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1989-2019 : de la communication à la relation citoyens ?

Dialogue entre Xavier Crouan et Guy Lorant Directeur de l'information et de la relation au citoyen de Nantes et Nantes Métropole - Directeur de la communication de Nantes (1989 - 2001)

Publié le 26 Août 2019

Xavier Crouan – La démocratie implique la transparence sur les décisions des élus. Mais la communication a beaucoup évolué. C’est pourquoi j’ai proposé à Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, que la direction de la communication devienne la direction de l’information et de la relation au citoyen.

Guy Lorant – Fin 1989, la volonté c’était de s’affirmer, de trouver une identité : Made in Nantes visait à révéler aux Nantais le potentiel de leur ville à travers un tour de Nantes en 80 affiches – allusion à Jules Verne, l’enfant du pays – cependant qu’étaient organisés des débats réunissant plus de 600 décideurs. Puis, avec le concept Nantes. L’Effet côte ouest, on a cherché à s’affirmer comme leader et à mettre en avant des valeurs liées à l’Ouest : découverte, innovation, aventure, équilibre… Plus tard, quand se sont imposées certaines problématiques urbaines autour du développement social des quartiers, nous avons lancé les Carrefours des citoyens, un essai, timide, de démocratie participative.

XC – Les concurrences territoriales sont toujours très fortes, entre métropoles françaises et entre métropoles européennes. Mais l’époque a changé, le système démocratique est plus complexe, il nous faut inventer des modes de participation, de consultation. Actuellement, à Nantes, près de 200 politiques publiques sont en débat ; tous les chefs de projets sont formés au dialogue citoyen. On voit émerger des collectifs informels, des formes de dialogue non institutionnelles : la société ne se transforme plus par les institutions, mais par des initiatives citoyennes.

XC – La société ne se transforme plus par les institutions mais par des initiatives citoyennes.
GL – La démocratie participative tient souvent de la com’, renferme sur les préoccupations quotidiennes.

GL – La crise du politique a conduit des élus à demander à leurs concitoyens la route à suivre : la « démocratie participative », facilitée par l’essor du numérique, est devenue idéologie. Elle tient souvent plus de la com’ que du véritable dialogue, encourage le consumérisme politique, renferme les gens sur leurs préoccupations quotidiennes. Alors que la demande de repères ne peut être satisfaite que par une offre politique reposant sur un projet de société.

XC – C’est même un changement de civilisation, qui déstabilise responsables politiques et citoyens. Le temps numérique s’est imposé au temps social. Dans une société fracturée, à plusieurs vitesses, le défi lancé aux politiques est de reconstruire une vision partagée. Redonner du sens à l’action publique, réveiller la citoyenneté passe par une démocratie participative structurée, organisée. Il faut que la promesse engage, qu’elle porte clairement sur le périmètre mis en dialogue et sur les objectifs, que les habitants aient un droit de suivi.

GL – Nuançons : les gens demandent davantage à s’exprimer qu’à participer ! Quand tu constates que « l’enjeu est d’intégrer le citoyen, l’usager, dans un dialogue permanent avec l’institution pour peser sur les visions et les plans d’action », tu soulignes la faillite des partis politiques, qui jouaient ce rôle : aujourd’hui, on est plus enclin à recenser des demandes qu’à présenter des offres. Mais l’addition de demandes ne conduit pas à l’élaboration d’un projet ayant du sens…

Aujourd’hui, à Nantes, la direction de la communication est devenue direction de l’information et de la relation au citoyen, le magazine municipal est un produit d’appel vers Internet, l’édito a été remplacé par des questions au maire… Il est pourtant utile qu’un maire s’exprime sur son action, car le meilleur des projets ne va pas sans modification et sans explication lorsqu’on passe à sa mise en œuvre.

XC – Mais on a radicalement changé d’époque ! Dans une société de co-construction, le numérique donne à chacun la capacité effective d’être émetteur. Le changement de nom de ma direction traduit une volonté municipale de mise en conversation avec les citoyens. C’est une des voies pour redonner confiance quand les représentations verticales – partis, syndicats, religions – et les institutions ne structurent plus la société. La démocratie participative n’exclut pas la démocratie représentative : le programme des élus les engage, il affiche leur vision de la société, on s’y réfère régulièrement pendant toute la durée du mandat. On ne peut pas remettre en question les grandes orientations issues d’un vote démocratique, mais la mise en pratique peut et doit faire l’objet de discussions !

Nous faisons des études qualitatives pour essayer de définir la citoyenneté dans dix ans. En ressort clairement l’émergence de l’individu, une appétence pour faire et transformer son propre environnement. Nous allons lancer des défis familles pour le zéro déchet, pour le covoiturage, etc.

GL – C’est ce que Dominique Wolton définit comme « l’individualisme de masse ». Mais qu’est-ce qui empêche de combiner une politique d’écoute et l’affirmation d’objectifs clairs, de l’ordre du projet de société ? Ce qui me gêne, c’est la croyance affichée que toute parole d’individu est une parole citoyenne, cette idée que si chacun prend en main les choses du quotidien, on y arrivera. Est-ce comme ça qu’on réglera des problèmes comme l’emploi, les inégalités, le règne des financiers ?

XC – La quotidienneté est un enjeu majeur. Les citoyens ont une attente de proximité.
GL – Qu’est-ce qui empêche de combiner une politique d’écoute et des objectifs de l’ordre du projet de société ?
XC – L’enjeu sera toujours d’accompagner la vision politique de l’élu, de la rendre compréhensible, de donner du sens.
GL – Un dircom ne peut se contenter d’être un exécutant, il doit exercer une fonction de conseil… et oser être en désaccord !

XC – Mais la quotidienneté est un enjeu majeur ! Les citoyens ont une attente très forte de proximité, d’intervention sur le quotidien, de propreté et de sécurité dans tous les quartiers. La qualité de vie est un des atouts de Nantes. C’est déjà une vision à moyen terme.

GL – Il ne s’agit pas de nier les préoccupations quotidiennes mais de les dépasser. Comme le journalisme, la communication publique sera toujours le reflet de la société dans laquelle on vit. On a donc des raisons d’être pessimiste pour l’avenir ! Mais j’aime cette définition qui fait du pessimiste un optimiste lucide. J’ai envie de dire qu’il faut tenter d’espérer.

XC – L’outil ne cessera d’évoluer. Aujourd’hui, les réseaux sociaux, demain, l’intelligence artificielle et l’industrialisation de la personnalisation à travers l’usage de la donnée. Mais l’enjeu sera toujours d’accompagner la vision politique de l’élu et de la rendre compréhensible, de donner du sens.

GL – Et donc de ne pas céder à la tentation, à la séduction de l’outil, de ne pas confondre vendre et communiquer, de ne pas se contenter d’être un exécutant… Un dircom doit exercer une fonction de conseil, discuter politique avec son maire ou son président, aider l’élu à ne pas confondre communication publique et communication électorale… et oser être en désaccord !

 

Propos recueillis par Guy Lorant et Pierre-Alain Douay

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