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Nathalie Mons

L’éducation à la citoyenneté à l’école

Nathalie Mons Professeure de sociologie à l'université Cergy-Pontoise, présidente du CNESCO

Publié le 10 Nov 2016

Il souffle comme un vent nouveau sur l’apprentissage de la citoyenneté à l’école, alors que notre pays connaît une succession d’attentats, jetant le trouble sur ses capacités de cohésion nationale et l’adhésion de tous aux valeurs de notre société, enseignées historiquement dans les classes.

C’est ce que montrent les travaux que le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) a publié à l’occasion du Comité interministériel Égalité et Citoyenneté du 13 avril 2016 afin d’éclairer l’état des réflexions, des avancées et des difficultés encore à surmonter.

Une vision plus riche de la citoyenneté tend à s’imposer, ancrée résolument dans un terrain social.

Tout d’abord, un sondage BVA1 réalisé pour le Cnesco et la Casden révèle un renouvellement dans la perception par les Français de la citoyenneté et de son apprentissage à l’école. Une vision plus riche de la citoyenneté tend, tout d’abord, à s’imposer. En effet, si plus de 80 % des Français répondent qu’ils sont « tout à fait d’accord » ou « plutôt d’accord » avec le fait qu’« être citoyen » c’est bien « respecter la loi » ou « participer à la vie politique » – des dimensions classiques de la citoyenneté –, les thématiques comme « défendre le droit à l’éducation pour tous », « lutter contre les discriminations » ou encore « être solidaire avec les plus démunis » sont aussi plébiscitées à plus de 75 % et ancrent résolument la citoyenneté dans un terrain social.

Vision plurielle

Pour appuyer cette vision renouvelée et plurielle de la citoyenneté, les Français, longtemps convaincus que l’esprit civique, les valeurs et la morale se transmettent principalement dans le cadre familial, font aujourd’hui confiance à l’école à plus de 70 % pour participer à la construction des futurs citoyens, aux côtés de l’instance parentale. Ce jugement apparaît différencié selon l’âge des sondés. Plus les répondants sont jeunes, plus ils soutiennent l’idée de la responsabilité de l’école dans l’éducation à la citoyenneté. Ces deux instances de socialisation civique devancent très largement les associations, les collectivités territoriales, les médias ou encore les pairs.

Pour l’éducation à la citoyenneté, les Français font d’abord confiance à la famille et à l’école, plus qu’aux associations, collectivités territoriales, médias ou pairs.

Si l’école est désormais en première ligne avec la famille pour construire le citoyen de demain, l’éducation à la citoyenneté doit changer selon les Français. Les thématiques classiques de l’enseignement civique à la française (Les institutions politiques, juridiques en France, La création et le fonctionnement de l’Europe…) ne sont pas les plus plébiscitées. Les Français mettent davantage l’accent sur l’apprentissage des valeurs que sur celui des institutions politiques et juridiques. Plus de 80 % adhèrent à l’introduction, dans l’éducation à la citoyenneté, des thématiques comme « les droits de l’homme et de l’enfant », « l’égalité hommes/femmes » ou encore « la lutte contre les discriminations ».

Pour l’enseignement civique, les Français mettent l’accent sur l’apprentissage des valeurs plus que sur celui des institutions politiques et juridiques.

Pédagogies actives

L’école doit aussi, aux yeux des Français, se renouveler dans ses méthodes pédagogiques. Aux côtés du cours traditionnel d’éducation civique, des pédagogies plus actives, qui ouvrent les classes sur le monde extérieur sont plébiscitées. Près de 90 % des Français soutiennent l’introduction en classe de débats civiques, la réalisation de projets solidaires ou environnementaux, l’écoute de grands témoins extérieurs à l’école ou encore la participation des jeunes à la vie de l’établissement. Au total, c’est un nouveau visage de l’éducation à la citoyenneté que dessinent les Français.

Près de 90 % des Français soutiennent l’introduction en classe de débats civiques, la réalisation de projets solidaires ou environnementaux.

Ces demandes sont les bienvenues car les recherches internationales montrent clairement que, si le cours traditionnel d’éducation civique améliore les connaissances civiques et politiques des jeunes, il n’est pas en lien automatiquement avec des attitudes et des engagements civiques plus développés (comme l’intérêt pour la politique, le sentiment d’efficacité politique, l’engagement civique effectif ou escompté…). Il y a même un paradoxe : les études montrent que l’élévation des connaissances civiques et politiques n’est pas liée à des attitudes et des engagements civiques plus positifs. Il ne suffit pas d’être un citoyen éclairé pour voter ou s’engager dans une vie associative et civique riche à l’âge adulte. C’est davantage l’engagement, à l’école, des élèves dans des projets citoyens – solidaires, environnementaux… – qui est en lien avec des engagements futurs dans la vie citoyenne adulte.

Pour comprendre la valeur « fraternité » une classe peut développer un projet citoyen dans un objectif de solidarité dans son quartier.

De façon générale, ce sont les méthodes pédagogiques qui rendent l’élève actif qui permettent aux jeunes de s’approprier nos valeurs plutôt que des enseignements hors-sol magistraux : par exemple, pour comprendre la valeur « fraternité » – qui peut rester tout à fait théorique pour les jeunes s’ils se contentent de la lire sur les frontons des édifices publics et dans les manuels scolaires – une classe peut développer un projet citoyen dans un objectif de solidarité dans son quartier, projet encadré par ses professeurs et soutenu par la municipalité. Plus globalement, c’est aussi un climat pédagogique ouvert (bonnes relations enseignants/élèves, prise en compte du point de vue de l’élève, liberté d’expression des jeunes…) qui a des effets positifs sur les connaissances et les attitudes civiques des élèves. Il tend à développer leur implication dans des discussions politiques hors de l’école et leur suivi des campagnes politiques par exemple.

Expliquer les réalités

Les recherches montrent aussi que l’éducation à la citoyenneté bénéficie particulièrement aux élèves  issus des milieux défavorisés socialement (sur des dimensions comme les connaissances ou l’intérêt pour la politique, la valorisation de la participation citoyenne…). L’école peut donc réduire les inégalités de connaissances et d’engagement civiques et politiques des jeunes. Mais gare aux retours de bâton d’une école de la propagande qui n’explique pas aux jeunes les réalités sociales et politiques qu’ils vivent au quotidien. Certaines recherches menées aux États-Unis mettent en évidence les effets pervers de certains dispositifs d’éducation à la citoyenneté : il apparaît que des cours traditionnels d’éducation civique ne présentant qu’une vision idéalisée des institutions politiques et non la réalité des systèmes politiques et sociaux (inégalités sociales, discrimination de genre…) peuvent au contraire éloigner les élèves les plus défavorisés des affaires de la Cité (dépolitisation, moindre valorisation de la participation citoyenne) car ils ne font pas le lien entre des enseignements scolaires hors-sol et leur réalité quotidienne.

Gare aux enseignements scolaires hors-sol qui n’expliquent pas aux jeunes les réalités sociales et politiques qu’ils vivent au quotidien. Ils peuvent éloigner les élèves les plus défavorisés des affaires de la Cité.

Au total, vision large et plurielle de la citoyenneté, démarche pédagogique active, respect et soutien de la liberté d’expression des jeunes, liens entre l’école et son environnement social : ce nouveau visage de l’éducation à la citoyenneté, porté par les Français et appuyé dans sa pertinence par les conclusions de la recherche internationale, se retrouve bien dans l’enseignement moral et civique introduit dès la rentrée 2015 et le parcours citoyen à la rentrée 2016. Comme le montrent aussi les recherches, les jeunes sont soucieux de s’engager dans ces formats d’enseignements plus interactifs qui leur donnent de nouveaux espaces de réflexion et d’expression. À l’institution Éducation nationale d’être à la hauteur de ces attentes et de s’engager aussi de façon très volontariste, notamment par la formation continue des enseignants, des conseillers principaux d’éducation et des chefs d’établissement pour que les pratiques pédagogiques puissent se renouveler non plus exclusivement sur le papier mais dans les classes…

Paradoxe : l’élévation des connaissances civiques et politiques n’est pas liée à des attitudes et des engagements civiques plus positifs.

* Le titre de cet article reprend l’intitulé du rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) publié à l’occasion du Comité interministériel Égalité et Citoyenneté du 13 avril 2016.

1 Entre les 15 et 17 octobre 2015, 1 386 personnes ont répondu à un questionnaire par internet. Elles font partie d’un échantillon mère recruté par téléphone afin de constituer un panel représentatif selon la méthode des quotas appliquée aux variables sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé, après stratification par régions et catégories d’agglomérations, et re-pondéré pour tenir compte de la non-réponse. L’enquête concerne ainsi la population française âgée de 18 ans et plus.

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire est une instance indépendante créée par la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République, du 8 juillet 2013. Il est composé de scientifiques issus de champs disciplinaires variés, de parlementaires, provenant de la majorité comme de l’opposition, ainsi que de membres du Conseil économique, social et environnemental, nommés pour 6 ans.
Le Cnesco mène une évaluation scientifique et indépendante du système scolaire afin d’éclairer les divers acteurs de l’école et le grand public. Il met à disposition son expertise sur les méthodologies d’évaluation. Enfin, il promeut une culture d’évaluation en direction des professionnels de l’éducation et du grand public.

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