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Portrait de Dominique Wolton.

SORTIR DE L’IDÉOLOGIE TECHNIQUE…

Dominique Wolton CNRS, directeur de la revue internationale Hermès (CNRS), président du comité d’éthique de la publicité (ARPP)

Publié le 30 Nov 2015
Couverture Parole publique n°10.

Il n’y a jamais eu autant de tuyaux : radio, télévision, Internet, réseaux… Il n’y a jamais eu autant de conformité dans l’espace public, si peu d’altérités, de différence, de tolérance.

Triste résultat de cinquante ans d’un formidable progrès technique. Hier, avec beaucoup moins de technique, chacun faisait attention à ce que l’espace médiatique reflète la diversité sociale et culturelle. Aujourd’hui, on est passé de la rareté à l’abondance : tout le monde peut dire ce qu’il veut sur tout. Contre toute attente, cet embrasement de l’expression directe, cette prime à l’interactivité et à la liberté d’expression n’ont élargi ni l’espace public ni les thèmes débatteurs ni le nombre et la diversité des acteurs capables de s’exprimer. Pourtant, cette déconvenue ne suscite guère de réactions.

« Communiquer, c’est admettre l’égalité des points de vue, échanger, discuter, négocier. »

Notre univers médiatique et numérique ne cesse de s’élargir sans pour autant que les logiques, les visions, les acteurs­, les informations, les connaissances se diversifient. Pour trois raisons.

Solitudes interactives

1. D’abord, il y a contresens sur le mot expression. La faci­lité ne suffit pas à créer plus de communication : « Si tout le monde s’exprime, qui écoute ? ». Tout le monde peut trouver le moyen de dire quelque chose. Sans pour autant intéresser les autres. Et il ne suffit pas de s’exprimer pour se comprendre. À la difficulté de pouvoir s’exprimer succède le régime des solitudes interactives. 2. Ensuite, la confusion s’établit entre information, expres­sion et communication. Communiquer, c’est admettre l’égalité des points de vue, échanger, discuter, négocier. Cela prend du temps et beaucoup de bonne volonté. Contrairement au stéréotype dominant, la communication est beaucoup plus compliquée que l’expression : on peut s’exprimer sans communiquer. Même la com’ souvent raillée est bien plus difficile à réussir qu’on ne le croit car, contrairement à un autre stéréotype, les récepteurs ne sont ni passifs ni prêts à accepter n’importe quel discours.

« La facilité et la vitesse d’accès, pas plus que l’abondance de données, ne sont synonymes de démocratisation. »

Grâce aux techniques, l’information est, quant à elle, devenue­ pléthorique et protéiforme. Tout est devenu information. Et pourtant, j’ai distingué il y a longtemps cinq types d’information aux statuts et aux enjeux différents. L’information-presse est la plus fragile, mais les journalistes ne l’ont pas suffisamment protégée dans ce tohu- bohu­. Ils ont confondu l’abondance avec la grandeur – et donc la rareté et la difficulté – de l’information qui relève du défi de la démocratie et de la liberté. L’information-service est l’un des grands bénéficiaires de la révolution de l’information. À condition de ne pas oublier­ qu’il s’agit de vastes marchés où le consommateur, passée l’illusion de la gratuité, devra payer…

« Même abondante et surabondante, l’information ne suffit ni à la communication ni à la culture. »

Reste l’information-relationnelle, chère à tous les sites d’échanges et de rencontres. Peut-être la mutation la plus intéressante parce qu’elle accompagne – avec les profits et les coûts à l’horizon – la difficile révolution des relations interpersonnelles… Ce qui frappe, dans cette absence d’esprit critique sur la révolution de l’information, c’est combien la référence technique l’a emporté. Personne n’ose critiquer, interroger, douter, ironiser, de peur d’être taxé de conservateur, technophobe, vieux, dépassé… 3. Troisième point : la multiplication des tuyaux n’a pas favorisé la diversité dans la représentation de la société civile­. Médias et réseaux ont été colonisés par les people, et d’abord par une élite de journalistes omniprésents. Styles, visions du monde, invités identiques, on reste dans le connu, dans le très étroit espace politique, social et culturel français. Guère d’ouverture sur l’Europe et sur le monde, sauf événement. Peu de visibilité pour les militaires, religieux, entrepreneurs, élus locaux, syndicalistes, étrangers, universitaires.

« Dans la communication, il ne s’agit pas de message mais de relation. Le plus compliqué, c’est le récepteur. »

La grande aventure de l’information, c’est pourtant d’essayer­ d’élargir et de comprendre le monde. Une affaire de connaissance et de culture. Mais, dans ce monde sans boussole, en dehors de quelques intellectuels médiatiques omniprésents, le monde de la connaissance est en voie de marginalisation dans un système standardisé d’urgence et de direct, de live et de breaking news, d’interactions sans recul où une intervention ne peut dépasser trois minutes de peur d’ennuyer le récepteur… Même abondante et surabondante, l’information ne suffit ni à la communication ni à la culture.

La révolution des contenus

La multiplication et la sophistication des techniques n’y changent rien : il est toujours beaucoup plus simple d’infor­mer que de communiquer. Car, dans la communication, il ne s’agit pas de message mais de relation. Il ne s’agit pas simplement d’émettre et de transmettre. Dans la communication, le plus compliqué n’est ni la technique ni le message ni l’émetteur mais le récepteur. Qui dit récepteur dit relation à l’autre, donc négociation. Avec l’information, tout se simplifie, apparemment. Avec la communication, tout se complique assurément… C’est pourquoi l’information est si valorisée et le contenu si dévalorisé.

« La référence technique l’a emporté. Les performances techniques sont devenues le projet politique. Où sont les projets politiques culturels pour encadrer ces révolutions techniques ? »

À quand un peu d’ironie, de critique pour mettre à distance la révolution numérique avec son cortège de nouvelle économie, de big data, d’économie de la connaissance… Car la révolution des contenus, la plus compliquée, la plus intéressante, n’a pas grand-chose à voir avec la mutation des techniques. La révolution technique n’a jamais suffi à faire une révolution politique. Le tout-numérique ne fait pas un nouvel Homme. Ou alors c’est l’Homme augmenté bardé de technologie, enfermé dans sa solitude interactive et ses autismes… On a trop identifié les valeurs à la performance technique. Et les performances techniques sont devenues le projet poli­tique… L’Histoire le montre : humanisme et technologie ne sont pas synonymes, sauf à construire entre les deux un projet politique. Où sont les projets politiques culturels pour encadrer ces révolutions techniques ?

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