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La République au piège de l’identité

Gilles Finchelstein* Directeur général de la Fondation Jean-Jaurès

Publié le 25 Oct 2016

Pour la première fois depuis longtemps, la République n’est plus une évidence. Non seulement elle est attaquée de l’extérieur, notamment par l’islamisme radical, mais elle est de plus en plus ébranlée de l’intérieur.

Quand on voit que 30 % des Français seraient prêts à adopter un autre système que la démocratie, que 80 % d’entre eux, quand ils pensent à la politique, éprouvent de l’ennui, de la méfiance voire du dégoût, et que les deux tiers indiquent ne plus être touchés par le terme « République », on mesure l’ampleur du problème.

La fraternité, constitutive de la devise républicaine, est la face positive de la controverse sur l’identité.

Je suis frappé, depuis plusieurs années, par l’évolution du débat public. La question de l’identité, peu à peu, occupe tout l’espace et se substitue à la question de l’égalité qui a été la question centrale depuis l’après-guerre. Il y a là un piège pour notre République. Quel est-il ?

Non pas que cette question ne doive pas être posée. Je pense au contraire que le débat sur l’identité ne doit pas être éludé – la fraternité, constitutive de la devise républicaine, est d’ailleurs la face « positive » de la controverse sur l’identité. Cette question est légitime. Elle se pose partout dans le monde, y compris dans des pays économiquement prospères, comme dans le nord de l’Europe. Et il faut d’autant plus traiter la question de l’identité qu’elle est liée à l’égalité. L’égalité ne peut devenir désirable que s’il y a une identité partagée. On ne peut promouvoir la quête d’égalité si on ne montre pas ce qui rassemble une société.  C’est le sens de la notion « fraternité ». Pourquoi poursuivre cette recherche avec ceux avec lesquels on ne partagerait rien ?

L’égalité ne peut devenir désirable que s’il y a une identité partagée. On ne peut promouvoir la quête d’égalité si on ne montre pas ce qui rassemble une société. C’est le sens de la notion fraternité.

Une question mal posée

Mais la question de l’identité est mal posée. Trop souvent en effet, le mot se résume à une question – la religion – et à une religion – l’islam – alors que l’identité est quelque chose de beaucoup plus large. Je parle volontiers de « l’identité de la France » pour reprendre la formule de Fernand Braudel. De plus, cette question est posée dans un esprit de division par une partie de la droite, qui porte la responsabilité d’avoir hystérisé cet enjeu en limitant cette question à une « nostalgie », faisant référence à une France qui n’existe plus et n’a peut-être même jamais existé.

La république démocratique, c’est fondamentalement le compromis, le fait de réguler pacifiquement des intérêts divergents.

 

Le débat « républicain » tout entier centré autour de l’identité, voilà le piège. Pourquoi ? Car la république démocratique, c’est fondamentalement le compromis, c’est-à-dire le fait de réguler pacifiquement des intérêts divergents. Or, l’identité renvoie à ce que l’on est, ou à ce que les autres pensent que l’on est. Alors que l’égalité est concentrée sur ce que l’on a, ou sur ce que l’on espère avoir. Et il est beaucoup plus difficile de trouver des compromis sur ce que l’on est que sur ce que l’on a. Les questions identitaires amènent très souvent des réponses binaires en noir ou blanc.

Il est beaucoup plus difficile de trouver des compromis sur ce que l’on est que sur ce que l’on a.

 

Deuxième raison du piège, c’est que la liberté réelle du vote est affectée lorsque la question de l’identité domine. Il y a de nombreux pays dans lesquels une telle situation s’impose. Alors, c’est la région dans laquelle vous habitez, la religion que vous pratiquez ou que vous êtes censé pratiquer, la tribu, l’ethnie, la communauté à laquelle vous appartenez, qui tout entière détermine votre vote. Ce n’est plus votre vote qui constitue l’un des éléments de votre identité. Mais c’est votre identité tout entière qui détermine votre vote.

La liberté réelle du vote est affectée lorsque la question de l’identité domine.

Vision déformée de la société

Enfin, le piège vient de ce que le débat finit par provoquer une vision déformée de la société. Une grande enquête internationale réalisée par l’Institut Ipsos sur le pourcentage de musulmans présents dans les pays occidentaux a montré que la France est le pays du monde où l’écart entre la réalité et la perception est le plus important : les Français pensent qu’il y a un tiers de musulmans en France. En réalité, ils sont 8 %…

Les Français pensent qu’il y a un tiers de musulmans en France. En réalité ils sont 8 %…

Dans un contexte marqué notamment par le traumatisme lié aux attentats islamistes que notre pays a connus en 2015 et 2016, ainsi que par la crise des réfugiés où les crispations identitaires prennent le pas sur l’histoire et les valeurs européennes, il est nécessaire et essentiel de ne pas exacerber cette question identitaire. Il faudrait pour cela tenter de trouver un consensus républicain, un compromis large sur la question de l’immigration et sur la question de la laïcité. Compromis ne signifie pas « immobilisme » ou abandon de ce que l’on est. À l’aube de la prochaine campagne présidentielle, j’espère que c’est possible. Pour sortir du piège de l’identité, la gauche doit s’en saisir et la droite se ressaisir !

Il faudrait trouver un consensus républicain sur l’immigration et sur la laïcité. Compromis ne signifie pas immobilisme ou abandon de ce que l’on est.

 
*Auteur de Piège d’identité. Réflexions (inquiètes) sur la gauche, la droite et la démocratie (Fayard, 2016) ; Le monde d’après, une crise sans précédent (avec Matthieu Pigasse, Plon, 2009) ; La dictature de l’urgence (Fayard, 2011).

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