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La communication numérique réinvente la communication publique

UN CHANGEMENT DE CIVILISATION*

Xavier Crouan directeur général adjoint, Conseil régional d'Ile-de-France, vice-président de Communication publique

Publié le 29 Mar 2016
Couverture de la revue Parole publique n°11 - avril 2016.

*Titre complet de l’article paru dans la Parole publique :

« 5 000 000 000 000 000 000 000 D’OCTETS PAR AN : VERS UN CHANGEMENT DE CIVILISATION »

Le volume de l’information numérisée dans le monde pendant la seule année 2011 équivalait à la totalité de l’information numérisée depuis le début de l’humanité. En 2013, ce volume était cinq fois supérieur : 5 000 milliards de milliards d’octets. En 2016, il atteindra 250 000 milliards de milliards, produits des ordinateurs, smartsphones, tablettes mais aussi des objets connectés, des robots…

En 2017, estime Cisco System, il y aura trois fois plus d’objets connectés que d’humains. Un tel volume de données n’a d’utilité que si on les stocke et les traite en cherchant à leur donner du sens et de la valeur. Selon McKinsey, ces nouveaux systèmes pourraient générer plus de 3 000 milliards de dollars, 3,4 % du produit mondial brut 2013 ! 

Les Français sont conscients et inquiets de la captation de leurs données.

La question de la donnée devient pour les institutions publiques et l’opinion publique un enjeu de société. Le grand public est conscient de cette captation de la donnée personnelle et pose des conditions à son parage : selon un sondage en ligne d’Havas Media (août 2014, 1 000 Français de 15 ans et plus), 93 % des Français sont conscients de la captation de leurs données et 83,6 %, tous âges confondus, sont inquiets de cette situation. Et, si 46,6 % des internautes interrogés pensent que cette exploitation peut présenter des avantages, ils sont 90 % pour plébisciter une réglementation.

Le big data va nous amener à « penser l’homme et le monde autrement » pour reprendre le titre d’un livre de Gilles Babin et et de poursuivre notre exploration de cette société en mutation, ou encore comme l’énonce, Edgar Morin ce changement de civilisation.

Promesses…

Gouverner à l’ère du big data et des algorithmes, nous dit Élisabeth Grosdhomme-Lulin, c’est la promesse d’une action publique plus personnalisée et plus préventive mais aussi d’exigences nouvelles dans le pilotage des politiques publiques, la transparence de la décision politique et la préservation des libertés individuelles et collectives. Les algorithmes tournant sur ces immenses bases de données permettront de nouvelles corrélations qui accéléreront considérablement la recherche et l’innovation. Et, par la meilleure connaissance des systèmes, des environnements et des comportements, révéleront des réponses plus justes, plus personnalisées, plus individuelles.

On rentre aussi dans le monde du prédictif, de la prévision du comportement individuel. Les données de la sécurité sociale constituent, de ce point de vue, un véritable eldorado : sur la base des millions de parcours médicaux, on pourra établir des profils prédictifs, selon un certain nombre de critères, anticiper, corriger ou éviter environnements et comportements à risques. D’une politique de santé publique fondée sur une approche traumatique très onéreuse, on pourrait passer à une politique publique prédictive générant une économie budgétaire considérable.

Ouvrant un accès direct aux individus consommateurs, cette dynamique court-circuite et supprime bon nombre d’intermédiaires.

La dimension industrielle du big data permet aussi de revisiter la personnalisation de la relation commerciale, servicielle ou citoyenne. Car les systèmes algorithmiques, en « calculant » l’individu singulier, peuvent lui offrir le service le plus en adéquation avec ses besoins présents. Cette nouvelle relation individuelle peut créer les conditions d’un nouveau contrat social. Mais ces enjeux considérables pour les services publics mais aussi pour le commerce en général créent intrinsèquement aussi des périls importants.

… et périls

L’accès à cette donnée comportementale crée les conditions de la désintermédiation de la société et de l’économie : en ouvrant un accès direct aux individus consommateurs, cette dynamique court-circuite et supprime bon nombre d’intermédiaires.

Coworking, cohabitation, covoiturage, coélaboration, coconstruction : un nouveau modèle de société.

L’ubérisation concerne tous les pans de l’économie. Le tourisme n’y échappe pas : la valeur boursière de Airbnb, la plateforme de locations vacancières née en 2008 et ne possédant aucun hôtel, vaudra prochainement plus que le groupe hôtelier Marriott, soit 25 milliards dollars, et deux fois plus que le groupe Accor… qui cherche une alternative en créant sa propre plateforme pour concurrencer booking.com. Les services publics seront de plus en plus touchés directement par cette désintermédiation : Pôle Emploi est sommé par exemple d’ouvrir ses données d’offres sous forme d’API à des start-up candidates à la construction d’algorithmes promettant d’améliorer l’adéquation offre et demande d’emploi.

La plupart des données et la puissance d’analyse nécessaire à leur traitement sont dans les mains de quelques entreprises supranationales.

Certes, de ces évolutions naissent de nouveaux services et cette société du « CO » – coworking , cohabitation, covoiturage, co-élaboration, coconstruction – qui définit un nouveau modèle de société, de nouvelles échelles de valeur. Mais de ce monde nouveau désintermédié naissent de nouvelles entreprises créant très rapidement de la valeur mais avec peu d’emplois et en parallèle détruisant de la valeur et des emplois de l’ancienne économie. 

La plupart des données et la puissance  d’analyse nécessaire au traitement de ces données sont et seront concentrées dans les mains de quelques entreprises supranationales ce qui leur donnera les moyens d’imposer aux États leur propre vision du développement du monde, de la conception des libertés et des droits individuels. Par la grâce des algorithmes, quelques entreprises contrôlent déjà beaucoup de nos données personnelles, déterminent quelles informations nous sont proposées et orientent la plupart de nos décisions. Or, nous dit Dominique Cardon, dès qu’on ouvre la boîte noire  des algorithmes, on constate que les choix qu’ils font pour nous sont discutables et doivent être discutés. Car ils calculent les individus en fonction de leurs comportements passés et leur proposent de les dupliquer à l’infini, les enfermant dans la monotonie de leurs propres choix. Ainsi, « en calculant nos traces, ces algorithmes reproduisent les inégalités de ressources entre les individus. »

Nouvelle gouvernance de la société

Il y a donc urgence à ouvrir le capot pour lancer un débat public sur ces algorithmes. Au moins, demande Thierry Marcou, « à défaut d’ouvrir les algorithmes, peut-on rendre lisibles leurs objectifs, les critères qu’ils utilisent et relier les artefacts qu’ils incarnent aux formes sociales qu’ils utilisent ? ». 

Les algorithmes calculent les individus en fonction de leurs comportements passés et leur proposent de les dupliquer à l’infini.

Il ne s’agit plus d’exiger l’ouverture des données, comme le mouvement de l’Open data, mais bien celle des algorithmes, comme l’ont fait dernièrement certains députés dans un amendement à la loi sur le numérique d’Axelle Lemaire. C’est ainsi que l’algorithme des futurs bacheliers PostBac devrait être transparent pour permettre à chacun de connaître la manière dont sont organisés les choix d’orientation. Car, rappelle Serge Abiteboul, « il doit être possible de s’opposer à une décision administrative, notamment d’un algorithme qui, même s’il est potentiellement infaillible, peut ne pas avoir toutes les informations, ne pas avoir été programmé pour tenir comme d’aspects humains pourtant absolument essentiels ». 

Passer des données de masse à l’information, de l’information à la connaissance, de la connaissance à l’éthique.

L’ère des algorithmes va modifier radicalement la gouvernance de la société. Comment alors ne pas chercher à en comprendre toutes les conséquences sur nos organisations, sur les relations entre les individus, entre les citoyens et les entreprises ou institutions ? Comment ne pas s’interroger sur la transformation radicale du lien qui unit les habitants, les citoyens, les usagers voire les clients d’un service public avec les institutions publiques et leurs représentants, les élus ? Comment ne pas s’interroger sur l’évolution des comportements individuels, sur les libertés individuelles et collectives face à ce monde de la mégadonnée ? 

Analyser les conséquences sociétales, les profondes mutations issues de ce nouveau monde numérique, comprendre cette nouvelle civilisation qui se crée tous les jours sous nos yeux, nous interroger sur la manière de passer des données de masse à l’information, de l’information à la connaissance, de la connaissance à l’éthique et repenser la communication publique à l’aune de cette nouvelle relation entre citoyens et institutions : voilà l’enjeu fondamental de la communication publique à l’ère du big data.  Et donc de la réflexion prospective que nous menons à Communication publique.

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