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La participation, ses publics, leurs postures

Loïc Blondiaux Professeur, département de science politique, Université Paris I-Panthéon-Sorbonne

Publié le 25 Juin 2018

Concertations, consultations, débats publics : les publics participants sont divers et complexes, dans leurs origines et leurs aptitudes, leurs ressorts et leurs implications, leurs attentes et leurs enjeux, leurs postures et leurs positions.

Pour les décideurs institutionnels qui l’initient, la sortie du processus participatif dépend d’une juste analyse des jeux et des rôles des parties prenantes qui y sont entrées.
Il me semble qu’on peut proposer trois approches, trois définitions possibles du public. Il y a le public rousseauiste, le Peuple avec un grand p. Il est introuvable. Il est censé parler dans les urnes mais il ne parle jamais d’une seule voix. C’est une forme de mythe, difficile à incarner, coûteux à mobiliser.
Un autre public est celui qu’a analysé la sociologie pragmatique avec John Dewey : un collectif de citoyens qui prend conscience qu’il est touché par un problème, qui se mobilise et va s’informer, s’équiper, expérimenter, interpeller et participer à la solution de ce problème.

La sortie du processus participatif dépend d’une juste analyse des jeux et des rôles des parties prenantes qui y sont entrées.

Il y a enfin le public constitué par tous ceux qui sont affectés par les conséquences d’une décision. C’est, à mon sens, la seule définition opérationnelle et politiquement cohérente de ce qu’est un public.
À partir de là, on peut identifier, pratiquement, trois positions, trois postures du public qui entre en débat : pour informer et s’informer ; pour contester ; pour contribuer. Bien sûr, les gens qui s’associent à un débat viennent s’informer des raisons, des modalités, des conséquences – d’abord pour eux-mêmes – du projet en cause. Et le débat mobilise plus fortement les intervenants qui contestent les modalités voire le principe même du projet, qu’ils agissent pour des raisons personnelles ou au nom de la défense d’intérêts collectifs éventuellement revendiqués comme d’intérêt général.

Tous ceux qui sont affectés par les conséquences d’une décision : c’est la seule définition opérationnelle et cohérente d’un public.

Mais la participation du public implique, de plus en plus, une troisième dimension : la dimension contributive. Si on fait le pari, qui n’est pas spontanément celui des élus, que le public peut enrichir le projet que des techniciens, aussi compétents soient-ils, et des élus, aussi porteurs de l’intérêt général soient-ils, ont élaboré avec toute la légitimité de leur position, on constate que l’engagement citoyen peut prendre des formes moins passives que l’information et plus positives/productives que la contestation.
Sur ce plan, il me semble que quelque chose est en train de se jouer au cours de ces dernières années, une meilleure reconnaissance de cette potentialité d’enrichissement que le public peut apporter.

L’engagement citoyen peut prendre des formes moins passives que l’information, plus positives que la contestation : la contribution

Cette potentialité est accentuée par le contexte de digitalisation généralisée. Mais, si les civic tech sont un outil efficace et intéressant, il manquera toujours, d’un point de vue symbolique, une dimension essentielle : la présence, la possibilité d’un échange direct et physique entre des personnes en un même lieu. Et ce qui m’intéresse du point de vue de l’ingénierie de la concertation, c’est que, si l’on a fait des progrès sur le numérique, on fait aussi des progrès immenses dans l’animation de la réunion, dans l’éventail des dispositifs et des techniques de maïeutique pour faire parler, de simulation, de projection… Reste une question : à quel moment s’arrête la concertation ? On parle beaucoup de co-construction, mais, souvent, les processus s’arrêtent au moment de la décision. Alors que dans d’autres cultures politiques, dans d’autres pays, on associe les citoyens à la construction et à l’application de la décision.
Sur ce point, il me semble qu’une des manières de redonner sa place au riverain, ce défenseur de soi-même qu’on caricature souvent dans le slogan disqualifiant Nimby, c’est de ne pas le considérer uniquement au travers de son intérêt personnel mais, au travers de son attachement au territoire, de solliciter sa sensibilité mais aussi son imagination voire son sens de l’intérêt général.

Avec les civic tech, il manquera toujours une dimension essentielle : la présence, l’échange direct entre des personnes en un même lieu, la délibération.

Reconnaître la diversité et la complexité des publics, c’est inévitablement interroger le concept de « grand public ». Le grand public, je l’envisage comme une sorte de mythe, utile et essentiel en démocratie. La démocratie, c’est le pouvoir de la majorité, c’est aussi, de plus en plus, la reconnaissance de la diversité : grosso modo, la démocratie doit clairement permettre la coexistence la moins conflictuelle possible entre des gens qui ont des expériences, des intérêts et des opinions différents.

Diversité et confrontation plutôt que quantité : mobiliser le maximum de gens ça n’a pas grand sens s’ils ne se rencontrent pas, s’ils n’échangent pas.

Et justement, dans les débats publics institutionnalisés, l’enjeu n’est pas de viser seulement la quantité – pour ça, les sondages d’opinion sont de bons outils -, d’envoyer des questionnaires, même ciblés. Il faut faire en sorte qu’il y ait un moment dans la concertation où le public n’est pas complètement segmenté, un moment indispensable où il s’agit d’organiser la confrontation en temps réel, « en live », entre les points de vue divers, ce que j’appelle la délibération. En sachant parfaitement que, si les publics physiquement présents de ces concertations reflètent le ou les publics concernés par l’objet en débat, il ne faut pas tomber dans l’illusion qu’ils représentent le « grand public ». Mais j’y insiste, il faut attacher autant sinon plus d’importance à la diversité et à la confrontation qu’à la quantité : mobiliser le maximum de gens ça n’a pas grand sens s’ils ne se rencontrent pas, s’ils n’échangent pas, si l’on juxtapose leurs opinions sans les confronter, et si finalement on les atomise.

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