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L’écriture inclusive : pensum ou progrès ?

Chloé Sebagh Cheffe de projet écriture inclusive

Publié le 04 Déc 2017

L’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égale représentation des femmes et des hommes dans nos manières d’écrire1. Entre espoirs et rejets, sarcasmes et soutiens, le sujet fait beaucoup fait parler : entre le 7 et le 9 octobre 2017, il a suscité pas moins de 2000 tweets.

Un constat sous-tend l’écriture inclusive : dans un contexte où d’importantes inégalités subsistent entre les femmes et les hommes2, l’écriture inclusive invite à agir sur ce par quoi les mentalités se structurent, le langage, pour redonner de la place au féminin dans notre langue et faire progresser l’égalité au sein de notre société.

Oui, « redonner ». Difficile de s’opposer à l’écriture inclusive lorsque l’on s’intéresse à l’histoire de la langue française : comme l’a démontré Éliane Viennot3, la règle selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin a été imposée à partir du XVIIe siècle par des grammairiens au motif que « le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Nicolas de Beauzée, 1767). Auparavant, la règle de proximité – accord de l’adjectif avec le nom ou le groupe nominal le plus proche – était courante. Selon une logique similaire, les noms de métiers qui existaient massivement au féminin depuis le Moyen-Âge ont été écartés du lexique après de longues querelles.

Questionner nos représentations, agir sur ce par quoi les mentalités se structurent, le langage, pour faire progresser l’égalité.

Le procès en novlangue fait à l’écriture inclusive pourrait donc faire sourire si cette relégation du féminin n’avait pas des conséquences bien réelles. Des études, dont celles de Pascal Gygax4 ou de Markus Brauer, ont démontré en effet que l’utilisation du masculin générique active davantage de représentations masculines que féminines. Ainsi, lorsqu’on demande à un groupe de citer les noms des « candidats de droite susceptibles d’être nommés Premier ministre », 85 % des noms cités sont des hommes alors même que ce pourcentage tombe à 60 % lorsqu’est utilisée une formulation inclusive telle que « candidates et candidats »5.

La règle selon laquelle le masculin l’emporte sur le féminin a été imposée par des grammairiens à partir du XVIIe siècle. Auparavant, l’accord de l’adjectif avec le nom le plus proche était courant.

Concrètement, comment l’écriture inclusive propose-t-elle de faire progresser l’égalité ? La pratique est régie par trois conventions. Premièrement, accorder en genre les noms de fonctions, grades, métiers et titres. Malgré l’ancienneté des réflexions et des recommandations sur ce sujet, cette pratique est loin d’être systématique, principalement concernant les fonctions les plus prestigieuses : le terme infirmier semble évident, le terme chirurgienne pose toujours problème.

Seconde convention : user du féminin et du masculin. Le point milieu qui cristallise les débats – collaborateur·rice·s – n’est pas la seule manière de redonner un droit de cité discursif égal au féminin et au masculin. L’énumération par ordre alphabétique – tous et toutes, chacun et chacune –, l’usage de mots dits épicènes, ces termes qui s’emploient aussi bien au féminin qu’au masculin – journaliste – permettent aussi un emploi de l’écriture inclusive tout en préservant l’ergonomie éditoriale.

La troisième convention propose de cesser d’employer les antonomases du nom commun « Femme » et « Homme ». On préférera ainsi l’expression « droits humains » ou « droits de la personne humaine » à « droits de l’Homme ». Pour autant, il ne s’agit pas d’émailler la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de points milieu. L’écriture inclusive n’a pas vocation à modifier les textes à valeur patrimoniale. Elle incite plutôt à privilégier, autant que possible des expressions alternatives et plus inclusives.

L’écriture inclusive est donc moins difficile à employer qu’il n’y paraît. Aux communicantes et aux communicants elle permet de produire des contenus en accord avec l’exemplarité attendue de la communication publique. En manipulant constamment des stéréotypes – positifs ou négatifs – les communicant·e·s qui s’expriment pour le compte d’institutions publiques ont un impact certain sur les représentations. Comme l’indique le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), « L’État et les collectivités territoriales se doivent d’être exemplaires, notamment via l’utilisation de l’argent public destiné à la communication ».

Collaborateur·rice·s, le point milieu qui cristallise les débats n’est pas la seule manière de redonner un droit de cité discursif égal au féminin et au masculin.

D’autre part, en assurant une égale représentation des deux sexes, l’écriture inclusive permet d’interpeller l’ensemble du lectorat visé – femmes et hommes – en communication externe et interne. Elle représente également un puissant levier de féminisation des publics, en particulier dans les secteurs où les femmes sont moins représentées que les hommes.

Plusieurs structures l’ont compris. Département du Finistère, Villes de Paris et Lyon, CNAM, CNRS ou Sciences Po intègrent progressivement l’écriture inclusive à leur stratégie de communication. Au regard du nombre de signataires de la Convention d’engagement pour une communication publique sans stéréotype de sexe du HCEfh, la liste devrait rapidement s’allonger.

Il ne s’agit pas de modifier les textes à valeur patrimoniale. Mais de privilégier autant que possible des expressions alternatives plus inclusives.

Si l’écriture inclusive peut de prime abord passer pour un pensum, elle se profile, lorsqu’elle est bien comprise, comme un formidable outil dont tous et toutes, en particulier les communicant·e·s, peuvent se saisir, de manière individuelle comme collective. Ne serait-ce que par sa capacité à mettre en lumière les inégalités et à questionner nos représentations, elle constitue un véritable progrès dans l’action en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

 

_____________________

1 Mots-Clés, Manuel d’écriture inclusive, 2016
2 Insee, Femmes et hommes, l’égalité en question, édition 2017
3 E. Viennot, Non le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, éditions ixes, 2014.
4 P. Gygax et al. (2008) « Generically intended, but specically interpreted : When beauticians, musicians, and mechanics are all me », Language and Cognitive Processes, 23:3, 464 – 485
5 M. Brauer, « Un ministre peut-il tomber enceinte ? L’impact du générique masculin sur les représentations mentales », L’année psychologique. 2008 vol. 108, n°2. p. 243-272.

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