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République : banlieues et citoyenneté

Tom Lanneau Collaborateur de cabinet à Rosny-sous-Bois, étudiant en communication politique et institutionnelle à Paris 1

Publié le 25 Oct 2016

Titre complet de l’article paru dans Parole publique

Les autodidactes de la République : banlieues et citoyenneté

 

La Constitution de 1958 définit la République française comme un ensemble d’idées, d’emblèmes et de valeurs. Le deuxième article énonce son principe : « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Mais de nombreux citoyens français estiment qu’il existe un décalage entre les valeurs énoncées par ces textes et la réalité quotidienne.

Pour beaucoup, la République est une réalité floue. Les programmes scolaires laissent une place dérisoire à l’éducation civique.

Pour beaucoup, la République est une réalité floue. Il est vrai que les programmes scolaires laissent une place dérisoire voire inexistante à l’éducation civique. La Marseillaise, ce sont Zidane, Thuram et Deschamps qui nous l’ont apprise pendant le Mondial de 1998, à travers les enceintes d’un écran cathodique. L’Assemblée nationale, nous l’avons découverte à la télévision en 2003, lors des débats parlementaires relatifs à la question de l’intervention militaire en Irak. La Constitution française, les professeurs m’ont expliqué son utilité à 17 ans, durant ma première année de licence.

La Marseillaise, ce sont Zidane, Thuram et Deschamps qui nous l’ont apprise pendant le Mondial de 1998.

Les gens de la génération née au milieu des années 1990 ont pour la plupart fait leur éducation aux valeurs républicaines seuls, du moins en dehors des institutions publiques. Lorsque nos instituteurs, chargés de nous transmettre les principes républicains, avaient du retard sur le programme scolaire surchargé, c’était les heures d’instruction civique qui sautaient.

Angélisme, alarmisme, sensationnalisme

Communiquer sur la République auprès d’un public fraîchement adulte est compliqué. Autodidactes de la République, les citoyens en devenir ont noté les non-dits des salles de classe, les sujets tabous : la politique, la religion, l’éducation aux médias, le regard critique sur les informations reçues… Autant de sujets essentiels et occultés dont l’analyse et l’apprentissage sont rejetés en dehors du cadre scolaire. Espérons que sur le chemin de la citoyenneté l’enfant est bien entouré… Bref, la cible jeune ne devra l’essentiel de son éducation citoyenne qu’à son entourage et aux médias. Ce manque de communication est accru dans les quartiers populaires, ces zones qui concentrent de nombreuses difficultés socio-économiques, suscitent de nombreux fantasmes… et motivent les discours hystériques.

Les jeunes des années 1990 ont fait leur éducation républicaine en dehors des institutions publiques, par leur entourage et par les médias.

Mes expériences médiatiques au Bondy Blog et au Monde m’ont permis de couvrir l’actualité de nombreux quartiers populaires en France, autour de thématiques diverses. Entre angélisme, alarmisme et sensationnalisme, difficile de porter un regard dépassionné et réfléchi sur les zones périurbaines, alors même que tout le monde a une opinion arrêtée sur le sujet.

Sentiment d’abandon

Les habitants de ces secteurs éprouvent en majorité un sentiment d’abandon, la sensation d’avoir été laissés de côté par la République, d’être enfermés dans un quartier duquel ni eux ni leurs enfants ne sortiront jamais. Avéré ou non, ce sentiment se fonde sur des constatations visibles : relégation urbaine, concentration dans un même lieu des personnes rencontrant des difficultés sociales, routes défoncées, manque de transports en commun, d’infrastructures culturelles et de commerces de proximité, professeurs de ZEP inexpérimentés dont les conditions de travail entraînent souvent des absences prolongées, classes surchargées…

La réputation stigmatisante des banlieues stimule chez certains un réflexe de défense qui se manifeste par un repli communautariste.

Dès lors, comment faire valoir la véracité de notre devise républicaine, de l’égalité1 ou de la fraternité : la couverture médiatique sensationnaliste de certains faits divers nourrit la mauvaise image des « banlieues »2,3, cette réputation stigmatisante stimule chez certains un réflexe de défense qui se manifeste par un repli communautariste.

Alors qu’augmente la méfiance à l’égard des institutions, le secteur associatif permet à de nombreux citoyens de participer, de bâtir et d’enrichir notre République.

Et si la mise en place d’une République plus horizontale, ouverte au partage et à la différence était la clé pour résorber les fractures qui lézardent notre société ? Dans Parole Publique n°12, Pierre Allorant souligne que la République n’est pas réductible à un terme de droit constitutionnel, que ce sont les citoyens qui la font vivre au quotidien. Dès lors, débattre, dialoguer, exposer son point de vue, interpeller les autorités est l’affaire de tous. Cette culture du partage et de l’échange s’est notamment développée grâce au tissu associatif.

Richesse associative locale

Collaborateur de cabinet dans une ville de Seine-Saint-Denis, je peux témoigner de l’importance primordiale de la vie associative pour la cohésion sociale au niveau local : alors qu’on constate une augmentation significative de la méfiance à l’égard des institutions et de leur communication4 – méfiance accrue dans certains quartiers pour les raisons évoquées ci-dessus – le secteur associatif permet à de nombreux citoyens de participer, de bâtir et d’enrichir notre République5.

Ces associations culturelles, ces réseaux d’éducation populaire, ces fédérations sportives, ces centres socioculturels, sont des lieux de convivialité et d’échange, dans lesquels les bénévoles peuvent partager leurs connaissances, leurs cultures, leurs points de vue, avec moins d’entraves que dans un cadre plus institutionnel. La diversité des personnes réunies autour d’un centre d’intérêt commun permet d’aborder certaines thématiques qui font figure de tabou sociétal. Mais l’engagement associatif ne doit pas servir d’alibi pour le désengagement de l’État dans certains de ses prérogatives. Et il est toujours délicat de passer par un filtre afin de communiquer auprès des habitants.

Le maire, figure institutionnelle et dialogue humanisé

En cette période marquée par la hausse de l’abstentionnisme, la crise socio-économique, le désintérêt pour la chose publique, le maire représente la proximité, le dialogue humanisé, le contact avec la réalité quotidienne de ses administrés. Loin de la « déconnexion des élites » nationales6, il est le personnage public qu’on peut croiser dans la rue, inviter à dîner lors d’une fête des voisins, interpeller de vive voix sur des problèmes locaux… Loi MAPTAM, loi NOTRe, maintien des départements et des régions : il reste décidément difficile pour les citoyens de savoir qui fait quoi, et d’identifier clairement ces institutions, tandis que la figure du maire reste connue de tous.

L’engagement associatif ne doit pas servir d’alibi pour le désengagement de l’État.

En 2009, Stéphane Rozès7 distinguait les valeurs phares (vision de la société, de la fonction présidentielle), des valeurs balises (repères de la vie quotidienne qui orientent les comportements individuels). En période de crise, les valeurs balises prennent le pas sur les valeurs phares car les individus accordent d’avantage d’importance aux préoccupations d’ordre plus pragmatiques. Une grande partie de ces valeurs balises sont gérées au quotidien par les élus municipaux : éducation, lien social, attractivité économique, sécurité, culture… Cette prise directe avec les domaines qui impactent de manière visible les citoyens semble donc mettre le maire en position d’incarner et de communiquer de manière efficiente la République, ses principes et ses pratiques.

En prise directe avec les citoyens, le maire semble en position d’incarner et de communiquer la République de manière efficiente.

De plus, à un niveau municipal, il est plus facile d’instaurer des cadres de discussion avec les citoyens : réunions publiques, conseils de quartiers, instances consultatives, rendez-vous avec les habitants sont autant d’espaces d’échange que le maire peut mettre en place afin de ne pas s’enfermer dans une communication verticale.

Réseaux sociaux

Cependant, à ces dialogues publics, il est important pour un élu municipal de se montrer disponible sur les réseaux sociaux numériques afin d’être à l’écoute des attentes et des besoins de ses concitoyens. Il faut rester pragmatique : la prise de parole publique est un exercice compliqué et de nombreuses personnes ne se sentent pas aptes à s’exprimer devant une assemblée ou n’osent pas demander un rendez-vous avec leur édile ; les outils numériques de discussions permettent de dépasser en partie les frontières culturelles, sociales et économiques8 afin de faciliter les liens entre les citoyens et leurs élus ainsi que de poser les bases d’un dialogue constructif. Dans Parole Publique n°12, Yann Bonnet et Camille Hartmann voyaient dans l’intégration croissante et réfléchie du numérique dans l’action publique un moyen de « réenchanter la République » en insufflant une culture du dialogue, du partage, de la transparence et de l’innovation9.

Les outils numériques de discussions permettent de dépasser en partie les frontières culturelles, sociales et économiques.

« Instaurer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile » : les mots de Jean Jaurès à la jeunesse en 1903 reflètent notre attachement à la République afin de mener à bien de grands projets, la nécessité et la volonté de se montrer unis face aux barrières qui se dressent sur notre chemin. Communiquer sur la République de manière pragmatique et humanisée est d’autant plus important à l’heure où certains tentent de mettre à genoux les principes sur lesquels s’érige la cohésion sociale.
1. Un exemple parmi d’autres, la différence de coût entre un élève de l’académie de Créteil et de l’académie de Paris : http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-econdaire/article/2012/04/12/ecole-les-moyensattribues-renforcent-les-inegalites_1684433_1473688.html

2. Voir l’enquête Odoxa pour Le Parisien-Aujourd’hui en France d’octobre 2015 au sujet de l’image publique des banlieues : http://www.leparisien.fr/societe/dix-ans-apres-les-emeutes-banlieue-et-cites-la-mauvaisereputation-24-10-2015-5215919.php

3. Berthaut Jérôme (2013), La banlieue du « 20 heures » Ethnographie de la production d’un lieu commun journalistique, Ed. Agone, 430 p.

4. Voir le premier numéro de la revue Parole Publique, mars 2013

5. CNRS, Centre d’économie de la Sorbonne (2012), Le paysage associatif français : d’après cette enquête, la France comptait 1,3 million d’associations avec 16 millions de bénévoles, 5 % de la masse salariale nationale.

6. Belot Laure (2015), La déconnexion des élites : comment internet dérange l’ordre établi, Ed. Les Arènes Eds, 320 p.

7. Rozès Stéphane (2009), « Citoyenneté, opinion publique et démocratie », Humanisme n°284, p. 64-68

8. Cardon Dominique (2010), La démocratie Internet : promesses et limites, Ed. Seuil, 102 p.

9. Bonnet Yann, Hartmann Camille (2016), « Co-construire la République numérique », Parole publique n°12

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