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Entretien avec Thieulin

ENTRETIEN AVEC…

BENOÎT THIEULIN Président du Conseil national du numérique

Publié le 13 Mar 2015
Parole publique N°8

_Sur quoi travaille le Conseil national du numérique (@CNNum) ?

Benoît Thieulin – Le Conseil national du numérique a pour mission de formuler de manière indépendante et de rendre publics des avis et des recommandations sur toute question relative à l’impact du numérique. Ces avis peuvent répondre à des saisines du Gouvernement mais le Conseil peut également s’autosaisir : ce fut le cas en 2013 pour la loi de programmation militaire ou la proposition de loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel.

“Le numérique, longtemps cloisonné dans les discussions techniques, doit devenir un élément central dans le débat public.”

Le Conseil est aujourd’hui composé de façon paritaire de 30 membres bénévoles, représentatifs de l’écosystème numérique : journalistes, chercheurs, associatifs, entrepreneurs, représentants de grands groupes ou encore un philosophe. Nos rapports couvrent l’ensemble des problématiques du numérique : neutralité du net, plateformes, inclusion, questions de surveillance. Depuis un an, notre champ de travail s’est étendu car le numérique dévore les politiques publiques : éducation, commerce international, santé, etc. Le Conseil assure aussi l’interface avec toutes les parties prenantes, y compris les citoyens. À ce titre il organise régulièrement des concertations aux niveaux national et territorial, avec les acteurs publics, la société civile et le monde économique.

_C’est l’objectif de l’actuelle concertation nationale sur le numérique ?

BT – Le Premier ministre a en effet saisi le CNNum en octobre dernier pour mener une concertation citoyenne afin d’alimenter le futur projet de loi sur le numérique et la feuille de route numérique de la France à l’échelle européenne et internationale. L’ensemble du Gouvernement et des administrations sont mobilisés. Cela permet une approche transversale et prospective sur les enjeux politiques, économiques et sociétaux du numérique. La concertation vise à ouvrir le débat à l’ensemble de la sphère citoyenne. Une plateforme en ligne* a été créée pour recueillir les contributions du plus grand nombre : opinions, retours d’expériences, bonnes pratiques, propositions, etc. L’ambition est de proposer une démarche innovante permettant à chacun de s’impliquer et de contribuer. Dans son avis sur le projet de loi de programmation militaire, le CNNum avait manifesté son opposition à ce que des dispositions aussi essentielles et sensibles puissent être adoptées par voie d’amendements, sans concertation avec les parties prenantes et la société civile.

“La modification de la communication publique ne doit pas seulement être comprise comme une augmentation de la transparence mais comme une transformation de la gouvernance de l’action publique.”

_Avec Ambition numérique, en quoi innovez-vous dans le domaine de la concertation citoyenne ? Quels enseignements à ce stade ?

BT – Cette démarche est un outil de mobilisation de la société entière. Le numérique, trop longtemps cloisonné dans les discussions techniques, doit devenir un élément central dans le débat public. On augmente ainsi le pouvoir d’agir des citoyens qui souhaitent contribuer à l’élaboration des politiques publiques : ils ont souvent d’excellentes idées ! À ce jour, sur 2 200 citoyens inscrits sur la plateforme, plus de la moitié sont contributeurs actifs. Le site recense près de 1 300 propositions, 2 000 arguments et plus de 13 000 votes. En parallèle, 70 ateliers-relais ont été organisés de façon autonome, partout en France, par des structures de tout type : universités, écoles, mairies, associations, grands groupes, pôle de compétitivité, etc.

“Ouvrir les pouvoirs publics au formidable potentiel d’innovation de l’intelligence collective : les bonnes idées ne sont pas toujours là où on les attend.”

Le deuxième enjeu de la concertation est d’ouvrir les pouvoirs publics au formidable potentiel d’innovation de l’intelligence collective. Dans un monde complexe où les expertises juridiques, économiques ou techniques sont rarement concentrées dans une seule administration, il est essentiel de capitaliser sur des bonnes idées qui ne sont pas toujours là où on les attend. Ambition numérique* réunit ainsi des contributeurs aux profils variés : acteurs de la société civile (citoyens, étudiants, associations, organisations comme Amnesty International France), du secteur économique (des entreprises comme Orange ou Google France, des syndicats à l’exemple du Syntec numérique, des fédérations professionnelles comme le MEDEF) mais également de nombreuses institutions publiques (le Conseil d’État, le CSA, collectivités territoriales, etc.).

“L’innovation numérique touche le management public : il faut reconnaître les innovateurs d’État. C’est un gage de simplicité, d’efficacité et de démocratie.”

Enfin, la concertation a vocation à devenir un modèle de concertation publique des citoyens et des différents groupes d’intérêt, de permettre des échanges ouverts à tous et donc une plus grande traçabilité de la prise de décision publique.

_Quelles tendances identifiez-vous dans la communication publique ? Va-t-on vers une transformation de la relation aux citoyens ?

BT – Le numérique renforce la transparence de l’action publique en invitant l’administration à rendre des comptes et en augmentant les canaux de la communication. Il accroît la possibilité pour les citoyens d’adresser demandes et idées à l’administration. La modification de la communication publique ne doit donc pas seulement être comprise comme une augmentation de la transparence mais comme une transformation de la gouvernance de l’action publique : de l’élaboration d’une politique publique à sa mise en œuvre, l’État et les collectivités interagissent avec une multitude d’acteurs qui, par leurs usages, leur capacité à créer des communautés, sont les premiers révolutionnaires, les hackers de l’État ! Il y a des initiatives incroyables : Open-StreetMap, réseau non lucratif de cartographes bénévoles, a convaincu La Poste et l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), avec le soutien de la mission Etalab, de construire en open source la base adresse nationale qui, mise à disposition de tous, constitue une mine d’or pour l’innovation publique et sociale. L’innovation numérique touche aussi la gestion et le management publics : il faut donner les moyens aux agents de s’ouvrir à des partenariats nouveaux, impliquant les citoyens, les startups et reconnaître les innovateurs d’État. C’est un gage de simplicité, d’efficacité et de démocratie. De même, la conception des services publics numériques doit s’adapter aux usages des citoyens. Si le numérique permet à des grandes entreprises de bouleverser des pans entiers de notre économie, il peut apporter à l’État, aux administrations, aux collectivités et établissements publics, les moyens de mieux travailler ensemble, de mutualiser ressources et outils, d’assurer la continuité de l’action publique et l’égalité d’accès devant le service public.

“Le numérique peut apporter à l’État, aux administrations, aux collectivités les moyens de mieux travailler ensemble, de mutualiser ressources et outils.”

Il y a aujourd’hui une véritable volonté politique de se saisir de ces nouveaux outils en collaboration avec les citoyens. L’esprit de co-construction des services publics qui préside à cette concertation bouleverse effectivement la relation qu’entretiennent les pouvoirs publics avec les citoyens : différentes institutions, récemment le Ministère de l’Éducation nationale, ont mis en place des dispositifs de consultation en amont de nouvelles dispositions législatives.

Propos recueillis par Pascal Martin


 

* http://contribuez.cnnumerique.fr/.

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