tramadol 50 mg informacion espanol where to buy tramadol tramadol effects 50mg

soma beach egypt buy soma soma acharyya toronto

valium and vitamins valium without prescription valium stomach ulcer

buy diazepam Lowell buy valium is it safe to take old valium

valium overdose how much does it take buy valium online valium for dogs with seizures

street value klonopin 0.5 buy klonopin online klonopin mixed with muscle relaxer

ambien not sleep ambien online no prescription cross tolerance ambien lunesta

tramadol medication dogs side effects buy tramadol online class drug tramadol

symptoms for taking xanax buy xanax drug interactions between xanax and benadryl

valium metallic taste diazepam 5mg buy valium online Fremont

Henri Verdier.

LES DONNÉES DE L’ÉTAT*

Entretien avec Henri Verdier administrateur général des données

Publié le 25 Mar 2016
Couverture de la revue Parole publique n°11 - avril 2016.

*Titre complet de l’article paru dans la Parole publique :

« FAVORISER LE MEILLEUR USAGE SOUHAITABLE DES DONNÉES QUE DÉTIENT L’ÉTAT »

Où en sont la production, la circulation et l’utilisation des données de l’État ?

Henri VerdierIl y a une longue histoire des relations entre l’État et les données : on a du mal à imaginer l’État sans statistiques et la France d’aujourd’hui sans les données de l’INSEE, de Météo France ou de l’IGN. Et l’État a souvent joué un rôle moteur dans le développement de nouvelles méthodes comme dans la production de grands référentiels.

Les datasciences visent à extraire des données des informations utiles et à concevoir de nouveaux usages, de nouveaux services.

Ce qui change aujourd’hui, pour tous les acteurs économiques et sociaux, ce sont la quantité et la variété des données dont dispose l’État, du fait en particulier de la dématérialisation d’un nombre croissant de procédures. Ce sont aussi et surtout les manières qui s’offrent à lui pour utiliser ces données, du fait à la fois des progrès des sciences et des techniques – les datasciences – mais aussi de l’émergence de nouvelles approches de l’usage des données : les stratégies fondées sur la donnée.

Les datasciences ?

HVLes sciences de la donnée sont une nouvelle discipline visant à extraire des données des informations utiles et à concevoir de nouveaux usages, de nouveaux services. Elles s’appuient pour cela sur un ensemble de méthodes, alliant statistiques, mathématiques, informatique et visualisation des données. 

Comme toute grande institution, il faut que l’État apprenne à organiser ses données pour en permettre toutes les utilisations possibles, tout en garantissant la sécurité nécessaire instaurée par les différents secrets légaux, la vie privée, bien entendu, mais aussi le secret industriel et commercial, la sécurité nationale, etc. En quelques années, des progrès notables ont été réalisés mais la révolution de la donnée avance rapidement, et il y a encore de nombreuses choses à faire pour en tirer tout le potentiel. 

L’État doit apprendre à organiser ses données pour permettre toutes les utilisations possibles, en garantissant les secrets légaux, la vie privée, le secret industriel et commercial.

Au terme de votre première année d’exercice, quels freins identifiez vous ?

HVIl faut d’abord remettre les choses dans leur contexte. Certains freins sont légitimes : nous pouvons nous réjouir d’être un pays attentif à la protection de la vie privée, à la protection de ses entreprises, dont l’administration considère la discrétion comme un devoir envers les citoyens qui interagissent avec elle. La circulation des données, ce n’est pas l’ouverture totale. C’est la recherche d’un optimum. Partager les grands référentiels, chercher de nouvelles solutions à des problèmes, etc. L’objectif de l’administrateur général des données, c’est de favoriser le meilleur usage souhaitable des données que détient l’État, en investissant de nouveaux champs de l’action publique, comme l’analyse prédictive, la décision en temps réel, la détection de signaux faibles, etc.

Après une année d’expérimentations avec différentes administrations, nous avons pu identifier des freins qui n’étaient pas forcément ceux que nous aurions anticipés. Le plus important nous semble être la méconnaissance des données disponibles. Autant les données de savoir, comme la statistique publique, sont bien connues, autant les données produites par les systèmes de gestion automatisée ou dans les grandes communautés de contribution, et plus généralement de nombreuses données numériques, restent inexploitées.

La circulation des données, ce n’est pas l’ouverture totale. C’est la recherche d’un optimum.

Deuxième difficulté : l’abandon d’une forme de contrôle sur notre informatique. Il devient essentiel de penser les conditions pour que l’État puisse à tout moment reprendre et utiliser lui-même toutes les données dont il a besoin pour remplir sa mission (on parle, de nouveau, d’informatique de gestion). Notre premier rapport d’activité analyse d’autres freins : l’absence d’incitations à la coopération entre administrations, l’application approximative des secrets légaux et, bien sûr, la diffusion encore trop restreinte des datasciences. Car enfin, comment demander tant d’efforts aux administrations si elles ne peuvent pas en bénéficier grâce à la maîtrise de ces nouveaux usages des données ?

Investir de nouveaux champs de l’action publique : analyse prédictive, décision en temps réel, détection de signaux faibles.

D’où la constitution auprès de vous d’une équipe de datascientists ?

HVEffectivement. Le plus important, sans doute, pour faire avancer la pratique des datasciences est d’en prouver la valeur pour l’État et d’en diffuser largement la maîtrise. Le pari est qu’au fur et à mesure de la banalisation de ces méthodes, les principes de bonne gouvernance de la donnée paraîtront évidents. Car de très nombreuses dimensions de l’action publique peuvent et vont être substantiellement améliorées grâce à l’utilisation de ces données et de ces outils. Mieux prédire de grands phénomènes (épidémies, tensions sur le marché de l’emploi…), mieux comprendre des événements plus individuels (cambriolages, accidents de la route, fraude fiscale…), piloter des politiques en temps réel, allouer ses ressources avec pertinence… Toutes ces possibilités – et bien d’autres – sont ouvertes avec des moyens très modérés, pourvu que les données soient accessibles et que quelques compétences rares soient intégrées au sein de l’État.

À quelles problématiques avez-vous appliqué les datasciences, pour quels résultats ?

HVAu cours de cette première année, mon équipe et moi avons par exemple travaillé avec le service des achats de l’État pour analyser en détail les données de consommation d’électricité dans les bâtiments publics et, grâce à cela, mieux négocier les achats de l’État. Avec Pôle emploi, nous avons élaboré, à partir de plus de 600 variables, un modèle capable de prédire à 80 % les entreprises allant recruter dans le semestre à venir près de chez soi pour un profil donné. Ce qui a permis l’ouverture d’un nouveau service qui facilite les candidatures spontanées, La Bonne Boîte.

Le frein le plus important est la méconnaissance des données disponibles.

Avec la police et la gendarmerie, nous avons développé un modèle de prédiction des vols de voiture extrêmement efficace. Et nous avons soutenu l’initiative d’une entreprise qui a développé un très intéressant modèle de prédiction des évolutions thérapeutiques grâce à l’analyse de la littérature scientifique. C’est un modèle essentiel pour qui veut prendre des décisions d’investissement. Tous ces résultats sont consultables sur le blog de l’AGD.

Des recommandations pour améliorer l’exploitation et la circulation des données ?

HVLe rapport formule plusieurs recommandations et cette ambition va être l’un des fils rouges de l’action de la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), au sein du SGMAP, dans les années à venir. Le plus important consistera à continuer à développer des projets concrets à résultats vérifiables, à l’image de France connect, la Base adresse nationale et l’approche start-up d’État, et à bâtir une circulation croissante au fur et à mesure des API qui seront développées pour les projets.

Développer des projets concrets à résultats vérifiables, à l’image de France connect.

Les autres recommandations visent à engager les réformes nécessaires en adoptant le plus souvent possible les approches ouvertes et contributives qui font le succès des stratégies open data : organiser avec les administrations volontaires le recensement des données disponibles selon une logique ouverte, construire avec la CNIL et les administrations un pack de conformité définissant un ensemble de bonnes pratiques de traitement de données potentiellement à caractère personnel, muscler les méthodes d’anonymisation de fichiers disponibles dans l’État, mettre les différentes initiatives en réseau pour qu’elles partagent leurs bonnes pratiques. Ces premières mesures permettraient de faire entrer profondément la question des données dans la palette des outils au service de la transformation de l’action publique.

Avec l’aimable autorisation du SGMAP

VotreParole !

Une proposition d’initiative, une idée originale à partager, un projet à faire connaître, ou bien même un sujet pour la revue Parole publique : dites-nous et nous vous contacterons.

Écrivez-nous