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Le maire : un pouvoir empêché ?

André Laignel Marie d'Issoudun, premier vice-président de l'Association des maires de France

Publié le 13 Mar 2018

La relation des Français à leurs maires semble caractérisée par un de ces paradoxes dont notre pays s’est fait une spécialité. D’un côté, on se plaint volontiers du trop grand nombre de communes qui composent le territoire. Dans le même temps, les maires n’ont jamais été aussi utiles et aussi sollicités par leurs concitoyens.

On le répète à l’envie : 35 500 communes, vraiment c’est trop, plus personne en Europe ne s’offre le luxe d’un tel émiettement… Et puis, les maires, à leur tête, n’incarneraient-ils pas une institution d’un autre âge ? Une vieillerie qui s’accrocherait tant bien que mal au fil de l’Histoire, défiant tout bon sens ?

Les communes sont tout à la fois le socle des services du quotidien, le premier lieu d’exercice de la citoyenneté et les principaux investisseurs publics.

Pourtant, alors que le la défiance semble frapper toute la classe politique, le taux de participation aux élections municipales comme toutes les enquêtes d’opinion confirment la place toute singulière qu’occupent les maires aussi bien dans nos institutions que dans notre inconscient collectif. Avec le Président de la République, ils sont sans aucun doute les élus les plus connus de notre pays. Cet attachement, loin de recouvrer une dimension mystique, prend racine dans plusieurs facteurs bien identifiables qu’on peut rappeler ici.

Les maires incarnent le visage humain d’un État de plus en plus perçu comme une gigantesque machine administrative.

La personne du maire est avant tout l’incarnation de la commune, c’est-à-dire de l’institution la plus à même de répondre concrètement aux besoins variés des citoyens. À la faveur de leur clause de compétence générale associée à leurs capacités d’innovation, les communes sont l’interface polyvalente pour répondre aux multiples attentes de la population. Ce sont elles qui inventent des solutions les mieux adaptées aux spécificités de chaque territoire. Pour le dire autrement, les communes organisent un véritable service public local universel. À leur tête, les maires sont ainsi les pilotes et les maitres d’oeuvre de ces politiques qui assurent le quotidien et préparent l’avenir de nos concitoyens. C’est sous leur impulsion, et bien avant que le mot ne devienne à la mode, que se met en mouvement la transition énergétique. C’est sous leur impulsion que se construit la ville de demain, moderne et connectée. C’est sous leur impulsion que se développe l’offre de soins du futur, entre télémédecine de pointe et présence de praticiens.

Piliers de la République décentralisée, les communes sont tout à la fois le socle des services du quotidien (écoles, voirie, logement, etc.), le premier lieu d’exercice de la citoyenneté et les principaux investisseurs publics. De cette position privilégiée, elles irriguent tous les aspects de la vie de nos concitoyens. De fait, elles sont les pionnières et les gardiennes de la décentralisation, qui a permis de multiplier et de rapprocher les lieux de décisions, et donc de faire progresser la démocratie.

Débordant le cadre communal, le maire demeure par ailleurs le premier repère dans un environnement politique et administratif qui évolue sans cesse. La complexification de l’action publique s’est traduite par la multiplication de ses acteurs, par une frontière plus floue entre institutions publiques et opérateurs privés mais aussi par le dépassement du cadre national des prises de décisions impactant notre vie quotidienne. À cela, il faut ajouter l’accélération du temps politique qui n’a pu que renforcer le sentiment chez les citoyens d’une action publique et politique subie, sinon lointaine.

La taille de la commune n’affecte en rien la nature profonde du lien particulier qui unit le maire à sa population.

Au cœur ce monde en plein bouleversement, les maires incarnent alors le visage humain d’un État qui est de plus en plus perçu comme une gigantesque machine administrative. Ils se dressent comme autant de pôles de stabilité. Avec leurs équipes, ils participent pleinement à la cohésion du corps social en maintenant le lien entre les territoires et le territoire de la République. Ils sont le ciment républicain qui fait vivre l’unité dans la diversité des territoires. Les citoyens ne s’y trompent d’ailleurs pas : le maire est précisément une des figures républicaines les mieux identifiées et reconnues. Lorsqu’on interroge les Français sur leur degré de confiance dans les différentes institutions, seuls les maires échappent, et de loin, au phénomène d’essoufflement démocratique qui caractérise notre époque.

Le rythme s’accélère des décisions qui réduisent la capacité d’action des communes. Avec un vrai risque d’affaiblissement de la vitalité démocratique de nos territoires.

Il est d’ailleurs tout à fait intéressant de relever ici que ce lien particulier qui unit le maire à sa population est commun à tous les édiles de France. Chaque fois que je rencontre un maire, je suis frappé de mesurer à quel point la taille de la commune n’affecte en rien la nature profonde de l’attachement réciproque qui le lie à ses administrés. C’est d’autant plus remarquable que ce n’est vrai, je crois, pour aucun autre mandat.

Pour autant, on ne peut ignorer les évolutions politiques et institutionnelles qui affectent actuellement les communes, et donc les relations entre maire et citoyens.

Les communes sont visées pour ce qu’elles sont : des espaces de libertés, des contrepouvoirs aux visions de l’État central. C’est la revanche d’une technostructure jacobine.

La réduction des moyens dont bénéficient nos communes tend à réduire d’autant les libertés locales acquises par le passé et qui fondent la force de leur action telle qu’exposée ici. Ce rétrécissement du champ des libertés locales est bien entendu la conséquence de la disparition successive de ressources financières, telle la baisse continue des dotations ou la suppression de la taxe d’habitation, pour ne prendre que les exemples les plus récents. C’est également le fruit de mesures moins directes mais tout aussi lourdes, comme la réduction du nombre de fonctionnaires ou encore la baisse brutale des contrats aidés. Dans le même esprit, et du fait d’une vision purement technocratique, l’élargissement forcé des périmètres intercommunaux et les transferts de compétences imposés contribuent à l’affaiblissement des communes, et donc des maires. Il en va enfin de même de la perspective parfois évoquée d’une élection au suffrage universel des élus communautaires, qui serait un nouveau contresens aboutissant à plus de complexité et moins de proximité.

Au surplus, la communication orchestrée autour de cette dynamique délétère tend de toute évidence à faire douter les citoyens quant aux capacités d’action de leurs élus locaux. Elle nuit ainsi à leur légitimité. Il faut redire que 550 000 élus locaux qui se consacrent à la chose publique et à leurs concitoyens – le plus souvent bénévolement – sont une chance pour notre pays.

Beaucoup a été dit par ailleurs et il n’y a pas lieu ici d’énumérer l’ensemble des décisions qui réduisent depuis plusieurs années la capacité d’action de nos communes. Au moins peut-on constater que le rythme s’accélère depuis mai dernier. Or la capacité de résilience des collectivités n’est pas infinie : il existe un vrai risque d’affaiblissement de la vitalité démocratique de nos territoires et les maires sont les premiers touchés.

Prenons la mesure véritable de cette menace. Les collectivités ne sont pas uniquement des victimes collatérales d’une politique, celle du gouvernement actuel. Elles sont visées directement, prises pour cible pour ce qu’elles sont : des espaces de libertés qui peuvent constituer autant de contre-pouvoirs aux visions de l’État central. Il s’agit quelque part de la revanche d’une technostructure jacobine qui n’a jamais complètement admis l’idée même de décentralisation et qui profite aujourd’hui d’une conjonction de facteurs qui lui sont particulièrement favorables.

Face aux remises en cause et aux attaques répétées, l’urgence est à l’affirmation forte du rôle irremplaçable des maires pour faire vivre la démocratie et affronter collectivement les défis de demain. Si les communes sont bien les portes d’entrée dans la République, le maire est celui qui s’attache à les maintenir ouverte.

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