valium dosing peds buy valium valium tullen

can alcoholics take valium buy valium online valium for dental work and breastfeeding

valium trigeminal neuralgia cheap valium mixing neurontin and valium

how long after xanax to eat xanax depression s90 xanax

valium gegen r¼ckenschmerzen buy valium online valium prescribed uk

valium increase appetite buy valium online how much valium makes you high

ativan valium half life buy valium online genuine valium uk

tramadol liver enzymes buy tramadol online will i lose weight on tramadol

what is the other name for valium buy valium online taking valium on acid

can tramadol cause increased heart rate buy tramadol difference between tramadol and norco

La politique de l’eau, action et communication

Pierre-Frédéric Ténière-Buchot Président du programme solidarité eau, administrateur académie de l'eau, membre du conseil mondial de l'eau

Publié le 18 Juil 2017

L’eau permet de rencontrer les pauvres, les publics fragiles et démunis, de les écouter, avant de leur parler, et d’agir avec eux plutôt que de les plaindre en leur absence.

De quoi l’environnement est-il le nom ? En France, il en a pris beaucoup, tour à tour protection de la nature, affaires culturelles et environnement, qualité de la vie, cadre de vie, prévention des risques, écologie, développement durable. L’environnement est flou et complexe.

L’eau est relativement plus simple et proche de l’action. Alimentation en eau potable, assainissement et épuration des eaux usées, lutte contre les crues, protection des ressources hydrauliques et halieutiques, adaptation au changement climatique : l’eau fait partie des travaux publics, de l’agriculture, de l’industrie ; elle est une des bases de la santé publique et du développement.

L’eau est un objet complexe mais concret, l’environnement est un thème global mais flou.

À tous points de vue, l’eau réelle apporte plus à l’existence de la notion virtuelle d’environnement que l’inverse. Les dieux de l’environnement, s’ils existent, dieux tutélaires des fantasmes, promesses et menaces, ne sont finalement que les enfants turbulents des dieux cruels de l’eau, dispensateurs du bonheur et du bien-être des hommes mais aussi de maladies, catastrophes et désolations.

Les personnalités disparates qu’on trouve dans les comités de bassin ont peu de connaissances techniques. C’est pourquoi elles soulèvent les vrais problèmes.

Les six acteurs de l’eau

S’agissant de communication et d’action sur l’eau, on peut définir six classes de publics.

  • Le grand public. L’eau et la vie, c’est la même chose. Cela concerne tout le monde.
  • Le regroupement associatif de cette société civile – de la minuscule association de défense des riverains aux ONG mondiales – désigne une forme de conscience de l’eau, partie active et relativement autonome issue du grand public.

Quatre pouvoirs complètent cet inventaire express.

  • Les opérateurs réalisent et entretiennent les ouvrages hydrauliques et assurent un service essentiel : l’eau. Qu’ils soient publics, le plus souvent, privés… ou militaires, un point à noter dans un climat mondial de violence durable.
  • Les médias, comme l’eau, irriguent tous les foyers. Ils établissent et détruisent les réputations et la confiance : peut-on boire l’eau du robinet ? Nos enfants périront-ils des polluants et hormones de synthèse ? Les sécheresses causeront-elles des migrations apocalyptiques ? etc.
  • Les institutions publiques nationales, régionales et locales font les lois et les règlements. Et tentent de les faire appliquer. Réputées représenter l’intérêt public, elles sont souvent contestées.
  • Les institutions internationales ou plurinationales – l’Europe, quelques fondations – et leurs programmes dédiés à l’eau s’évertuent enfin à la protéger, à remédier aux insuffisances les plus notoires, favorisant la paix et le développement, luttant contre la pauvreté et ses causes : ignorance, corruption, totalitarisme et autres exploitations ignobles des hommes.

Chaque acteur de l’eau entretient des relations avec les cinq autres : les ONG, par exemple, ont des relations fortes, matérielles et financières, avec les institutions nationales et internationales ; des relations de plaidoyer et de dialogue, d’alertes critiques et de contestations avec le grand public (conscientisation), avec les opérateurs professionnels (dénonciations, le plus souvent), avec les médias (séduction).

La coopération décentralisée s’appuie sur une appropriation des métiers de l’eau dans toutes leurs composantes, technologiques, administratives, financières, sociales et politiques.

Ces relations fortes s’appuient bien sûr sur la connaissance technique et technologique de l’eau. S’y ajoutent le droit de l’eau, le droit des marchés dans leur partage entre intérêts public et privé, l’évaluation des coûts, l’établissement des prix, la facturation, la fiscalité. Bref, les aspects sociopolitiques de la gouvernance de l’eau : par qui, pour qui, selon quelles règles, à quel rythme ?

Du quantitatif et du qualitatif

Les autres relations, plus légères et plaisantes, relèvent davantage de la communication. Beaucoup de paroles et d’arguments, peu de chiffres et de technique ; un univers de sentiments humanistes, de convictions et d’indignation où les représentations et l’imaginaire prennent le pas sur la dureté des faits et des comptes, où l’engagement à long terme dépasse le calcul immédiat : changer comportements et attitudes, rassembler le plus grand nombre et le faire participer, créer des valeurs communes autres que la seule valeur monétaire.

Parler de l’eau quand tout semble aller pour le mieux n’est pas une perte de temps : il ne faut pas attendre les catastrophes pour communiquer.

Le rapprochement nécessaire de ces deux approches, du quantitatif rugueux et du qualitatif aimable, ingrédients essentiels d’une meilleure politique de l’eau, est visible dans la réussite des comités de bassin, une innovation culturelle française, clef de voûte d’un dispositif dont les agences de l’eau ne sont que le radier. Les personnalités disparates qu’on y retrouve ont peu de connaissances techniques. Pour cette raison même, elles soulèvent les bonnes questions et les vrais problèmes qu’aucun expert n’oserait aborder, par intérêt ou peur du ridicule. Dans ces comités, la conscience de l’eau repose sur l’apprentissage critique et responsable, l’expertise technique ne règne plus de façon incontrôlée, l’intérêt public n’est plus défini par l’État mais débattu avec les usagers.

Le partage de l’eau a besoin de communication, les méfaits de l’eau d’action.

Coopération décentralisée

Autre exemple d’équilibre communication/action : la coopération décentralisée non gouvernementale. Complément indispensable des aides bi et multilatérales des pays riches et organismes mondiaux à l’égard des pays et régions pauvres, elle cherche à aider sans nuire. C’est infiniment complexe : écouter d’abord les futurs bénéficiaires là où ils sont – pas leurs représentants éloignés du terrain ; les conseiller afin de les rendre actifs et autonomes ; suivre leurs réalisations.

L’aide ne s’appuie pas sur une solution technique plaquée mais sur une appropriation des métiers de l’eau dans toutes leurs composantes, technologiques, administratives, financières, sociales et politiques. L’évaluation des progrès comme des échecs et insuffisances est favorisée par le jumelage entre municipalités donatrices et municipalités bénéficiaires qui donne lieu à des visites. Des bourses permettent à de futurs gestionnaires de suivre des formations, de participer à des missions dans d’autres pays en vue d’une coopération sud-sud. La création de ces réseaux assure la continuité et établit la confiance.

L’eau, remède à la pauvreté

Lorsque l’eau est pure, abondante et joyeuse grâce aux actions de protection et de réparation, la félicité sociale s’installe. Mais elle ne doit jamais céder la place à l’indifférence ou à l’oubli. Parler de l’eau quand tout semble aller pour le mieux est une mesure propitiatoire, non une superstition ou une perte de temps : il ne faut pas attendre les catastrophes pour communiquer.

Comment agir sur place pour faire reculer la pauvreté et la régression vers la sauvagerie qu’elle provoque ? Comment éviter les conflits qu’elle alimente et les migrations qu’elle suscite ? Agir sans barguigner contre l’eau qui manque et la pollution qui tue, c’est la bonne médecine pour traiter la pauvreté et la désolation qui l’accompagne. L’eau est la source concrète d’une solidarité bienfaisante car dépassant la compassion hypocrite. Concrète car coûteuse en temps, en énergie, en argent et en imagination productrice. Concrète car occupant aussi bien ceux qui aident que ceux qui sont aidés.

Agir pour l’eau contre les détresses est pénible mais conceptuellement simple : il est plus facile à l’ignorant d’acquérir de la compétence qu’au spécialiste de percevoir les limites de la sienne.

Agir pour l’eau contre les détresses est le plus souvent pénible mais reste conceptuellement très simple. C’est en mélangeant les experts et les (relativement) ignorants que l’on peut surmonter ces travers. Il est beaucoup plus facile à l’ignorant(e) d’acquérir de la compétence qu’au spécialiste d’arriver à percevoir les limites de la sienne. Bienvenue aux ignorants car avec les seuls experts, comme concepteurs et organisateurs, une politique de l’eau peut se muer en politique stérile, inhumaine. Avec des non-experts autour d’eux, moins d’efficacité peut-être – et encore – mais beaucoup plus d’humanité ! L’union fait la force : l’adage s’applique particulièrement à l’action et la communication pour l’eau. Et pour cela, toujours préférer le territoire à sa carte simplificatrice. Aider l’eau pour un plus grand bien-être donne un sens à la vie de tous.

___________________

www.pseau.org
www.academie-eau.org

VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous