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La République peut avoir de l’humour

Virginie Christnacht Directrice du service d'information du gouvernement, SIG

Publié le 10 Juil 2017

« Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont là les trois marches du perron suprême. La liberté, c’est le droit, l’égalité, c’est le fait, la fraternité, c’est le devoir. Tout l’homme est là. »

Tout le monde ne sait pas ce qu’est la démocratie. Cela passe par un travail d’éducation civique et de parole publique.

Cent cinquante ans après les mots de Victor Hugo1, l’évocation de la devise républicaine suscite souvent moins de lyrisme. Les mots du triptyque républicain semblent parfois abstraits, on les oublie dans le confort, on en doute dans le besoin. Depuis plusieurs décennies, leur décalage avec la réalité a lentement érodé la confiance dans la promesse républicaine. Comme si ces valeurs avaient désormais pour beaucoup la couleur des fakes news…

Il y a pourtant péril. Face aux populismes et au terrorisme, les démocraties sont entrées – partout dans le monde – dans une zone de turbulences. Elles doivent réaffirmer, encore et toujours, la puissance de leurs fondements. « Cela passe par un travail d’éducation civique et de parole publique. Tout le monde ne sait pas ce qu’est la démocratie », rappelle Alain Chouraqui, directeur de recherche émérite au CNRS2.

Redonner des repères

Redonner des repères et rappeler l’essentiel : c’est le défi que le Service d’information du Gouvernement a voulu relever après l’attentat barbare de Nice, perpétré un 14 juillet. Par la campagne Valeurs, le SIG a réagi en soulignant la force de la devise républicaine : elle n’est pas une vaine profession de foi mais l’idéal vivant de notre pays, le socle et le garant de notre vie quotidienne commune.

Les équipes du SIG ont travaillé avec leurs prestataires habituels pour définir les principes et le format du projet. Elles ont associé à leurs réflexions des autorités reconnues sur le sujet. Au sein d’un comité de rédaction ad hoc, Didier Leschi, Patrick Kessel et Georges-Marc Benamou ont participé étroitement à l’élaboration de nos messages.

La campagne Valeurs a été diffusée du 25 février au 15 mars 2017 sur Internet et sur toutes les chaînes de la TNT et du canal hertzien. Téléspectateurs et internautes ont ainsi découvert, aux heures de grande écoute ou sur les principaux réseaux sociaux, 3 dessins animés de 30 secondes consacrés respectivement à la liberté, l’égalité et la fraternité. Réalisés par ZEP, le créateur de Titeuf, chacun d’eux met en scène des enfants confrontés, dans leur vie de tous les jours, à la signification de notre devise. En marge du dispositif principal, des supports numériques mis en ligne dans un espace web dédié (http://www.gouvernement.fr/liberte-egalite-fraternite) permettent de revoir les vidéos, d’accéder à des informations complémentaires, de répondre à un quiz.

Il est très rare que la parole de l’État vise de manière directe un public aussi jeune. Il a fallu du temps pour trouver un support adapté et éviter les postures angéliques ou moralisatrices.

Adolescents et parents

Ces spots ont été conçus pour toucher les jeunes adolescents (11-14 ans) et leurs parents (35-59 ans) afin de générer un débat au sein des familles. Le call to action « Faisons vivre nos valeurs ! » vise à provoquer une double prise de conscience : rappeler que ces valeurs sont des principes actifs au cœur de notre quotidien ; appeler chacun à les défendre pour renforcer notre vouloir-vivre-ensemble.

Des spots conçus pour toucher les jeunes adolescents et leurs parents afin de générer un débat au sein des familles.

Alors que les jeunes générations doutent souvent de l’univers des adultes, cette campagne a voulu accompagner les efforts faits – notamment par l’Éducation nationale – pour affermir leur esprit civique. L’objectif donne la mesure de la difficulté de la tâche : il est très rare que la parole de l’État vise, à titre principal et de manière directe, un public aussi jeune. Si le Gouvernement sait comment s’adresser aux jeunes pour les inviter à s’inscrire sur les listes électorales ou protéger leurs rapports sexuels, il a moins l’habitude d’interpeller les enfants et les adolescents sur des principes philosophiques hérités des Lumières…

La question du ton

Dès lors, la question du ton des messages a d’emblée été centrale. Du danger d’infantiliser au risque de morigéner, les pièges étaient nombreux. Il a fallu du temps pour trouver un support adapté à notre cible et éviter les postures angéliques ou moralisatrices. Après d’intenses échanges au sein du comité de rédaction, le choix a été fait – grâce à l’accord de ZEP – du style humoristique et des codes visuels de la bande dessinée. Auteur d’ouvrages tirés à des millions d’exemplaires et citoyen engagé dans les débats de son temps, ZEP a accepté avec enthousiasme de mettre son univers graphique au service de notre projet.

Sur Internet et sur toutes les chaînes, 3 dessins animés de 30 secondes réalisés par ZEP, le créateur de Titeuf.

Nous voulions, bien sûr, frapper la curiosité des jeunes lecteurs de Titeuf. Dans ces BD familières, ils ont pris l’habitude de s’intéresser au monde des adultes à travers le regard de l’enfance. Mais il nous a semblé que ce choix pouvait également intéresser leurs parents. Car l’humour autorise différents niveaux de lecture : s’il capte l’attention des plus jeunes pour livrer un message pédagogique, il retient celle des plus âgés par les nuances du second degré. Pour désigner la bien-pensance, Nietzsche avait inventé un mot : moraline. Avec l’humour, la morale perd son goût de moraline au plus grand bénéfice de ses oeuvres.

Les codes graphiques de la bande dessinée ont permis de désamorcer le problème des stéréotypes : par nature, l’univers de la BD repose sur la simplification du trait et l’abstraction des personnages. Dans ce cadre, il est possible de pointer et grossir certaines réalités sans heurter les susceptibilités ni encourir le procès en clichés.

L’univers de la BD repose sur la simplification du trait et l’abstraction des personnages : on peut grossir certaines réalités sans heurter les susceptibilités ni encourir le procès en clichés.

Au terme de la campagne, le SIG a réalisé un post-test pour mesurer ses effets sur l’opinion. Les taux de notoriété et d’agrément sont, dans leur ensemble, très satisfaisants, notamment auprès du principal public visé. Une majorité des 11-14 ans disent avoir vu au moins un film et 93 % d’entre eux les ont appréciés. Quant au ton des spots, il est jugé positivement par 79 % des sondés. Ces résultats encourageants ne sont qu’une petite étape dans la longue marche pour nos valeurs. Leur hiatus même avec la réalité est une invitation perpétuelle au mouvement. La liberté, l’égalité et la fraternité ne seront jamais des acquis. Elles restent des combats. Même avec les armes de l’humour.

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1. Victor Hugo, 1875, Le Droit et la Loi.
2. Le Monde, 13 avril 2017.

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