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Histoires de dircoms … au siècle dernier

Marie-Laure Hubert-Nasser Directrice de la communication de la Ville de Bordeaux, écrivaine

Publié le 30 Nov 2018

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LE BOUCLAGE – Octobre 1983

Il est nerveux. Il a allumé sa troisième cigarette et son bureau flotte dans un brouillard opaque. Il le sent, cette fois, cela ne passera pas. Il fait les cent pas. Décroche et raccroche son téléphone pour bien vérifier qu’il fonctionne. Pas facile la vie de dircom. Toujours en flux tendu. La pression. Il a beau s’y prendre en avance, il finit toujours dans le mur. Quand ce n’est pas le patron, ce sont les élus ! Il se demande jusqu’à quand il tiendra le coup. Sans cette conférence de presse montée en urgence, rien de tout cela ne serait arrivé. Son BAT était signé. Son journal en bouclage. Si seulement le Président n’avait pas fait cette annonce, il n’aurait pas dû faire sauter cet encadré. Impossible de laisser l’info, l’opposition lui serait tombée dessus à bras raccourcis !

Il s’est servi un café. Un nouveau. Il devrait lever le pied, ça va mal finir…

Le coursier est parti pour l’Assemblée Nationale avec la maquette du magazine. Si tout va bien, le dircab coincera le patron aux quatre colonnes et il le fera signer. À moins qu’il n’oublie… Qu’il ait une urgence… Qu’il ne soit pas d’humeur et alors ce sera foutu.

L’imprimeur a bien prévenu. Le calage machine est pour ce soir, dernier délai. Et si les corrections ne sont pas validées, il sera obligé d’annuler. Plus de place avant quinze jours. Et le magazine ne sortira pas. S’il ne signe pas, il ne pourra assurer de le livrer à temps. Tout sera à reprendre. La maquette. La distribution. Les pages centrales à refaire…

– Allo, Christine, le patron n’a pas appelé ? … Bon… Très bien. S’il appelle, bipez-moi. Je trouverai bien une cabine téléphonique pour vous rappeler. En attendant, je vais le récupérer moi-même, mon document. Annulez-moi ce coursier !

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LE FAX – Novembre 1985

Il était vingt-deux heures et elle était toujours en train d’envoyer ses fax. Elle s’était fait une liste et il y avait exactement trois cent vingt-trois journalistes et correspondants. Il est vrai qu’elle aurait pu aller à l’essentiel mais là, véritablement, elle voulait travailler large. Elle avait disposé une table de chaque côté pour y classer les communiqués de presse diffusés et ceux qu’elle allait envoyer. Et elle composait les huit chiffres en soupirant. Elle se trompait parfois et elle ne savait plus ce qu’elle avait fait, alors elle recommençait. Seize plus huit chiffres pour les envois vers le reste du territoire depuis l’Ile-de-France…

Son esprit lui rappelait les règles mais aussi qu’elle commençait à avoir sérieusement faim. Elle avait viré ses escarpins et se baladait pieds nus dans les bureaux. La moquette était épaisse. Elle s’installa sur son fauteuil en cuir et écouta d’une oreille distraite la petite musique de l’appareil. Il fallait constituer les listes d’appel pendant que les fax passaient. Elle avait du temps pour d’autres tâches. Elle prit à bras le corps son répertoire rotatif. Huit cents adresses de journalistes qu’elle connaissait sur le bout des doigts. Du petit gars qui remplissait les agendas, aux journalistes. Les vrais.

Elle allait y passer la nuit…

Demain il faudrait attaquer les relances. Elle allait les laisser arriver dans les rédactions. Maintenant avec le fax tout allait si vite. Elle l’envoyait pendant qu’ils étaient devant le film et elle les appellerait à l’heure du café.

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LE FILOFAX – Septembre 1986

Chaque année, elle achetait les recharges de son organiseur modèle luxe. Et au moment de remplacer l’année par des pages vierges, elle ressentait un pincement au cœur. Il faut dire que chaque agenda était une œuvre d’art. Des pages coloriées, griffonnées, enrichies de cartes postales, de photos et de pages de magazine. Elle était créative et accumulait les idées dans ce livre de bord qu’elle noircissait de jours en jours. Une mine de trésors pour le studio graphique. Et quels souvenirs !

Quand elle changea de boulot, son équipe lui offrit un organiseur en autruche. Magnifique. Flambant neuf et un peu plus grand que l’ancien. Étonnement, il n’avait pas mis longtemps à être rempli. Les rendez-vous boulot en noir, les rendez-vous perso en bleu. Au début en tout cas. Puis, plus l’année avançait et plus les pages se remplissaient avec des croquis, des mises en scène, des extraits des discours du Maire, des photos des visites officielles avec le patron. Rien ne lui échappait et elle retrouvait tout, de la carte de visite qu’elle rangeait dans les pochettes plastiques, jusqu’aux notes de restaurant qui avaient leur place au dos du cahier central.

Jusqu’au jour où la nouvelle directrice de la communication fit son apparition et avec elle un coffret noir posé sur tous les bureaux de la direction. Fringante, la trentaine, elle avait la réputation d’une cyborg. Et son cadeau d’arrivée était un petit boîtier à écran tactile avec un stylet. Un truc sombre qui s’ouvrait en deux avec difficulté et était censé remplacer son Filofax! Quelle horreur ! De rage, elle l’avait balancé dans l’armoire, à côté du Minitel.

Le lendemain matin, lors de son premier codir, tous les directeurs faisaient joujou avec le boîtier… Elle était la seule à arborer son calepin. Une chose était certaine, elle allait y passer son week-end et lundi, elle serait la reine du Psion !*

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LA DÉPÊCHE – Janvier 1992

– Messieurs, un peu de silence s’il vous plaît. Nous reprenons les débats dans trente minutes et nous devons revoir nos notes au regard du dernier sondage d’opinion ! Mais où est Bertrand ?

– Au téléphone, Monsieur.

– Eh oui, avoir un directeur de la communication, c’est comme le hub de Roissy de mon ami Christian B., une véritable plateforme de correspondance. Il passe sa vie au téléphone et moi, j’attends !

– Rires…

– Ah…Cher Bertrand, vous voilà, heureux de voir que France Télécom ne vous a pas encore placé sur liste noire… Quelles sont les nouvelles ?

– TF1 est partant Monsieur, Jean-Pierre Foucault vous recevra dans Sacrée soirée. L’audience est bonne. Vous ferez un pas¬sage éclair sur le plateau. J’ai appelé Christophe Dechavanne. Il est partant. Mireille a fait bouger votre planning. Vous ne recevrez pas le PDG de Hewlett-Packard. Le dircab va vous remplacer. Vous le verrez directement demain matin avant le congrès. Nous avons conservé votre rendez-vous avec le groupe de presse canadien. Vous les rencontrerez quinze minutes et vous serez remplacé par l’équipe presse. Nous filerons directement rue Cognacq-Jay. Nous aurons peu de temps pour le maquillage…

– Bien, bien… Et que disent les grands journaux du soir ?

– Il faut attendre, Monsieur. Ils m’ont promis une dépêche et alors tout ira très vite et il faudra dégainer nos arguments.

– La fameuse dépêche AFP ! On ne respire que quand on la tient dans la main. Et avec de pareilles nouvelles, j’espère une dépêche monde !

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LA REVUE DE PRESSE – Février 1992

– C’est vraiment chercher une aiguille dans une botte de foin. On va y passer la nuit, là ! Mais qu’a-t-il demandé exactement ?

– De retrouver le journaliste qui l’a interviewé sur le logement…Rien de plus…

– Tu ne pouvais pas lui demander plus de détails ?

– Pas osé… Il était occupé… Et je suis stagiaire moi…

– Bon, écoute, pour la revue de presse, j’ai préparé les journaux de la semaine de ce côté et les magazines de l’autre. Ils étaient au moins cinquante les journalistes pour la conférence Abbé Pierre… Et faut pas se planter ! Mais on parle du logement social ou d’aménagement ? C’est à quel moment qu’il t’a posé cette question ? De quoi parlait-il ? Avec qui ? Essaie de recouper des informations…

– Le directeur de cabinet…

– Ah ! Bon, écoute, on va commencer par la revue de presse et ensuite on verra pour le papier à retrouver. L’Argus te mâche le travail heureusement !

– C’est quoi l’Argus. Les journaux découpés dans les enveloppes blanches ?

– Oui…Tu les ouvres et tu classes par thème. Un thème par parapheur. Cinq parapheurs maxi. Bon évidemment, cela te demande de lire un peu pour ne pas te planter mais tu vas t’y retrouver assez facilement car cela suit l’actualité de la semaine !

– Genre : culture, social…

– Oui… Mais aussi enfance, relations internationales, environnement, économie… etc.…Tu lis les papiers, tu ne te trompes pas, tu classes au bon endroit, s’il y a lieu, tu découpes le dossier dans les revues pour lui permettre de conceptualiser le papier. Et le plus beau, c’est que lundi matin, il aura tout cela en tête !

 

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* NDLR – Avant les smartphones, il y eut les PDA, les assistants personnels numériques. Avec ces ordinateurs miniaturisés, on pouvait prendre des notes, gérer son carnet d’adresse et même se connecter à Internet pour les modèles les plus avancés. Le premier modèle Psion est sorti en 1984.

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