tabletki uspokajaj…ce valium diazepam 5mg taking valium with viagra

sleeping with prince valium valium for sale does valium help you relax

valium natural alternative buy valium online diazepam online South Bend

purchase ambien Temecula buy ambien online how to tell if ambien is fake

vomiting ambien withdrawal buy zolpidem how much ambien do you have to take to overdose

why does tramadol make me tired buy tramadol online without a prescription ultram tramadol same

valium cartoon valium without prescription valium 5mg vs xanax 2mg

is it ok to take adderall and valium diazepam 5mg how much of valium can kill you

xanax large pupils online xanax how much stronger is valium than xanax

tramadol bnf tramadol 50mg ultram

Philippe Lazar

La laïcité en « principe »

Philippe Lazar ancien directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), directeur de la revue Diasporiques/cultures en mouvement

Publié le 21 Oct 2016
Couverture Parole publique n°12

Classiquement, la laïcité est, en France, au cœur d’une séparation fondamentale, celle des Églises et de l’État. On sait moins qu’elle peut être aussi instrument privilégié de reconnaissance mutuelle des cultures. Jumeler ces deux approches permettrait de clarifier la signification du « principe » de laïcité, auquel on se réfère souvent sans pour autant en préciser le sens.

« On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre ». Jean-Pierre Vernant, La Traversée des frontières, Le seuil 2004

On entend souvent dire que la laïcité est un principe. Certains ont même proposé qu’on ajoute le mot laïcité aux trois valeurs fondamentales qu’énonce la devise de la République. D’autres ont souligné, à juste titre, qu’on ne pouvait mélanger valeurs et principes. Cette distinction n’explicite pas pour autant le sens du terme principe. De quoi s’agit-il en fait ? D’un corps de doctrine, d’une proposition première – principe – qui précéderait en quelque sorte sa traduction en termes de règles ? Il est donc sage, avant d’adopter cette expression, d’analyser les textes juridiques en usage.

Loi de 1901 relative au contrat d’association, loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État : le mot laïque ne figure ni dans l’une ni dans l’autre.

Les lois républicaines de laïcisation de la société : on désigne parfois et de façon heureuse sous cette dénomination – non officielle – un ensemble de lois votées entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe, au rang desquelles on peut légitimement inclure les deux les plus célèbres : la loi de 1901 « relative au contrat d’association » et la loi de 1905 concernant « la séparation des Églises et de l’État ».

Le mot « laïque »

Le mot laïque ne figure ni dans l’une ni dans l’autre de ces lois, ni dans leur titre ni dans leur contenu, en particulier dans la loi de 1905, pourtant habituellement considérée comme la loi-socle de la laïcité en France. Nous avons affaire en réalité, pour l’une comme pour l’autre, à des lois de liberté ou, plus exactement, de libération individuelle et collective.

Les associations peuvent se former librement pour autant que leur objet ne porte pas atteinte à l’intégrité du territoire national ou à la forme républicaine du gouvernement.

La loi du 1er juillet 1901, met un point final à l’usage de la loi Le Chapelier, du 14 juin 1791, cette loi révolutionnaire qui, dans la logique de l’époque où elle avait été promulguée, interdisait les corporations, le compagnonnage, les coalitions ouvrières ou encore le droit de grève. La loi Le Chapelier avait déjà été limitée dans son objet par des textes successifs de la Troisième République. Mais la loi de 1901 va beaucoup plus loin : désormais, selon son article premier, « deux ou plusieurs personnes peuvent mettre en commun, d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices » ; son article 2 précise que « les associations de personnes peuvent se former librement sans autorisation ni déclaration préalable », pour autant que (article 3) leur objet ne soit « contraire ni aux lois ni aux bonnes mœurs » et « qu’il ne porte pas atteinte à l’intégrité du territoire national ou à la forme républicaine du gouvernement ».

laïos évoque le peuple dans son extrême diversité. Un sens beaucoup plus large que demos – le peuple dans son organisation politique – et ethnos qui fait référence au concept d’ethnie.

On mesure bien le pas en avant essentiel ainsi accompli dans le sens de la laïcisation de la société si l’on comprend ce dernier terme par référence à son étymologie grecque : laïos, qui évoque le peuple dans son extrême diversité. Un sens différent et beaucoup plus large que les deux autres expressions que sont demos – le peuple dans son organisation politique – et ethnos – qui fait référence au concept d’ethnie. La loi de 1901 permet au peuple-laïos de constituer librement des regroupements ayant une multitude d’objets possibles, à la simple réserve qu’ils ne portent pas atteinte à l’ordre public.

La République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes sous la seule réserve de la préservation de l’ordre public.

La seconde loi, celle du 9 décembre 1905, s’inspire en fait de principes parfaitement similaires. Selon son article premier, « la République assure la liberté de conscience » et se porte donc garante de son respect, mais « elle garantit [aussi] le libre exercice des cultes » sous la seule réserve, là encore, de la préservation de « l’ordre public ». Si « elle ne salarie ni ne subventionne aucun culte », elle va jusqu’à prendre les dispositions financières qui assurent ce libre exercice dans les lieux où les individus sont privés de liberté de corps (prisons, hôpitaux, etc.). Ce n’est donc en rien une loi antireligieuse, c’est bien une loi de simple libération vis-à-vis de l’emprise – alors dominante – de l’Église catholique romaine sur le gouvernement de l’État. Il s’agit là, au même titre que pour la loi de 1901, de permettre au peuple-laïos d’exprimer ce qui tient à coeur de chacune des communautés – en l’occurrence cultuelles – qui peuvent se constituer librement en son sein.

L’école

Dans le patrimoine d’essence libertaire que nous a légué la Troisième République, l’école laïque occupe une place de choix. Elle offre aux parents un service dont ils n’ont pas tous conscience qu’il constitue d’abord en soi l’une des traductions opérationnelles majeures de la devise républicaine. Elle n’est pas obligatoire – c’est l’instruction qui l’est – mais l’école publique est libre d’accès à tous les parents qui veulent en bénéficier. Sa gratuité lui confère par nature une vertu égalitaire. Et elle est par excellence un lieu privilégié de socialisation d’enfants et par là même de fraternisation. L’école n’est pas censée se substituer aux parents et, plus généralement, à la société dans l’éducation des enfants et elle doit donc en permanence faire effort pour adapter ses modes d’intervention aux évolutions sociétales. Ce qui implique en particulier une réflexion récurrente de sa part sur le concept de laïcité, dans la mesure même où celui-ci occupe explicitement une place centrale dans son titre et donc dans la définition de son rôle.

Légitimement soucieux de faire face à ces difficultés tout en respectant la philosophie générale de l’enseignement public, l’État a récemment établi une charte qui fournit une interprétation élargie de ce concept-clé qu’est la laïcité à l’école. En témoigne en particulier l’article premier de document qui reprend, mot pour mot, les termes de l’article premier de la Constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » et non ceux de la loi de 1905, qui ne sont mentionnés que dans son article 2.

L’école laïque constitue l’une des traductions opérationnelles majeures de la devise républicaine.

La République

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale (Constitution, art.1) : dans un texte aussi important que la Loi fondamentale de notre société, le sens et l’ordre des mots sont à l’évidence essentiels. Selon son article premier, la République est démocratique et sociale, mais au vu de termes situés en troisième et quatrième positions seulement de cet article. L’article 2 précise ainsi que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum » : c’est en cela que la République est démocratique. Et si elle est définie aussi comme sociale, c’est sans doute parce qu’elle se donne pour finalité de « faire société », c’est-à-dire de rendre compatibles les destins individuels de ses membres et le destin collectif de la nation.

Mais c’est avant toute autre caractéristique que la Constitution déclare la République indivisible et non pas une et indivisible comme le faisait la Constitution de 1793. Nombreux sont nos concitoyens à l’ignorer ou à ne pas percevoir la différence majeure qu’induit le fait de ne plus retenir le concept d’unicité comme fondateur. Affirmer l’indivisibilité de la République, c’est récuser explicitement l’idée qu’on pourrait la diviser, mais c’est aussi reconnaître par là même, implicitement, que sa complexité pourrait conduire à la considérer comme une collection d’entités juxtaposées… ce que, très précisément, la Constitution interdit formellement de faire.

Deuxième terme de l’article premier de la Constitution, laïque prend tout naturellement un sens bien plus large que la seule idée de séparation de l’Église et de l’État.

Et dès lors le deuxième terme de l’article premier de la Constitution, laïque, prend tout naturellement un sens bien plus large que celui que lui confère la seule idée de séparation de l’Église et de l’État ; un sens qui rejoint celui qu’impliquait l’expression plus haut évoquée de lois de laïcisation de la République ; un sens inspiré de son étymologie grecque, laïos. Refuser de diviser la République en entités distinctes, c’est se donner les moyens de permettre à la multiplicité de ses composantes de coexister de façon « intégrative », par enrichissement mutuel à partir de leurs fondements historiques et culturels spécifiques.

Le respect de la diversité – mieux, de l’altérité – apparaît comme indissociable de l’expression de la laïcité.

Laïcité et altérité

La reconnaissance « active » du respect de la diversité – ou, mieux, de l’altérité – et de ses apports apparaît ainsi comme indissociable de toutes les modalités d’expression de la laïcité. Ce constat justifie d’établir un lien formel entre ces deux entités. L’une des façons de donner suite à cette idée, qui mérite débat mais qui aurait de multiples avantages, serait de faire du respect partagé de l’altérité et de la reconnaissance de ses apports la base explicite d’une définition du principe de laïcité. L’un de ces avantages serait rendre parfaitement compatibles les dimensions périculturelle et péricultuelle, ici évoquées, de la laïcité. Un autre, et non des moindres, serait qu’ainsi revisitée la laïcité pourrait être reconnue comme l’un des piliers politiques et culturels de la construction européenne, au travers d’un dialogue à son sujet avec les pays de l’Union qui ont une religion d’État, qui sont donc hermétiques à l’idée de la « séparation », mais qui, à bien des égards, n’en sont pas moins laïques que le nôtre !

 

* L’article original a été intégralement publié dans le numéro 30 (juillet 2015) de la revue Diasporiques/Cultures en mouvement www.diasporiques.org

VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous
Cancel