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Europe : combattre les idées fausses

Thierry Libaert Professeur des universités, membre du Comité économique et social européen

Publié le 06 Déc 2018

À l’approche des élections européennes, les partis politiques vont dérouler leurs discours binaires – pour ou contre l’Europe -, le Parlement européen va reprendre, comme tous les cinq ans, ses publicités institutionnelles déconnectées des perceptions des citoyens, à l’instar de l’inconsistant Act – React – Impact de 2014.

Si l’on souhaite réellement intéresser nos concitoyens à la cause européenne, il est nécessaire de mieux réfléchir à la manière de communiquer. Quelques recommandations peuvent être suggérées. Elles commencent par un diagnostic rigoureux de la situation.

Rappelons que toute communication commence par l’écoute, le diagnostic des situations et des représentations, et qu’un élément de base des enseignements en communication est de distinguer l’identité d’une organisation et son image.

Le débat s’est cristallisé sur une Europe intrusive qui gouvernerait nos existences et laisserait nos gouvernements nationaux désemparés et impuissants.

Le discours du déclin n’est pas sans fondement : Jean Quatremer1 rappelle que si l’Europe pesait 20 % de la population mondiale au début du 20ème siècle, elle pèse aujourd’hui entre 7 et 11 % et s’achemine vers 4 % à la fin de ce siècle. Déjà 80 % de la valeur ajoutée mondiale se crée hors de l’Europe. Mais ce déclin est relatif : la croissance annuelle de l’Europe reste proche de celle du Japon et des États-Unis, elle a accueilli 424 milliards d’euros d’investissements étrangers en 2016 contre 391 pour les États-Unis. »2. Première puissance commerciale au monde, elle a créé 9 millions d’emplois depuis 2014, déposé 40 % des brevets mondiaux dans l’énergie propre, le chômage recule, la dette est bien inférieure à celle des autres continents.

Sans direction stratégique, la communication de l’UE apparaît lointaine, descendante, peu lisible et souvent incompréhensible.

Le débat s’est aussi fortement cristallisé sur la critique d’une Europe intrusive qui gouvernerait nos existences et laisserait nos gouvernements nationaux désemparés et impuissants. À croire que les 30 000 collaborateurs des institutions européennes passeraient leur temps à normaliser la taille des concombres. La vérité, trop peu connue, est que les pouvoirs de l’Union européenne sont extrêmement limités. L’Europe n’a aucune compétence en matière budgétaire, de droit du travail, de fiscalité, de défense, de police, de politique étrangère, de justice, de droit commercial, de logement, d’audiovisuel. Même dans des domaines culturels comme l’éducation, ses compétences restent limitées et les grandes réussites en matière de recherche comme Airbus résultent d’accords entre États et non d’une impulsion bruxelloise. Quant au chiffre largement diffusé d’une Europe qui serait responsable de 80 % de notre législation nationale, il ne repose sur aucune donnée statistique et serait, selon Jean Quatremer « plus proche de 20 % en moyenne sur une période de 20 ans. Il ne serait que de 12 % pour la France ».1

Aucune institution européenne ne s’implique réellement contre la désinformation des eurosceptiques.

Le Brexit et la montée des populismes et des mouvements souverainistes ont pu laisser penser qu’une distanciation forte était en train de s’opérer entre les institutions de l’Union européenne et ses habitants. Une analyse plus fine apporte des résultats totalement inverses. Quand certains font campagne pour une sortie de l’euro, les trois quarts des européens des dix-neuf pays de la zone euro s’y déclarent favorables, score jamais vu depuis 2004 ! Pour la première fois depuis 2010, sept Européens sur dix déclarent se sentir « citoyen de l’Union européenne ». Et la confiance dans l’Union est supérieure à celle que les Européens portent à leurs propres institutions nationales ! Dans le dernier Eurobaromètre (Automne 2017) les Européens ayant une image positive de l’Union sont deux fois plus nombreux que ceux qui en ont une image négative : 40 % contre 21 %. Loin d’avoir ouvert la porte à la généralisation d’un sentiment anti-européen, le choc du Brexit semble avoir entraîné un resserrement des liens d’appartenance : la Fondation Berstelmann3 a mesuré que, trois mois après l’annonce du Brexit, le sentiment d’appartenance à l’Union dans l’ensemble des 27 autres États s’était accru de 5 %.

Des accords économiques ne créent pas un sentiment d’appartenance. Pire, les difficultés économiques ont renforcé un sentiment de défiance.

Mais, si l’Europe n’est pas en déclin, si le populisme ambiant ne doit pas masquer l’ancrage du sentiment européen, il reste que la communication apparaît lointaine, purement descendante, peu lisible et souvent incompréhensible. Trois voies d’amélioration doivent être impérativement et activement explorées.

Une communication effective implique qu’un émetteur identifié adresse ses messages à des publics identifiés. Or, surprise, il n’existe pas, pour l’Union européenne, de directeur de la communication clairement identifié. Des structures de communication existent dans chacune des grandes entités, Commission européenne, Conseil européen, Parlement européen, Comité économique et social européen, Comité des régions. Mais sans que soit institutionnalisée une organisation dotée d’un réel pouvoir d’impulsion. Chaque institution communique donc en lien direct avec ses enjeux, d’où des communications en solo de nature promotionnelle. Imagine-t-on une entreprise sans direction centrale de la communication en charge de la stratégie, de la définition des objectifs et des messages ? C’est pourtant la réalité pour l’Union européenne dont le budget 2018 s’élève à 165 milliards d’euros.

Il est temps de repenser un nouveau récit européen. La recherche de la paix ne peut plus être le moteur de l’unification.

Dès 2000, Éric Dacheux notait que « force est de constater que cet ensemble de moyens n’a pas pu endiguer l’euroscepticisme »4. Bien sûr, les directeurs de communication se rencontrent régulièrement pour harmoniser leurs actions mais, sans organisation dotée de pouvoirs de cadrage stratégique pour l’ensemble des institutions et d’élaboration d’une parole unique, tout progrès apparaîtra limité. Le Conseil européen, dont le rôle est de définir les orientations et les priorités de l’Union, devait être à l’origine de la création de cette nouvelle entité. Les inconvénients de cette situation étaient déjà diagnostiqués en 1993 par Willy de Clerc (Réflexion sur la politique d’information et de communication de la Communauté européenne, avec la collaboration de Jacques Pilhan) : « Il n‘y a pas de direction stratégique pour la communication communautaire et aucun office central de communication pour orchestrer la collaboration des différents relais et veiller à ce que les campagnes institutionnelles et sectorielles de communication se conforment à la stratégie générale. Faute de stratégie générale de communication qui établisse ce qui doit être communiqué, à qui et pourquoi, il n‘y a ni message clair et net ni incitation précise en vue de provoquer les réactions souhaitées ».

La moitié des dépenses sociales dans le monde protègent les 500 millions d’Européens.

L’adaptation passe aussi par une plus grande réactivité : face à la désinformation considérable des eurosceptiques, aucune institution européenne, étrangère à ce qui ne s’inscrit pas directement dans ses propres enjeux, ne s’implique réellement pour contrer les informations approximatives ou mensongères. En France, le site d’information Toute l’Europe est remarquable d’efficacité. Mais le réseau Europe direct chargé de répondre aux questions sur l’Union devait intégrer une cellule Riposte en charge de veiller aux informations mensongères propagées sur l’Europe et d’apporter les éléments pour y répondre.

Le récit européen doit exprimer l’aspiration partagée à une qualité de vie qui intègre les volets sociaux et environnementaux.

L’Europe est née sur un objectif et une hypothèse. L’objectif était la paix ; l’idée est omniprésente dans le texte fondateur ; nul ne peut contester que cet objectif soit atteint. L’hypothèse était que, pour créer l’Europe des peuples, il fallait commencer par « créer des solidarités de fait ». Née avec le charbon et l’acier, en 1951, l’Europe s’est ensuite constituée en Communauté économique européenne. Ce n’est qu’en 1993 que l’idée du Marché commun cède place à celle de l’Union. L’hypothèse s’est révélée infondée : des accords économiques n’ont jamais pu créer un sentiment d’appartenance. Pire, les difficultés économiques ont renforcé un sentiment de défiance. Et les populistes ont pu se saisir efficacement de l’argument d’une Europe coûteuse à partir du moment où, focalisé sur une vision purement économique, chaque État dont la contribution au budget européen était supérieure aux investissements européens dans son pays, pouvait dresser le bilan d’une Union européenne qui ne lui était pas rentable. L’essentiel du Brexit a reposé sur ce calcul financier, erroné comme l’a reconnu Nigel Farage, leader du Brexit.

Il est temps de repenser la possibilité d’un nouveau récit européen. Avec l’effondrement du rideau de fer, la recherche de la paix ne peut plus être le moteur de l’unification : 75 ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, plus personne n’imagine un nouveau conflit entre des États membres.

15 000 lobbyistes promeuvent des intérêts à Bruxelles. Combien sont-ils pour la promotion de l’Europe dans leurs territoires ?

Le récit européen doit s’inscrire dans des valeurs qui rassemblent et permettent l’identification. L’Europe, à l’origine de la révolution industrielle, a su ensuite mettre en place des mécanismes de protection : la moitié des dépenses sociales dans le monde concernent les 500 millions d’Européens. Notre continent est le plus progressiste sur le réchauffement climatique, la liberté artistique, l’aide au développement. Il est ouvert au monde, mais à une mondialisation régulée, civilisée, protectrice. Le nouveau récit européen doit intégrer l’aspiration à une qualité de vie qui ne s’effectue pas au détriment des volets sociaux et environnementaux. C’est une des attentes les plus partagées en Europe. Il faut propager l’idée d’un bien-être européen comme mission de l’Europe que nous voulons.

6 000 Français travaillent pour l’UE : si chacun allait témoigner dans une école, une entreprise ou une association, il participerait à démystifier le travail des institutions.

Or l’Europe est née dans l’esprit de quelques personnalités exceptionnelles sans que les habitants et les organisations de la société civile puissent s’y impliquer. L’initiative citoyenne n’a été mise en place qu’en 2012, après le traité de Lisbonne, avec des contraintes de mise en oeuvre trop lourdes. L’Europe rêvée des pères fondateurs était une union des nations Européennes, il est désormais nécessaire qu’elle soit celle des européens, que ses valeurs s’incarnent dans les aspirations actuelles.

La confiance est souvent proportionnelle à la proximité. L’expression si souvent entendue « Cela a été décidé à Bruxelles » renvoie la perception d’un processus non démocratique éloigné des réelles préoccupations. 15 000 lobbyistes promeuvent à Bruxelles les intérêts de leur profession. Combien sont-ils pour la promotion de l’Europe dans leurs territoires ? La relation à l’Europe apparaît unilatérale. La Commission européenne a bien essayé de lancer un dispositif de « dialogue citoyen » et son président d’encourager les commissaires à être présents sur le terrain. En France, les consultations citoyennes mises en place par le ministère des affaires européennes sous l’impulsion du Président de la République sont une excellente idée mais une durée trop courte, un manque de relais et une période trop proche des élections européennes auront réduit leur efficacité.

Diffuser sur le terrain l’image d’une Europe de la proximité, ancrée sur des réalités locales.

Le Comité économique et social a fait œuvre de précurseur en 2008 en instaurant un dispositif Going local pour inciter l’ensemble de ses 350 membres, dont 24 français, à présenter leurs activités au sein des organisations de l’Union. 6 000 Français travaillent dans les institutions européennes, dont plus de la moitié à la Commission européenne ; si chacun, ne serait-ce qu’une fois par an, se rendait dans une école, une entreprise ou une association pour délivrer son témoignage sur ses activités, cela participerait à démystifier le travail des institutions. Si le nouveau récit européen doit émaner d’une entité centrale, il devra surtout être relayé au plus près du terrain. Le retour du local est une condition indispensable pour diffuser une image d’une Europe ancrée sur des réalités locales, une Europe de la proximité.

Face à l’euroscepticisme, la communication ne peut pallier une défaillance de structure ou de gouvernance.

Mais le préalable c’est d’avoir une vision juste de la communication et de ses pouvoirs. L’euroscepticisme n’est pas la conséquence d’une mauvaise communication. Si l’Europe est la maison commune, ses fondations sont obsolètes : architectes et plans nous sont inconnus, nous ne savons pas encore combien de personnes y habiteront et l’idée même de construire un toit est sans cesse repoussée. La communication peut promouvoir une nouvelle dynamique, réduire des perceptions erronées, accroître le lien de proximité et de confiance, elle ne peut pallier une défaillance de structure ou de gouvernance.

____________________________

1 – Jean Quatremer, Les salauds de l’Europe, Calmann-Lévy, 2017.
2 -Jean-Dominique Giuliani, « Quels enjeux politiques pour l’Union », Fondation Robert Schuman, L’état de l’Union 2018.
3 – Fondation Bertelsmann, Brexit has raised support for the European Union, 21/11/2016.
4 – Eric Dacheux. « Réflexions sur la politique de communication de la Commission européenne ». Communication et organisation. N°17. 2000.

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