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Jean-Louis Crémieux-Brilhac

Bernard Wallon Conseil en communication, membre du comité de rédaction de Parole Publique

UNE CERTAINE IDÉE DE LA COMMUNICATION PUBLIQUE

Publié le 26 Août 2019

Servir la République : c’est le titre d’un recueil de textes et témoignages sur Georges Boris (Julliard, 1963). Ce titre conviendrait aussi au parcours de Jean-Louis Crémieux-Brilhac qui contribua beaucoup à cet ouvrage et fut, arrivant à Londres en 1942 après s’être évadé d’Allemagne et avoir connu les geôles soviétiques, le principal collaborateur de Georges Boris (1888-1960). Ce dernier, journaliste et économiste, introducteur de Keynes en France, ancien directeur de cabinet de Léon Blum, avait rejoint la France Libre dès le 19 juin 1940. Boris fut plus tard le conseiller, l’ami et l’alter ego de Pierre Mendès France. Cette rencontre marqua les engagements de Crémieux-Brilhac : en publiant Georges Boris. Trente ans d’influence. Blum, De Gaulle, Mendès France (Gallimard, 2010) il rendit justice à l’itinéraire et à la personnalité d’un homme méconnu qui a valeur d’exemple pour son courage, son honnêteté et son intelligence.

Les fondements de l’information publique : une déontologie précise, pas de propagande, des sources toujours citées, des citations exactes avec leurs références. Et des opinions contradictoires.

C’est justice aussi que la Documentation française publie en 2019 Jean-Louis Crémieux-Brilhac : servir la France, servir l’État de Julien Winock, préface d’Olivier Wieviorka, qui retrace le parcours tout de rectitude d’un « humaniste engagé refusant de vivre dans sa tour d’ivoire » : de sa jeunesse à la guerre et la captivité, la France Libre, la création de la Documentation française, Mendés France, l’organisateur des colloques de Caen pour la recherche scientifique… L’auteur de référence sur la Seconde Guerre mondiale « devenu historien sur le tard » comme il se définissait lui-même, attentif à ses pairs comme aux jeunes chercheurs, qui n’héroïse ni les personnalités ni les faits, est aussi longuement évoqué dans l’ouvrage.

Deux entretiens publiés dans Parole Publique disent ce que la communication au sens le plus noble doit à Jean-Louis Crémieux-Brilhac. Le premier, « Résistance : communiquer c’est agir » (avril 2014) renvoyait au thème du concours national de la Résistance et de la déportation « Communiquer c’est résister ». Pour lui, cette conviction du lien essentiel entre la communication et l’action n’est évidemment pas réservée aux périodes de guerre, elle a inspiré ses autres formes d’engagements. Dans le second article, « La Documentation française ou le droit de savoir en actes » (juillet 2014), il exprimait des convictions fortes sur les fondements de l’information publique : « Une déontologie précise, pas de propagande, des sources toujours citées, des citations exactes avec leurs références. Et des opinions contradictoires » ; « Le fait isolé n’a de sens que replacé dans un contexte, une synthèse ne peut être que provisoire » ; « La documentation n’a de sens et d’efficacité que par la publication, la diffusion, la communication ». Ces « plusieurs vies » évoquées par J. Winock montrent qu’il n’y a pas de communication sans savoirs. C’est donc en vertu d’une haute idée de la communication publique dans une démocratie que Crémieux-Brilhac consacra son énergie à développer, diriger et suivre l’évolution de la Documentation française.

Le fait isolé n’a de sens que replacé dans un contexte. Une synthèse ne peut être que provisoire. La documentation n’a de sens et d’efficacité que par la publication, la diffusion, la communication.

Après la Libération de Paris, avec Marcel Koch, créateur à Alger en 1942 d’un service de documentation et d’étude, et porteurs d’une conception neuve de la documentation d’État, ils mettent en place la Documentation française. Sous-directeur puis directeur-adjoint, il en sera le second directeur (1969-1982). Il s’agit alors de créer un organisme, inspiré pour partie d’exemples anglo-saxons, au service des gouvernants, des administrations et des citoyens. Le Service de documentation et d’études d’Alger et le Service de diffusion clandestine de Londres se regroupent à Paris pour former, avec le Service d’analyse de la presse étrangère, la Direction des informations du nouveau ministère de l’information. En octobre 1945 est créé la Direction de la documentation et de la diffusion.

En 1947, intégrée au Secrétariat général du Gouvernement, ce rôle de maison de documentation et d’édition d’État est reconnu et sa neutralité ne sera plus remise en question. C’est la première fois qu’un service administratif est chargé de rassembler et d’éditer des documents d’information générale sur la France mais aussi sur les questions internationales. Sa mission s’élargit et se diversifie : rassembler la documentation concernant l’actualité politique, en permettre la consultation dans divers centres de documentation généraux ou spécialisés, l’exploiter dans une quinzaine de publications périodiques, assurer la diffusion des données avec la Banque d’information politique et d’actualité (BIPA), être l’éditeur officiel des administrations ou organismes, publier de nombreux rapports publics aussi bien que des guides. Des générations d’enseignants, d’étudiants et de citoyens savent ce qu’ils doivent à la Documentation française.

Dans les années 70, ses fonctions s’étendent à la coordination interministérielle en matière de documentation et d’édition, elle joue un rôle moteur dans la création de banques de données d’information. Les technologies de l’information donnent une nouvelle dimension à sa mission d’information du public.

La communication doit d’abord s’appuyer sur de bonnes connaissances des réalités pour donner des références et des repères sur les questions fondamentales plutôt que des éléments de discours.

Crémieux-Brilhac, qui eut le plaisir d’incarner cette grande maison au-delà du temps où il la dirigea, eut aussi le bonheur d’être membre d’un groupe d’hommes de qualité exceptionnelle : pour eux, la communication devait d’abord s’appuyer sur de bonnes connaissances des réalités pour donner des références et des repères sur les questions fondamentales plutôt que des éléments de discours. De la place où il se trouvait, JL Crémieux-Brilhac a exercé une influence que nombre de responsables politiques et de communicants n’ont pas. « Patriote engagé qui croyait au savoir », selon l’hommage rendu par le président de la République aux Invalides en 2015, attentif au monde et au bien commun, il dégageait aussi une profonde humanité dans ses relations aux personnes.

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