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ENTRE PAROLE PUBLIQUE ET IMAGINAIRE NATIONAL, UNE COHÉRENCE NECESSAIRE

STÉPHANE ROZÈS Président de la société de conseil Cap, enseignant à Sciences-Po et HEC

Publié le 11 Juin 2013

On en vient à se demander s’il est encore possible de parler de crédibilité de la parole publique, tant la défiance à l’égard des hommes politiques l’emporte dans l’opinion : 22 % des Français seulement leur font encore confiance. Et pourtant, l’attente de politique et de parole publique est vivace. Lors de la dernière élection présidentielle, les émissions de la campagne ont été suivies comme jamais et les Français se sont rués aux urnes : 81 % des électeurs ont participé au scrutin… Ce paradoxe s’explique par le rapport très particulier des Français à la politique qui confère un statut spécifique à la parole publique : son dépositaire n’en est pas propriétaire. Car la nature de la parole publique ne tient pas seulement au fait qu’elle s’adresse à tous mais à ce qu’elle permet de « tenir ensemble » ceux qui l’entendent dans une projection commune. Son efficacité dépend de sa capacité de persuasion et d’agrégation. Sa crédibilité tient à son inscription dans un récit qui construise une cohérence entre l’identité de l’émetteur, ses messages et ses conduites. La parole publique est « au-dessus », elle dépasse celui qui la porte.

De façon générale, la parole, c’est ce qui permet à l’individu de penser et de nouer des liens avec son environnement, de construire un rapport aux autres. La parole est un agent actif de ce que j’appelle « l’Imaginaire », c’est-à-dire une mise en perspective de représentations qui permettent à l’individu de s’approprier le réel. Cette appropriation passe par les relations interpersonnelles : par la parole on transforme ses ressentis, ses intuitions, ses images, en objets de pensées que l’on peut confronter avec les autres. Dans la parole privée, ce qui est en jeu c’est la relation incessante entre l’inconscient et la conscience, la relation entre celui qui énonce la parole et celui qui l’entend. Quand on devient défiant à l’égard de la parole de quelqu’un, il suffit de changer le type de rapport que l’on noue avec lui ou de s’en détourner. La parole publique est de nature différente. Quoi qu’on pense de son contenu ou de celui qui la porte, on ne peut s’en extraire, on ne peut s’en passer, a fortiori en France. Elle provient d’organes ou de personnes qui incarnent, représentent et encadrent la communauté dont nous sommes partie prenante : État, collectivités territoriales, fonction publique, services publics. La parole publique s’adresse à l’ensemble des citoyens. Elle ne porte pas seulement sur l’efficience des politiques publiques, sur la relation descendante entre la personne qui l’énonce et le récepteur : sa fonction première est de relier les citoyens entre eux. Elle est une nécessaire représentation et un nécessaire échange qui nous disent ce que nous avons à faire les uns avec les autres. La parole publique n’est pas une parole normale, en ce sens justement qu’elle n’est pas banale, qu’elle est le plus souvent attendue et perçue comme normative, régulatrice et organisatrice de notre vivre-ensemble.

« La politique, c’est de la symbolique : il y a grand risque à ramener la dimension spirituelle de la fonction à la dimension temporelle de la personne. »

Et, en France, c’est d’abord la politique qui donne légitimité et sens à la parole publique.

La parole publique, véhicule de notre imaginaire politique

L’imaginaire des individus et des peuples est une mise en perspective construite à partir de la façon dont ils font société, dont ils s’assemblent pour s’approprier la nature, l’espace et le temps. De tous les pays européens, la France est celui qui intègre le plus de diversités : la France et les Français n’ont pas une origine mais des origines. Chez nous, l’État s’est constitué avant la nation. Et le politique est une sorte de « surmoi » national qui tient ensemble les Français. Notre imaginaire national se construit par une opération mentale, collective et individuelle, de dépassement, de « désingularisation » des différences, de dispute puis de consentement au travers d’une projection politique. Il y a en France une attente de dynamique commune dans laquelle la diversité des individus et des territoires doit pouvoir « s’encastrer ». Il y a un besoin de projeter les différences inter-individuelles dans des valeurs de communion, alors même qu’au quotidien on met l’autre à l’écart ! Cette demande de cohérence, de verticalité, a une raison profonde qui signe un recentrement, une nouvelle période : l’individu a conscience d’un décrochage entre ses représentations idéologiques et ses conduites effectives ; les Français font un succès au film Intouchables qui montre la mixité sociale… mais, dans les territoires, ceux qui améliorent leur situation sociale ont tendance au retrait dans des communes qui leur ressemblent ; le Français, en tant que consommateur, veut profiter de la globalisation dans tous ses aspects… et redoute que ce mouvement, dont il est un acteur, remette en cause le salarié qu’il est aussi ; il veut pouvoir continuer à se distinguer, à se réaliser… et il s’inquiète de l’avenir de la planète, de la limitation des ressources ; résident, il se comporte en consommateur de territoire… et il voudrait en être citoyen. Et cet individu « scindé » réclame aux politiques, dans leurs paroles et dans leurs actes, une cohérence que lui-même n’a plus. Il y a une demande de sens et de direction, d’orientation, et d’ordre, l’attente d’une histoire partagée. Ainsi la parole publique doit-elle être d’abord un Récit, une cohérence permettant aux individus de « s’y retrouver » et de se retrouver dans une dynamique collective. Un récit cohérent c’est un récit « qui se tient » et qui tient ensemble les individus, qui les dépasse et les inclut, quelque chose qui relie le présent des uns et des autres à un avenir collectif, à un mouvement d’ensemble. Ce besoin d’un récit commun est tel que l’attente de la parole publique demeure quand bien même les citoyens ont perdu confiance dans les porte-parole et dans les mots qu’ils portent…

L’incarnation : de la proximité au dépassement

Ces éléments caractéristiques de notre imaginaire collectif expliquent que le déficit de légitimité et de crédibilité de la parole publique ne vient pas tant de ce que les acteurs politiques ne seraient pas suffisamment à l’image des citoyens. Le discrédit tient d’abord à ce que les politiques, dans leurs conduites et paroles publiques, ne distinguent guère la dimension spirituelle de leur fonction et de leur parole -qui dépasse leur personne- et la dimension temporelle de leurs intérêts et engagements personnels. En sorte que trop souvent les gens ne retrouvent pas l’expression de notre imaginaire collectif dans les comportements et les discours des autorités à tous niveaux. La bonne articulation entre dimensions temporelle et spirituelle du discours public, entre le court et le long terme, l’individu et la collectivité, le particulier et le commun, le proche et le lointain, est absolument déterminante pour que la parole publique puisse faire bouger les pratiques. Souvenons-nous : au début du quinquennat, le comportement et le vocabulaire de Nicolas Sarkozy avaient pu sembler en rupture  avec notre symbolique du pouvoir. Dès ce moment, dans les études d’opinion, on a vu se dégrader le qualificatif « proche des Français ». Ce point est essentiel : pour les Français, s’agissant des responsables publics, si la proximité favorise clairement la confiance, la proximité entre l’électeur et l’élu n’implique nullement la ressemblance entre l’un et l’autre ; elle suppose, pour celui qui l’assume, une capacité à porter la fonction au-dessus de sa personne. Il y a une logique des fonctions et des positions qui est redoutable pour la perception qu’ont les gens des personnes en charge d’une responsabilité publique. Plus fortement encore en période d’insécurité économique et sociale -quand les gens se posent, au fond, la question de ce qu’ils ont à faire ensemble- la politique c’est de la symbolique : il y a grand risque à ramener la dimension spirituelle de la fonction à la dimension temporelle de la personne… qu’on en fasse trop ou pas assez, « bling-bling » ou « boite à outils »… En réalité, un Président de la République a peu de marge pour donner un style à « sa » présidence : c’est la Présidence, plus exactement l’imaginaire français de la Présidence, qui s’impose au Président. Pour les Français, la présidence normale c’est une fonction exceptionnelle parce qu’unique : on attend du Président non seulement qu’il représente les Français mais qu’il incarne la France. « Chaque nation a une âme » disait François Hollande au Bourget, en janvier 2012… Parlant à Tombouctou, un an plus tard, du « plus beau jour » de sa vie politique, le président est en cohérence avec l’universalisme de l’imaginaire français : trois Français sur quatre approuvent l’intervention de l’armée française au Mali, il y a un moment d’unité nationale. Ne nous méprenons pas, l’unité nationale n’est pas la conséquence mais le principe de cette parole en acte : elle l’a rendue souhaitable, possible, attendue. A l’inverse, si la parole publique européenne suscite la défiance c’est qu’elle renvoie désormais à un imaginaire technocratique et bureaucratique, comptable et sans grandeur. Qu’il s’agisse d’un maire ou d’un président de la République, figures centrales de notre scène publique, la question de ce que j’appelle l’incarnation de la parole publique prend une importance cruciale dans les moments de désarroi, quand le lien social se distend. Dans la parole publique, le spirituel l’emporte sur le temporel, la finalité sur les procédures, l’incarnation sur les programmes, le projet sur le bilan. On est au-delà de la compétence administrative ou économique du bien-gouverner. En 2006, les Français voyaient Strauss Kahn comme le plus compétent… mais c’est Royal qu’ils voyaient à l’Elysée ; aux dernières municipales, Strasbourg avait pour ses habitants le meilleur bilan municipal des grandes villes, la maire sortante a été battue ; Marseille avait le plus mauvais bilan, le maire a été réélu. C’est que la parole publique doit répondre à l’imaginaire du territoire, local ou national : un Français n’est pas un Italien ou un Américain, ni comme citoyen, ni comme consommateur, usager ou client, ni comme salarié ou agent. Ni moralement, ni culturellement. La campagne Internet d’un Obama peut segmenter l’électorat en autant de cibles marketing contactées au titre de leur singularité, de leur spécificité. En France, à l’inverse, la parole publique doit partir du commun pour aller au singulier, car les gens se positionnent d’emblée par rapport à des enjeux généraux et nationaux, et posent le débat à un niveau qui dépasse les problématiques individuelles ou corporatistes. Comme s’ils avaient conscience que la réalité divise et que l’imaginaire unit… D’où le goût des Français pour l’abstraction.

La parole publique, entre conversation et projection

Avec les nouveaux moyens de communication horizontaux comme Internet et les réseaux sociaux, à travers les navigations et les conversations, les individus se déploient dans un univers non pas irréel mais virtuel ; ils peuvent y trouver de quoi satisfaire le besoin de se retrouver dans des communautés plus ou moins éphémères… Mais, plus la société s’horizontalise, s’individualise et se fragmente, plus l’individu a besoin de se retrouver dans une verticalité qui est une forme d’unité et dont la parole publique est le vecteur nécessaire. Il y à, selon moi, congruence entre l’affirmation d’individus qui entendent déployer leur individualité au quotidien et l’exigence des mêmes de pouvoir « se retrouver » dans une parole publique qui soit l’expression de ce que l’on a en commun par rapport aux autres peuples et nations.

« La parole publique dépasse celui qui la porte. »

D’ailleurs, les entreprises privées, qui rencontrent les consommateur sur les marchés et sur les réseaux, sont obligées de donner à leur communication produit et marque un contenu corporate : comme en écho ou en imitation de la parole publique, elles revendiquent leur contribution à l’intérêt général ; la parole des entreprises aujourd’hui met plus en avant les valeurs qu’elles portent que la qualité des produits ou services qu’elles dispensent. Car l’investissement du consommateur français dans les biens et services est de plus en plus affectif voire éthique, attentif au souci que l’entreprise porte à ses empreintes sociale, sociétale et environnementale. Même si, dans un pays où la culture dominante considère que l’État a le monopole de l’intérêt général, deux consommateurs sur trois ne croient pas aux messages qu’elles énoncent ! C’est pourquoi, dans les entreprises, après le temps de l’ingénieur, après le temps du marketing, vient le temps de la conversation. Car le récit ne vient pas forcément -en tous cas, jamais totalement- « du haut ». C’est devenu une co-construction, le produit d’un échange, d’un dialogue, entre ceux qui dirigent et représentent l’institution (fût-elle une nation), ceux qui la composent et la rendent effective, manifeste, et ceux qui en dépendent plus ou moins quotidiennement. Mais il n’en demeure pas moins que la parole publique doit maintenir sa verticalité, assumer une autorité, permettre une projection dans un avenir commun. Prenons le cas des pouvoirs locaux. Le problème pour un maire, il me semble, c’est de transformer en citoyens des résidents qui peuvent avoir une approche utilitariste de consommateurs de territoire ou d’usagers-habitants. C’est encore plus dur dans ces villes qui cumulent les handicaps économiques, sociaux, culturels, avec des tentations effectives de replis, le plus grave étant le repli communautariste qui ajoute la question ethnique à la question sociale. Il y a une pression exercée sur les maires pour construire un entre-soi identitaire, une spécificité offensée sinon défensive, autour de l’idée qu’on serait dans une situation plus difficile que les autres. Même dans ce cas, si on veut créer de la citoyenneté, il faut aller chercher les éléments d’un récit collectif. Cela peut conduire à converser avant de trancher, à mettre en œuvre la concertation avec les résidents. Mais une autorité publique ne peut se défausser, une municipalité ne peut pas aller vers les gens en faisant comme si c’était à eux de définir ce qu’il faut faire. Pour bien établir la conversation, il faut un protocole transparent, honnête et respectueux des parties prenantes. Il faut partir des ressources et de l’identité du territoire pour le projeter dans l’espace et le temps. C’est très compliqué et la parole publique doit résister à la tentation de saucissonner et techniciser les sujets. La concertation implique le temps de la réflexion. Cela veut dire que, d’une certaine façon, chaque technicien doit devenir un politique. Cela demande de résister à la tentation d’intérioriser les difficultés au risque d’y enfermer les habitants, de construire dans la commune un entre-soi souffrant sinon victimaire. Cela demande au contraire d’aller chercher le positif, de mobiliser les ressources positives, là où elles sont.

L’esprit des lieux

Si, en France, on continue à accorder de l’attention à la parole publique en dépit de la décrédibilisation des figures politiques qui la portent, c’est que c’est une question existentielle dans notre imaginaire : ce que l’on demande aux acteurs politiques comme aux administrations publiques, c’est une cohérence qui (ré)assure la véracité et la légitimité de la parole publique. La première condition de crédibilité, pour les détenteurs de l’autorité publique, c’est précisément de rendre manifeste la distinction du privé et du public, entre la personne privée et l’institution qu’elle représente. La seconde condition, c’est d’affirmer la spécificité de la parole publique, son extériorité par rapport aux enjeux privés immédiats ; bref, d’oser se réapproprier l’intérêt général. La troisième condition, j’y ai beaucoup insisté, c’est de construire un récit, une cohérence, une projection dans le temps ; d’encadrer le présent dans un contexte et surtout dans un projet  pour échapper à la dictature de l’instant. Pour des responsables politiques, administratifs ou économiques, la cohérence c’est d’aller sur le moyen et long terme. La quatrième condition, c’est de connaître et respecter « l’esprit des lieux ». Si on veut le mettre en mouvement, il faut partir de l’esprit du territoire, à l’image d’un Ayrault à Nantes, d’un Juppé à Bordeaux, d’un Delanoë à Paris ou d’un Collomb à Lyon. L’esprit des lieux n’est pas le même en Pays de la Loire, dans l’Oise, en Auvergne, en Dordogne, en Lorraine, en Bretagne, à Toulouse, Grenoble, Marseille, Lille ; il exprime à la fois l’identité et l’histoire d’un territoire, ses valeurs et son imaginaire, ses modes de travail, d’organisation, d’innovation, sa relation aux autres territoires, son rayonnement et son pouvoir d’attraction.

« La réalité divise, l’imaginaire unit… D’où le goût des Français pour l’abstraction. »

Porteuse d’un récit partagé, d’une cause commune, dans la diversité de ses modes, la parole publique contribue à tenir et à faire avancer ensemble les membres d’un territoire ou d’une collectivité. Mais la crédibilité de la parole publique n’est pas affaire de communication au sens étroit : le discours ne peut être détaché des faits, c’est à dire des actes et des comportements de ceux qui portent la parole publique, de ceux qui ont la charge d’incarner l’autorité publique. La crédibilité de la parole publique est, au final, affaire de distinction entre le privé et le public, affaire de cohérence attendue et perçue entre l’identité de celui qui parle, les messages qu’il porte, les conduites qu’il adopte.  * Ce texte – comme celui de JC. Casanova publié dans notre précédente livraison- est issu de l’intervention de Stéphane Rozès lors de l’échange organisé par Communication publique sur la crédibilité de la parole publique. (Propos recueillis par Pierre-Alain Douay)

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