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Pascal Martin.

Daniel Blake : seulement au cinéma ?

Pascal Martin Chargé de mission transformation numérique de la sécurité sociale

Publié le 04 Déc 2017

Ken Loach nous questionne : sommes-nous vraiment sortis de l’ère victorienne ? Moi Daniel Blake, palme d’or 2016 un peu controversée à Cannes, nous interpelle une fois encore sur les rigidités du monde administratif.

Le film dénonce les aberrations de services gouvernementaux qui ne sont plus au service du public. C’est un enjeu de communication publique, savoir en toutes circonstances rester au plus près des citoyens.

“Le point de départ du film a été la colère provoquée chez moi par l’instrumentalisation et l’inefficacité volontaire de l’administration comme arme politique.” Ken Loach

Pour le réalisateur de 81 ans qui toute sa vie a dénoncé les injustices sociales, « le point de départ a été l’attitude délibérément cruelle consistant à maintenir les gens dans la pauvreté et l’instrumentalisation de l’administration – l’inefficacité volontaire de l’administration – comme arme politique. On sent bien que le gouvernement britannique cherche à faire passer un message : voilà ce qui arrive si vous ne travaillez pas. Si vous ne trouvez pas de travail, vous allez souffrir. Il n’y a pas d’autre explication à cette attitude. Et la colère que cette politique a provoquée chez moi m’a donné envie de faire ce film. ».

En Grande-Bretagne, dans des services publics soumis aux normes du secteur privé, la gestion des allocations sociales est bouleversée : chaque agent est rémunéré sur objectifs, l’humain disparaît de l’aide sociale.

Avec Daniel Blake le spectateur entre dans la tourmente des Job centers, les services sociaux de l’emploi, dans un pays où les autorités considèrent que de nombreuses personnes présentant des problèmes de santé ou de handicap peuvent accéder à un travail. Une prestation leur est versée, l’ESA (Employment and support allowance), pour les inciter à trouver un emploi. Ils sont tenus de participer à une série d’entretiens concernant leur recherche d’emploi. Avec le plan d’austérité mis en place par Georges Osborne en mai 2010, la Grande-Bretagne organise la privatisation d’un grand nombre de services publics. Et ceux qui restent en place sont soumis aux mêmes normes que le secteur privé. La gestion des allocations à caractère social en est totalement bouleversée : chaque agent est rémunéré sur objectifs, l’humain disparaît de l’aide sociale.

D’où ces moments forts et émouvants du film, comme la scène où, dans une banque alimentaire, une jeune mère de famille ouvre une boîte et commence à la dévorer : depuis plusieurs jours elle se prive de manger pour nourrir ses enfants. Par l’image, Ken Loach dénonce les aberrations d’un système délibérément mis en place par le pouvoir politique. Devant les situations vécues par des citoyens traversant une situation sociale délicate, le spectateur anglais comprend combien sa vie peut rapidement basculer et qu’il ne lui est pas possible de trouver un réconfort de la part de services qui ne sont plus là pour le soutenir, l’aider a minima dans ses démarches.

Le film dénonce la dureté administrative envers des demandeurs d’emploi et, plus encore, les dysfonctionnements qui aboutissent à mettre les individus en plus grande difficulté.

Autre moment fort, au Job center, quand Daniel n’arrive pas à utiliser les outils informatiques à sa disposition, il reçoit l’aide d’une employée dévouée. On la sent en train d’agir tout en désobéissant aux consignes. De fait, cela se termine par une convocation dans le bureau de la responsable qui reproche à l’employée avoir aidé une personne alors que les agents doivent rester à leur poste et laisser les demandeurs d’emploi se débrouiller seuls devant les écrans mis à disposition.

La dénonciation à laquelle procède le film  de la dureté administrative envers des demandeurs d’emploi – et, plus encore, des dysfonctionnements d’une administration qui aboutissent à mettre les individus en plus grande difficulté – se trouve confirmée dans les faits par une chute spectaculaire du classement de la Grande-Bretagne, passée en 2017 du cinquième au dix-septième rang des pays qui cherchent à réduire leur taux d’inégalité, selon les résultats du New Oxford Inequality Index publiés dans  e Guardian le 20 juillet dernier.

Dans ce contexte, la communication des services publics basée sur une telle volonté politique peut difficilement tenir un discours d’appui aux personnes démunies. Les valeurs du service public sont bafouées et le responsable communication se trouve dans la situation de l’exécutant qui doit porter une politique tout en oubliant ses propres principes en attendant des jours meilleurs.

Le numérique, maintes fois remis en cause dans le ¬lm, pourrait être utilisé à bon escient par les décideurs. Il revient au communicant public de savoir faire passer les messages, et d’abord en interne, avant de se retrouver dans la situation éthique compliquée que ce film fait comprendre. Pour cela il faut en amont sensibiliser les décideurs aux nouveaux enjeux de la numérisation des services publics. Quelques règles simples doivent faire l’objet d’une application, d’un partage collectif, afin d’entrer dans une période plus ouverte qui permette de progresser vers la nécessaire compréhension du changement culturel en cours.

Conseils aux administrations sociales : Il ne faut pas être dévoué au chef mais à l’usager. Le diable est dans les cloisons. La confiance rapporte plus que le contrôle. On ne peut se contenter d’améliorer l’existant. Il faut toujours imaginer autre chose, penser au pas de côté. L’avenir se joue sur le terrain.

Après avoir vu Moi Daniel Blake, on comprend les risques que fait courir le manque de préparation dans les esprits et dans les habitudes de travail des organisations publiques et les conséquences qu’il engendre. La communication publique – et donc les équipes en charge de cette fonction – a un vrai rôle de conseil à jouer au sein des entités administratives. Aux communicants de tout faire pour être entendus et pas seulement écoutés quand ils portent une parole. D’agir avec détermination et, parfois, bravoure tout en poursuivant l’éveil les consciences sur les conséquences des changements culturels à mettre en place.

Pour terminer, en pensant aux nombreux Daniel Blake qui attendent un appui de la part de nos entités administratives à caractère social, situations souvent reprises par les médias, quelques conseils, sous forme de clin d’œil, à mettre en pratique :

  • Il ne faut pas être dévoué au chef mais à l’usager.
  • Le diable est dans les cloisons.
  • La confiance rapporte plus que le contrôle.
  • On ne peut se contenter d’améliorer l’existant.
  • Il faut toujours imaginer autre chose, penser au pas de côté.
  • L’avenir se joue sur le terrain.

 

Merci Ken Loach, octogénaire à l’esprit jeune et rebelle. Votre film mérite plus encore qu’une palme d’or : la collectivité devrait vous décerner le premier prix de la prise de conscience de la transformation des services publics au service de tous les publics et quitter ainsi l’ère victorienne pour entrer dans le XXIe siècle.

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