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L’élu ne peut plus imposer, il doit convaincre

Entretien avec Dominique Bussereau Président du département de la Charente-Maritime, président de l'Assemblée des départements de France

Publié le 06 Déc 2018

_ Ces trente dernières années, un profond désamour s’est installé entre l’opinion et les élus. Comment l’expliquez-vous ?

Dominique Bussereau – Je ne partage pas ce diagnostic. Pas du tout ! Il peut exister une certaine méfiance à l’égard des élus nationaux, parce que les résultats des politiques publiques sont longs à se concrétiser et difficiles à mesurer. Mais cette méfiance ne touche pas les élus locaux. Mon département de la Charente-Maritime participe tous les ans à un panel de l’institut de sondage BVA. Les résultats sont sans ambiguïté. Un élu n’allant pas au contact, ne sachant pas communiquer ou, pire encore, soupçonné de corruption, peut être rejeté mais le désamour global, lui, n’existe pas !

_ Tous les élus ne sont donc pas logés à la même enseigne ?

DB – Non ! C’est même vrai pour les élus nationaux ! Les sénateurs, qui ne s’adressent qu’à un public restreint auprès de qui ils sont bien identifiés, sont épargnés. Pour les députés, en revanche, c’est de plus en plus compliqué. L’Assemblée nationale a été profondément renouvelée en 2017, mais les nouveaux élus, ne pouvant plus exercer de mandats exécutifs locaux, restent souvent méconnus. Au niveau territorial, il en est de même : les présidents de région, bien médiatisés, ont plutôt une bonne cote, quand les conseillers régionaux, élus à la proportionnelle dans des régions devenues grandes comme des pays européens, ont un problème de notoriété. Les nouveaux conseillers départementaux rencontrent parfois la même difficulté…

Nouveaux députés, conseillers régionaux, conseillers départementaux et responsables d’intercommunalités ne souffrent pas de désamour mais d’être méconnus.

_ Ne sont-ils pas d’abord victimes de leur mode d’élection, en binôme homme-femme ?

DB – Je ne le crois pas ! Le binôme permet une présence dédoublée sur le terrain. Mais après un redécoupage un peu artificiel, les électeurs ne font plus le lien avec les anciens cantons, la gendarmerie, la perception, le collège… C’est la même chose avec les intercommunalités. L’investissement de l’élu local y est fondamental. Mais il est dévoreur de temps et l’éloigne de ses concitoyens, les intercommunalités ne sachant pas encore bien expliquer ce qu’elles font. Au final, ces élus ne souffrent pas de désamour, mais d’être méconnus !

Utiliser les réseaux sociaux comme des signaux d’alerte mais faire du porte-à-porte car on n’a rien inventé de mieux.

_ La considération pour l’élu n’a-t-elle pas cédé la place à une exigence beaucoup plus utilitaire ?

DB – Les élus locaux sont « à portée d’engueulade », comme le dit Gérard Larcher. Il y a aujourd’hui une très forte attente en matière d’efficacité, d’immédiateté. Tout problème de voirie doit être réglé dans l’heure, alors que le temps de l’action publique est de plus en plus long. C’est vrai pour tous les projets, d’envergure nationale ou locale.

Heureusement, la proximité permet de se rendre compte par soi-même : lorsque j’étais maire d’une commune de 5.000 habitants, je ne me promenais jamais sans mon carnet pour y noter le trottoir défoncé ou le lampadaire en panne. J’organisais régulièrement des comités de quartier. J’associais les familles à la vie de la commune au travers de conseils municipaux pour enfants…

Un élu doit tenir des réunions physiques de compte-rendu de mandat, même pour 20 personnes. Il doit apprendre son métier, écouter, communiquer. Il doit utiliser les réseaux sociaux, bien sûr, mais aussi faire du porte-à-porte, car on n’a jamais rien inventé de mieux !

_ Mais les citoyens n’ont-ils pas des exigences nouvelles en matière de participation ?

DB – Aujourd’hui, toute politique qui n’est pas précédée par une consultation échoue. L’expérience prouve que les élus travaillant en solitaire sont sanctionnés. La verticalité du pouvoir nuit à la qualité du mandat. Il faut retenir les bonnes idées et les bonnes pratiques. Il faut utiliser les réseaux sociaux comme des signaux d’alerte, même s’il faut se méfier de l’anonymat qui y sévit. S’ils avaient existé pendant la dernière guerre, les deux-tiers des Français auraient été dénoncés à la Gestapo ou à la Milice…

Aujourd’hui, toute politique non précédée par une consultation échoue.

_ Ne faut-il pas aller plus loin, avec budgets participatifs et coconstruction de projets ?

DB – Je me méfie beaucoup de l’adjectif participatif qui dissimule parfois un pouvoir autoritaire et solitaire, comme j’ai pu le voir dans ma région Poitou-Charentes. Je me méfie aussi du terme de co-construction. Lorsque vous élisez un responsable, c’est justement pour qu’il effectue une tâche à votre place. Lui intimer ensuite ce qu’il doit faire n’est pas forcément bon pour la démocratie.

Co-construction ? Quand vous élisez un responsable, c’est justement pour qu’il effectue une tâche à votre place.

_ Comment un élu local s’adressait-il hier à ses concitoyens ? Comment doit-il leur parler aujourd’hui ?

DB – L’homme politique n’a plus l’aura d’autrefois. Pour certains, une dizaine de grandes personnalités, c’est compensé par la notoriété, le côté « vu à la télé » ! Pour les autres, la notabilité a disparu. Cela veut dire que l’élu ne peut plus imposer. Il doit convaincre. Cela demande beaucoup plus d’effort, beaucoup plus de temps, beaucoup plus d’humilité. Rien n’est jamais acquis. Le silence dans une salle ne s’obtient plus par votre titre ou votre fonction, mais par votre capacité à l’imposer. Il n’y a plus l’automatisme du respect ou de croyance dans la parole donnée.

La notabilité a disparu. Il n’y a plus l’automatisme du respect ou de croyance dans la parole donnée.

_ Les départements sont coincés entre les intercommunalités, les grandes métropoles et les régions. Leur communication en a-t-elle pris la mesure ?

DB – Dans les grandes villes, c’est vrai, le département est moins perçu. À Lyon ou Bordeaux, on s’adresse à son maire ou à la métropole, qui est entrée dans le quotidien des gens en gérant les transports publics. Mais sur l’ensemble du territoire, la population reste plus attachée à son département qu’à sa région. Elle a compris que c’est le département qui facilite la vie de tous les jours, qui gère l’action sociale, le très haut débit, le réseau routier, la vie culturelle et sportive…

Les départements ont retrouvé une légitimité grâce aux grandes régions qui ont perdu le lien de proximité. Mais ils ont toujours besoin de rappeler ce qu’ils font.

_ Les départements, dont la suppression a été envisagée, n’ont donc plus besoin de justifier leur existence ?

DB – Non, ça c’est fini. Le département a retrouvé une légitimité moderne, grâce aux grandes régions qui, elles, ont perdu le lien de proximité. Mais, même s’ils ont fait des progrès formidables en matière de communication, ils ont toujours besoin d’expliquer pourquoi ils perçoivent des impôts et des droits de mutation et rappeler ce qu’ils font. Notre communication doit rester offensive !

Propos recueillis par Pierre-Angel Gay

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