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Yannick Blanc

LA RÉPUBLIQUE DES ASSOCIATIONS

Yannick Blanc Président de la Fonda, think tank du monde associatif, haut-commissaire à l’engagement civique

Publié le 23 Juin 2016
Couverture Parole publique n°12

Avec les attentats qui ont ébranlé la France en 2015, les forces antagonistes de la fragmentation et de l’empathie, identifiées par la Fonda dans son exercice de prospective Faire Ensemble 2020, se sont manifestées avec une intensité que nul n’aurait osé imaginer. Le pays s’est trouvé simultanément confronté à ses fractures, à ses cloisonnements, à ses exclusions et porté par un élan inouï de fraternité, de résistance et de volonté d’agir.

 

Chacun de nous s’est alors efforcé de donner un sens aux émotions qui l’avaient saisi : comment faire face, sans renoncer à nos principes, à une menace qui n’est pas près de s’éteindre ? Comment faire vivre les valeurs de la République pour qu’elles ne restent pas des lettres mortes aux frontons des édifices publics ni des fleurs de rhétorique dans la langue des officiels ?

Dans les guerres d’autrefois, c’est la jeunesse qu’on envoyait au front. Aujourd’hui, c’est elle l’enjeu, le but de guerre.

Le chef de l’État et le Gouvernement ont pris la mesure du rôle que pouvaient jouer les associations pour répondre à ces questions, notamment comme opérateurs du service civique et de la réserve citoyenne. Voici l’éducation popu­laire, les fédérations sportives, les centres sociaux, les créateurs de culture et bien d’autres, chargés de mener la bataille de l’avant pour la citoyenneté. La question qui les taraude aujourd’hui est de savoir s’ils sont armés pour mener­ cette offensive pacifique.

Vision prospective

Le travail mené depuis cinq ans par la Fonda ne nous laisse pas sans voix devant les soubresauts de la société. La vision prospective que nous construisons au service des associations, l’éclairage que nous portons sur leur modèle économique, sur leur gouvernance, sur les mutations de l’engagement et du bénévolat sont autant de ressources mises à leur disposition pour nourrir leur réflexion stratégique. Nombre d’entre elles s’en sont déjà saisies pour mener leur propre démarche prospective. D’autres se demandent si la prospective n’est pas un luxe quand on est dans l’urgence. Mais comment faire autrement pour être à la hauteur des enjeux ? Les valeurs de la République qu’il s’agit de faire vivre ne s’incarneront pas dans les mythes ou les figures du passé, elles n’auront au contraire de force que si elles permettent de discerner, parmi les futurs possibles en germe dans les tendances prospectives, le futur souhaitable et la place de chacun dans une société déjà emportée dans la grande transition.

Dans les guerres d’autrefois, c’est la jeunesse que l’on mettait en rangs pour l’envoyer au front. Aujourd’hui, c’est elle l’enjeu, le but de guerre. Mais il nous faut trouver un chemin plus rapide vers une action collective plus intense. Au fil des années, les politiques pour la jeunesse se sont multipliées dans l’éducation, le sport, la culture, la formation professionnelle, l’emploi… Mais pour les jeunes eux-mêmes, elles forment un labyrinthe obscur de dispositifs, de guichets et de jargons. Pour remédier au sentiment d’impuissance collective qui nous saisit devant la montée du décrochage scolaire, de l’échec à l’université, du chômage, de l’économie parallèle et de la radicalisation, il faut transformer cette accumulation de moyens et de compétences en capacité d’agir, pour les jeunes et pour ceux qui les accompagnent. Il faut que l’ensemble des professionnels, des bénévoles, des militants qui sont déjà engagés et actifs sur cette ligne de front puissent s’organiser pour livrer la bataille d’aujourd’hui et non celles d’hier.

Voici l’éducation populaire, les fédérations sportives, les centres sociaux, les créateurs de culture chargés de mener la bataille de l’avant pour la citoyenneté.

Les nombreuses politiques pour la jeunesse forment un labyrinthe obscur de dispositifs, de guichets et de jargons.

Intelligence collective

Nous pouvons faire beaucoup mieux avec les moyens que nous avons déjà à condition d’en faire des ressources pour l’intelligence collective. Nous pouvons créer, partout où il y aura des volontaires pour le faire, des communautés d’action. Une communauté d’action est un groupe de diri­geants et de responsables issus des trois secteurs (entreprise, secteur public, ESS) qui mettent en commun leurs ressources et leur capacité d’agir pour mener à bien une stratégie d’intérêt général sur un territoire donné. Ils défi­nissent un ensemble limité d’objectifs, mesurables par des indicateurs compréhensibles par tous (par exemple : réduction du nombre de décrocheurs, augmentation du nombre d’entrées en formation qualifiante, nombre de retours­ à l’emploi de jeunes chômeurs) et ils se donnent une feuille de route permettant à chacun, dans son domaine d’activité et avec ses ressources propres, de contribuer à atteindre l’objectif. La communauté d’action se définit exclu­si­vement par l’action qu’elle mène et non par l’appar­te­nance, le statut juridique ou social de ses membres ni par le type de structure sur lequel elle s’appuie.

Il faut que professionnels, bénévoles et militants puissent s’organiser pour livrer la bataille d’aujourd’hui et non celles d’hier.

Outre la capacité à décider et à agir ensemble dans la durée­, l’existence d’une communauté d’action suppose de réunir deux conditions indispensables : en premier lieu la reconnaissance de la communauté par les organisations auxquelles appartiennent ses membres. Ceux-ci doivent être habilités à agir et à considérer les performances de la communauté comme contribution à la performance de chacune des organisations. Cela implique notamment que les procédures de décision et les règles de gestion puissent être adaptées aux besoins de la stratégie locale. La deuxième condition est l’existence et le financement d’une équipe d’accompagnement professionnelle pour élaborer la stratégie, mesurer les résultats et piloter la communication.

La République n’est pas une religion : ses valeurs ne s’énoncent ni dans l’invocation, ni dans la prière mais dans les règles de l’État de droit et dans l’action collective.

La République n’est pas une religion : ses valeurs ne s’énoncent ni dans l’invocation, ni dans la prière mais dans les règles de l’État de droit et dans l’institutionnalisation de l’action collective. Faire vivre ces valeurs, c’est donner un langage du pouvoir d’agir des citoyens dans la diversité de leurs engagements. 

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