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Nadia Bellaoui

JEUNESSE ET RÉPUBLIQUE…

Nadia Bellaoui Secrétaire générale de la Ligue de l’enseignement

Publié le 23 Juin 2016
Couverture Parole publique n°12

« Je suis d’une génération un peu saoulée par les valeurs de la République qu’on nous sert en permanence et dont on ne sait pas ce qu’elles recouvrent. » Qu’une jeune députée d’extrême-droite associe sa lassitude vis-à-vis de la République à un effet de génération n’est sans doute pas le fruit du hasard.

 

De fait, si les valeurs auxquelles les jeunes manifestent leur attachement à travers leurs engagements associatifs s’inscrivent pleinement dans celles de la République (n’en déplaise à Marion Maréchal Le Pen), il est vrai que c’est rarement La République elle-même, comme idéal, que les jeunes défendent.

Gouvernement de la raison

Dans une période où de nombreux repères apparaissent mis à mal par une crise multiforme, il convient sans doute de se demander ce qui, dans l’idée même de République telle qu’elle a pris corps en France au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, ne connecte, comme on dit, pas ou plus avec une grande partie de la jeunesse.

Notre idéal républicain privilégie le recours à la loi générale et abstraite pour affronter la plupart des questions.

Aboutissement d’un long processus commencé avec l’avènement de l’idéal d’un sujet libre et rationnel, émancipé de ses croyances et asseyant progressivement sa domination sur la nature, l’idée moderne de République s’est posée en s’opposant aux croyances, superstitions, rituels ancestraux des sociétés traditionnelles, auxquels elle s’est efforcée de substituer un régime où la validité rationnelle prime sur toute autre considération (positions héritées, rentes, privilèges…). Notre idéal républicain est résolument individualiste. Il privilégie le recours à la loi générale et abstraite pour affronter la plupart des questions. Il se veut gouvernement de la raison, par la raison et pour la raison. C’est par rationalisme qu’il prône l’anonymat, l’invisibilité, l’égalité rigoureuse, comme une injonction permanente à l’indifférenciation.

Communautés vivantes

Voilà pour l’idéal. Mais la question se pose de savoir s’il y a jamais eu une communauté humaine vivant réel­lement en République. Cela a t-il un sens d’affirmer que la République est composée de citoyens, non de communautés ? Que les individus ont leurs particularités mais non les citoyens ? Les gens, quel que soit leur pays, ne vivent pas dans des abstractions. Ils vivent dans des communautés vivantes, dans des héritages, des traditions, des rituels, des croyances partagées, des systèmes d’organisation de l’influence et du pouvoir, des systèmes de solidarité – bref, davantage sous le régime de la communauté naturelle que sous celui du contrat. Les jeunes n’échappent pas à la règle.

Mais ces élites, qui ne cessent de s’alarmer du « danger commu­nau­ta­riste », scolarisent leurs enfants dans les mêmes écoles, répartissent travail et revenus dans des cercles restreints – où elles trouvent généralement leurs conjoints –, partagent des systèmes de préjugés communs. Le communautarisme qu’on dénonce, c’est souvent le communautarisme de l’autre. Comment les jeunes croiraient-ils à l’idéal républicain si ceux qui sont à la tête apparaissent plus croyants que réellement pratiquants ?

Les gens ne vivent pas dans des abstractions mais dans des héritages, des traditions, des croyances partagées, des systèmes de solidarité, davantage sous le régime de la communauté naturelle que du contrat.

Comment les jeunes croiraient-ils à l’idéal républicain si ceux qui sont à la tête apparaissent plus croyants que pratiquants ?

Comme héritage tant de l’humanisme des Lumières que de l’idéalisme allemand, on a pu croire pendant longtemps que les choses évolueraient avec le temps, que l’histoire irait dans le sens de l’Idéal. On a appelé « Progrès humain » ce mouvement général. De fait, le projet républicain requiert un grand optimisme, qui est comme la contrepartie de son exigence : confiance dans la capacité du progrès scientifique à apporter des réponses à la plupart des défis humains, dans la capacité de l’éducation à assurer l’égalité réelle des citoyens, dans la capacité d’une économie globalement libre à permettre à chacun d’apprendre un métier et de s’y épanouir.

Danser dans les chaînes

Las, la remise en cause de ces espoirs fondamentaux a été largement opérée dans le cours du XXe siècle et se poursuit encore : les constats alarmants sur la question de l’environnement montrent que le progrès technique n’est pas nécessairement synonyme de développement humain, le fait que plus d’un jeune sur quatre – en réalité, un jeune sur trois lorsqu’on sort des zones les plus protégées – soit condamné à connaître une longue période de chômage, témoigne de ce que la croissance et la répartition travail n’ont rien d’évident, et que l’école républicaine se montre en général impuissante à effacer les clivages socioculturels de départ.

Dans ce contexte, comment reprocher aux jeunes qui s’engagent de ne pas se revendiquer de l’idéal républicain ? Ne faudrait-il pas, au contraire, reconnaître leur grande capacité à « danser dans les chaînes », comme disait Nietzsche, et à faire vivre ses principes fondateurs, par-delà­ sa mythologie ?

Dans leurs associations, les jeunes tissent des liens forts qui déjouent à la fois l’injonction individualiste et la tentation du repli communautaire.

Dans leurs associations, les jeunes tissent des liens forts qui déjouent tout à la fois l’injonction individualiste et la tentation du « repli communautaire ». Ils peuvent exister, se rendre visibles, se différencier pour mieux s’identifier puis s’entraider.

La République autrement

Ils prétendent mettre en œuvre des solutions concrètes qui ne rentrent pas dans les cadres habituels de la machine étatique. Ils militent contre les discriminations, pour l’écologie, pour la diffusion de la culture, pour le commerce équitable, contre la pauvreté, dans le monde ou à nos portes… Ils veulent ainsi combler, de facto, les vides laissés par un projet qui, par nature, demeure abstrait, et prône la liberté, l’égalité et la fraternité en se gardant d’indiquer par quels moyens ces idées devraient se concrétiser.

Les engagements des jeunes ne représentent-ils pas une façon de faire vivre la République autrement ?

Certes, l’engagement des jeunes est, lui aussi, inégalitaire et la distance vis-à-vis de l’idée de République tourne parfois à la défiance, dans ce mouvement diffus mais persistant de « repli identitaire ». On le constate dans les slogans des manifestations, dans les paroles des chansons contestataires où l’on retrouve et réaffirme les signes d’appar­te­nance religieux ou communautaires qu’on avait crus d’un autre âge. Mais, au-delà de l’apparente différence d’esprit et de méthode, les engagements des jeunes ne repré­sentent-ils pas une façon de faire vivre la République autrement ? 

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