acteurs.

S’astreindre à une charte de déontologie et à une déclaration d’intérêts pour renforcer la crédibilité des chercheurs dans les débats publics.

Les économistes-chercheurs doivent d’abord s’attaquer eux-mêmes au reproche fréquent de biais idéologiques, qui dépasse le problème des éventuels conflits d’intérêts. Pour améliorer leur crédibilité dans les débats publics, les chercheurs en économie devraient s’astreindre à respecter au moins trois règles de bonne conduite : débattre des idées mais jamais des personnes – pas d’arguments ad hominem ; ne jamais dire ou écrire – en conseillant le politique ou dans les médias – quelque chose qu’on ne serait pas prêt à défendre devant ses pairs ; ne pas s’exprimer sur des sujets dont on a une connaissance trop vague. Ces engagements pourraient figurer sur une charte de déontologie que chaque chercheur publierait sur son site, en plus de ses conflits d’intérêts eux aussi systématiquement publiés, précisant par exemple s’ils ont reçu des subventions de telle ou telle société privée ou s’ils sont membres de partis politiques. Les associations professionnelles, en particulier l’Association française de sciences économiques (AFSE), pourraient proposer un modèle de charte de déontologie et de déclaration d’intérêts que chaque enseignant-chercheur serait invité à endosser.

Circonscrire les désaccords entre économistes pour dégager les domaines de consensus.

Pour diffuser les bonnes pratiques au sein de la profession des économistes- chercheurs (Recommandation 1), l’AFSE pourrait proposer un modèle de charte de déontologie et de déclaration d’intérêts. Les journalistes seraient invités à s’y référer. Cette recommandation vise à sensibiliser les économistes à leurs propres pratiques et à signaler une prise de conscience collective. Mais, seule, elle ne permettra pas d’améliorer significativement les interactions entre la profession et le monde de la décision et des médias.
L’autre question est celle des désaccords entre économistes : ils ne sont pas forcément stériles et ont souvent une explication rationnelle mais il est important de les circonscrire de manière à dégager, par différence, les domaines où il existe un consensus. Pour exposer aux non-spécialistes le degré de convergence sur un sujet donné (Recommandation 2), on pourrait mettre en place en France un panel d’experts économiques interrogés chaque mois sur une question pratique d’économie ou de politique économique. Les réponses seront pondérées par le degré de confiance de chacun dans sa réponse. Les résultats agrégés, et éventuellement les réponses individuelles, seront publiés.

Mettre en place un panel d’experts économiques interrogés chaque mois sur une question pratique d’économie ou de politique économique.

La sélection du panel devrait obéir à des critères transparents. Les experts seraient nommés pour une durée déterminée, non renouvelable, afin d’associer le plus possible d’économistes à l’exercice au fil du temps. En complément, des synthèses non techniques en français – réalisées par des chercheurs spécialisés sur chaque domaine – pourraient nourrir utilement la réflexion et les analyses conduites par les administrations économiques, qui pourraient jouer un rôle d’impulsion en finançant certains de ces travaux.

Du côté des décideurs publics, deux voies complémentaires pourraient être suivies : il est d’abord important (Recommandation 3) d’encourager la coopération systématique entre l’administration et les équipes d’enseignants- chercheurs autour de l’évaluation des politiques publiques. Cette coopération doit favoriser l’interdisciplinarité et permettre de confronter les points de vue par un dialogue avec les services en charge de la politique économique, qui seuls connaissent le détail de leur mise en place. Cette collaboration permettra aussi de mettre en lumière des sujets de recherche insuffisamment étudiés par la communauté scientifique aux yeux des décideurs publics.

Ouvrir davantage les postes d’expertise et de responsabilité à des enseignant-chercheurs, faciliter les allers-retours avec le monde de la décision publique.

Il est essentiel aussi de faciliter les allers-retours entre les mondes de l’université et de la décision publique. Les freins à cette mobilité sont liés au système des corps, qui limite le champ des recrutements, et aux grilles d’évaluation des enseignants-chercheurs, qui ne valorisent pas ce type d’expérience. Il est incompréhensible que les postes de chef-économiste ou dans des domaines comme la politique monétaire ou la régulation ne soient pas ouverts au monde académique. Il s’agirait donc (Recommandation 4), dans l’administration économique, d’ouvrir davantage les postes d’expertise et de responsabilité à des enseignant-chercheurs et, dans la gestion des carrières académiques individuelles, de prendre en compte ces expériences selon des critères transparents.

Publier à destination des médias un répertoire d’experts attestant de la compétence et de l’adhésion à une charte déontologique.

 

Du côté des médias, enfin, on constate un manque de ressources pour réaliser des recherches documentaires et repérer les véritables spécialistes du sujet du moment, alors que les économistes universitaires ne parviennent pas toujours à communiquer de manière suffisamment pédagogique sur leurs recherches. Pour une meilleure information sur les ressources disponibles dans le milieu académique et pour forcer la visibilité des experts du monde académique, l’AFSE, ou toute autre institution représentative, pourrait publier et mettre à jour régulièrement sur une base volontaire (Recommandation 5) un répertoire d’experts selon une méthode transparente attestant à la fois la compétence (par au moins une publication académique sur le sujet) et l’adhésion à une charte déontologique. Ce répertoire serait mis à disposition aussi bien de l’administration économique que du monde médiatique. Il ne s’agit pas de préempter le débat public – qui doit donner la parole à des praticiens des entreprises, des syndicats ou du secteur public – mais d’offrir à la presse et au monde de la décision une banque de ressources afin d’enrichir leurs investigations économiques.

Organiser des sessions fermées de formation réciproque entre journalistes et chercheurs autour de grandes questions de politique économiques.

À cela s’ajoute le fait que la plupart de nos journalistes ont peu voire pas de formation en économie et que, symétriquement, les enseignant-chercheurs n’ont généralement pas reçu de formation à ce mode de communication spécifique. Ce double problème pourrait être traité (Recommandation 6) en organisant des sessions fermées de formation réciproque au cours desquelles chaque groupe communiquerait son savoir et son savoir-faire autour de grandes questions de politique économique. Occasion aussi d’aplanir les incompréhensions.

La France a les moyens d’améliorer la qualité du débat et des décisions en matière de politique économique. Le monde académique peut y contribuer, à la double condition de se discipliner de l’intérieur et d’être soutenu de l’extérieur.

 

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NDLR Cet article reprend les propositions conclusives de la note du conseil d’analyse économique, n° 42, juillet 2017, intitulée Les économistes dans la cité et rédigées par les mêmes auteurs.

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