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Portrait de Jean-Louis Bianco.

LA COMMUNICATION PUBLIQUE SUR LA LAÏCITÉ

Jean-Louis Bianco président de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre

Publié le 30 Nov 2015
Couverture Parole publique n°10.

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses,  pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Article 10

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
Constitution. Article 1

Si la France reste profondément attachée à ses principes républicains, il est évident qu’en période de crise des replis sur soi s’opèrent. Des replis sur des valeurs traditionnelles et religieuses, des pratiques religieuses parfois réinventées, et des pressions communautaristes voire des provocations contre la République, en particulier dans des zones rurales et des quartiers trop longtemps laissés à l’écart et où le sentiment de relégation sociale est très fort.

L’actualité démontre une forte crispation autour de la visibilité de toute expression religieuse, essentiellement dans l’hexagone où la diversité est plus faible que dans les outre-mer. Bien sûr, les conflits internationaux ainsi que la situation économique et sociale n’y sont pas étrangers. Nous touchons ici à plusieurs difficultés qui, en réalité, ne sont pas directement liées à la laïcité. De fait, la laïcité est trop souvent utilisée dans la communication publique pour répondre à tous les maux de la société.

Un concept « fourre-tout »

La laïcité devient alors un concept « fourre-tout » pour définir des situations qui relèvent d’une multitude de champs, tels que les politiques publiques, la situation sociale­, l’intégration, la sécurité publique, la lutte contre le terrorisme. Aucun de ces sujets n’est directement lié à la laïcité. En revanche, pour garantir son effectivité, la laïcité a besoin de la mixité sociale et de la lutte constante contre toutes les inégalités et discriminations, qu’elles soient urbaines, sociales, scolaires, de genre ou ethniques. La Commission Stasi le rappelait dans son rapport de 2003 et Jean Jaurès l’affirmait déjà en 1904 : « La République doit être laïque et sociale. Elle restera laïque si elle sait rester sociale ».

« La laïcité est trop souvent utilisée dans la communication publique pour répondre à tous les maux de la société. »

Beaucoup en France, y compris parfois des élus et des journalistes, ont malheureusement tendance à alimenter ces confusions, de bonne ou de mauvaise foi. À l’heure des chaînes d’informations en continu et des réseaux sociaux, le traitement médiatique des questions touchant aux reli­gions et au principe de laïcité manque le plus souvent de recul et d’impartialité. La vigilance est pourtant essentielle, parce que les amalgames, bien trop courants, font le lit de l’intolérance, du repli communautariste et se traduisent par une inquiétante recrudescence des agressions à caractère confessionnel.

“La République doit être laïque et sociale. Elle restera laïque si elle sait rester sociale.” Jean Jaurès

C’est pourquoi, pour tout sujet lié à ce principe fondamental de laïcité, nous devons collectivement apporter de manière pédagogique les éléments nécessaires au débat public. C’est un défi majeur dans une société traversée de tensions et de peurs. Car la laïcité est aujourd’hui l’objet d’une très large désinformation, véhiculée par certains responsables politiques dans un but électoraliste. Il y a aussi un manque d’informations fiables et juridiquement incon­tes­tables sur ce qui relève du concept même de laïcité. Il y a enfin l’urgence du temps présent qui ne permet ni aux médias ni aux acteurs sociaux de traiter le sujet avec toute la rigueur d’analyse nécessaire.

Trois principes de la laïcité

Essayons de définir la laïcité. Elle repose sur trois principes : la liberté de conscience, la séparation des pouvoirs politique et religieux, l’égalité de tous devant la loi, quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expres­sion de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit de changer de religion que le droit d’adhérer à une religion. Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint par le droit au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.

« Le traitement médiatique des questions de religions et de laïcité manque le plus souvent de recul et d’impartialité. »

La laïcité suppose la séparation de l’État et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’État – qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte, à l›exception des territoires où des régimes dérogatoires sont en vigueur, comme en Alsace-Moselle – ne se mêle pas du fonctionnement des organisations religieuses. De cette séparation se déduit la neutralité de l’État, des collectivités et des services publics. Cette neutralité ne concerne évidemment pas les usagers qui se voient eux, par la laïcité, garantir leur totale liberté de conscience. La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances. La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public. 

« La laïcité repose sur trois principes : liberté de conscience, séparation des pouvoirs politique et religieux, égalité de tous devant la loi. »

Cette définition ne va pas de soi face à la diversité des situations sur le terrain. La pédagogie de la laïcité suppose donc une communication large et accessible. L’Observatoire de la laïcité s’y consacre bien que ses moyens soient limités : l’équipe permanente ne compte en effet que quatre salariés. Nous pouvons néanmoins nous appuyer sur les services de l’État et les ministères concernés, en particulier l’Éducation nationale. Ce ministère a d’ailleurs récemment mis en place une éducation aux médias et à l’Inter­net, pour apprendre aux élèves à mieux hiérarchiser les informations et développer un esprit critique. Une communication large et accessible Une des premières tâches de l’Observatoire de la laïcité a été d’éditer des guides pratiques qui expliquent comment répondre à des problématiques de terrain, très concrètes, en lien avec le fait religieux et la laïcité : un premier sur la laïcité dans les collectivités locales, un deuxième sur la gestion du fait religieux dans les structures socio-éducatives, un troisième enfin sur la gestion du fait religieux dans les entreprises privées. Leur médiatisation est trop faible en raison du caractère évidemment non-polémique des solutions que nous proposons.

« La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres mais la liberté d’en avoir une. Elle n’est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public. »

Faire porter et faire entendre sa voix dans le brouillage conceptuel évoqué plus haut n’est évidemment pas chose facile. Nous devons être clairs, précis et réagir dans l’immé­diat au moindre fait divers, sans céder aux raccourcis, aux surenchères et mésinterprétations. Chaque fois que le débat public l’exige, l’Observatoire de la laïcité publie des communiqués de presse pour rappeler le droit et sa bonne application. Chaque année, nous rendons publics l’état de nos travaux, de nos auditions et l’état des lieux du respect de la laïcité en France.

« Trois guides pratiques sur des problématiques de terrain : la laïcité dans les collectivités locales, la gestion du fait religieux dans les structures  socio-éducatives et les entreprises privées. »

L’Observatoire de la laïcité intervient en permanence auprès­ des instituts de formation des agents de l’État, mais aussi des universités, des lycées, des associations de quartier, des mouvements d’éducation populaire… Il s’agit bien sûr de faire œuvre de pédagogie mais aussi d’écouter, de compléter notre état des lieux par la connaissance des réalités de terrain, et d’apporter notre expertise pour répondre­ aux difficultés rencontrées. Dans cet ordre d’idées, l’Observatoire de la laïcité remettra chaque année le 9 décembre – et pour la première fois en 2015 – le Prix de la laïcité de la République française, à l’occasion de l’anniversaire de la loi concernant la séparation des églises et de l’État du 9 décembre 1905. Ce prix, d’un montant de cinq mille euros, distingue et encourage des actions de terrain et des projets – individuels ou collectifs – portant sur la protection et la promotion effectives de la laïcité, dans l’esprit de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de l’article 1 de la Constitution et des lois du 28 mars 1882 sur l’ensei­gnement primaire laïque et obligatoire et du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État. Bien sûr, notre communication passe également par les réponses­ que nous apportons quotidiennement aux citoyens, élus ou mouvements associatifs qui nous consultent. Nous répondons systématiquement à ces sollicitations dans les vingt-quatre heures. Cette réactivité, appuyée sur une analyse juridique incontestable, nous paraît essentielle dans le contexte actuel.

« Aujourd’hui, la communication publique est aussi un moyen de rétablir les faits et le droit dans un environnement où la désinformation se propage à très grande vitesse. »

Enfin, l’Observatoire de la laïcité est présent sur les réseaux­ sociaux afin de diffuser ses travaux mais aussi d’éviter toute diffusion virale de fausse information sur un sujet sensible. Oui, aujourd’hui, la communication publique se définit aussi comme un moyen de rétablir les faits et le droit dans un environnement où se propagent à une très grande vitesse informations mais aussi désinformations.

L’Observatoire de la laïcité réunit les données, produit et fait produire les analyses, études et recherches permettant d’éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité. Il peut saisir le Premier ministre de toute demande tendant à la réalisation d’études ou de recherches dans le domaine de la laïcité. Il peut proposer au Premier ministre toute mesure qui lui paraît permettre une meilleure mise en œuvre de ce principe, notamment pour assurer l’information des agents publics et privés, des usagers des services publics, des élus et des représentants des cultes. Il est consulté par le Premier ministre ou les ministres sur des projets de textes législatifs ou réglementaires.

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