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La démocratie internet : désillusions et préfigurations

Dominique Cardon et Thierry Taboy Professeur de sociologie, SciencesPo/Medialab et Directeur innovation sociale et sociétale, Groupe Orange

Publié le 21 Mar 2017

Décentralisation, horizontalité, auto-organisation : dès l’origine, la forme prise par internet invitait à y projeter un contre-modèle appelé à renouveler les formes considérées vieillissantes de la démocratie représentative.

La désillusion des précurseurs n’a pas découragé l’enthousiasme imaginatif des nouvelles générations de la civic tech, lançant tous azimuts des expérimentations globales ou locales, des sites, applications ou dispositifs digitaux qui ambitionnent de transformer le ou la politique. Quelle figure de la démocratie peut-on lire en filigrane de ces nouveaux services et usages qui promettent la transparence, l’initiative citoyenne voire la contre-démocratie ?

Démocratie restreinte ou large ?

L’espace de la démocratie, celui de l’égalité, de l’émancipation ou de l’empowerment, dépasse largement la sphère représentative des gouvernants et des élus. Les historiens de la démocratie ont souligné le caractère contingent de la représentation élective inventée au XVIIIe siècle : c’est notre obsession de la centralité et du pouvoir qui limite au seul choix des gouvernants une promesse d’émancipation qui concerne tous les aspects de la vie collective.

De nouveaux services et usages promettent la transparence, l’initiative citoyenne voire la contre-démocratie.

Entre deux élections, la démocratie représentative laisse ouvert un espace, qualifié d’espace public ou de société civile, théâtre d’attentes démocratiques qui n’ont pas pour horizon le pouvoir et les institutions. Le numérique invite à interroger l’interaction entre l’espace restreint de la démocratie représentative et l’espace public au sens large. Deux mondes étanches ? En tout cas, les outils numériques constituent moins des vecteurs d’extension de la démocratie représentative que d’une large émancipation des lieux d’expression de la société civile.

Les outils numériques sont moins vecteurs d’extension de la démocratie représentative que d’émancipation des lieux d’expression de la société civile, de l’espace public.

Construire une dynamique d’ensemble alliant représentativité et participation citoyenne, débats globaux et actions locales, c’est l’esprit de multiples dispositifs émergents de démocratie participative. On peut ainsi proposer trois types-idéaux d’espaces démocratiques : la démocratie représentative ; la démocratisation de la société civile (appelée ici démocratie internet) ; entre ces deux pôles, la démocratie participative qui s’efforce d’articuler la voix des citoyens à la décision publique en dehors des temps électoraux. Enfin, au-delà des questions d’ordre politique, le mouvement des social tech se déploie, porté à la fois par le désir de voir émerger de nouvelles formes de solidarité sociale et celui d’actions concrètes face au déficit institutionnel.

Démocratie internet vs démocratie représentative

Le fait est qu’internet a beaucoup plus démocratisé la société civile que bouleversé la compétition politique de la démocratie représentative. Ce paradoxe renvoie aux origines libertaires du réseau des réseaux : ses fondateurs voulaient « changer la société sans prendre le pouvoir », encourageant les dispositifs d’expression, de partage et de mise en commun entre individus. La communauté élective, coopérative et auto-organisée, est alors apparue comme la principale figure de la contribution du numérique à une mobilisation horizontale des énergies de la société civile afin de produire du savoir (Wikipédia, OpenStreetMap), des biens communs (le logiciel libre et l’open source) ou des réseaux d’engagements (altermondialistes, Éducation sans frontière, etc.). C’est en renforçant les pouvoirs d’agir des individus, « par le bas » et souvent en réseaux, que se sont exprimés les potentialités démocratiques d’internet.

Aux origines libertaires d’internet, ses fondateurs voulaient changer la société sans prendre le pouvoir.

Bien sûr, les acteurs de la démocratie représentative se sont aussi emparés des technologies numériques, derrière l’emblématique campagne d’Obama en 2008, alliant analyses fines de données et usage massif des réseaux sociaux. Traitées comme un outil d’enrichissement des outils de ciblage et de communication politique en période électorale, les technologies numériques ont certes contribué à renouveler des aspects de la compétition politique (microfinancement, accélération de la mise en commentaire de la vie politique, nouveaux formats de communication pour les candidats, etc.). Mais leur apport ne semble pas si décisif. Le débat enlisé du vote électronique témoigne de cette limite.

Le territoire naturel d’internet serait la société des individus, pas l’espace politique restreint. Les deux espaces restent étanches l’un à l’autre. Leurs principes de légitimité sont trop divergents.

Le territoire naturel d’internet serait donc la société des individus, pas l’espace politique restreint. Dans une société d’individus qui s’individualisent de plus en plus, les technologies numériques encouragent des formes auto-organisées de production du « commun ». La politique n’est plus au centre : beaucoup des phénomènes collectifs les plus riches menés grâce aux technologies numériques sont indifférents ou hostiles aux institutions centrales. Mais, si la société adresse ainsi des signaux qui peuvent être recyclés dans les médias et la sphère de la décision politique, les deux espaces restent étanches l’un à l’autre. Leurs principes de légitimité sont trop divergents.

Participer à la décision publique

Pour assouplir cette coupure, pour instaurer une articulation fonctionnelle entre citoyens et élus, consultations locales, forums ou jurys citoyens, conseils de quartier ou sondages délibératifs visent à faire intervenir les citoyens – en dehors du temps électoral – à la formation de la décision publique.

Ces mouvements s’attachent moins au programme qu’aux procédures mises en place pour respecter l’égalité et la diversité des opinions.

Les consultations en ligne apparaissent comme un moyen de résoudre l’érosion structurelle de la participation « physique ». Mais apparaît un paradoxe déconcertant : c’est surtout l’initiative spontanée qui fait naître des dynamiques fortes – et imprévues –. Comme les mobilisations contre le traité constitutionnel européen initiées par le texte d’Étienne Chouard ; le blog BD de Pénélope Bagieu à propos de la pêche en eau profonde ; la page Facebook réclamant la clémence pour le bijoutier ayant abattu son cambrioleur ; ou la pétition contre la loi El Khomri. Comme si, à une participation dans les dispositifs construits à cet effet, s’opposait une imprévisible et proliférante conversation politique appuyés sur l’horizontalité d’internet…

Ils refusent la représentation-incarnation et la personnalisation croissante de la démocratie représentative.

C’est que ces mouvements « spontanés » attachent moins d’importance au programme ou aux idéaux qu’aux procédures mises en place pour respecter l’égalité et la diversité des opinions. Pour Wikipédia, les collectifs du logiciel libre, des Indignés, d’Occupy ou de Nuit debout, la discussion peut conduire à un consensus en évitant les clivages déchirant du vote majoritaire. Une troisième dimension de ces mouvements est de refuser une représentation incarnation : l’autonomie de décision et de choix, devenue une valeur centrale, ne se délègue pas et ne peut s’investir dans la personnalisation croissante de la démocratie représentative.

La liberté plus que la justice : cela limite la base sociale active de ces mouvements.

Conséquence des trois points précédents, la valeur primordiale de ces mouvements est la liberté – d’expression, de coopération, de choix – plus que la justice. Cela limite leur base sociale active et rend plus compliqué la constitution d’alternatives démocratiques sur le temps long.

Les promesses des civic tech

La multiplicité des initiatives dites de civic tech correspond aux trois formes démocratiques.

• Les unes prétendent renforcer les mécanismes de la démocratie représentative en développant une conception vertueuse des processus de décision des électeurs. Comme le comparateur de programmes Voxe.org ou lafabriquedelaloi.fr développée par le collectif de NosDéputés.fr, ces dispositifs se nourrissent du sentiment d’être dépositaire de l’intérêt général et d’une conception éclairée de l’électeur informé et rationnel. Mais d’autres outils visent les aspects plus instrumentaux de la sollicitation ou de la mobilisation des militants et des soutiens lors des campagnes électorales. Entre idéalisation de la décision électorale sur la base des contenus programmatiques et instrumentalisation stratégique du marketing politique, ces directions opposées témoignent de la désorientation suscitée par la crise de la démocratie représentative.

• Un deuxième ensemble de dispositifs (par exemple : democratie.os ou parlement-et-citoyens.fr) s’attache à équiper la démocratie représentative d’outils participatifs permettant d’élargir le cercle restreint des représentants à une implication plus large du public. La récente consultation sur le projet de loi pour une République numérique a révélé les potentialités et les limites de ce genre d’initiative – se heurtant aux classiques jeux de pression politique.

• Un dernier ensemble de civic tech (mavoix.info, primaire.org, lemouvementdescitoyens.fr) prétend transformer – hacker, promettent-ils – les procédures de la démocratie représentative. L’objectif est de faire pression ou de faire apparaître des candidatures de la société civile étrangères à la sélection du personnel politique au sein des organisations partisanes : les citoyens devraient peser ou entrer dans les assemblées élues en restant de « simples » citoyens, connectés au tissu d’interdépendance de la société civile afin de ne pas se laisser capturer par les intérêts partisans.

Le numérique chamboule tous les espaces confrontés à la question démocratique, communes, entreprises et organisations sous toutes leurs formes.

Au-delà de la civic tech ou de son élargissement à une hypothétique social tech, le numérique chamboule tous les espaces confrontés à la question démocratique, communes, entreprises et organisations sous toutes leurs formes. Transparence, empowerment, communs : ces concepts associés à des modes d’action accompagnent de près ou de loin ces évolutions. Mais pour aller jusqu’où ? Le rêve – dont l’internet serait un catalyseur – d’une transformation de nos démocraties et de nos sociétés, n’est-il pas en train de renaître ? C’est toute la question des nouvelles citoyennetés à l’heure numérique.
Références
Orange Digital Society Forum :
Nouvelles citoyennetés à l’heure numérique – http://digital-society-forum.orange.com/fr/les-forums/97-forum-internet_et_citoyennete

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